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Laura Derajinski (Traducteur)
ISBN : 2351780469
Éditeur : Gallmeister (30/11/-1)

Note moyenne : 3.72/5 (sur 466 notes)
Résumé :
Sur les rives d’un lac glaciaire au cœur de la péninsule de Kenai, en Alaska, Irene et Gary ont construit leur vie, élevé deux enfants aujourd'hui adultes. Mais après trente années d’une vie sans éclat, Gary est déterminé à bâtir sur un îlot désolé la cabane dont il a toujours rêvé. Irene se résout à l’accompagner en dépit des inexplicables maux de tête qui l’assaillent et ne lui laissent aucun répit. Entraînée malgré elle dans l’obsession de son mari, elle le voit ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (104) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  03 septembre 2018
Gary a un projet fou : construire une cabane en rondins sur Caribou Island, un îlot perdu et isolé, dans la péninsule de Kenai. Une cabane qu'il a imaginée de toutes pièces. Sans même une fondation, pas de plan. Et surtout aucune expérience en la matière. Un projet qui est loin d'enthousiasmer son épouse, Irene. Mais, après 30 ans de vie commune, 30 ans de vie sans éclat, elle ne peut que l'aider et l'encourager. Elle donne ainsi une dernière chance à son couple déjà vacillant, proche de la rupture...
Gary et Irene ont deux enfants, Rhoda et Matt. Ce dernier mène une vie de patachon tandis que leur fille, en couple avec Jim, un dentiste plus âgé de 10 ans, attend impatiemment une demande en mariage. Mais son compagnon ne semble guère pressé et veut encore profiter de ce que peut offrir la gente féminine...
Un îlot isolé, vide de toute âme. Un hiver glacial essuyant vent mordant, pluie cinglante et tempêtes de neige. le couple que forme encore Irene et Gary va, lui aussi, essuyer bien des tempêtes. Des reproches, des moments de solitude, des non-dits et un mal de tête lancinant pour Irene. Un couple complexe qui ne se comprend plus. Autour d'eux, leurs enfants ne sont pas en reste, notamment Rhoda qui oscille entre désillusions et rêves brisés. Cette tragédie ô combien glaçante que nous propose David Vann nous plonge dans une ambiance de plus en plus tendue, glaciale et pesante. Ses personnages, désabusés, désenchantés, aux âmes brisées, aux sentiments obscurs, vont tenter tant bien que mal, au coeur de cette nature omniprésente et tourmentée, d'insuffler la vie. Un roman sauvage, profondément sombre et angoissant servi par une plume lyrique.
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diablotin0
  17 juin 2018
Malgré le froid glacial de l'Alaska dans lequel nous amène David Vann, nous suffoquons dans une ambiance étouffante, oppressante , je dirais même malsaine.
De façon sournoise, le climat entre Irène et Gary se dégrade de plus en plus et le lecteur redoute le pire.
On ne peut s'empêcher de penser au superbe roman Sukkwan Island, dans lequel nous sommes les témoins d'une relation difficile entre le père et le fils. Ici, c'est entre le mari et la femme que la communication ne se fait plus ou de façon cruelle, blessante.
La nature est dans désolations autant importante et présente que dans Sukkwan Island et là encore elle ne sera pas aidante, elle va au contraire renforcer l'hostilité qui règne dans le couple.
David Vann nous dépeint une nature et une nature humaine en parallèle . Si les éléments naturels se déchaînent, tempête, froid, pluie et neige, les rancoeurs, mensonges, reproches, trahisons, égocentrisme caractérisent les relations humaines .
Oui, ce n'est pas un livre optimiste, on s'en doute vu le titre, mais c'est un roman d'une grande qualité qui est très « plaisant » à lire.
