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EAN : 9782264007216
351 pages
U.G.E (01/09/1985)
3.5/5   1 notes
Résumé :
Il arrive à Paul-Jean Toulet d'écrire avec une telle aisance qu'il bouscule l'orthographe, et qu'il viole la syntaxe. Ce ne sont pas des crimes, non plus que des caprices. Mais il faut respecter des graphies aussi captivantes. Nous nous y sommes efforcés, dans la mesure du possible.
L'Editeur

"Ce que j'ai aimé le plus au monde ne pensez-vous pas que ce soit les femmes, l'alcool et les paysages?"
Paul-Jean Toulet (à lui-même, le 27 octobr... >Voir plus
Que lire après Les trois impostures, Le mariage de Don Quichotte, Les demoiselles de MortagneVoir plus
Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Cet ouvrage est constitué de trois oeuvres distinctes.
- Les trois impostures, recueil de 306 citations, aphorismes ou petits textes, divisé en trois chapitres : Mulier, Amicique, Necnon DII. J'ai été un peu déstabilisée par ce genre littéraire, et c'est la partie du livre et n'ai pas vraiment apprécié ce genre littéraire, trop décousu à mon goût.
- le mariage de Don Quichotte, conte ou nouvelle, composé de neuf chapitres. Je regrette certaines longueurs, mais l'écriture est poétique. Il y est question de politique et de religion. L'auteur rend hommage au héros de Cervantès, qui est hélas sorti de sa "folie", un Don Quichotte qui a pris de l'âge, qui doit affronter des trahisons, qui a des responsabilités politiques et qui, devenu sage, est confronté, bien malgré lui, à de nouvelles aventures.
- Les demoiselles de Mortagne, petit roman en sept chapitres qui est une étude de moeurs dans une famille parisienne, je l'espère atypique, de la fin du XIX ème siècle. La partie du livre qui reste ma préférée, me rappelant un peu les textes de Guy de Maupassant.
Cependant, je suis plus touchée par le talent d'un Paul-Jean Toulet poète que par ses qualités de prosateurs.
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
Parmi les moissons jaunissantes, don Quichotte et son écuyer, à trot inégal, regagnaient Valientes après quelques jours seulement passés dans leur village. Mille oiseaux chantaient aux champs, la nature semblait sourire : mais don Quichotte gardait un visage inquiet en face des plus aimables paysages, et ne répondait à Sancho que par des phrases rudes et brèves.
Il roulait dans son âmes des pensées malveillantes. Car le curé d'Argamesilla, qui devenait têtu en vieillissant, ayant pensé, non sans raison, découvrir dans l'âme de son paroissien, quelques imaginations hérétiques et autres souillures, avait mis à l'en purifier un zèle importun.
- Les péchés, seigneur hidalgo, répétait-il, sont les poux de l'âme.
(Le mariage de Don Quichotte)
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Car il y avait une loi dans "la Société" de Larigo qui, à défaut de tables de bronze, était inscrite dans tous les coeurs; une loi qui rendrait habitable le monde habité, si elle était promulguée partout : c'est que chacun fût pris pour ce qu'il désirait paraître.
C'est ainsi que M. Octave Gilevi, - qu'on aurait pu choisir pour type d'un second élément ethnique, les gens dans le commerce - que l'excellent M. Octave Gilevi, naguère encore tailleur pour dames, rue du Faubourg-Saint-Honoré, et qui avait pris sa retraite au bord de la Marne, y était devenu l'Honorable (?) O;Gilvi, ancien diplomate, des O'Gilvi du Régiment d'Irlande (??). Et il avait laissé pousser ses favoris.
On peut reconnaître à ces déformations l'espèce de mirage que fait naître la présence des gens de théâtre. Eux-mêmes, on l'a vu, en donnant l'exemple. On pourrait citer encore la vieille Clémence Cottelet, diseuse, qui aurait connu la gloire si elle-même avait été Thérésa, au lieu de promener des imitations en province. Ayant contracté dans la suite, grâce à diverses cohabitations, le goût de la noblesse, elle se faisait aujourd'hui appeler la marquise douairière de Baston.
