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Critiques sur Désolations (93)
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manU17
23 juillet 2014
Une région de l'Alaska. le temps de prendre une retraite bien méritée est venu pour Irène et Gary. Une retraite sereine et reposante ? Pas si sûr…

Gary a décidé qu'ils allaient s'installer sur un îlot d'un lac glaciaire, sur les rives duquel ils ont vécu toutes ces années, dans une cabane qu'il va construire de ses propres mains. le projet n'enthousiasme guère Irène. Il la rebute plutôt. Mais elle est déterminée à l'accompagner dans ce projet fou. A tort ou à raison, elle pense que Gary s'apprête à la quitter. Et Irène n'est pas du genre à lui offrir une trop belle occasion de la rejeter sous un prétexte fallacieux…

Après le terrible Sukkwan Island, David Vann nous propose ici une réflexion sur l'usure liée au temps qui passe en forme de métaphore sur le couple. Outre le couple Irène-Gary, on a les couples formés par leurs deux enfants, un garçon et une fille, tous deux en couple, ainsi que des relations ou amis. Des couples d'âges différents à des stades différents pour une vision globale.

Si la plume de David Vann m'a une fois de plus séduit, je suis un peu resté sur ma faim. Ayant adoré et dévoré Sukkwan Island, tout au long de ma lecture, j'ai attendu fébrilement ce climax que je sentais venir et qui, j'en étais persuadé, allait tout bouleverser et tout remettre en question. J'ai attendu, attendu et il a fini par arriver mais à la toute fin du roman quand je ne l'espérais plus vraiment. Et le pire, c'est qu'il ne m'a absolument pas surpris tant je l'ai trouvé prévisible !

Désolations et légère déception donc…

Lien : http://bouquins-de-poches-en..
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pyrouette
29 janvier 2017
Irène et Gary ont vécu trente ans au bord d'un lac en Alaska. Gary voulait la nature et les grands espaces. Irène a suivi par amour. Ils ont élevés leurs deux enfants. Mais voilà, ils sont l'âge de la retraite tous les deux, enfin surtout Irène qui a travaillé comme institutrice, faisant bouillir la marmite de la famille. Gary lui, a toujours été un rêveur, l'homme aux mille projets qui n'aboutissent jamais, l'homme qui se réveille le matin en se demandant comment il va meubler les heures, survivre à la journée, survivre à la nuit.



Il a un dernier projet, une dernière folie : construire une cabane de trappeur sur une île où il a acheté un terrain. le rêve de l'Alaska, vivre isolé, ne dépendre que de soi-même. le lac gelé l'hiver est impraticable. La nature sauvage a quelque chose d'attirant et qui paraît facile. Elle peut vite devenir glaciale et impitoyable.



Irène le suit et l'aide par amour et surtout pour ne pas le perdre. Car si Gary a toujours eu des projets, il ne peut rien faire seul. Pourtant leur mariage est une île de solitude où la communication est faite de mesquineries, de pressions, de culpabilité.



Rhoda, leur fille, leur opposé est partie vivre à la ville. Contrairement à ses parents, elle aime le confort, la modernité. Elle court après un idéal de vie en regardant le face à face de ses parents avec inquiétude. L'hiver arrive, Irène et Gary campent sur leur île en essayant de construire leur masure.