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manU17
  23 juillet 2014
Une région de l'Alaska. le temps de prendre une retraite bien méritée est venu pour Irène et Gary. Une retraite sereine et reposante ? Pas si sûr…
Gary a décidé qu'ils allaient s'installer sur un îlot d'un lac glaciaire, sur les rives duquel ils ont vécu toutes ces années, dans une cabane qu'il va construire de ses propres mains. le projet n'enthousiasme guère Irène. Il la rebute plutôt. Mais elle est déterminée à l'accompagner dans ce projet fou. A tort ou à raison, elle pense que Gary s'apprête à la quitter. Et Irène n'est pas du genre à lui offrir une trop belle occasion de la rejeter sous un prétexte fallacieux…
Après le terrible Sukkwan Island, David Vann nous propose ici une réflexion sur l'usure liée au temps qui passe en forme de métaphore sur le couple. Outre le couple Irène-Gary, on a les couples formés par leurs deux enfants, un garçon et une fille, tous deux en couple, ainsi que des relations ou amis. Des couples d'âges différents à des stades différents pour une vision globale.
Si la plume de David Vann m'a une fois de plus séduit, je suis un peu resté sur ma faim. Ayant adoré et dévoré Sukkwan Island, tout au long de ma lecture, j'ai attendu fébrilement ce climax que je sentais venir et qui, j'en étais persuadé, allait tout bouleverser et tout remettre en question. J'ai attendu, attendu et il a fini par arriver mais à la toute fin du roman quand je ne l'espérais plus vraiment. Et le pire, c'est qu'il ne m'a absolument pas surpris tant je l'ai trouvé prévisible !
Désolations et légère déception donc…

Lien : http://bouquins-de-poches-en..
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LiliGalipette
  10 septembre 2011
L'Alaska est une terre des confins, là où les hommes s'échouent ou se relancent. Pour Gary, c'est la terre des échecs. Son mariage avec Irene est en péril, mais jamais le courage ne lui est suffisant pour partir. Son envie d'ailleurs s'incarne dans un rêve vieux de trente ans : une cabane, celle qui aurait dû construire depuis des années. « L'idée était de bâtir une cabane à l'ancienne. Sans assise en ciment, sans permis de construire. La cabane devenue simple reflet d'un homme, à l'image de son propre esprit. » (p. 73) C'est avec des rondins inégaux qu'il décide de bâtir son rêve sur Caribou Island, une île au milieu du Skilak. Il espère apaiser les regrets de toute une vie et surtout oublier l'échec de son couple. « Un réconfort élémentaire, eux deux, le besoin qu'ils avaient l'un de l'autre. Pourquoi n'était-ce pas suffisant ? » (p. 56) Irene ne croit pas à cette folie de bâtisseur. Motivée par une culpabilité mêlée de reproche, et bien que terrassée par d'incessantes et inexplicables migraines, elle choisit d'aider son époux dans son entreprise.
Le couple monte un bivouac sur l'île et s'emploie à construire la cabane, se coupant peu à peu du reste du monde. « Presque un chariot de pionniers d'un nouveau genre, en route vers une nouvelle terre et la création d'un nouveau foyer. » (p. 17) Mais l'hiver est précoce et avec lui se précipitent les doutes froids et les haines pétrifiées. « Quand le lac commencerait à geler, il y aurait une longue période où aucun bateau ne pourrait effectuer la traversée, et la glace ne serait pas assez solide pour leur permettre de traverser à pied. Ils seraient isolés, sans aucun moyen de communication en cas de problème. » (p. 241) La cabane ne sera finalement qu'une tour de Babel : Gary échoue à renouer avec lui-même et tout n'est qu'inachèvement et incapacité. La fin de cette épopée nordique est dramatique, forcément, et éternellement figée dans des neiges mauvaises.
Pendant ce temps Rhoda, la fille de Gary et Irene, court à perdre haleine après un idéal de vie de couple et de mariage. Mais son compagnon Jim, de dix ans son aîné, prend conscience que sa vie ne peut pas se limiter à une seule femme. Son accomplissement passera par la possession et l'expression d'une sexualité sans complexe. Et Rhoda s'engage dans une voie qui pourrait être sans issue, sinon fatale.
L'intertextualité à l'oeuvre dans ce texte est magique. Elle ressuscite les légendes et les épopées scandinaves tout en convoquant les accords parfaits de chansons inoubliables, qu'il s'agisse de «'Suzanne' de Leonard Cohen ou des harmonies des Beatles.
