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EAN : 9782221011737
244 pages
Éditeur : Robert Laffont (01/10/1983)
3.5/5   2 notes
Résumé :
Personne n'a oublié le petit livre qui, il y a vingt-cinq ans, a rendu célèbre à travers le monde le nom de C. Northcote Parkinson : 1 = 2 ou les règles d'or de M. Parkinson. Une connaissance approfondie des mécanismes de nos sociétés et l'humour britannique porté à sa perfection faisaient ici merveille : c'est ainsi que l'on devient un classique.
Depuis, C.Northcote Parkinson a poussé plus loin son analyse de la sottise et de l'absurdité administratives ; il... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
kielosa
  19 mars 2019

En 1955, l'auteur fit une découverte stupéfiante : plus le territoire de l'Empire britannique se rétrécissait, plus le nombre de fonctionnaires responsables pour les colonies dans l'administration à Londres augmentait.
Si en 1935, 372 fonctionnaires au "Colonial Office" suffisaient pour gérer ce vaste empire, en 1947 ils étaient 1139 et leur nombre passait même à 1661 en 1954, bien que le Royaume-Uni avait perdu après la Seconde Guerre mondiale l'Inde, le Pakistan, le Nigeria et une vingtaine d'autres "possessions" devenues indépendantes.
Cyril Northcote Parkinson a expliqué ce phénomène à partir de 2 constatations principales :
1) Un fonctionnaire entend multiplier ses subordonnés, et non ses rivaux ;
2) Les fonctionnaires se créent mutuellement du travail.
Et tout le monde sait que plus on dispose de temps pour accomplir un travail, plus ce travail précisément prend du temps.
Lorsque ses lois furent publiées dans le très sérieux "The Economist" à  Londres, notre Cyril lui se trouvait à Kuala Lumpur en Malaisie, où il donnait des cours d'histoire. Né en 1909 à Barnard Castle, entre Carlisle et Leeds au nord de l'Angleterre, le jeune Cyril s'intéressait à L Histoire et plus particulièrement l'histoire navale et devint instructeur au "Royal Naval College" à Dartmouth en 1939. En 1943, il se maria avec Ethelwyn Edith Graves, une infirmière 6 ans plus jeune que lui qui lui donna 2 enfants.
Démobilisé en 1945, il devint professeur d'histoire à l'université de Liverpool, jusqu'à sa promotion comme prof à l'université de Malaya dans la capitale malaisienne en 1950. Deux ans plus tard il a divorcé et s'est remarié avec la journaliste Ann Fry (1921-1983) avec qui il a eu une fille et 2 fils.
La seconde grande loi de Parkinson relève de l'expérience quotidienne et peut être ainsi formulée : "Les dépenses s'élèvent pour faire face aux revenus". de cette loi claire et simple, l'auteur donne comme exemple le supplément de salaire qui est "silencieusement absorbé". "Quant aux règlements imposés aux fonctionnaires, tout ce qu'ils font c'est ajouter la rigidité au gaspillage" (page 59).
Deux chapitres intéressants sont ceux des limites de l'imposition et l'évasion fiscale. Des thèmes toujours très d'actualité, surtout avec la belle série de scandales, comme les "Lux Leaks" (fuites d'argent vers le Luxembourg), les "Panama Papers" relatifs aux paradis fiscaux (en 2016) et tout récemment, l'affaire "Troïka Laundromat", la tourmente bancaire en Lettonie et les manigances des oligarques russes.
Selon notre ami Parkinson, les gens qui comprennent la haute finance se divisent en 2 catégories : ceux qui possèdent personnellement une grosse fortune et ceux qui n'ont rien du tout. Cela se remarque lors des réunions de comités financiers. Et notre infatigable observateur arrive à une autre loi, la Loi de l'Insignifiance : le temps consacré à un article de l'ordre du jour est inversement proportionnel à la somme dont il est question dans ledit article. Exemples ? Une discussion sur le coût d'un réacteur nucléaire prend très peu de temps. Après un bref exposé de M. Duronton, trésorier, et après une brève intervention de messieurs Isaac (contre) et Leroy-Leroy (pour), le plan et le devis sont approuvés à l'unanimité.  le prochain point prend beaucoup plus de temps de délibération, il s'agit de oui ou non construire un garage de bicyclettes pour les employés de bureau !
Dans un tout autre registre, l'auteur se penche sur le Numéro Deux dans une administration ou entreprise. Il distingue 2 sortes : ceux contents de l'être et ceux qui veulent absolument devenir le Numéro Un. C'est bien sûr la 2ème catégorie qui offre de belles possibilités d'intrigues... d'ironie et d'humour. Car notre brave Cyril avait parfois un esprit malicieux, où la dérision et la plaisanterie n'étaient nullement absentes.
D'ailleurs, ce que j'ignorais, c'est que l'auteur de la préface, le réputé démographe, sociologue et économiste, Alfred Sauvy (1898-1990), que je connaissais avant tout pour ses savants ouvrages sur les importantes questions de la population, avait également un sens d'humour prononcé. L'auteur de la monumentale "Théorie générale de la population" en 2 volumes, paru entre 1952 et 1954 et l'inventeur de l'expression "tiers monde", pouvait être amusant, marrant et rigolo. Un petit exemple.  Peu après mai 1968, notre scientifique était invité à Lyon pour un discours sur le rôle social de l'humour. Dans la salle, "une atmosphère glacée" régna pendant 20 bonnes minutes, jusqu'au passage : "Si certains hommes politiques utilisent l'humour pour asseoir leur autorité, d'autres excluent totalement ce moyen." Et de citer Michel Debré. Et poursuit Alfred Sauvy "l'immense éclat qui a suivi m'a montré que les voies du rire sont aussi impénétrables que celles du Seigneur," (page 19).
Alfred Sauvy a eu une soeur, Élisabeth (1897-1966), correspondante de presse et grand reporteuse, mieux connue sous son nom d'artiste Titaÿna, surnommée "L'aventurière des Années folles" pour reprendre le titre de la biographie que le journaliste Benoît Heimermann lui a consacrée en 2011. Sur l'auteure de "Une femme chez les chasseurs de têtes" de 1934, je compte préparer un billet bientôt.
Je crois qu'il est superflu d'affirmer que Cyril Northcote Parkinson, qui est décédé à Cantorbéry en 1993, à l'âge de 83 ans, était un esprit fort original, qui combinait ses dons rares d'observation, à des connaissances économiques et psychologiques solides, avec comme extra un sens d'humour bien britannique à la Churchill et Oscar Wilde. Pas étonnant qu'il fût un personnage souvent demandé comme orateur à des colloques et conférences.
Cet ouvrage avec ses fameuses lois fut un succès de vente immédiat et l'est resté pendant un bon demi-siècle.
Conformément à sa première loi, Parkinson a mis le gouvernement de sa gracieuse majesté en garde qu'il risquait sous peu d'avoir plus d'amiraux qu'il n'en faut pour un nombre constamment plus réduit de bâtiments et navires de combat.
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Mimimelie
  19 mai 2019
Un petit papier dépassait de ce livre… quoi que c'est ? le titre d'un livre de Jean Fourastié « le rire, suite » ; Jean Fourastié, qui fut à l'origine de l'expression des « Trente Glorieuses » désignant la période prospère qu'a connu la France et la plupart des pays industrialisés de la fin de la Seconde Guerre mondiale au premier choc pétrolier : 21 livres, 7 critiques, encore un qui a disparu du paysage…
Enfin bref, ce petit papier extirpé, sans trembler M. Parkinson, je me mis à lire la préface d'Alfred Sauvy que j'avais abondamment soulignée…. Un petit bijou d'humour… !! Sauvy, sauve qui peut, c'est tout pareil en pire : 32 livres, 1 critique, 4 citations…
Enfin bref, cette préface de Sauvy, dont j'imaginais les mimiques à la Pierre Dac, était un régal d'introduction à ce célèbre livre de C. Northcote Parkinson non moins dénué d'humour d'où le choix du rire et de la dérision de Sauvy pour sa magistrale présentation.
La théorie de Parkinson, chacun en sait peu ou prou l'essentiel :
« Plus on dispose de temps pour accomplir un travail, plus ce travail prend de temps.
Les hommes politiques et les contribuables se sont toujours imaginé qu'un gonflement des effectifs des fonctionnaires devait refléter un volume croissant de travail à exécuter. Il n'en est rien. L'augmentation indéfinie du nombre des employés est gouvernée par la loi de Parkinson :
-Un fonctionnaire entend multiplier ses subordonnés et non ses rivaux
-Les fonctionnaires se créent mutuellement du travail. »
Vous l'aurez tout de suite compris, ce livre, près de 40 ans après n'a pas pris une ride. D'ailleurs demandez le programme :
- 21 ans après, ou mieux et plus
- La haute finance
- Les limites de l'imposition
- L'évasion fiscale
- Les principes de sélection
- le point de pension ou l'âge de la retraite
- La volonté du peuple
- La loi du vide
.. et autres régalades
Non non, je n'invente rien, et franchement, si vous tremblez en lisant, ce ne sera pas Parkinson, mais de rire…. Jaune sans doute je vous l'accorde (mais le gilet n'avait pas encore été inventé).
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
kielosakielosa   16 mars 2019
" Exquiousez mon maovais vrançais ; je n'ai pas parlé vrançais pendant quatre ans, car il y avait déjà suffisamment de catastrophes et je n'ai pas voulu en ajouter une autre ! "