- Et il ne lui a manqué dans cela, observa tout de suite Mme d'Erèse, qu'un marquisat, un mari et une bru. Quant au Baston, il est authentique : mon grand'père a connu la chaise.
(Les demoiselles de Mortagne)
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- Il n'est, s'écria Sancho, puissance qu'en Dieu, comme disaient ces païens de Morisques, et tant va la cruche à l'eau... Voici que le seigneur don Quichotte est revenu de sa folie.
Une dose d'ellébore cyrénaïque, en effet, avait suffi pour rendre le chevalier à la raison. Ce matin-là même, tandis que le soleil d'août étincelait aux petites vitres, par où sa chambre donnait sur la plaine de froment, il s'était réveillé la tête vide de chimères.
(Le mariage de Don Quichotte)
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A l'heure où don Quichotte et Sancho Pança laissèrent derrière eux la Porte de cuivre, l'après-midi ne semblait pas encore très avancé, et le soleil piquait droit sur leurs nuques. Mais le jour s'était depuis lors si étrangement assombri, en même temps que l'air fraîchissait de minute en minute, qu'ils se virent bientôt tout près du soir. Les arbres, devenus rares autour d'eux, n'avaient plus de feuilles. Le ciel enfin se teignit de ce roux qui annonce la neige. C'était l'hiver.
(Le mariage de Don Quichotte)
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Le crépuscule tombait sur paris, comme de la cendre; comme la cendre du jour consumé. Depuis le matin, sous le cruel soleil, les hommes avaient couru çà et là, aimé, haï et fait leur besogne. Puis le couchant était devenu rougeâtre, le reste du ciel gris-de-perle; et l'heure équivoque avait tinté où les coeurs se sentent battre plus tendres et plus lourds.
(Les demoiselles de Mortagne)
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Videos de Paul-Jean Toulet (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Paul-Jean Toulet
INTRODUCTION : « Si Toulet (1867-1920) reçut son âme de ces îles lointaines [Île Maurice], pleines d'ombre et de roucoulements, c'est au pied des Pyrénées, où ses yeux s'ouvrirent, qu'ayant perdu sa mère peu de jours après sa naissance il passa ses jeunes ans. […]
“J'ai vu de beaux paysages depuis, de bien plus beaux paysages (s'il y a des degrés à la beauté toute subjective de la terre). Combien me sont demeurés aussi intenses, combien ont éveillé dans mon coeur cette ivresse presque dangereuse où entraient pour causes ce parfum de glycine mêlé à la brise des Pyrénées, ces chants de clairon qui enflent la sensation de vivre, et le vague et la beauté dont les brouillards revêtent la terre ? Mais tout ce charme s'évente à l'écriture et mes paroles n'ont pas sur faire revivre ces sensations d'enfance, évanouies, fondues comme la neige qui blanchissait alors les montagnes. […]”
[…] Toulet n'était si oisif qu'il ne peut se réfugier assidûment dans les livres. Il a minutieusement laissé le relevé et presque toujours l'analyse aussi, coupée de réflexions personnelles, de tout ce qu'il dévorait ainsi pêle-mêle. […] Cette activité d'esprit s'alliait à un souci profond de psychologie. On découvre dans les cahiers de cette époque un goût de l'analyse assez rare chez un jeune homme. On sent chez lui la volonté de creuser sa connaissance de l'âme humaine. […] C'est en 1898 que Paul-Jean Toulet vint se fixer