Les éditions Gallmeister publient des oeuvres qui s'inscrivent dans le courant du Nature Writing. Désolations est une magnifique expression de ce courant littéraire. Ici l'Alaska se livre entre immensités glaciales et territoires hostiles. Chacun des personnages part en quête d'une terre meilleure. Mais l'Alaska n'est pas l'El Dorado. Alors se pose une lourde question : peut-on vivre de rêves en Alaska ? La fin de l'été marque le crépuscule de certaines choses et l'on ne sait si ce qui suivra sera une hibernation avant un beau réveil ou une mort sans retour.
Je n'ai pas lu le premier roman de David Vann, Sukkwan Island, prix Médicis en 2010. Pour autant, impossible de passer à côté de tout ce qu'on en a dit. D'aucuns se demandent si le second roman sera à la hauteur du premier. Après lecture du magistral Désolations, je me demande plutôt de quel chef-d'oeuvre je me suis privée en ne lisant pas Sukkwan Island. David Vann a un talent certain pour dépeindre les tourments des âmes livrées aux éléments. L'Alaska ne semble plus si hostile quand on a jeté un regard dans le coeur de Gary ou d'Irene. À se demander comment une telle terre n'a pas pu apaiser tant de haines et de rancoeurs réciproques. Mais la réponse n'est pas là et il n'est pas certain qu'elle existe. Désolations n'est pas une oeuvre à clés : c'est une vue d'hiver à travers une vitre froide. de l'autre côté s'accomplissent des choses grandioses et auxquelles rien ne s'oppose.
J'ai lu ce roman presque d'une traite. La plume de David Vann est hypnotique et elle trace dans les consciences des voies insoupçonnées, qu'on ne peut qu'emprunter au risque de s'y perdre.
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KrisPy
  27 août 2014
L'enfermement des grands espaces.... La lucidité jusqu'à la folie... L'enfer de l'Autre... sont les termes qui me viennent à l'esprit en refermant ce livre.
Ce livre est vraiment une ode à la Désolation.
Définitions Larousse de désolation : état d'un lieu inhabité, désert, dépourvu de verdure - (Pays de désolation). Peine extrême, affliction extrême ; consternation - (Être plongé dans la désolation). Ce qui est cause d'une grande contrariété ; ennui - (Cet enfant est la désolation de ses parents).
Ces définitions donnent une idée de ce qui se passe dans la tête des protagonistes, ou devrais-je plutôt dire, des antagonistes...
Irene et Gary sont mariés depuis bien longtemps. Ils vivent en Alaska, au bord d'un lac de glacier.
Leur fille, Rhoda (que l'on retrouve dans Sukkwen Island), 30 ans, vit en ville avec Jim (le père dans Sukkwen Island... cela donne une dimension supérieure au récit, encore plus glaçante, si on l'a lu juste avant...) et attend que celui-ci la demande en mariage. Mais Jim est un pauvre type qui ne pense pas plus loin que le bout de sa queue, et Rhoda sent que quelque chose cloche chez lui.
Elle sent aussi que ses parents ne vont pas bien, surtout sa mère, depuis qu'ils ont décidé, ou plutôt, depuis que Gary a décidé, de construire et de passer l'hiver dans une cabane sur un ilot du lac, Caribou island.
Depuis la première journée de travail sur cette cabane, Irene a attrapé froid, et souffre dorénavant d'incessants et terribles maux de tête. Gary pense qu'Irene n'est malade que pour le punir... Irene pense que Gary ne l'aime pas, et qu'il va profiter de la mauvaise volonté d'Irene pour la quitter...
Irene, Gary, Rhoda, Jim, Mark, Carl, Monique, autant de personnages, d'âges différents, qui voient avec lucidité se profiler leur avenir, proche ou lointain...
Les grands espaces hostiles, qu'ils soient de l'Alaska ou d'ailleurs, font office de loupe. Ils forcent à regarder au plus profond de soi.
Et de la lucidité la plus extrême, nait la folie... ou bien est-ce l'inverse ?
Ce livre est puissant. de par son analyse poussée de la psyché humaine, de ce décorticage de la pensée d'Irene, dans ses moindres cheminements, et de celui de Gary, plus brut et évident, et celles de Rhoda et Jim, en parallèle, imbriquées et à des années lumières cependant.
