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ISBN : 2742774106
Éditeur : Actes Sud (2008)

Note moyenne : 3.79/5 (sur 98 notes)
Résumé :
1933-1934... Après le désastre de la Grande Guerre, un crépus-cule tragique s'annonce, dont peu anticipent les menaces... Vingt ans ont passé depuis Dans la main du diable et Camille Galay, la petite Millie d'alors, débarquée de New York, erre dans Paris, la ville de son enfance, hantée par la mort de son ami Jos, un photographe hongrois qu'elle a suivi jusqu'en Alabama, et à qui elle a promis de rapporter à Budapest un certain étui de cuir rouge... De toute l'Europ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
sandrine57
sandrine5719 mai 2015
  • Livres 4.00/5
Vingt ans ont passé depuis les événements de Dans la main du diable. La petite Millie a bien grandi. L'enfant timide est devenue Camille Galay, une jeune fille intrépide, impatiente de quitter le cocon familial pour se forger ses propres expériences. Elle a suivi Jos, un photographe hongrois sur les routes d'Alabama, elle a côtoyé la misère, mais, celle qui a grandi dans les hauteurs de Brooklyn, entourée de parents aimants, sait qu'un monde la sépare de tous ces miséreux. A la mort de Jos, elle revient à Paris et se frotte au monde ouvrier en travaillant dans la célèbre biscuiterie Bertin-Galay, propriété de sa grand-mère. Très vite démasquée, elle attire l'attention de Simon Lewenthal, le directeur général de l'empire B&G qui l'a fait sauter sur ses genoux, au Mesnil, au temps de son enfance. Il pourrait être son père, mais Camille n'en a cure : elle sait qu'elle pourra vaincre les résistances de l'homme d'affaires. Mais avant de vivre pleinement ce nouvel amour, Camille doit tenir une promesse : aller en Hongrie pour remettre aux parents de Jos l'étui de cuir rouge que le jeune homme lui a confié. Son périple ne sera pas sans périls. L'Europe gronde d'une terrible rumeur de guerre. L'Allemagne se relève, menaçante; à Berlin, Hitler instaure la terreur.
Après un premier tome magistral, Anne-Marie GARAT récidive, dans une moindre mesure, avec son Enfant des ténèbres. L'intrigue est un peu longue à se mettre en place, les histoires s'embrouillent plutôt que de s'entremêler et l'on a du mal à faire le lien entre les différents personnages. Voilà pour les bémols. le reste est un régal. Au plaisir de retrouver ses personnages s'ajoute celui de la belle écriture de l'auteure.
Cette fois, elle a choisi de mettre à l'honneur la jeune génération et l'on suit les tribulations de Pauline, Sassette et Millie. Les deux premières ont quitté les cuisines du Mesnil pour s'affranchir à Paris de leur condition de domestiques. La troisième, véritable héroïne de ce deuxième tome, est avide d'expériences et de liberté. Bien sûr, les ''vieux'' héros ne sont pas oubliés pour autant. Madame Mathilde a toujours la main sur les biscuiteries Bertin-Galay, secondée par son bras droit, l'ambitieux Simon Lewenthal. Pierre, qu'on croyait mort, a survécu aux bombardements de 14-18 et a rejoint Gabrielle en Amérique où il se consacre toujours à la recherche médicale.
Les intrigues familiales pimentent un récit historique consacré aux années 33-34, moment-clé dans l'histoire de l'Europe. La SDN peine à maintenir la paix, le menace rôde. A Budapest, Varsovie, Vienne, Prague ou Paris, le bruit des bottes gronde. Toute cette tension transparaît dans le récit qui s'aventure aussi dans les méandres de l'espionnage, du contre-espionnage, des jeux de pouvoir entre états. Anne-Marie GARAT offre un roman très bien documenté et, à son érudition s'ajoutent son sens du récit et son style si particulier, riche et presque désuet. Elle peut raconter une rafle des SA à Berlin, s'inviter dans une réunion syndicale à Paris ou décrire les frissons de l'amour avec la même aisance, et le même brio.
Malgré quelques longueurs, ce deuxième tome est tout aussi passionnant que le premier. On retrouve avec plaisir les membres de la famille Galay et leur entourage dans ces nouvelles péripéties. Une saga brillantissime.
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LiliGalipette
LiliGalipette03 juillet 2009
  • Livres 5.00/5
Roman en deux tomes d'Anne-Marie Garat.

Dans la main du diable. 1913. Gabrielle Demachy attend depuis des années le retour de son fiancé, Endre Kertész, parti en Birmanie. Avec Agota, sa tante hongroise exilée à Paris, la mère d'Endre, elle va d'administration en ministère pour découvrir ce qui est arrivé au jeune homme. Une convocation au ministère de la guerre apprend aux deux femmes qu'Endre est mort, et qu'il ne reste de lui qu'une malle contenant quelques effets personnels. Pour Gabrielle, ce n'est pas assez. Elle décide de découvrir les circonstances de la mort de son premier amour. Aidée par un employé du ministère de la guerre, le très affable Michel Terrier, elle entre au service de la famille Bertin-Galay, pour mieux approcher Pierre qui a connu Endre et l'a accompagné en Birmanie. Sous couverture d'être l'institutrice de Millie, la fille de Pierre, Gabrielle s'immisce dans la vie de cette grande famille bourgeoise. Elle apprend à connaître Madame Mathilde, qui règne en reine mère sur son monde. Elle se lie d'amitié avec Sophie, la cadette de la famille. Et peu à peu, elle se rapproche de Pierre. Entre cours de piano et leçons de choses, elle apprivoise la sauvage petite Millie et se fait respecter de la maisonnée. Ce qui impressionne le plus Pierre, c'est la parfaite maîtrise du hongrois de Gabrielle. Elle le sait, Pierre peut lui donner des réponses sur la mort d'Endre. Mais les réponses sont dangereuses, explosives, et pas seulement pour Gabrielle. Il en va de la sécurité des peuples, dans une Europe que les soulèvements ouvriers portent à la révolte et à la grève. de Paris au Mesnil, de la Birmanie à l'Italie, personne n'est vraiment ce qu'il semble être, personne ne tient vraiment sa place. Pierre n'est pas le monstre que Michel Terrier avait décrit. Michel Terrier n'est pas l'aimable ami des débuts. Gabrielle elle-même se perd dans sa dissimulation, prête à tout pour régler les comptes du passé et se libérer de son emprise.