à Paris. Il avait trente-et-un ans et songeait à tenter la fortune littéraire […] C'est à Paris, en quelques mois, dès son installation, que Toulet écrivit très rapidement Monsieur du Paur, homme public. […] Toulet s'y montrait pourtant du premier coup en pleine possession d'un talent qu'il ne pourra qu'affirmer désormais, et le subtil grammairien qu'il ne cessera d'être dans tous ses livres, possédant avec une unique maîtrise les ressources, mêmes les plus périlleuses, d'une langue contractée, et parmi tant de raffinements enclin par dessus tout à cette froide ironie que d'aucuns se plaisent à nommer humour. […]
“Moi, mordant et raffiné comme un outil de dentiste, cachant un grand fond de tendresse (huit mètres au moins, ce qui est plus qu'à Kuantcheou) sous les algues de l'ironie, aimé des femmes, craint des hommes…”
[…] Tandis qu'il fallait avoir pénétré plus avant dans son intimité pour retrouver dans un geste convenu, un regard rapide ou un seul mot réticent toute la délicatesse d'une âme qui ne s'enchantait elle-même que des sentiments les plus rares et, sachant le prix de semblables phrases, se plaisait à écrire : “Voyageur qui de loin respire, en un couchant d'Océanie, le parfum de cette île et son mystère, et ses bocages, où plane un lumineux oiseau, — telle une vie ardente et cachée, qu'un seul amour traverse.” Sans doute l'avait-il entrevu sur sa route, cet amour unique, et que c'était sa présence encore qui lui faisait s'écrier : “Au désert de la vie, se sentir aimé tout à coup (car cela aussi arrive), c'est comme à Robinson le pas du sauvage. On a peur d'abord ; et puis de mourir d'espérance. On songe de n'être plus seul. On songe.” » (Henri Martineau, La vie de P.-J. Toulet, Paris, Éditions du Divan, 1921, 128 p.)
CHAPITRES : 0:01 — 1re observation (L'art et la vie) ; 0:10 — Introduction ;
LES FEMMES ET L'AMOUR 0:41 — 2e obs. ; 0:59 — 3e obs. ; 1:24 — 4e obs. ; 1:49 — 5e obs. ; 2:02 — 6e obs. ; 2:21 — 7e obs. ; 2:40 — 8e obs. ; 2:52 — 9e obs. ;
LES HOMMES ET L'AMITIÉ 3:06 — 10e obs. ; 3:20 — 11e obs. ; 3:32 — 12e obs. ; 3:45 — 13e obs. ; 4:14 — 14e obs. ; 4:36 — 15e obs. ; 4:55 — 16e obs. ; 5:06 — 17e obs. ; 5:22 — 18e obs. ;
L'ART ET LA VIE 5:40 — 19e obs.; 5:55 — 20e obs. ; 6:12 — 21e obs. ; 6:25 — 22e obs. ; 6:36 — 23e obs. ; 6:57 — 24e obs. ; 7:20 — 25e obs. ; 7:35 — 26e obs. ; 7:49 — 27e obs. ; 8:02 — 28e obs. ; 8:12 — 29e obs. ; 8:28 — 30e obs. ; 8:49 — 31e obs. ; 9:02 — 32e obs. ; 9:19 — 33e obs. ; 9:34 — 34e obs. ; 10:01 — 35e obs. ; 10:11 — Générique
RÉFÉRENCE BIBLIOGRAPHIQUE : Paul-Jean Toulet, le carnet de M. du Paur, Paris, À la cité des livres, 1927, 86 p.
IMAGE D'ILLUSTRATION : https://beretandboina.blogspot.com/2018/10/paul-jean-toulet.html
BANDE SONORE ORIGINALE : Lite Saturation — Nostalgia Nostalgia by Lite Saturation is licensed under a CC BY-ND license. https://freemusicarchive.org/music/lite-saturation/nostalgia-1
LIVRES DU VEILLEUR DES LIVRES :
CE MONDE SIMIEN : https://youtu.be/REZ802zpqow
VERSION PAPIER (Broché) : https://www.amazon.fr/dp/B0C6NCL9YH VERSION NUMÉRIQUE (.pdf) : https://payhip.com/b/VNA9W
VOYAGE À PLOUTOPIE : https://youtu.be/uUy7rRMyrHg
VERSION PAPIER (Broché) : https://www.amazon.fr/dp/B0CB2FTQWF/ VERSION NUMÉRIQUE (.pdf) : https://payhip.com/b/jZ7Ro
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