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ISBN : 2351780612
Éditeur : Gallmeister (07/03/2013)

Note moyenne : 3.44/5 (sur 267 notes)
Résumé :
Été 1985. Dans la vieille demeure familiale, en plein cœur de la Vallée Centrale de Californie, Galen vit seul avec sa mère. Tandis que celle-ci s'attache à faire revivre un passé idéalisé et l'étouffe d’un amour oppressant, le jeune homme tente de trouver refuge dans la méditation. Son existence et celle de sa mère sont rythmées par les visites inopportunes de sa tante et de sa cousine trop sexy, et par celles qu’ils rendent à sa riche grand-mère dont la mémoire ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (72) Voir plus Ajouter une critique
Annette55
  05 février 2017
Voici un ouvrage oppressant, noir, qui nous saute au visage avec violence dont on ressort abasourdi, K.O.
L'auteur met en scène une histoire familiale qui se referme comme un piège cruel sous le soleil suffocant de Californie.
Les personnages : Galen ,21 ans, jeune homme solitaire qui se réfugie dans la méditation.
Puceau, intelligent et lucide, il se cherche, très loin de la réalité, imprévisible, obsédé par son sexe, adepte des croyances New- Age.
Étouffé par l'amour de sa mère, avec laquelle il vit, leur existence est rythmée par les visites dérangeantes de sa tante et de sa cousine aguicheuse , et par celles qu'ils rendent à sa riche grand- mére dont la mémoire flanche....
Les rancoeurs accumulées, les obsessions de Galen, les provocations sexuelles de Jennifer, sa cousine, la chaleur poisseuse ne tarderont pas à amener ce beau monde au bord de l'explosion....
Ce huit- clos sous un soleil brûlant, une grande maison perdue au milieu des noyers est à la fois effrayant et aussi brillant que les autres ouvrages de l'auteur.
Nous assistons sans conteste au déploiement de la folie humaine.
L' écrivain n'élude ni n'édulcore rien.
Il excelle à mettre en scène des relations familiales torturées, enracinées dans les non- dits, la violence et la haine.
Dès les premières pages, le récit est pesant, lourd, dense, d'une densité brûlante...
L'ambiance est malsaine, les situations crispées, les dialogues n'apportent aucune légèreté .
Au fil des pages, des mini- drames se nouent.
Que dire de cet amour - haine?
Qu'espérer devant tant de pessimisme, de désespérance ?
Un livre puissant, dur, intense sur la solitude, la violence, l'incompréhension .
Que dire de la tension sexuelle, la fascination et la jalousie morbide entre les cousins?
Un ouvrage éprouvant , déstabilisant, anxiogène, qui m'a mise mal à l'aise.Un huit- clos torturé et abject, détestable et horrible sans lueur d'espoir .
Un enfermement de désaxés qui vire au cauchemar, un récit poisseux à l'air irrespirable, terrifiant et envoûtant dont le lecteur ne peut se détacher, dont on ne sort pas indemne.....
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LiliGalipette
  20 avril 2013
1985, dans la Vallée centrale de Californie : à 22 ans, Galen vit encore chez sa mère. Au motif de difficultés financières, celle-ci a toujours refusé de lui payer l'université. Pour Galen, cela signifie surtout que sa mère refuse de le voir partir. « Elle avait fait de lui une sorte d'époux, lui, son fils. Elle avait chassé sa propre mère, sa soeur et sa nièce, et il ne restait plus qu'eux deux, et chaque jour il avait le sentiment qu'il ne pourrait supporter un jour de plus, mais chaque jour il restait. » (p. 12) Leurs journées sont rythmées par les thés sous les arbres et les visites à la maison de retraite où est internée la grand-mère de Galen.
Galen voudrait être un nouveau prophète bouddhiste. Il se sent comme une vieille âme et il rêve de détachement et d'illumination. Mais comment y parvenir avec sa mère qui se rappelle sans cesse à lui ? « Sa mère, une perturbation constante, une déchirure dans le tissu de l'espace et du temps. Aucune paix possible quand elle était dans les parages. » (p. 70) Et il y a aussi sa tante Helen, obsédée par l'héritage de la grand-mère et par d'anciennes rancoeurs familiales, et sa cousine Jennifer, belle adolescente perverse et cruelle. Un bref séjour dans la cabane familiale va redistribuer les cartes : la tension brûlante explose et tous les non-dits cèdent enfin devant la haine et la colère.
