AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782070301010
159 pages
Éditeur : Gallimard (24/11/1967)
3.82/5   17 notes
Résumé :
p
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
sabine59
  15 mai 2017
C'est par hasard que j'ai découvert ce poète, que je ne connaissais que de nom.Et c'est l'un de ses poèmes qui m'a donné envie d'entrer dans son univers.Je ne résisterai pas à la tentation de vous le citer par ailleurs, il s'intitule "Dimanches"...
Ce recueil rassemble des textes de plusieurs périodes , c'est le moins qu'on puisse dire puisque les poèmes s'échelonnent de ....10 ans à au moins 57 ans! Eh oui, précoce, ce Léon Paul!
Je n'ai pas voulu m'informer sur la biographie du poète, j'ai préféré goûter ses mots, sans a priori...
La première chose qui m'a interpellée , c'est l'omniprésence des termes "enfants"ou "enfance ", et la nostalgie liée à cette époque :
" Un enfant court
Autour des marbres...
Une voix sourd
Des hauts parages"
J'ai été surprise aussi de constater que beaucoup de poèmes sont en prose, surtout dans la partie"Poëmes".Surprise et un peu déçue , car je ne suis pas très friande de cela, même si je reconnais que certains extraits d'entre eux sont magnifiques:
" Fanaux des trains et des bateaux, qui ont toujours ce regard triste...Signaux d'amour, tendres et fins comme des coeurs à la fenêtre. ..Signaux du ciel, un peu perdus, comme des fleurs dans un champ d'ombre..."
Dans "Ludions", le ton est beaucoup plus humoristique, le poète joue sur les mots, s'essaye au pastiche, comme dans l'amusant madrigal transformé en "merdrigal"....
" Dans mon coeur en ta présence
Fleurissent des harengs saurs.
Ma santé, c'est ton absence,
Et quand tu parais, je sors."
Je n'ai pas accroché à d'autres poèmes, hermétiques ou à la gouaille trop appuyée.
C'est la dernière partie du recueil que j'ai préférée, celle où s'exprime une mélancolie tendre, entre souvenirs rêvés et lueurs fugitives du passé , ombres blanches et enfants qui s'enfuient ...
" Un frêle geste allume
La lampe aux yeux baissés ...
Une rougeur affleure aux marches de la nuit ...
Un livre très diversifié, donc, des images superbes et délicates côtoyant des mots plus crus ou des associations de mots parfois peu compréhensibles . En tout cas, j'ai apprécié cet éclectisme, prouvant les capacités de renouvellement du poète. Et être déconcertée me plaît aussi...



+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          352
barbaracopercini
  27 juin 2017
Il va sans dire que j'adore le lyrisme de Lèon-Paul Fargue, "poète de toutes les heures" ...sa poésie est un état...une force d'attraction ... une chose essentielle "aussi indispensable à l'homme que l'oxygène ou le carbon, un objet courant, un aspect de la vie quotidienne qui vibre sous certains archets"
Commenter  J’apprécie          60

Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
KawaneKawane   26 juin 2015
Amour tremblant . Crainte de proie.
J'aime vos deux instincts frappants.
Crainte tenace. Amour tremblant.
Je sais ton style heureusement.
Je suis le maître dans la nuit.
Amour tenace. Amour tremblant.
Tu t'es posé sur le rebord
De l'âme la plus misérable.
comme un aigle sur un balcon !
Amour tenace. Amour tremblant.
L’horloge creuse la mort
Je l'honore dans tes beaux yeux,
Je la distingue aux seins blessants.
Les fleurs qu'on ne voit que la nuit
C'est ce qui fait qu'on réfléchit.
Mais veuille surveillez nos yeux.
Quand nous souffrons fais-nous pleurer.
lorsqu'on pleure on est presque heureux.
Amour tenace. amour tremblant !

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          190
segrobsegrob   09 septembre 2012
KIOSQUES

En vain la mer fait le voyage
Du fond de l'horizon pour baiser tes pieds sages,
Tu les retires
Toujours à temps.

Tu te tais, je ne dis rien,
Nous n'en pensons pas plus, peut-être,
Mais les lucioles de proche en proche
Ont tiré leur lampe de poche
Tout exprès pour faire briller
Sur tes yeux calmes cette larme
Que je fus un jour obligé de boire.
La mer est bien assez salée.

Une méduse blonde et bleue
Qui vient s'instruire en s'attristant
Traverse les étages bondés de la mer,
Nette et claire comme un ascenseur,
Et décoiffe sa lampe à fleur d'eau
Pour te voir feindre sur le sable
Avec ton ombrelle, en pleurant,
Les trois cas d'égalité des triangles.

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
sabine59sabine59   15 mai 2017
Dimanches

Des champs comme la mer, l'odeur rauque des herbes,
Un vent de cloches sur les fleurs après l'averse,
Des voix claires d'enfant dans le parc bleu de pluie,

Un soleil morne ouvert aux tristes, tout cela
Vogue sur la langueur de cet apres-midi ...
L'heure chante. Il fait doux.Ceux qui m'aiment sont là ...

J'entends des mots d'enfant, calmes comme le jour.
La table est mise simple et gaie avec des choses
Pures comme un silence de cierges présents ...

Le ciel donne sa fièvre hélas comme un bienfait ...
Un grand jour de village enchante les fenêtres...
Des gens tiennent des lampes c'est fête et des fleurs ...

Au loin un orgue tourne son sanglot de miel ...
Oh je voudrais te dire ...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
sabine59sabine59   15 mai 2017
Tonnelles ( extrait)

Sous l'arceau vert qui la rend pâle, elle sourit ...