De plus, avec la lecture de Sukkwan Island auparavant, on est d'autant plus lucides nous aussi sur le futur de ces personnages, et c'est terrible. C'est fort. Très fort.
Et oui, la fin est peut-être prévisible, mais ça n'enlève rien à l'acuité et la perspicacité du propos. Au contraire, cela ajoute de la force, c'est une fatalité, et c'est un destin en marche, inéluctable.
Bravo David Vann. Encore !!!
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critiques presse (8)
LaPresse   28 novembre 2011
«Le dernier territoire à conquérir» - c'est la devise de l'État de l'Alaska. Ces mots évoquent un pays sauvage, où l'homme - et la femme, parfois - peut se mettre à l'épreuve, se réinventer, oublier son passé. C'est un peu la Californie, version froide, et Dieu sait que les Américains se ruent vers la chance de refaire leurs vies dans un paysage nouveau.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Lexpress   12 octobre 2011
David Vann se détourne du minimalisme de Sukkwan island, mais instaure le même climat d'angoisse et continue d'exploiter ses obsessions (la famille, l'homme face à la nature et à la mort). Les fils du récit se resserrent aussi sûrement que les maux de tête d'Irène s'amplifient et que les impasses se referment sur les personnages.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Telerama   21 septembre 2011
Observateur aigu, d'une précision cruelle, Vann traque le moindre détail, passant avec la même aisance de l'intime à l'immensité éblouissante du paysage dans lequel évoluent les personnages.
Lire la critique sur le site : Telerama
LeSoir   19 septembre 2011
David Vann n'est pas un humoriste. Mais il possède l'art de sonder les cœurs et les esprits jusqu'à y mettre en évidence les sentiments les moins avouables, ceux que les personnages ne s'avouent pas à eux-mêmes.
Lire la critique sur le site : LeSoir
LeFigaro   16 septembre 2011
Mécanique parfaitement huilée, rythme soutenu, dialogues qui font mouche: David Vann explore les âmes avec une rare cruauté et un talent qui nous laisse sans voix.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Actualitte   15 septembre 2011
Une atmosphère noire et glaçante. On ne sort pas indemne d’une telle lecture ; il n’y a pas d’échappatoire possible, la souffrance est bien réelle. Un livre qui fait mal, soulève tant d’émotions et de remises en question qu’il fait vaciller le lecteur tout entier.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LesEchos   13 septembre 2011
Le jeune écrivain américain remue des eaux tout aussi noires, celles qui se perdent sous les glaciers d'un monde à la dérive. Que la nature est belle, mais froide, sous sa plume !
Lire la critique sur le site : LesEchos
Lexpress   03 août 2011
Révélé l'année dernière par Sukkwan Island - prix Médicis et prix des lecteurs de L'Express 2010, près de 140 000 exemplaires vendus -, l'Américain David Vann signe avec Désolations un deuxième roman tout aussi impressionnant, livre magistral sur l'amour et la solitude.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (97) Voir plus Ajouter une citation
MorgouilleMorgouille   25 octobre 2011
Elle refusait toujours de le regarder et Gary sentit presque qu’il aurait dû faire un effort en cet instant, dire quelque chose pour combler la distance, faire la paix. Peut-être s’excuser pour la nuit dernière, pour lui avoir dit qu’il pensait mériter une meilleure épouse qu’elle. Mais elle l’avait attaqué la première et il n’avait pas vraiment envie de faire un effort. Il se sentait frigorifié. Il pensa pour une étrange raison à Ariane et au passage de Catulle où dans le cœur de sa promise gît un labyrinthe de chagrin, peut-être parce que les épaules d’Irene étaient voûtées. Il ne voyait pas son visage, mais à la voir scruter ainsi la neige, tout semblait perdu. Il ne se souvenait pas des vers en latin. Ariane regardait Thésée prendre la mer sur son navire, l’abandonner tout comme Énée le ferait avec Didon, et comme Gary envisageait, depuis des années, sans doute même des décennies, de le faire avec Irene. Le temps était peut-être venu de laisser mourir leur mariage. Cela vaudrait peut-être mieux pour tous les deux. Une union mal assortie dès le départ, quelque chose qui avait amoindri leurs existences. Difficile de savoir ce qui était vrai. Une part de lui-même voulait s’excuser, l’entourer de ses bras, lui dire qu’il n’avait qu’elle au monde, mais ce n’était qu’un réflexe, une habitude à laquelle il ne fallait pas se fier.