Dès la première page, David Vann installe le malaise. Dès le titre, même. Tous les pantins de cette farce grotesque et brutale sont impurs, chacun à leur manière. Mais ils sont en fait simplement humains. Et il n'y a que Galen pour vouloir dépasser ces attachements vulgaires : pour lui, sexe, nourriture et argent sont autant de perversions obsédantes dont il doit apprendre à se défaire pour accéder enfin à la révélation. Vivant dans un vertige constant, il enchaîne les méditations, jusqu'à ce que ça ne suffise plus à lui offrir le détachement auquel il aspire. « Tout ce qu'il voulait atteindre était juste hors de sa portée, invariablement. » (p. 208) Comme dans les autres romans de David Vann, la fin sera brutale, inévitablement, comme l'annonce la pelle prophétique sur la première de couverture.
Après Sukkwan Island et Désolations où il avait exploré les tourments glacés de l'âme humaine dans des décors froids et désolés, David Vann signe ici une incursion dans la fournaise des haines familiales sous un soleil dévastateur. Cette histoire est haletante : je n'ai pas pu décrocher de ces pages et de cette écriture incisive et mordante. Sans aucune concession, l'auteur peint l'entrée dans la folie d'un jeune homme torturé. Impurs est magistral, sans merci. À lire avec le coeur bien accroché.
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BillDOE
  02 février 2018
Il n'y a pas grand-chose à raconter du roman « Impurs » de David Vann, car il n'y a pratiquement pas d'histoire. Tout le livre tourne autour de cinq personnages et des relations qu'ils entretiennent.
Galen est un jeune homme de 22 ans, enfermé dans une petite propriété et qui n'a qu'un seul désir : s'échapper et poursuivre ses études à l'université. Grand masturbateur devant l'éternel, tant spirituel que phallique, il s'évade dans des lectures new-âge et des méditations au cours desquelles il pense par l'esprit, s'extraire d'une réalité qu'il méprise, belle utopie. Sa mère, Suzie-Q, dirige tout. Elle lui voue un amour filial à la limite de l'inceste. Elle possède le chéquier qui donne accès à la fortune de la grand-mère. Celle-ci a été placée dans une maison de retraite afin qu'elle ne gêne personne, d'autant qu'elle ne se souvient de rien, et surtout pas qu'elle est riche. Satellisées à la périphérie de ce petit monde glauque, Helen la tante de Galen et soeur de Suzie, et sa fille, Jennifer, 17 ans et nymphomane, qui n'a qu'un désir : jouer avec Galen à « cousin, cousine, on s'touche la bobine ».
David Vann met cette belle brochette de personnages dans son shaker, secoue pendant de longues pages et nous fait goutter le résultat peu probant. Les 50 dernières pages sont une véritable escroquerie car si l'auteur a voulu reproduire la spirale qui mène à la folie pure, c'est raté, ça n'a d'effet qu'un long ennui.
Heureusement que l'écriture fluide et élaborée de l'auteur sauve l'ensemble.
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Fortuna
  09 décembre 2014
Une vieille bâtisse isolée dans le désert californien par un été caniculaire plante le décors.
Galen, un jeune homme de 22 ans, oisif, adepte du courant spirituel New Age, essaye désespérément de maitriser ses pulsions sexuelles grâce à des théories spirituelles plus que fumeuses.
Il est coincé là dans une famille de femmes : sa grand-mère qui perd la tête et qu'on a reléguée dans une maison de retraite mais qui a l'argent, sa tante Helen rongée de jalousie et de convoitise, sa cousine Jennifer sexy mais d'un cynisme absolu et sa mère Susie Q…Sa mère qui veut le garder pour elle, comme elle garde la fortune de sa mère, et le traite à la fois comme un enfant et comme un compagnon de substitution. Jusqu'au jour où elle est obligée d'admettre qu'il est devenu un homme et qu'il risque de lui échapper…Et là tout va basculer.