Sir Winston Churchill à l'Hôtel de ville de Paris, peu après la Libération.

Intervention rappelée par le démographe Alfred Sauvy (1898-1990).

(page 15).
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kielosakielosa   18 mars 2019
" Les comptes ne peuvent pas mentir, mais les menteurs peuvent conter. "

A propos d'écrans de fumée dans les finances publiques.

(page 66).
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MimimelieMimimelie   19 mai 2019
Notre crainte fébrile, en cette fin de siècle accélérée, qu'il s'agisse d'une descente dans la neige, de progrès économiques.... c'est le dépassement. Etre dépassé, c'est mourir un peu. Seuls les hommes politiques peuvent se permettre d'appliquer des théories âgées d'un demi-siècle.
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MimimelieMimimelie   19 mai 2019
Réponse de Jean-Paul II à la question d'un journaliste curieux : "Combien de personnes travaillent dans les bureaux du Vatican ?" Sans quitter sa bonhomie, ni sans doute son infaillibilité, le saint-père a répondu : "Pas loin de la moitié".
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MimimelieMimimelie   19 mai 2019
Les bureaux à eux seuls, la bureaucratie (que notre malthusianisme de langage refuse d'appeler la "burellenie", même lorsqu'elle se garde de commander) remplissent toujours, de façon satisfaisante, leur fonction de défoulement.
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