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Peter Krause (Illustrateur)
ISBN : 1631407341
Éditeur : IDW Publishing (25/10/2016)

Note moyenne : 5/5 (sur 1 notes)
Résumé :
On the trail of the murderer who bankrupted them, Galahad and Nocturnus are forced to travel overseas―where their connections and resources are of no use to them!
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Presence
  23 février 2017
Ce tome fait suite à Insufferable Volume 2 (épisodes 5 à 8) qu'il faut avoir lu avant. Il comprend les 6 épisodes de la minisérie, initialement parus sous forme dématérialisée, puis sous forme papier en 2016, écrits par Mark Waid, dessinés et encrés par Peter Krause, avec une mise en couleurs réalisées par Nolan Woodard.
Dépossédé de sa fortune et discrédité, Jarod Culver (Galahad) a entraîné son père John Culver (Nocturnus) dans sa disgrâce et sa ruine. Grâce à la ressource de Meg Polillo (l'ex responsable en communication de l'entreprise d'autopromotion Galahad Global à la gloire de Jarod, le trio ainsi constitué se rend aux Îles Caïmans pour retrouver la trace de l'agent qui a été dérobé par Joachim Reinwutt. Meg Polillo a réussi à payer le prix des billets d'avion et les frais de séjour en décrochant un contrat de sponsor pour Jarod Culver, avec Randall Arndt, un promoteur proactif de Captain Polly, une boisson alcoolisée peu chère qu'il place dans tous les événements possibles, qu'ils soient festifs ou commerciaux. Jarod Culver tombe de haut en prenant conscience de la faible importance financière de ce sponsor très local, et Randall Arndt a l'air d'être le genre d'individu prêt à faire des affaires sur tout.
John Culver s'apprête à mener l'enquête pour essayer de trouver des indices quant à l'argent détourné. Jarod Culver monte sur une scène posée sur une plage, dans son costume de Galahad avec un chapeau de pirate sur la tête pour promouvoir la boisson alcoolisée. Mais le responsable de l'animation Randall Arndt ne se montre pas. Ce n'est qu'en ouvrant l'énorme glacière présente sur l'estrade et contenant les boissons gratuites que John Culver découvre son cadavre à l'intérieur. Pour des raisons qui lui appartiennent, il décide de mener l'enquête sur ce meurtre. Une fois cette affaire résolue, John Culver, Jarod Culver et Meg Polillo apprennent que des supercriminels ont pris leur ville St. Barrington en otage, en l'isolant du reste des États-Unis par une sorte de dôme.
Le duo des insupportables et pénibles est de retour, au plus bas de sa côte de popularité. Mark Waid continue de donner son point de vue sur les individus qui sont insupportables. En fait en scénariste chevronné, il fait plus que ça : il crée des personnages complexes dont certains comportements ou certains traits de caractères les rendent insupportables. Il ne s'agit pas d'une comédie grinçante et cynique car il y a également des personnages normaux pour lesquels Waid ne s'appesantit pas sur leurs travers. En particulier Meg Polillo est une sympathique jeune femme, avenante et attentionnée, constructive et consciente d'être fascinée par Jarod Culver, malgré son ego et son comportement immature. de même, le capitaine Bodden de la police des Îles Caïmans fait son travail consciencieusement, sans cynisme. Mark Waid ne se vautre pas dans un monde peuplé exclusivement d'affreux, sales et méchants.
Le scénariste continue de montrer la suffisance de Jarod Culver imbu de sa personne. Il en tire quelques gags un peu faciles, à commencer par sa difficulté à gérer sa frustration générée par son manque de confort découlant de son absence d'argent. Il a du mal à croire qu'il doive faire un trajet dans un petit modèle de voiture ou qu'il doive payer une canette à 7 dollars dans le minibar de l'hôtel. John Culver est également insupportable à sa manière en continuant à mépriser son fils pour ce qu'il est devenu, pour son besoin de reconnaissance et la monétarisation de popularité basée sur du vent et des vantardises. Waid fait de Randall Arndt un commercial sans foi ni loi, pour qui le bénéfice légitime tout, à commencer par le principe de vendre de l'alcool à tous ceux qui peuvent en acheter, sans se sentir le moins du monde responsable de ce qu'il peut advenir de ces individus en état d'ébriété. Enfin les criminels s'opposant à Nocturnus et Galahad sont unidimensionnels dans leur méchanceté, qu'il s'agisse de Joachim Reinwutt ou de Razorjaw.
