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EAN : 9782351782521
304 pages
Éditeur : Gallmeister (04/03/2021)

Note moyenne : 3.73/5 (sur 45 notes)
Résumé :
Sur l’invitation de son frère aîné Roy, Tracy quitte la Californie et rejoint l’île de Komodo, en Indonésie. Pour elle, délaissée par son mari et épuisée par leurs jeunes jumeaux, ce voyage exotique laisse espérer des vacances paradisiaques : une semaine de plongée en compagnie de requins et de raies manta. C’est aussi l’occasion de renouer avec Roy, qui mène une vie chaotique depuis son divorce et s’est éloigné de sa famille. Mais, très vite, la tension monte et Tr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
Ladybirdy
  14 avril 2021
Étourdissant. Hypnotique. Magistral. Je ressors ko de ce dernier David Vann.
Tracy est au bout de sa vie. Épuisée et blasée par son rôle de mère de jumeaux à temps plein, frustrée par un mari déserteur, elle s'accorde une pause pour rejoindre son frère Roy avec sa mère sur l'île indonésienne de Komodo. Là-bas, les tensions sont au paroxysme dés le premier jour. Tracy nourrit une amertume et une rancoeur féroces contre son frère. Ce qui offre des dialogues de haute voltige entre ces deux là ! Tracy ne mâche pas ses mots et se montre sarcastique et tranchante. Roy est béatement plus taciturne. le pauvre gars encaisse sans broncher. Spectateurs de ces tensions vampiriennes, la mère qui a le don de prendre la défense du frère chéri puis Loïc qui veut manger en paix et décampe aux moindres étincelles. Toutes ces scènes explosent devant vos yeux comme si vous y étiez.
Le plus impressionnant reste pourtant à venir quand ces trois là plongent six pied sous mer. Dans un face à face avec les requins ou les raies manta, les démons de Tracy vont jaillir du plus profond de ses ténèbres.
Le parallélisme entre ce monde sous marin et la noirceur de Tracy est extraordinaire. L'auteur signe des passages très évocateurs et d'une puissance imagée surprenante.
On devine, on ressent même pleinement toute la rage et la déception de la jeune femme sur sa condition de mère-esclave et épouse effacée. Dans les abysses, son imagination est féroce. Des images à vous couper le souffle affluent et vous laissent en apnée.
La dernière partie quant à elle est un réquisitoire jubilatoire sur la folie maternelle, la solitude, le sens de la vie qui fait sens à l'univers sous marin de la première partie.
La fin aurait pu être plus incisive et tranchée selon moi.
Un roman dense, fouillé, imagé à souhait, éloquent et suicidaire avec une héroïne qui n'assume plus ce qu'elle vit mais sait sans conteste cracher à la figure de tous son sentiment d'injustice. du très bon David Vann.
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Selias
  03 avril 2021
David Vann a l'art de créer le malaise dans ses romans et les histoires de famille sont le socle de son imaginaire. Les histoires de famille avec lui finissent mal en général...
Père névrosé dans Sukkwan Island, couple à la dérive dans Désolation, famille toxique dans Impurs, initiation à une chasse meurtrière dans Goat Mountain, père suicidaire dans un Poisson sur la lune...
David Vann, dans ses romans, en partie autobiographiques, revient sur son histoire familiale, sur le suicide de son père qui l'a profondément marqué.
Dans ce roman, là encore, c'est une histoire de famille, plus précisément un règlement de compte entre frère et soeur. Tracy, mère de jeunes jumeaux est train de se faire cannibaliser par ses enfants dictateurs tandis que son mari un latino beau gosse et coureur de jupons ne lui est d'aucun recours. Elle pense qu'une petite semaine de vacances avec sa mère, en Indonésie, dans un centre de plongée lui fera le plus grand bien pour décompresser. Elle doit y retrouver son frère Roy, qu elle n'a pas vu depuis longtemps. Celui-ci fait un stage pour obtenir son diplôme de plongée. Mais ce voyage sera
loin d'être salutaire pour Tracy, de vieilles rancoeurs remontent à la surface au contact de son frère à qui elle reproche vivement son divorce et d'avoir été un piètre mari. Elle lui en veut d'avoir sabordé un mariage parfait selon elle, alors qu'elle se débat dans les ruines du sien.
La semaine de plongée se transforme vite en bataille rangée entre frère et soeur, sur le bateau et dans les immensités sous marines. La deuxième spécificité de David Vann c'est son amour de la nature qui est omniprésente dans ses romans . La, en particulier, nous assistons à de magnifiques descriptions de la faune sous marine, raies, requins... dans des paysages grandioses, un rien inquiétant parfois.
Avec les profondeurs marines, les courants traitres, les requins qui viennent vous frôler, la tension monte d'un cran et cela va être le lieu des affrontements de Tracy et Roy jusqu'à un point de non retour. Laissant le lecteur comme les plongeurs, suffocant, en tachycardie, exsangue, sursautant à l idée qu 'un requin pointe son nez.
