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Par Oloutam, le 21/04/2011
Dans la main du diable de
Anne-Marie Garat
On sait, à la manière dont marchent les gens, beaucoup de choses d'eux, de quoi sont faits leur être, leur caractère ou leurs sentiments, mieux parfois qu'un regard échangé, et même de dos, surtout de dos, peut-être, par cet angle où l'on s'ignore soi-même.
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Par litolff, le 02/11/2010
Pense à demain de
Anne-Marie Garat
Enfin, des rides, des sillons sournois,soudain apparent le masque d'une vieillesse imminente, et cela lui donna une sensation révoltante de jeunesse, de santé insolente, séparée de lui par la génération, est-ce cela grandir pour de bon, lire la mort soudain au front de ses parents. De longues années, ils stationnent au même âge immuable où on les a découverts, jusqu'à basculer brusquement, d'un jour à l'autre, en une heure parfois, dans une pente abrupte où ils glissaient sans qu'on le sache. De l'autre côté.
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Par litolff, le 23/06/2010
Dans la main du diable de
Anne-Marie Garat
Quelle partie de la nuit avaient-ils atteinte dans ce grand silence où s'étaient tus l'orage et l'averse, absentés les remuements de la maison, dans ce recul extrême du monde où l'on peut être sans pudeur ni calcul, dévasté sans souffrir, où l'assouvissement excède le désir. Quelque peu effrayé du séisme sensuel qui vengeait si parfaitement son rêve, maintenant il la tenait. Enfin la tenait, et elle lui, par la même passion attachés, comme s'ils ne pouvaient se déprendre sans en mourir ; à peine dénouant leur étreinte, haletants, ils migraient à l'aveugle vers le fond de la chambre, cherchant une couche, un accueil à leurs corps rompus, où reprendre haleine et s'échouer ; cherchant au visage de l'autre ce qu'il en était de leur nudité, et pour le reconnaître, ne pas le perdre tout de suite, apprivoisant l'être obscur qu'ils possédaient ensemble.
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Par freude, le 23/08/2011
Dans la main du diable de
Anne-Marie Garat
ces images au format carte postale seront devenues chocolat, ocre-rouille, de celles qu'on garde dans les tiroirs de toutes les maisons, dans les albums de famille, jusqu'à ce que l'on ne les garde plus; on les égare, ou bien quelqu'un les emporte un jour, qu'importe. Elles ressemblent à l'oubli que la mémoire accommode, qu'elles soient perdues n'affecte personne. Images sans légende, ni date, anonymes pour tous et quiconque, sauf pour ceux à qui elles appartiennent, à qui elles rappellent quelque chose.
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Par Oloutam, le 21/04/2011
Dans la main du diable de
Anne-Marie Garat
Cependant, à s'éloigner, on ne se quitte guère soi-même. On s'emporte avec les bagages, quel que soit le voyage...
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Par litolff, le 02/11/2010
Pense à demain de
Anne-Marie Garat
Mais Antoine l'avait cueillie au bord du trottoir de la rue Buffon, un rapt inouï ; tout en était métamorphosé. De leur premier baiser, elle restait abasourdie, de sa violence, de sa douceur, du vide et du plein qu'il procurait au milieu de son obscurité, personnelle et générale, un émoi qui renverse le coeur et les sens, il faut retenir cet instant, son impureté lumineuse dans la nuit de novembre. Retenir au coin de cette porte où ils s'étaient tenus enlacés, dans la chaleur de leurs poitrines pressées, les premiers mots balbutiés lèvre à lèvre, palpitants de hâte, le goût salin de leurs bouches et l'odeur de leur peau mêlés ; c'était un commencement bouleversant. Se quitter un déchirement, et une promesse, un chagrin, une joie...
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Par litolff, le 23/06/2010
L'Enfant des ténèbres de
Anne-Marie Garat
En voilà, des personnes distinguées, qui d'une dent croquent trois petits fours dans la soirée sans une miette sur le rouge à lèvres. Quand on est de la haute, on ne se jette pas sur le buffet, glouton, à ruminer comme vache, écluser comme Polonais, savoir-vivre, un art qui se travaille au mental : quand on n'en est pas, poussée dans une cuisine, le tout est de bien reluquer pour faucher les manières. Singe, une seconde nature.
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Par litolff, le 09/11/2010
Dans la main du diable de
Anne-Marie Garat
Sous la treille de rosiers et de glycines courant d’un bord à l’autre des verrières, elles se retrouvèrent enfin seules. Le soleil avait tourné, avec cette douceur amoindrie de septembre. Le gravier chauffé tout le matin donnait encore l’illusion de la touffeur des jours d’été, et dans l’air flottait le lourd et persistant parfum sucré des roses.
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Par line70, le 21/03/2011
Dans la main du diable de
Anne-Marie Garat
La folle valse de la vie, et la vie passe. Les occasions passent. On les voit venir sans trop s'en aviser; à peine croisées, elles sont déjà trop loin. Jalouses, ombrageuses, comme les femmes vous font payer de ne pas leur avoir fait la cour au moment qu'il fallait, ensuite se dérobent, fuient, moqueuses et cruelles.
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Par litolff, le 02/11/2010
Pense à demain de
Anne-Marie Garat
Non, elle ne rêve pas de remariage, non plus d'une vraie liaison, seulement des préliminaires. Ils se suffisent à eux-mêmes, le plaisir qu'ils donnent est une fin en soi. Séduire, flirter, se laisser courtiser, allumer le désir, se faire prier et résister, la belle petite guerre d'usure. Quant à se rendre, pas de ça, Lisette. Ou alors, il faudrait une sacrée occasion. Mais recommencer tout le tralala, quel tracas, ce cinéma. Les hommes ne se gênent pas, ils laissent les ennuis aux femmes. Les gelées spermicides fournies par les copines, très peu sûres, la preuve : Johnny. Pire, la méthode Ogino. Les ourbes de température, chaque jour se planter le thermomètre au derrière, comme si ovuler était une maladie.Les hormones sont capricieuses, les femmes ne sont pas des métronomes. Terminé le rapport.
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