L'écriture de l'auteur est addictive et ressemble à une bombe à retardement mais on ne sait jamais à quel moment tout va exploser. Il expose ses magnifiques grands espaces, décrit une nature magnifique tout en démontrant que l'homme doit être solide et sans failles pour pouvoir y vivre. Magnifique roman.
Lien : http://pyrouette.canalblog.c..
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KrisPy
27 août 2014
L'enfermement des grands espaces.... La lucidité jusqu'à la folie... L'enfer de l'Autre... sont les termes qui me viennent à l'esprit en refermant ce livre.
Ce livre est vraiment une ode à la Désolation.
Définitions Larousse de désolation : état d'un lieu inhabité, désert, dépourvu de verdure - (Pays de désolation). Peine extrême, affliction extrême ; consternation - (Être plongé dans la désolation). Ce qui est cause d'une grande contrariété ; ennui - (Cet enfant est la désolation de ses parents).
Ces définitions donnent une idée de ce qui se passe dans la tête des protagonistes, ou devrais-je plutôt dire, des antagonistes...
Irene et Gary sont mariés depuis bien longtemps. Ils vivent en Alaska, au bord d'un lac de glacier.
Leur fille, Rhoda (que l'on retrouve dans Sukkwen Island), 30 ans, vit en ville avec Jim (le père dans Sukkwen Island... cela donne une dimension supérieure au récit, encore plus glaçante, si on l'a lu juste avant...) et attend que celui-ci la demande en mariage. Mais Jim est un pauvre type qui ne pense pas plus loin que le bout de sa queue, et Rhoda sent que quelque chose cloche chez lui.
Elle sent aussi que ses parents ne vont pas bien, surtout sa mère, depuis qu'ils ont décidé, ou plutôt, depuis que Gary a décidé, de construire et de passer l'hiver dans une cabane sur un ilot du lac, Caribou island.
Depuis la première journée de travail sur cette cabane, Irene a attrapé froid, et souffre dorénavant d'incessants et terribles maux de tête. Gary pense qu'Irene n'est malade que pour le punir... Irene pense que Gary ne l'aime pas, et qu'il va profiter de la mauvaise volonté d'Irene pour la quitter...
Irene, Gary, Rhoda, Jim, Mark, Carl, Monique, autant de personnages, d'âges différents, qui voient avec lucidité se profiler leur avenir, proche ou lointain...
Les grands espaces hostiles, qu'ils soient de l'Alaska ou d'ailleurs, font office de loupe. Ils forcent à regarder au plus profond de soi.
Et de la lucidité la plus extrême, nait la folie... ou bien est-ce l'inverse ?
Ce livre est puissant. de par son analyse poussée de la psyché humaine, de ce décorticage de la pensée d'Irene, dans ses moindres cheminements, et de celui de Gary, plus brut et évident, et celles de Rhoda et Jim, en parallèle, imbriquées et à des années lumières cependant.
De plus, avec la lecture de Sukkwan Island auparavant, on est d'autant plus lucides nous aussi sur le futur de ces personnages, et c'est terrible. C'est fort. Très fort.
Et oui, la fin est peut-être prévisible, mais ça n'enlève rien à l'acuité et la perspicacité du propos. Au contraire, cela ajoute de la force, c'est une fatalité, et c'est un destin en marche, inéluctable.
Bravo David Vann. Encore !!!
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Arakasi
24 avril 2014
Après trente ans de mariage, trente ans de pénible vie commune ponctuée de crises et de tensions, Gary s'apprête à quitter Irène et cette seule idée la terrifie jusqu'au fond de l'âme. Elle a pourtant tout fait pour conserver son amour, a même accepté de s'installer avec lui des décennies plus tôt au bord du lac glaciaire Skilak en Alaska. Là, ils ont eu deux enfants maintenant adultes, ils ont vivoté, vieilli ensemble, mais tout cela n'a pas suffi à apaiser les frustrations de Gary, persuadé de mériter davantage : une meilleure vie, un meilleur travail et, bien entendu, une meilleure épouse. Dans un effort désespéré pour sauver son couple et éviter l'abandon, Irène consent à épauler son mari dans la mise en oeuvre de sa dernière lubie, à savoir la construction d'une cabane sur l'île Caribou au centre du lac Skilak où Gary souhaiterait passer sa retraite au milieu de la nature. Mais l'hiver arrive rapidement et l'île ne tardera pas à être progressivement coupée du rivage, isolant Gary et Irène dans leur cocon de rancoeur, d'amertume et de haine glacées. Impuissante à les aider et aveuglée par ses propres problèmes personnels, leur fille Rhoda observera de loin cette dramatique dégénérescence et s'avérera incapable de prévenir l'inéluctable.