A travers le personnage de Tracy, l' auteur souligne la difficulté d' être mère et de garder sa personnalité, son travail, de ne pas être réduite qu'à des tâches ménagères rebutantes ,car on voit que Tracy s'enfonce dans une spirale dont elle ne voit pas le fond et elle perd pied, sans aide ni compréhension ni paroles de réconfort de la part de ses proches . Un travail extérieur aurait été une soupape de décompression, un moyen d'exister autrement qu' en temps que mère.
J' ai beaucoup aimé ce dernier roman de David Vann, fidèle à ses thèmes de prédilection, les problèmes familiaux et une belle et âpre nature.
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JIEMDE
  28 mars 2021
On ne choisit pas ses parents, on ne choisit pas sa famille…
Livre après livre, David Vann explore depuis près de quinze ans son histoire familiale, faite de drames et de traumas. Avec un immense talent la plupart du temps, ce qui explique l'attente très forte porté par ses lecteurs à chaque nouveau livre, en tout cas celle de son fan club français dont je suis. Et un brin déstabilisant parfois, comme avec Komodo, toujours traduit par Laura Derajinski,
Attention ! Un brin déstabilisant avec David Vann, cela fait toujours un excellent livre, et je n'ai pas boudé mon plaisir de retrouver ce style aussi poétique que torturé. Et puis avec Vann, c'est l'oeuvre qui importe, et chaque nouvel opus est une ouverture supplémentaire apportée à la compréhension de son histoire.
Dans Komodo, Vann délaisse l'Alaska pour l'Indonésie, ne fait plus parler les hommes ou les enfants mais les femmes, laisse son frère au second plan pour s'intéresser à sa soeur. Dans une première partie tendue et de toute beauté, Tracy renoue avec Roy en allant lui rendre visite à Komodo, en compagnie de sa mère.
Si les plongées dans les exceptionnels fonds marins indonésiens réussissent à faire cohabiter l'apaisement qu'offre la protection marine et la tension d'une bataille frère-soeur qui continue à se livrer sous l'eau, l'accalmie sera de courte durée. Chassez le naturel et il revient aussitôt… Exclus du paradis qu'ils ont troublé, le séjour s'abrège pour le trio familial et Tracy regagne plus vite que prévu son terne quotidien de Frisco qu'elle avait fui l'espace de quelques jours.
En s'intéressant ici à sa soeur, Vann explore les dommages collatéraux de l'histoire familiale sur celle qui en a été jusque-là un peu plus en retrait. Tracy, c'est l'enfant prodige des Vann, qui a tout réussi (Stanford, un mari, deux enfants) mais dont la vie a été effacée par le drame. Femme entre deux eaux, oscillant constamment entre les tourments de la surface et l'apaisement des fonds, sa vie actuelle n'a pourtant rien d'enviable, accablée de la double charge mentale liée à ses propres enfants comme à son histoire familiale.
Tracy est cash, veut tout contrôler et cherche les réponses aux questions qui la rongent : pourquoi Roy détruit-il tout ce qu'il touche - et les autres au passage - sans plus de conséquences sur sa vie ? Pourquoi continuer à assumer seule les responsabilités pratiques et morales collectives ? Doit-on finalement être redevable aux autres et notamment à ceux qui n'ont jamais rien fait pour vous ? Entre ces deux eaux, Tracy aura le choix de refaire surface ou de se laisser couler.
Dans une construction atypique et déroutante en particulier dans la deuxième partie, j'ai vu dans Komodo une forme d'hommage de Vann à sa soeur, une reconnaissance affectueuse des injustices passées endurées. Un livre torturé et dérangeant, mais une touche sombre de plus dans le tableau non terminé de la famille Vann.
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MissFantomette
  08 avril 2021
Ce roman nous entraine, nous engloutit... tel un courant spiralaire...
... Vers les magifiques fonds marins situés autour de l'ile indonésienne de Komodo, tout d'abord.
Les différentes plongées de Tracy, venue avec sa mère rendre visite à son frère apprenti-moniteur de plongée, sont rendues avec force détails par la belle écriture de David Vann. Il faut tout de même aimer un minimum.... car ces descriptions nous occupent durant une bonne centaine de pages ! Mais il se passe toujours quelque chose, raie ou requin surgissant du néant, pour nous maintenir en alerte. Puis des événements de plongée interviendront. Pour les néophytes qui, comme moi, ne possèdent que de modestes expériences bouteilles au dos... ce n'est pas des plus encourageant car, comme je le stipulais au début de ce billet, l'auteur met l'accent sur les courants violents qui emmènent nos protagonistes, tels des fétus de paille, bien loin de l'endroit de plongée initialement prévu... Brrrr ! (Pas sûr que je replonge un jour !)
... Courant spiralaire, aussi, vers les tréfonds de l'esprit tourmenté de Tracy. Là, nous sommes entrainés, de ressentiment en ressentiment, à travers le petit monde des représentants de la gente masculine qui entourent cette mère de famille : frère (beaucoup de ressentiment ! ), mari (pas mal ! ), enfants-garçons (oui, aussi ! même eux...).
