AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Jacques Borel (Préfacier, etc.)
ISBN : 2070317951
Éditeur : Gallimard (31/03/1971)

Note moyenne : 3.57/5 (sur 27 notes)
Résumé :
Le pauvre pion doux si sale m'a dit : j'ai
bien mal aux yeux et le bras droit paralysé.

Bien sûr que le pauvre diable n'a pas de mère
pour le consoler doucement de sa misère.

Il vit comme cela, pion dans une boîte,
et passe parfois sur son front froid sa main moite.

Avec ses bras il fait un coussin sur un banc
et s'assoupit un peu comme un petit enfant.

Mais au lieu de traversin ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
sabine59
  12 septembre 2018
Il y a une petite musique douce, entêtante, dans les poèmes de ce recueil...
Il y a des ânes , " marchant le long des houx", " de grands boeufs roux", tous ces animaux des champs et de la maison que le poète aimait tant...
Il y a un coeur d'homme qui rêve de jeunes filles nues, alanguies dans les vergers, " dans le verger où sont les arbres de lumière, où " La pulpe des fruits lourds pleure ses larmes d'or"...
Il y a des vers nostalgiques et tendres, ondoyants et harmonieux:
" Tout à coup un paon bleu se penchait sur un banc.
une raquette lançait un dernier volant
qui mourait dans la nuit qui dormait aux feuillages
pendant qu'on entendait un roulement d'orage."
Il y a des vieux villages, des maisons du passé abandonnées, des armoires pleines de secrets...
Il y a une poésie peut-être un peu surannée, mais tant de charme , de grâce ailée! Moi, elle m'a touchée...
Commenter  J’apprécie          290
NMTB
  23 septembre 2015
Il y a de grandes peintures à l'huile éclatantes et il y a de petites images naïves sans prétention. Si l'on excepte la dernière partie, qui est une sorte de pièce versifiée en trois actes sur la naissance, la vie et la mort d'un poète, un peu grandiloquente (et pour le coup, complètement pompier), « de l'Angélus de l'aube à l'Angélus du soir » se range dans la catégorie des peintures simples et naïves.
Des poèmes champêtres, plus campagnards que bucoliques, qui ont pour sujet des paysans, des animaux ou des ballades dans les bois. Des poèmes d'amour et de pitié. Et de piété aussi, mais une piété là aussi naïve, héritée de l'enfance, davantage forgée et impressionnée par les pompes ecclésiales que par l'étude des saintes écritures.
Ce serait comme une sorte de canevas qui reproduirait l'Angélus de Millet, quelque chose d'humble, un modeste travail pour ne pas dire un travail modeste. Doux et émouvant, mais dont les fils sont un peu gros. Un goût prononcé pour les allitérations faciles.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
frandj
  15 septembre 2018
De nos jours, Francis Jammes (1868-1938) ne bénéficie pas d'une réputation extraordinaire. Pourtant, le préfacier de ce recueil plaide vigoureusement en sa faveur. En fait, ce poète était très attaché à son terroir: le Béarn et le Pays Basque. Il avait le sens du concret; son âme parait maintenant simple, sans orgueil, un peu sentimentale. Il se situait volontairement éloigné des "grands génies" de la poésie. Pour moi, c'est un poète mineur: dans ce volume, je n'ai lu aucun chef d'oeuvre. Aucune grande envolée, aucune fulgurance d'écriture. Ses vers paraissent parfois un peu mièvres et/ou naïfs... Du moins, F. Jammes est-il parfaitement compréhensible dès la première lecture - ce qui n'est pas le cas de tous les poètes. J'ai mis en citation deux extraits qui me semblent représentatifs de sa manière d'écrire.
Commenter  J’apprécie          10
Citations et extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina53   01 février 2014
Le vent triste souffle dans le parc,
comme dans un livre que je lus enfant,
où une écolière perdue était hagarde.
Le vent.

Il va casser, peut-être, le tulipier.
Il fait voir le dessous des feuilles blanc
du vernis du Japon qu’il semble essuyer,
Le vent.

Le baromètre est descendu subitement.
Peut-être que ça va être un ouragan.
Il ne peut pas pleuvoir, mais on entend
Le vent.

Dans les livres de prix, monsieur et madame d’Arvan
reviendraient en pressant le pas chez eux,
vers un château tout bleu malgré le mauvais temps.
Le vent.

Sortez de ma tête, ô manoirs moisissants
où devaient se passer d’étranges adultères,
par les temps tristes, en Angleterre.
Le vent.

Sortez de ma tête, gentilles écolières
qui jouiez à cache-cache dans la clairière
et reveniez vers le grenier sombre, à cause du grand
vent.

Sortez de ma tête, vieux marquis des villes
qui, dans les maisons pluvieuses, lisiez Virgile
dans des fauteuils à oreillettes, par des temps
de vent.

Sors de ma tête, ma douce tristesse,
et va-t’en vers le coteau fané, va-t’en
où va, sur un air un peu Chateaubriand,
le vent.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          280
marina53marina53   05 février 2014
Il va neiger dans quelques jours. Je me souviens
de l’an dernier. Je me souviens de mes tristesses
au coin du feu. Si l’on m’avait demandé : qu’est-ce ?
J’aurais dit : laissez-moi tranquille. Ce n’est rien.

