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ISBN : 2367342032
Éditeur : Au Vent des Iles (13/09/2019)

Note moyenne : 3.67/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Destins croisés, mystères, secrets, intégrité, liens ambigus et grands questionnements… par le biais d’une superbe histoire d’amour et d’amitié qui commence peu avant l’accession de la Papouasie-Nouvelle Guinée à l’indépendance (1975) et se poursuit trente ans plus tard, Drusilla Modjeska explore les contradictions du colonialisme et du post-colonialisme, les difficultés à unifier ce pays aux huit-cents langues, et le décalage vertigineux entre fonctionnement coutum... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Myriam3
  06 octobre 2019
A la fin des années 60, comme l'ensemble des colonies, la Papouasie-Nouvelle-Guinée réclame l'indépendance. Rika, jeune photographe néerlandaise fraichement mariée à un ethnologue anglais, Léonard, débarque à Port Moresby en 1968, et par le biais de l'université, elle sympathise très vite avec les occidentaux qui y enseignent et mais aussi avec les autochtones, pendant que Léonard part pour plusieurs mois dans la montagne filmer des tribus primitives avant que leurs cultures soient définitivement menacées par les occidentaux.
Rika vivra ainsi les cinq années qui précèdent l'indépendance de l'île partagée entre la nécessité de conserver les coutumes ancestrales et celui de s'unifier et devenir indépendant, au risque de provoquer des conflits entre les nombreux groupes ethniques qui composent le pays.
En soi, le thème du roman est vraiment intéressant, en partie parce que nous entrons de plain pied au coeur d'un pays méconnu car tellement éloigné (pour moi). L'autrice prend le temps de décrire les différentes populations, citadines et rurales, reculées pour certaines, qui composaient le pays dans les années 60, d'expliquer leurs croyances et coutumes soit par la voix de Léonard soit par celle d'Aaron, jeune papou qui deviendra l'amant de Rika, ou encore de ses amis. C'est cet aspect ethnologique qui m'a le plus intéressée. En revanche, il y a tellement de personnages, en général à peine présentés que je me suis régulièrement perdue dans les relations et les opinions qui se jouaient dans le roman et enfin, malheureusement, je n'ai éprouvé aucune empathie pour aucun des personnages, sans doute pour la raison que je viens d'évoquer. Je n'ai pas été sensible aux préoccupations personnelles et sentimentales de Rika, notamment, tout comme je ne suis pas parvenue à suivre les fils intriqués des relations entre personnages. J'ai eu la sensation d'une écriture loin d'être limpide et claire. Bref, je n'ai pris que peu de plaisir et d'intérêt à lire ce roman. Dommage.
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Lishbks
  02 octobre 2019
Reçu dans le cadre d'une masse critique Babelio.
L'édition est très élégante et la couverture est illustrée par un tapa (étoffe faite d'écorce battue et décorée) qui non seulement est un art emblématique de la culture papoue mais sert aussi de point d'encrage au roman.
C'est dans une Papouasie-Nouvelle-Guinée colonisée et partiellement occidentalisée dans laquelle les effluves de l'indépendance commencent à se faire sentir que se tient la première partie de l'histoire. Rika, une irlandaise, y exerce ses talents de photographe tandis que son mari Léonard est venu y tourner un film anthropologique autour des tapas d'une tribu papoue vivant dans une montagne éloignée de la civilisation telle que les occidentaux la connaissent.
La deuxième partie fait un bond dans le temps et concerne le retour aux sources de Jéricho, un hapkas (métis), né en Papouasie-Nouvelle-Guinée mais qui a passé la majeure partie de sa vie en Occident.
Le premier tiers du livre peut être décourageant, il souffre selon moi de longueurs, j'ai eu du mal à ressentir de l'empathie pour Rika, ses états d'âme et tourments émotionnels.
En revanche en tant qu'oeuvre complète, je suis ravie de ma lecture. le parcours de Jéricho, ainsi que la myriade de personnages secondaires sont pour moi LA grande plus-value de ce livre. On sent la volonté de l'auteur d'embrasser la diversité d'opinions, de cultures, de problèmes économiques et politiques inhérents à une situation complexe sans pour autant faire d'appropriation culturelle ou chercher à simplifier. Elle a l'art de bouger les cadres pour imprimer en nous les divergences de points de vue, évitant habilement les écueils d'une vision manichéenne.
Comment se constituer en nouvelle nation indépendante? Quelle direction prendre pour s'insérer dans un contexte économique mondialisé et normé où les occidentaux possèdent déjà pouvoir et richesses? Comment préserver les traditions tribales séculaires et l'écologie locale quand on a frappé à la porte des plus jeunes avec un nouveau modèle culturel moderne et consumériste aux allures de progrès? Quel rôle adopter quand on incarne un lien entre la tradition et la modernité? Peut-on choisir sa vie lorsqu'un pays compte sur vous?
Ces maintes questions et plus encore, ainsi que les thèmes plus larges des racines, du métissage, du racisme entre autres sont abordés sans frilosité et avec subtilité par Drusilla Modjeska.
Je remercie les éditions Au Vent des îles d'avoir fait traduire et publié ce texte sur une partie d'une monde que je ne connaissais pas et dont j'ai beaucoup appris.
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mayim
  02 novembre 2019
Très beau roman qui m'a fait voyager et découvrir la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Il est habilement construit en deux parties, l'une centrée sur la période cruciale des cinq années précédant l'indépendance de ce pays et l'autre trente ans plus tard avec le retour au pays d'un jeune Papou élevé en Occident.