Tracy nous emmènera subrepticement de plus en plus profond... jusqu'à flirter avec la mort de chacun d'entre eux.... chut, je n'en dis pas plus !
J'ai beaucoup aimé me laisser glisser dans la lecture fluide de ce beau Gallmeister bleu, visité en moins de deux jours.... tellement les courants étaient puissants !
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Walden-88
  13 avril 2021
Tracy, quarante cinq ans, mère de deux jumeaux de cinq ans est à la dérive depuis un bon moment. Elle voit sa vie lui échapper, sans arriver à reprendre le dessus... Entre ses deux garçons tyranniques et capricieux dont elle est devenue en quelque sorte l'esclave et un mari absent et coureur de jupons, son quotidien est loin d'être simple. Après la naissance de ses enfants, elle a arrêté son travail de botaniste, elle se trouve grosse et même si son mari lui lance des "mi amor" à tout bout de champs, elle sait pertinemment qu'il ne la désire plus depuis longtemps. C'est dans ce contexte, que se présente à elle l'opportunité de s'éloigner de cette vie oppressante et solitaire. Elle pense que partir une semaine en vacances avec sa mère dans un centre de plongée en Indonésie lui fera le plus grand bien. Elle retrouve sur place, son frère Roy, qui est depuis un mois à Komodo pour passer son diplôme de Divemaster et qu'elle n'a pas vu depuis très longtemps.
Mais ce voyage sera loin d'être salutaire pour Tracy, qui se laisse envahir par de vieilles rancoeurs familiales et s'en prend systématiquement à Roy, à qui elle reproche d'avoir saboté un mariage parfait et d'avoir été un piètre mari. Leur mère assiste impuissante à une véritable guerre de tranchée entre ses deux enfants, la tension est à son comble et monte un peu plus chaque jour.
Komodo est vraiment un roman anxiogène et bien que les scènes de plongées soient magnifiques et enchanteresses cela renforce encore ce sentiment de perdre pied qu'éprouve Tracy. L'auteur a trouvé la recette : prenez un paysage magnifique, à couper le souffle (Alaska, Californie, fonds marins de Komodo) qui renforcent encore plus l'isolement des personnages, ajoutez y une bonne dose de problèmes familiaux, une cuillère de noirceur de l'âme humaine et un soupçon de suicide et le tour est joué !
Un bon David Vann, qui est très fluide et haletant, cependant j'aurais aimé une fin plus explosive et plus noire. En même temps, je la trouve assez cynique et je pense que cela colle assez bien à la situation.
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critiques presse (2)
LeMonde   29 mars 2021
L’écrivain américain délaisse le Pacifique Nord pour l’océan Indien tropical, mais pas la détresse humaine, dans un nouveau et douloureux roman.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Elle   29 mars 2021
David Vann, auteur du spectaculaire « Sukkwan Island » (2010) et de romans qui ont confirmé son expertise pour raconter de l'intérieur les familles dysfonctionnelles, signe un livre suffocant.
Lire la critique sur le site : Elle
Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
jmquentinjmquentin   18 avril 2021
Tout ce­la res­semble à un autre monde, à une autre vie, et pas la mienne. Ne ja­mais avoir eu de père, presque. Il est quelque part dans le rêve d’un pre­mier ré­veil, des pre­mières pen­sées, des pre­miers sen­ti­ments et sen­sa­tions, si in­dis­tinct et in­at­tei­gnable que les pho­tos ont pris le des­sus, sont de­ve­nues plus concrètes. Quand je parle de sou­ve­nirs, j’évoque ces pho­tos-là. Les sou­ve­nirs eux-mêmes se sont dis­si­pés.
+ Lire la suite
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LadybirdyLadybirdy   13 avril 2021
Les hommes sont comme des énigmes, et on ne sait jamais sur quoi on va tomber, aucun n’est identique. Pas d’oracles ni de sphinx, rien pour nous aider à trouver la réponse.
Commenter  J’apprécie          180
LadybirdyLadybirdy   12 avril 2021
Je vois une raie nager droit sur moi, juste au-dessus du sable, son immense ventre blanc et le battement de ses ailes. Comme si dieu descendait enfin sur Terre, après toutes ces décennies d’attente. Un vol doux, et bouleversant.
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LadybirdyLadybirdy   12 avril 2021
Les humains bâtissent leur mini enfer quotidien en plein paradis.
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CamLGCamLG   13 avril 2021
Peut-être que la famille est un immense sac à merde qui se balance dans le vent, et qu'on s'en sert de piñata avant de reculer pour ne pas être éclaboussé quand elle éclate.
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Videos de David Vann (48) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de David Vann
L'auteur américain David Vann salue chaleureusement la Galerne et ses lecteurs, et présente son tout nouveau roman qui vient de paraître en France aux éditions Gallmeister, "Komodo".
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