J’ai bien réfléchi, l’année avant, dans ma chambre,
pendant que la neige lourde tombait dehors.
J’ai réfléchi pour rien. À présent comme alors
je fume une pipe en bois avec un bout d’ambre.

Ma vieille commode en chêne sent toujours bon.
Mais moi j’étais bête parce que ces choses
ne pouvaient pas changer et que c’est une pose
de vouloir chasser les choses que nous savons.

Pourquoi donc pensons-nous et parlons-nous ? C’est drôle ;
nos larmes et nos baisers, eux, ne parlent pas
et cependant nous les comprenons, et les pas
d’un ami sont plus doux que de douces paroles.

On a baptisé les étoiles sans penser
qu’elles n’avaient pas besoin de nom, et les nombres
qui prouvent que les belles comètes dans l’ombre
passeront, ne les forceront pas à passer.

Et maintenant même, où sont mes vieilles tristesses
de l’an dernier ? À peine si je m’en souviens.
Je dirais : laissez-moi tranquille, ce n’est rien,
si dans ma chambre on venait me demander : qu’est-ce ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          260
marina53marina53   02 février 2014
Les dimanches, les bois sont aux vêpres.
Dansera-t-on sous les hêtres ?
Je ne sais… Qu’est-ce que je sais ?
Une feuille tombe de la croisée…
C’est tout ce que je sais ..

L’église. On chante. Une poule.
La paysanne a chanté, c’est la fête.
Le vent dans l’azur se roule.
Dansera-t-on sous les hêtres ?
Je ne sais pas. Je ne sais.

Mon cœur est triste et doux
Dansera-t-on sous les hêtres ?
Mais tu sais bien que, les dimanches, les bois sont aux vêpres.

Penser cela, est-ce être poète ?
Je ne sais pas. Qu’est-ce que je sais ?
Est-ce que je vis ? Est-ce que je rêve ?

Oh ! ce soleil et ce bon, doux, triste chien…
Et la petite paysanne
à qui j’ai dit : vous chantez bien…

Dansera-t-elle sous les hêtres ?
Je voudrais être, voudrais être
celui qui lentement laisse tomber,
comme un arbre ses baies,
ca tristesse pareille, sa tristesse
pareille aux bois qui sont aux vêpres.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          330
marina53marina53   03 février 2014
Cette personne a dit des méchancetés :
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Alors j’ai été révolté.

Et j’ai été me promener près des champs
où les petits brins d’herbes ne sont pas méchants,
avec ma chienne et mon chien couchants.

Là, j’ai vu des choses qui jamais
n’ont dit aucune méchanceté,
et de petits oiseaux innocents et gais.

Je me disais, en voyant au-dessus des haies
s’agiter les tiges tendres des ronciers :
ces feuilles sont bonnes. Pourquoi y a-t-il des gens mauvais ?

Mais je sentais une grande joie
dans ce calme que tant ne connaissent pas,
et une grande douceur se faisait en moi.

Je pensais : oiseaux, soyez mes amis.
Petites herbes, soyez mes amies.
Soyez mes amies, petites fourmis.

Et là-bas, sur un champ en pente,
auprès d’une prairie belle et luisante,
je voyais, près de ses bœufs, un paysan

qui paraissait glisser dans l’ombre claire
du soir qui descendait comme une prière
sur mon cœur calmé et sur la terre.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          220
marina53marina53   12 février 2014
Je m’embête ; cueillez-moi des jeunes filles
et des iris bleus à l’ombre des charmilles
où les papillons bleus dansent à midi,
parce que je m’embête
et que je veux voir de petites bêtes
rouges sur les choux, les ails (on dit aulx), les lys.
Je m’embête.

Ces vers que je fais m’embêtent aussi,
et mon chien se met à loucher, assis,
en écoutant la pendule
qui l’embête comme je m’embête.
Vraiment ces trois cils de ce chien de chasse,
de ce chien de poète,
sont cocasses.

Je voudrais savoir peindre. Je peindrais
une prairie bleue, avec des mousserons,
où des jeunes filles nues danseraient en rond
autour d’un vieux botaniste désespéré,
porteur d’un panama et d’une boîte verte
et d’un énorme filet à papillons
vert.

Car j’apprécie les jeunes filles
et les gravures excessivement coloriées
où l’on voit un vieux botaniste éreinté
qui longe un torrent et se dirige
vers l’auberge.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          200
Videos de Francis Jammes (35) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Francis Jammes
L'église habillée de feuilles (extraits), Francis Jammes lu par Jean Marchat
autres livres classés : poésieVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Testez vos connaissances en poésie ! (niveau difficile)

Dans quelle ville Verlaine tira-t-il sur Rimbaud, le blessant légèrement au poignet ?

Paris
Marseille
Bruxelles
Londres

10 questions
726 lecteurs ont répondu
Thèmes : poésie , poèmes , poètesCréer un quiz sur ce livre