Le roman aborde de multiples sujets. La Papouasie-Nouvelle-Guinée a dû faire face aux nombreux problèmes rencontrés par les pays colonisés. Comment préserver les traditions tout en s'inscrivant dans le monde en devenant un état au sens moderne ? Comment conserver son identité dans ce processus alors que l'identité à l'échelle de cette terre est déjà multiple et diverse ? Il y a des choix à faire et des directions à prendre qui ne peuvent pas satisfaire tout le monde au niveau économique et politique. le livre rend bien compte des nombreuses opinions à travers les différents personnages. L'ensemble est nuancé, réaliste, sans manichéisme ou simplification.
Il est aussi question de la construction de l'identité individuelle et des racines à travers deux générations de Papous qui ont grandi entre deux cultures, qui se perdent parfois et entreprennent un voyage par la culture et par la terre pour se retrouver eux-mêmes.
La nature est omniprésente dans le roman qui parle aussi des combats modernes pour sa sauvegarde en traitant le sujet de procès pour sauver une terre très prisée des entrepreneurs peu soucieux d'écologie.
J'ai appris énormément sur ce pays, son histoire, ses peuples et la pratique artistique des tapa (tissu d'écorce peint) produite par les femmes et qui sont au centre du roman. J'y ai également trouvé beaucoup d'informations sur l'anthropologie, le film ethnographique et la photographie. L'auteur a voulu abordé beaucoup de sujets et elle y a plutôt joliment réussi. Ses descriptions sont vivantes et subtilement nourries par sa connaissance du pays sans faire étalage ou catalogue. Elle a su soigneusement mêler la vie des personnages et la grande histoire qui s'enrichissent et s'éclairent mutuellement.
Pour finir, je voudrais souligner la beauté de l'objet livre des éditions Au vent des îles. Que ce soit la couverture, la reliure, le papier, le format, la typographie ou l'impression, tout est fait pour rendre la lecture agréable en plus de nous permettre de découvrir des textes originaux.
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viduite
  06 octobre 2019
Un cheminement à travers les représentations qu'elles soient ethnographiques, artistiques, politiques ou humaines. Maunten prend en charge la pluralité de l'Histoire de la Papouasie Nouvelle-Guinnée par le récit du devenir d'un groupe de personnages autour du pôle magnétique d'une montagne. Drusilla Modjeska signe un roman magnifique, une vision plurielle de l'indépendance d'une nation et surtout ce qu'il advient de nos rêves.
Lien : https://viduite.wordpress.co..
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
LishbksLishbks   01 octobre 2019
Arrivée sur une petite butte devant ses terres, la femme m'a demandé : "Qu'est-ce que tu vois? Qu'est-ce que tu vois?" Et tout ce que je voyais dans le lointain, c'était le silence... et le néant. (Elle s'interrompt pour regarder Jéricho avec insistance.) Les bruits de la forêt avaient disparu. C'était presque le pire, ce silence atrocement vide. C'est difficile à décrire : il faut ce silence pour s'apercevoir à quel point la forêt est bruyante. Mais là plus rien. La terre avait été rasée au bulldozer. Sans la couche superficielle, plus rien ne poussait, hormis quelques mauvaises herbes et des lianes. Plus d'oiseaux, plus de bruissements. Rien. Les ruisseaux étaient envasés. La terre de cette femme était morte. Elle m'a regardée droit dans les yeux et je savais exactement ce qu'elle me disait, je n'avais plus besoin du petit garçon qui murmurait : "Tu dois nous aider."
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LishbksLishbks   27 septembre 2019
Simbaikan était exaspérée de voir qu'aujourd'hui, sur le littoral, on considérait son peuple comme crédule et arriéré pour la simple raison que, quand elle était petite, certains villages reculés n'avaient pas encore vu d'hommes à la peau blanche.
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LishbksLishbks   01 octobre 2019
En regardant ces cartes, Jéricho comprend pourquoi l'on parle de poumons verts pour désigner les forêts équatoriales. Après le bassin d'Amazonie, la Nouvelle-Guinée est l'un des plus grands poumons de la planète. La forêt vierge est balafrée de parcelles rasées, défoncées, qui ont la taille de petites villes. Les campements d'exploitation, avec leurs toits en tôle bien alignés, constituent des poches d'activité en bordure des aérodromes qui sont le seul moyen d'entrer ou de se sortir, à moins d'habiter la forêt et de connaître le dédale désert ses sentiers.
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LishbksLishbks   30 septembre 2019
Milton vivait sur les berges de la rivière, dans une cabane abandonnée par des chercheurs d'or. Ils n'avaient pas fait fortune et Milton s'attendait à subir le même sort. La richesse lui donnait de mauvaises pensées. Sa vie à Melbourne lui avait appris que l'argent n'améliore pas le caractère, et son séjour dans les quartiers pauvres de Port Moresby, à son retour, lui avait appris que le manque d'argent peut rapidement vous détruire -corps et âme. Il avait donc décidé de se retirer de la ville, dans une cabane.
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LishbksLishbks   02 octobre 2019
Nous avions travesti nos rêves en cadeaux, en services rendus pour nous sentir utiles, nous les avions maquillés en recherches universitaires, en pratiques artistiques ou cinématographiques, mais ils n'en étaient pas moins puissants, voraces ou aveugles. Nos rêves n'avaient-ils pas également une origine secrète en nous? N'étaient-ils pas issus de notre propre convoitise ? De notre manque de stabilité, de terre, notre insatisfaction vis-à-vis de notre lieu d'origine ? De notre vacuité peut-être.
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