L'horreur naît des relations humaines, familiales plus précisément, qui charrient les secrets, les rancoeurs et les haines de génération en génération, et empoisonnent tous les rapports humains. L'argent est l'instrument du pouvoir : celle qui le détient s'octroie le droit de vie ou de mort sur les autres, ou du moins droit de construire son avenir ou de rester là à végéter dans cet enfer californien. Les relations mère-fils sont très bien analysées : le roman permet d'aller jusqu'au bout de la logique d'un lien amour-haine assez fréquent malheureusement. Une mère abusive, castratrice, déçue par les hommes, qui reporte sur son fils une domination dévastatrice. le fils est pris entre la soumission à celle qui lui a donné la vie et la révolte que la folie de cette dernière va raviver.
La violence est exacerbée par l'isolement dans lequel vivent les personnages et les conditions climatiques arides, deux caractéristiques que l'on retrouve dans les autres romans de David Vann.
C'est sans issue : les deux acteurs sont prisonniers de leurs rôles, c'est une véritable tragédie, à la résonnance universelle.
Un voyage au coeur de la folie humaine, plus proche de nous que nous voulons bien l'admettre. Noir, puissant et impitoyable.
Jusqu'au bout on retient son souffle, et la fin est là, cruelle, sordide et inévitable.
Un grand roman qui poursuit sa route bien après que la dernière page soit tournée.
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diablotin0
  22 novembre 2018
Que dire de ce livre " impurs" qui est pour le moins déstabilisant. Faire connaissance avec Galen, sa mère, sa tante et sa cousine n'apporte à aucun moment un instant de plaisir . Entrer dans cette famille, c'est entrer dans une sorte d'enfer, je me suis pourtant surprise au milieu du livre, une fois habituée à ce climat malsain, à avoir envie de retrouver Galen pour connaître l'évolution de leur relation. David Vann plante, une fois de plus, un décor loin des contes de fées,
mais dans "impurs", il n'a pas réussi à capter mon attention jusqu'à la fin qui, soit dit en passant, est d'une cruauté particulière. Il y a trop de longueurs. David Vann aurait pu économiser une bonne cinquantaine de pages même si je comprends bien que les descriptions autour et dans le hangar sont faites pour renforcer l'horreur. Loin d'être son meilleur livre pour moi et bien que je ne sois pas vraiment conquise il faut reconnaître que David Vann a une plume particulière et qu'il sait camper des atmosphères hors du commun.
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critiques presse (5)
Actualitte   01 juillet 2013
Un livre éprouvant, terriblement anxiogène, qui met les nerfs à vif, crée le malaise mais dont le lecteur, pourtant, ne peut se détacher, prêt à supporter le dégoût que lui inspire ce huis-clos torturé et abject, détestable et horrible, sans lueur d'espoir, intensément noir.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Telerama   26 juin 2013
Au-delà de l'anecdote, c'est la part d'ombre de la culture américaine qu'il interroge, une autre histoire de violence originelle et d'enfermement paranoïaque.
Lire la critique sur le site : Telerama
Liberation   10 juin 2013
David Vann fouille aux tréfonds des sentiments et ressentiments, distille la violence des relations, exacerbe la présence de la nature. Un immense tragédien contemporain.
Lire la critique sur le site : Liberation
Lexpress   30 avril 2013
Dans son troisième roman, Impurs, l'Américain David Vann délaisse l'Alaska au profit de la Californie, où un huis clos de désaxés va virer au cauchemar.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Lexpress   13 mars 2013
Il y a, dans ce conte de la folie ordinaire [...] Sous ses dehors simples, l'écriture, comme d'habitude, possède un grand pouvoir d'évocation.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (35) Voir plus Ajouter une citation
AsphoAspho   23 mai 2014
Fan inconditionnelle de David Vann que j'ai découvert au hasard d'une discussion avec une libraire sympathique, j'ai failli être rebutée par les premières pages de ce roman terrible.