En y regardant d'un peu plus près, le lecteur constate que le propos de Mark Waid est beaucoup plus nuancé que de simplement dénoncer ou critiquer l'attitude des principaux personnages. Alors même que Meg Polillo est consciente des mauvais côtés de la personnalité de Jarod Culver, elle reste fascinée par lui, et même attirée d'un point de vue romantique. Il faut dire qu'il conserve une forme d'optimisme et d'entrain qui le rend attachant. Malgré ses déconvenues financières et émotionnelles, son égo et son assurance en lui-même le rendent sympathique malgré tout. Pourtant le scénariste ne lui épargne pas grand-chose, et le dessinateur non plus. Peter Krause a l'art et la manière de le mettre face à ses humiliations : un l'vert sur la photographie de la page de son site (comme le l'De loser), ou des enfants costumés en Galahad qui le traite d'imposteur au vu de son manque de prestance et d'héroïsme. le langage corporel montre que Jarod alterne entre des phases d'abattement (épaules tombantes) et des phases d'irritation (visage tendu et agressif). Si le lecteur sait bien que Jarod Culver est avant tout motivé par son égocentrisme, il n'en reste pas moins séduisant et enclin à aller de l'avant.
L'étude de caractère de John Culver (le père) s'avère tout aussi nuancée. À la fois, c'est un homme de caractère qui ne compte que sur lui-même, prévoyant, intelligent, bosseur, altruiste. À la fois, c'est un individu exemplaire qui met les autres mal à l'aise par sa dureté, son efficacité, et ses propos plus souvent critiques qu'élogieux. D'un côté, c'est un modèle moral ; de l'autre côté, il souffre d'une psychorigidité qui l'a éloigné de son fils, qui maintient tous les autres à distance. Même s'il est visible que le scénariste condamne moralement Randall Arndt, il le montre aussi sous le jour d'un individu qui se démène pour faire de son mieux avec ses capacités, pour construire quelque chose, même s'il ferme les yeux sur les conséquences néfastes de ce qu'il organise. Sous des dehors de récit de superhéros, Mark Waid dépeint une étude de caractères d'individus adultes et complexes, sans porter un jugement de valeurs tranchés, en rendant compte de leur diversité.
Il est aussi possible de lire ce troisième tome de la série comme la suite de l'aventure de Jarod Culver. Mark Waid propose une intrigue retorse et conforme aux conventions des récits de superhéros. Il a été établi dès le premier tome que Nocturnus et Galahad sont des individus entraînés physiquement, sans superpouvoir, mais qu'il y a quelques supercriminels avec des pouvoirs extraordinaires. La première partie du récit plonge le lecteur dans une enquête sur un meurtre, sans oublier l'intrigue principale sur la disparition de la fortune de Jarod Culver, fil narratif qui est mené à son terme dans ce tome. Ensuite le scénariste rapatrie ses personnages dans la ville de Saint Barrington pour une opération d'infiltration et de libération. L'aventure est donc bien présente, avec des supercriminels et des séquences d'action, personnalisées par le caractère et les relations des 2 superhéros.
Le lecteur retrouve les spécificités des dessins de Peter Krause. En surface il donne l'impression de réaliser des dessins avec des traits rapides et secs, et une densité d'informations visuelles un peu faibles. Cette impression est accentuée par la répétition d'une même case 2 ou 3 fois, une technique utilisée pour aménager le passage de la présentation sur écran informatique de certains dialogues, à une lecture sur papier. Nolan Woodard effectue un bon travail de mise en couleurs, accentuant la distinction entre chaque forme pour une meilleure lisibilité, accentuant également le volume de chaque surface par une utilisation très discrète des nuances, rendant compte des sources lumineuses avec parcimonie et intelligence. Une fois que le lecteur a dépassé son ressenti négatif sur l'apparence des dessins, il se rend vite compte de la justesse du langage corporel qui lui permet de facilement imaginer l'état d'esprit de chaque personnage. Il remarque que l'artiste réalise un vrai travail de mise en scène pour les dialogues car il ne se contente pas de têtes en train de parler.
Le lecteur apprécie également que chaque personnage dispose de sa morphologie propre, de ses traits de visage et de sa coupe de cheveux, de sa tenue vestimentaire spécifique. Sur ce dernier point, Krause ne peut pas faire autrement que de montrer le manque de praticité des tenues de superhéros de Galahad et Nocturnus dans un pays tropical. de séquence en séquence, il constate également que le dessinateur a l'art de doser ses compositions pour que le lecteur sache où se déroule chaque scène, que les arrière-plans contiennent régulièrement des informations visuelles (plus régulièrement que dans un comics de superhéros traditionnel), que chaque endroit est particulier et réaliste, même ceux aussi cliché qu'un souterrain désaffecté. Finalement sous des dehors de précipitation, les dessins racontent l'histoire avec efficacité et donnent une réelle épaisseur aux lieux, et une réelle crédibilité et sensibilité aux personnages.
Avec le premier tome de la série, le lecteur avait pu trouver que Mark Waid n'était pas entièrement pertinent dans les individus insupportables qu'il décrivait et que la narration visuelle souffrait de son origine dématérialisée. le deuxième tome avait permis au lecteur de constater que l'intrigue est plus consistante qu'un simple râlage contre les hâbleurs de la pire espèce. Ce troisième tome raconte une histoire consistante et prenante, divertissante et pleine de suspense, avec des pages efficaces et bien équilibrées. Plus encore, il constitue une remarquable étude de caractère, tout en finesse et en sensibilité, avec des dessins qui montrent des individus très réalistes.
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