Mon coeur frappe à la porte
Dans l'ombre
J'aime trop pour le dire ...
Il passe dans mon verre,
Comme des ailes claires,
Ses gestes, son sourire ...
Commenter  J’apprécie          170
PartempsPartemps   28 septembre 2020
AETERNAE MEMORIAE PATRIS

...Depuis, il y a toujours, suspendu dans mon front et qui me fait mal,
Délavé, raidi de salpêtre et suri, comme une toile d’araignée qui pend dans une cave,
Un voile de larmes toujours prêt à tomber sur mes yeux.
Je n’ose plus remuer la joue; le plus petit mouvement réflexe, le moindre tic
S’achève en larmes.

Si j’oublie un instant ma douleur,
Tout à coup, au milieu d’une aventure, dans le souffle des arbres,
Dans la masse des rues, dans l’angoisse des gares,
Au bras d’un vieil ami qui parle avec douceur,
Ou dans une plainte lointaine,
A l’appel d’un sifflet qui répand du froid sous des hangars,
Ou dans une odeur de cuisine, un soir
Qui rappelle un silence d’autrefois à table...
Amenée par la moindre chose
Ou touchée comme d’un coup sec du doigt de Dieu sur ma cendre,

Elle ressuscite! Et dégaine! Et me transperce du coup mortel sorti de l’invisible bataille,
Aussi fort que la catastrophe crève le tunnel,
Aussi lourd que la lame de fond se pétrit d’une mer étale,
Aussi haut que le volcan lance son cœur dans les étoiles
Je t’aurai laissé donc partir sans rien te rendre
De tout ce que tu m’avais mis de toi, dans le cœur !
Et je t’avais lassé de moi, et tu m’as quitté ;
Et il a bien fallu cette nuit d’été pour que je comprenne... Pitié! Moi qui voulais... Je n’ai pas su... Pardon, à genoux, pardon !
Que je m’écroule enfin, pauvre ossuaire qui s’éboule, oh pauvre sac d’outils dont la vie se débarrasse, d’un coup d’épaule, dans un coin...

Ah je vous vois, mes aimés. Mon père, je te vois. Je te verrai toujours étendu sur ton lit,
Juste et pur devant le Maître, comme au temps de ta jeunesse,
Sage comme la barque amarrée dans le port, voiles carguées, fanaux éteints,
Avec ton sourire mystérieux, contraint, à jamais fixé, fier de ton secret, relevé de tout ton labeur,
En proie à toutes les mains des lumières droites et durcies dans le plein jour,
Grisé par l’odeur de martyr des cierges,
Avec les fleurs qu’on avait coupées pour toi sur la terrasse ;
Tandis qu’une chanson de pauvre pleurait par-dessus les toits des ateliers dans une cour,
Que le bruit des pas pressés se heurtait et se trompait de toutes parts,
Et que les tambours de la Mort ouvraient et fermaient les portes!

Je t’ai cherché, je t’ai porté ;
Partout. -Dans un square désert au kiosque vide, où j’étais seul
Devant la grille du couchant qui sombre et s’éteint, comme un vaisseau qui brûle derrière les arbres...
Un jour.. dans quelque ville de province aux yeux mi-clos, qui tourne et s’éteint
Devant la caresse hâtive des express...
Dans une boutique où bougent d’un air boudeur des figures de cendre ;
Sur la place vide où souffle l’oubli ;
Aux rides des rues, aux cris des voyages...

A l’aube, hors barrière, dans un quartier d’usines,
... Au tournant d’un mur, une averse de charbons lancée par des mains invisibles ;
Un tuyau qui fume en sanglotant...
Dans les faubourgs et les impasses où meuglent les sirènes, où les scieries se plaignent, où les pompiers sont surpris par un retour de flamme, à l’heure où les riches dorment...
Un soir, dans un bois, sous la foule attentive des feuilles qui regardent là-haut filtrer les étoiles,
Dans l’odeur des premiers matins et des cimetières,
Dans l’ombre où sont éteints les déjeuners sur l’herbe,
Où les insectes ont déserté les métiers...

Partout où je cherchais à surprendre la vie
Dans le signe d’intelligence du mystère
J’ai cherché, j’ai cherché l’Introuvable...

O Vie, laisse-moi retomber, lâche mes mains !
Tu vois bien que ce n’est plus toi! C’est ton souvenir qui me soutient !
Poëmes, Gallimard

Retourne aux pays sans amour où Ton était cruel pour toi.
Retourne aux pays sans douceur où Ton revient toujours.
Ils sont pleins de souvenirs qu’on déteste et qu’on adore.
On ne saurait s’y montrer fier de ce qu’on quitte. On ne peut rien en rapporter vers ce qu’on retrouve.
Le temps et la distance y perdent leurs mirages. Aucune magie n’y rayonne.
On y a laissé vieillir des hontes et de l’inconscience. Elles vous entendent marcher sur la route, de si longtemps et de si loin qu’on vienne.
Et tu vas t’y pencher encore, de toute ta hauteur, comme la plus lointaine étoile au fond d’un puits où dort le silence, dans les yeux morts, sur le cadavre des ténèbres...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00

Video de Léon-Paul Fargue (8) Voir plusAjouter une vidéo

André Beucler : Dimanche avec Léon-Paul Fargue
Olivier BARROT présente le livre d'André Beucler sur Léon-Paul Fargue.
autres livres classés : vers libreVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Testez vos connaissances en poésie ! (niveau difficile)

Dans quelle ville Verlaine tira-t-il sur Rimbaud, le blessant légèrement au poignet ?

Paris
Marseille
Bruxelles
Londres

10 questions
957 lecteurs ont répondu
Thèmes : poésie , poèmes , poètesCréer un quiz sur ce livre