En effet, j'étais restée sur la moiteur grisâtre et grouillante de Sukkwan Island - qui m'a poussée à acquérir tous les écrits du bonhomme, là, je passe aux versions originales non traduites en France, le prix à payer, ma bonne dame, le prix à payer!-, et m'attendais donc à cette même écriture suspendue et éthérée, plombante mais dénuée de cynisme, juste désespérée. Un côté McCarthy dans le cheminement. Je me retrouve avec Impurs que j'ai lu avant Désolations, finalement plus attirée par l'amer de la pelle que l'appel de la mer.
L'histoire, on la connait : Galen, jeune homme hypersensible, détaché des codes moraux, cherche la paix dans la méditation à un niveau complètement démesuré et, par la même occasion, découvre les dessous d'une famille qui lui explose à la gueule. Soyons clairs.
L'on part alors dans une histoire puant l'argent, l'inceste, l'inceste moral, et l'on se surprend à voir en cette histoire moderne et américaine les fondements même des tragédies grecques : tous pourris, tous mus par un espoir, tous condamnés.
L'essence même de ce livre va au-delà de ce qu'il dépeint, et c'est bien là toute la force de l'écriture de Vann. A l'image des clichés américains dans ces zones pavillonnaires où toute maison est parallèle et égale à sa voisine, Impurs est mené par un style au départ délicat et précieux non pas dans son vocabulaire, mais dans sa façon d'amener les idées et les gestes. Tout semble sorti d'une peinture baroque sur une tasse à thé de porcelaine, surfait, hypocrite et obsessionnel et revient irrémédiablement à la terre.
Il rôde une odeur de symboliques involontaires absolument admirables, un rien d'Hubert Selby dans l'analyse du vain, et cette issue, si grotesque et obligatoire qu'elle en devient jouissive, clôt là une fresque sale, un abcès qui explose.
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diablotin0diablotin0   20 novembre 2018
C'était bien là l'ennui. Elle avait le pouvoir incroyable de le désorienter, comme un aimant près d'une boussole. Elle pouvait tout détruire en ouvrant simplement la bouche.
Commenter  J’apprécie          230
Annette55Annette55   04 février 2017
"Je ne suis pas un déchet, hurla t-il.
Je ne suis pas quelque chose que tu peux jeter comme ça.

L'air si chaud et épais.Il le fendit pour dépasser à son tour le coin du hangar , vers le verger et la porte coulissante. Elle était fermée. Il resta devant, immobile sous le soleil brûlant , et supplia, supplia....."
Commenter  J’apprécie          110
Corboland78Corboland78   03 mai 2013
Puis une chose curieuse se produisit. Tout le monde détourna le regard. Personne ne dit rien ni ne réagit au fait que sa tante venait de le frapper du poing. Sa grand-mère fredonnait pour elle-même, les yeux baissés sur ses genoux, et sa mère mangeait. Jennifer avait croisé les bras et baissait les yeux, elle aussi. Sa tante avait recommencé à manger. Et Galen se rendit compte qu’il avait été frappé pour la première fois de sa vie, mais que, dans la pièce, toutes avaient dû être frappées de nombreuses fois. Ou dans le cas de sa mère, n’avait été que simple témoin, mais témoin de nombreuses fois.
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Walden-88Walden-88   24 février 2013
Galen effectua un cercle lent sous le soleil. Il n'y avait pas d'ombre.L'asphalte noir irradiant la chaleur. Les humains avaient créé les modes de vie les plus merdiques. Maisons de retraite, voitures, asphalte, coincés dans les déserts comme ici, des endroits où l'on ne pourrait supporter de vivre un jour de plus. Ils auraient été plus avisés de continuer à se balader tout nus sans rien inventer. Ainsi, les humains pourraient marcher vers une rivière, un lac ou un bosquet d'arbres. Ils ne seraient jamais obligés de rester debout dans un four long d'un millier de kilomètres.
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Videos de David Vann (41) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de David Vann
À l'occasion de l'Escale du livre de Bordeaux, David Vann vous présente son ouvrage "Un poisson sur la Lune" aux éditions Gallmeister.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2279118/david-vann-un-poisson-sur-la-lune
Notes de Musique : Youtube Audio Library
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