Au premier abord, l'intrigue de « Désolations » rappelle beaucoup celle de « Sukkwan Island », le premier roman de David Vann racontant l'odyssée tragique d'un père et de son fils cherchant à bâtir une cabane sur une île au sud de l'Alaska, au point que l'on peut s'inquiéter légitiment : Vann peinerait-il à renouveler ses intrigues ? Une inquiétude sans fondement, je tiens à la préciser tout de suite, car si les deux romans possèdent plusieurs thématiques en commun – l'affrontement entre l'homme et la nature, l'incapacité à communiquer, le pourrissement des liens familiaux, les ravages de la solitude et de l'isolement… – « Désolations » reste une oeuvre indépendante et tout aussi digne d'intérêt que « Sukkwan Island ». Là où le roman précédent plaçait le lien père/fils au centre du récit, « Désolations » se concentre sur la dissection des relations de couple et de leur lente dégradation faite de déceptions réciproques, de promesses brisées et de malveillance refoulée. le récit est également plus touffu et plus complexe que celui de « Sukkwan Island », mais tout aussi oppressant, réfrigérant et malsain. Sous la pellicule gelée de sentiments de plus en plus obscurs et sauvages, la violence rôde et menace d'exploser à chaque minute, malmenant horriblement les nerfs du pauvre lecteur. Brillant assurément, mais noir, noir, noir, tellement noir…
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LiliGalipette
10 septembre 2011
L'Alaska est une terre des confins, là où les hommes s'échouent ou se relancent. Pour Gary, c'est la terre des échecs. Son mariage avec Irene est en péril, mais jamais le courage ne lui est suffisant pour partir. Son envie d'ailleurs s'incarne dans un rêve vieux de trente ans : une cabane, celle qui aurait dû construire depuis des années. « L'idée était de bâtir une cabane à l'ancienne. Sans assise en ciment, sans permis de construire. La cabane devenue simple reflet d'un homme, à l'image de son propre esprit. » (p. 73) C'est avec des rondins inégaux qu'il décide de bâtir son rêve sur Caribou Island, une île au milieu du Skilak. Il espère apaiser les regrets de toute une vie et surtout oublier l'échec de son couple. « Un réconfort élémentaire, eux deux, le besoin qu'ils avaient l'un de l'autre. Pourquoi n'était-ce pas suffisant ? » (p. 56) Irene ne croit pas à cette folie de bâtisseur. Motivée par une culpabilité mêlée de reproche, et bien que terrassée par d'incessantes et inexplicables migraines, elle choisit d'aider son époux dans son entreprise.
Le couple monte un bivouac sur l'île et s'emploie à construire la cabane, se coupant peu à peu du reste du monde. « Presque un chariot de pionniers d'un nouveau genre, en route vers une nouvelle terre et la création d'un nouveau foyer. » (p. 17) Mais l'hiver est précoce et avec lui se précipitent les doutes froids et les haines pétrifiées. « Quand le lac commencerait à geler, il y aurait une longue période où aucun bateau ne pourrait effectuer la traversée, et la glace ne serait pas assez solide pour leur permettre de traverser à pied. Ils seraient isolés, sans aucun moyen de communication en cas de problème. » (p. 241) La cabane ne sera finalement qu'une tour de Babel : Gary échoue à renouer avec lui-même et tout n'est qu'inachèvement et incapacité. La fin de cette épopée nordique est dramatique, forcément, et éternellement figée dans des neiges mauvaises.
Pendant ce temps Rhoda, la fille de Gary et Irene, court à perdre haleine après un idéal de vie de couple et de mariage. Mais son compagnon Jim, de dix ans son aîné, prend conscience que sa vie ne peut pas se limiter à une seule femme. Son accomplissement passera par la possession et l'expression d'une sexualité sans complexe. Et Rhoda s'engage dans une voie qui pourrait être sans issue, sinon fatale.
L'intertextualité à l'oeuvre dans ce texte est magique. Elle ressuscite les légendes et les épopées scandinaves tout en convoquant les accords parfaits de chansons inoubliables, qu'il s'agisse de «'Suzanne' de Leonard Cohen ou des harmonies des Beatles.
Les éditions Gallmeister publient des oeuvres qui s'inscrivent dans le courant du Nature Writing. Désolations est une magnifique expression de ce courant littéraire. Ici l'Alaska se livre entre immensités glaciales et territoires hostiles. Chacun des personnages part en quête d'une terre meilleure. Mais l'Alaska n'est pas l'El Dorado. Alors se pose une lourde question : peut-on vivre de rêves en Alaska ? La fin de l'été marque le crépuscule de certaines choses et l'on ne sait si ce qui suivra sera une hibernation avant un beau réveil ou une mort sans retour.
Je n'ai pas lu le premier roman de David Vann, Sukkwan Island, prix Médicis en 2010. Pour autant, impossible de passer à côté de tout ce qu'on en a dit. D'aucuns se demandent si le second roman sera à la hauteur du premier. Après lecture du magistral Désolations, je me demande plutôt de quel chef-d'oeuvre je me suis privée en ne lisant pas Sukkwan Island. David Vann a un talent certain pour dépeindre les tourments des âmes livrées aux éléments. L'Alaska ne semble plus si hostile quand on a jeté un regard dans le coeur de Gary ou d'Irene. À se demander comment une telle terre n'a pas pu apaiser tant de haines et de rancoeurs réciproques. Mais la réponse n'est pas là et il n'est pas certain qu'elle existe. Désolations n'est pas une oeuvre à clés : c'est une vue d'hiver à travers une vitre froide. de l'autre côté s'accomplissent des choses grandioses et auxquelles rien ne s'oppose.
J'ai lu ce roman presque d'une traite. La plume de David Vann est hypnotique et elle trace dans les consciences des voies insoupçonnées, qu'on ne peut qu'emprunter au risque de s'y perdre.
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LUKE59
13 février 2013
Après le huis clos tragique de Sukkwan Island, David Vann remet le couvert avec cet opus paru sous le titre original de Caribou Island ; du nom d' un ilôt inhospitalier situé au milieu d' un lac glaciaire aux confins de l' Alaska -- ilôt sur lequel Gary et Irène, couple de cinquantenaires en crise fraîchement retraités, vont jouer les Robinsons amateurs.Nous suivons également en parallèle les déboires de trois autres couples plus jeunes et tous dysfonctionnels.Ainsi,pour l' auteur, le couple est perçu avant tout comme une arène de lutte impitoyable pour le pouvoir, tout comme le lieu de la plus grande solitude qui soit. Un roman sombre , captivant et destabilisant, mais qui devrait consoler tous les exclus de la Saint-Valentin.
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krol-franca
30 août 2014
Longtemps j'ai refusé de lire d'autres romans de David Vann. Fascinée mais surtout écoeurée par la lecture de son premier titre Sukkwan Island, je n'avais aucune envie de me confronter à nouveau à son univers. Je ne suis pourtant pas une adepte des livres guimauve, j'aime quand c'est rude et que ça finit mal mais trop c'est trop !



