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ISBN : 2226150846
Éditeur : Albin Michel (01/04/2004)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Déporté aux confins du monde et du temps, perdu entre l'océan glacé et la toundra, Inokenti, un enfant de huit ans, invente un jeu et se crée un monde pour survivre à celui qu'on lui inflige. Avant de s'évader vers la périlleuse liberté des pourchassés, la solitude mortelle des oubliés. Un roman singulier, d'une sobriété et d'une intensité poignantes, porté par un souffle poétique et une écriture d'une force rare.
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Franz
  27 mai 2016
Passé le tir groupé de trois romans soufflants parus chez Gallimard en Série noire (La Pelouze [1995], La Bourde [1996], La Pente [1998]), cela faisait longtemps que je n'avais pas eu le bonjour de Marc-Alfred. Pellerin en Yakoutie, cela va de soi. Il sait de quoi il cause. Il y est allé plusieurs fois en repérage. Cette république de Sibérie de plus de trois millions de kilomètres carrés, montagneuse, couverte à 70 % de forêt, ne dépasse pas le million d'habitants. La nature est omniprésente. L'homme n'y fait pas la loi : « On est arrivé. On pourrait presque sentir peser le ciel ». Cette phrase débute le dernier roman de Marc-Alfred Pellerin, Inokenti et pose bien le décor. le dépaysement des familles déplacées en Sibérie est au-delà de l'imaginable : « Pas même un aboiement pour faire barrière à l'immensité, rassurer le sommeil ». Déplacés et déportés se côtoient dans une prison sans limite. Inokenti, enfant iakoute, frappé et assommé par la foudre, « ressuscite » à l'infirmerie. Ses protecteurs et précepteurs, le médecin polonais et le Lithuanien fou, meurent. L'enfant s'enfuit seul, dans la toundra, plein sud, avec la faim et le froid aux talons. Les phrases courtes, ramassées, incisives, percutent sans cesse le lecteur qui dévore avidement les oeufs, les myrtilles, les champignons à mesure qu'Inokenti avance. le pouvoir évocateur des mots est lancinant ; il étourdit comme une danse chamanique. M.-A. Pellerin décrit des faits, des gestes et des actes sans s'immiscer à l'intérieur des personnages. le lecteur subit le déroulement de l'histoire de plein fouet et ne peut anticiper ce qui va advenir. Ainsi, les surprises restent de taille, brutes de décoffrage et le décoiffage, brutal lui aussi. La rencontre avec le clan nomade des Hommes sans Gardiens, la fuite panique des rennes sauvages scandent admirablement une errance presque surhumaine. On ne peut jamais vraiment relâcher l'attention, s'assoupir au détour d'une phrase. La toundra durcie par les premiers givres déchiquette les jambes. Atteindre le pin solitaire et rabougri, sentinelle en avant-garde de la taïga, c'est retrouver la forêt providentielle et une chance de survie. Inokenti, l'enfant innocent, réussit le miracle d'exister dans un monde qui confine à la démence. Les Hommes sans Gardiens sont hantés par les esprits. Korneï, le soldat déserteur affole sont entourage avec son esprit vacillant. Korneï et Inokenti font faire alliance comme un maître avec son chien et s'adapter à l'hiver sibérien de tous les extrêmes. Plus tard, Inokenti est repris par les Russes. le commandant du camp accepte un duel avec Inokenti ; celui-ci va jouer sa liberté dans un jeu de stratégie de son invention. le jeune garçon iakoute de huit ans n'est peut-être presque rien dans la démesure des paysages sibériens mais il porte en lui tous les espoirs informulés et tous les rêves inachevés du monde. « Hommes, les hommes, cette race à la jointure du crime et du pardon… sublime au ras de la ténèbre… » [Jacques Audiberti, Poésies, 1934-1943].
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
FranzFranz   27 mai 2016
Son regard caresse la toundra… Ce qui bouge, court, vole, n’importe qui peut le distinguer. Mais se mettre dans la peau du gibier, deviner où il va se cacher, se confondant à la neige, à la terre, aux ombres, aux reflets. Courir sur quatre pattes, ramper, se couler, profiter d’une saute de vent, de l’ombre d’un nuage, d’un éclair de soleil, d’une averse, de la diversion provoquée par le cri ou la fuite d’un autre animal, c’est l’affaire du vrai chasseur. Un enfant, Korneï le sait sans avoir à le formuler, est plus proche de l’animal que de l’homme. Dans son innocence comme dans sa malice.
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FranzFranz   27 mai 2016
Mais les vrais chasseurs n’ont pas besoin de piston, de chance ou de magie pour expliquer ce qui se passe entre les bêtes et Korneï. Que le chasseur et la proie s’attirent, ils le savent d’expérience.
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