Je vais scier des rondins, dit-il.
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pilepile   11 octobre 2011
Rhoda comprenait désormais comment le mariage pouvait donner une impression de solitude. Un nouveau sentiment qu’elle ne pouvait pas vraiment décrire, ni même cerner. Quelque chose aux confins de son esprit, quelque chose qui lui déplaisait. Elle imaginait de longues périodes pendant lesquelles ils ne se diraient pas grand chose, évolueraient chacun de leur côté dans la maison. Et elle se demanda si les enfants arrivaient à ce moment-là. Avoir un enfant apportait un nouveau centre d’intérêt commun, un nouveau centre d’attention, un endroit pour leur permettre de se retrouver, tous les deux. Peut-être devait-il en être ainsi ? On se consacrait l’un à l’autre jusqu’à décider de se marier, puis on se consacrait ensemble à quelqu’un d’autre. Et que se passait-il ensuite, quand vos enfants avaient grandi, qu’ils étaient partis ? A quoi fallait-il alors se consacrer ? Il y avait quelque chose de terrifiant, à l’idée de ne pouvoir se consacrer à rien. Votre existence ne pouvait jamais être simplement ce qu’elle était. C’était effrayant. personne n’avait envie de cela.
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ArakasiArakasi   01 mai 2014
Carl cherchait les poissons, sentait qu'il comprenait comment quelqu'un pouvait passer sa vie en mer. Ce n'était pas pour l'argent, ni par désespoir. C'était pour le mystère. Se demander ce qu'il y avait sous la surface, ce qu'il y avait dans le filet. Peut-être n'avaient-ils rien attrapé, peut-être avaient-ils pêché des centaines de saumons. Ils pouvaient tout aussi bien avoir pris dans leurs filets une créature marine bien plus grosse. On finissait par croire aux monstres marins, dès lors qu'on possédait un chalut assez grand. L'océan, une immensité, et ils n'en capturaient qu'une infime partie.
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marina53marina53   23 septembre 2018
C'était une des choses qu'elle aimait chez Carl. Si on lui laissait suffisamment de temps, il savait admettre quand il avait merdé. Et contrairement à la plupart des hommes, il ne persistait pas dans la stupidité sous prétexte qu'on l'observait.
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MorgouilleMorgouille   25 octobre 2011
Rhoda repartit la peur au ventre sans parvenir à cibler la source de sa crainte. Tout son entourage avait un comportement étrange. Sa mère, son père, Jim. Aucun n’était celui qu’il était censé être. Et elle, dans tout cela ? Sa vie reposait sur eux.
(…)
Elle prit le virage à l’extrémité du lac et remonta l’allée glissante jusqu’à chez Mark.
Salut, connard, dit-elle quand il apparut à la porte. Il était tard, il avait l’air épuisé. Ou défoncé.
Sympa.
Pas une seule visite, dit-elle. Tu ne pouvais pas passer voir comment elle allait, rien qu’une fois ?
Comment elle va ?
Elle est morte.
Eh bien, j’imagine que c’est mieux pour nous, en quelque sorte, dit Mark. Le poids de sa fureur, tout ça. Mais ça me manquera, ses gâteaux de Noël et son espèce d’espoir un peu puéril.
Rhoda lui asséna un coup de pied dans le tibia, assez fort pour l’envoyer à terre dans un hurlement. Puis elle courut jusqu’à sa voiture avant que Karen ne s’en mêle.
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Videos de David Vann (39) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de David Vann
Extrait de la rencontre avec David Vann à la librairie Vivement Dimanche le 8 octobre 2011. L'auteur révélé par "Sukkwan island" a présenté son nouveau roman" Désolations" (éditions Gallmeister). Il a lancé un véritable plaidoyer en faveur des librairies indépendantes et du prix unique du livre. www.vivementdimanche.com
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Désolations de David Vann

Comment est morte la mère d'Irène ?

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