Et puis, mon bibliothécaire préféré aime et puis surtout il a invité l'auteur en septembre prochain. Alors, en prévision de cette rencontre, avec l'éditeur de Gallmeister, me revoilà repartant de ma médiathèque avec le livre sous le bras… Attirée davantage par la présence de cet éditeur que j'adore… et persuadée que je n'aimerai pas, que cette histoire finirait dans le morbide, le gore, tout ce qui m'avait dégoûtée précédemment…



Deux nuits et demie plus tard…



J'ai eu beaucoup de mal à décrocher, à poser le livre. Quelle efficacité ! Un rythme, une écriture et une fin "normale", pas très gaie bien sûr, mais juste, celle que j'attendais, et surtout loin des descriptions épouvantables que j'avais subies la dernière fois.

Nous sommes toujours en Alaska, toujours dans des décors grandioses, avec une météo difficile, mais l'histoire est bien différente, plus classique sûrement, mais surtout plus "lisible".

C'est noir, c'est pessimiste, mais parfaitement maîtrisé et cet auteur sait maintenir une tension permanente pour capturer son lecteur dans ses noirs filets.
Lien : http://krolfranca.wordpress...
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Rebka
21 février 2017
Comme d'habitude David Vann nous propose une balade printanière - légère et fleurie - sur une île paradisiaque qui respire la joie de vivre… ♫♪ Quand te reverrais-je, pays merveilleux ? ♫
Maaaaaais noOoon je rigole ! Amateurs de petits lapins, fleurs bleues et autres mignonneries, passez votre chemin car ici, le titre n'est pas menteur. Oui, il fallait bien (à minima) mettre le mot Désolations au pluriel pour donner un aperçu de ce qui s'ensuit.
Et ce qui s'ensuit, mama mia, c'est du lourd ! Après avoir réglé d'une certaine manière ses comptes avec son père (Sukkwan Island), virtuellement tué sa mère (Impurs), David Vann nous apprend cette fois comment construire un échec, rondin après rondin, sans se presser, en 25 ou 30 ans, tranquille peinard à son rythme. Ben ouais quoi, après tout pourquoi se mettre la pression ? Inutile de précipiter la chute. Construire une cabane pour déconstruire sa vie. Un concept sympa non ? Lancez-vous, vous verrez, l'essayer c'est l'adopter.
Commençons par le décor, on se l'imagine blanc, gris, boueux, neigeux et froid, tout pour plaire déjà. Ça se passe en Alaska près d'un lac glaciaire. On y trouve un îlot qui porte le nom rigolo de Caribou Island. Mais stop, je vous arrête tout de suite, c'est juste le nom qui est rigolo, n'allez pas vous imaginer des trucs surtout. On est à des années lumière de tous les clichés et de la carte postale typique style “Greetings from alaska”. Il s'agit bien d'un trou perdu au milieu d'une nature infinie, certe belle, mais sans pitié. Plus que sans pitié d'ailleurs, il faudrait dire sans état d'âme, c'est plus juste. Parce que la nature s'en fiche en réalité, elle est totalement indifférente aux petites histoires ou aux grands drames humains, c'est nous - et notre incorrigible anthropocentrisme - qui avons la fâcheuse habitude de vouloir appliquer des sentiments humains à un peu près tout autour de nous, les animaux, les paysages, les éléments etc. Bref, ce n'est pas comme ça que ça marche. Et dans ce petit bout d'Alaska en particulier, la nature, c'est juste une galère de plus. Une désolation de plus. Une déception de plus aussi pour certains des personnages car justement leur rêve de “vie sauvage” en harmonie avec la nature vient se casser les dents sur la réalité dans toute la splendeur de sa nudité. Je pense à Gary notamment qui s'installe sur ce territoire vierge pour essayer de se trouver, pour démarrer une nouvelle vie et enfin réussir quelque chose. Bon évidemment c'est raté. Je ne dis pas ça pour faire du spoil, de toutes manières avec David Vann à quoi s'attendre d'autre ?
Au fil des pages, nous faisons la connaissance de Gary et Irène, de leurs enfants aussi, leur fille Rhoda notamment avec son compagnon Jim (le Jim de Sukkwan Island) et c'est l'occasion pour l'auteur de dresser une belle galerie de portraits : looser de père en fils et de mère en fille. Chacun porte sa croix, chacun se prend ses murs dans la face, chacun doit en finir avec ses illusions à un moment ou à un autre et se poser la question cruciale, le fameux “et maintenant, qu'est-ce qu'on fait ?”. Et c'est là que ça commence à sévèrement mal tourner car au final il n'y a pas tant de solutions que ça, et aucune de vraiment réjouissante.
Je ne vais pas trop en dire mais sachez que Désolations est une jolie petite bombe à retardement peuplée d'antihéros aux existences ratées et aux rêves brisés et sachez également qu'à aucun moment n'apparaît la petite fée avec sa baguette magique qui change la vie en rose (vous l'aurez compris, le happy end c'est pas ici que ça se passe). C'est noir, pessimiste, magnifique et désolant à la fois, et c'est là tout le talent de cet auteur que j'adore... On n'échappe pas aux romans de David Vann.
Lien : http://tracesdelire.blogspot..
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zabeth55
07 avril 2012
Sur un lac glaciaire, Irène et Gary construisent une cabane sur une île, pour y passer leur hiver. C'est le rêve de Gary . Mais tout en la construisant, chacun fait intérieurement le bilan de sa vie
Parallèlement, leur fille Rhoda, s'apprête à se marier tout en se posant elle-aussi bien des questions.
La construction de cette cabane est à l'image de leur vie, du poids de leur passé, de leurs erreurs, de leurs incompréhensions, de l'échec de leur couple, de leurs solitudes

Des destins sous l'emprise destructrice de l'enfance, qui se transmettent d'une génération à la suivante. Des êtres emprisonnés dans un monde glacé au dehors comme au dedans (ça se passe en Alaska) menés par une prédestinée tragique à laquelle, aveugles, ils se plient
Un livre assez noir sur ce qui motive les choix acceptés et destructeurs, pour tenter d'échapper ou de remédier à ces malédictions qui pèsent sur nous et que nous faisons peser sur notre entourage.
Bref un livre qui dérange et fait réfléchir
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canel
21 décembre 2011
Lorsqu'on lit un second livre d'un auteur après un coup de coeur, on espère y retrouver ce qu'on a tant aimé la première fois, non ? de Sukkwan Island, vous reconnaîtrez les dialogues sans guillemets, le "nature-writing" - avec île isolée, climat hostile, bricolage - la finesse d'analyse des personnages, la tension croissante, et, comme le titre et la couverture le laissent présager, une atmosphère sombre, violente. le noir s'affiche, percutant, dès les premières lignes et le pessimisme s'exprime ensuite via des portraits de couples en crise latente ou semi-ouverte, des cruautés qu'on reçoit comme des gifles.

David Vann nous immerge ainsi dans les désillusions, l'usure et les bassesses conjugales (choix du partenaire par dépit, par défaut, par confort, adultère, rancoeurs, mesquineries), jusqu'à l'étouffement. Il est également question du vieillissement, des regrets personnels sur la vie passée, a fortiori lorsque les envies et rêves des deux partenaires divergent, ce hiatus pouvant s'accroître avec la retraite lorsque l'activité professionnelle n'offre plus d'échappatoire.

Bref, ce n'est pas rose, loin s'en faut, c'est même de plus en plus terrible au fil du récit, l'auteur est égal à lui-même. C'est toujours aussi bien écrit, aussi subtilement observé, décrit, analysé, aussi intense et dur. J'aurais volontiers sabré les passages sur la pêche et la construction de la cabane, mais cela a (forcément !) accru mon empathie pour Irene.

La plume et le propos de cet ouvrage, l'habileté à décortiquer le couple et la famille, me font beaucoup penser à la sensibilité d'Alison Lurie et à l'acuité d'analyse de Kate O'Riordan.
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