Ce premier tome est un délice. L'auteure maîtrise l'art de la description et sait rendre sensible les paysages et les sentiments. La narration est habile, mêlant les faits et les idées, incluant avec légéreté des analepses et des prolepses. Les personnages sont bien bâtis, assez énigmatiques au début pour donner envie d'en savoir davantage. J'ai eu des difficultés à lire les premiers chapitres. Mais très vite, j'ai été prise par l'histoire et par L Histoire. Ce livre est une leçon de politique et d'histoire bien moins barbante que mes cours de prépa... Ce roman-fleuve, roman-feuilleton aussi, demande une certaine endurance: il y a beaucoup de personnages et de fils qui se nouent. Et pour moi qui suis gourmande de grandes fresques familiales et sentimentales, je suis servie!
L'enfant des ténèbres. 1933-1934. Camille a bien grandi depuis son enfance au Mesnil. Entre son Pierre et Gabrielle, ses parents d'adoption, elle a connu une enfance et une adolescence trépidantes à New-York. Jeune femme indépendante qui cherche de nouvelles expériences, elle part sur les routes avec son ami Jos pour vivre une aventure qui la marque humainement. A la mort de son ami, elle met tout en oeuvre pour tenir la promesse qu'elle lui a faite. de retour sur le vieux continent, elle décide de se frotter à la vie d'ouvrière et se fait embaucher anonymement dans les usines de biscuit de sa grand-mère. Son audace et sa fraîcheur séduisent Simon Lewenthal, le directeur des usines Bertin et Galay. Entre eux se nouent une relation tendre mais difficile. Camille tient plus que tout à accomplir sa promesse. Avec son amie hongroise Magda, rencontrée à Venise des années auparavant, elle sillonne les routes d'Europe, de Budapest à Vienne jusqu'à Berlin où se nouent les fils d'une opération très spéciale. Gabrielle assiste à l'émancipation de sa fille, et le coeur serré, la laisse se forger ses propres expériences. Et l'on retrouve Sassette, l'ancienne petite bonne du Mesnil, que la découverte des livres a métamorphosé en petite femme active qui oeuvre sans le savoir au sein d'une organisation plus ou moins reconnue. La menace fasciste gronde et chacun peut sentir que la paix fragile issue de la SDN a vécu. Les alliances se font et se défont, les transfuges ne sont pas ce que l'on croit et de vieux ennemis, sous de nouveaux visages, tentent d'assouvir des vengeances passées.
Le deuxième tome est bien plus difficile à lire que le premier. La puissance des débuts s'essouffle et les longueur s'accumulent. Camille devient l'héroïne, succédant à une Gabrielle que j'avais beaucoup appréciée. Tout est trop complexe, enchevêtré. Les personnages gagnent en opacité, mais cela se ressent sur la narration qui devient confuse. Les épisodes se succèdent sans apparente logique et il est très difficile de tout raccrocher. L'objectif poursuivi par les personnages est impalpable. Je n'aime pas ce genre de narration qui mène le lecteur sur des pistes floues, l'abandonne dans des voies sans issue. Cest réellement dommage car le premier tome m'avait enchantée. Et je ne suis pas persuadée que la lecture du second tome soit nécessaire. Dans la main du diable peut se lire sans suite.
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litolff
litolff23 juin 2010
  • Livres 4.00/5
Toujours difficile, après un premier opus passionnant, de donner une suite à un roman... mais l'auteure a eu la bonne idée de laisser de coté Gabrielle et Pierre pour s'intéresser à Camille, des années plus tard et il s'agit donc d'un autre roman qui traverse l'Europe enflammée de l'entre -deux guerres, toujours servi par la plume admirable d'Anne-Marie Garat.
On assiste donc, horrifié, à la monté du nazisme et à l'avènement de la 2ème guerre mondiale qui marquera à jamais une famille et des personnages bouleversants et complexes.
J'ai maintenant hâte de lire le 3ème tome !
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majolo
majolo02 novembre 2015
  • Livres 4.00/5
Dans ma critique du 1er tome, je disais combien j'avais hâte de plonger dans le suivant.
Comme chaque volume fait 1000 pages et que j'aime varier les plaisirs, j'ai délaissé quelques semaines cette saga pour lire d'autres livres.
Puis il y a 10 jours, j'ai entrepris la lecture du tome 2: quel régal !!! J'ai pris encore plus de plaisir. J'y ai retrouvé avec délectation tout ce qui m'avait ébloui dans le 1er tome: une écriture belle et foisonnante, de très beaux personnages, une intrigue haletante dans un contexte historique particulièrement intéressant: celui de l'entre-deux guerres, en 1934, de ses espoirs et ses tensions annonciatrices de la suivante. Un régal, je le répète.
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mguy
mguy29 janvier 2011
  • Livres 3.00/5
J'ai bien aimé le livre. Cependant, je le trouve nettement moins bien que le premier. Tout d'abord, Garat rajoute des passages tragiques qui n'ont pas lieu d'être (arrestation de Camille et Magda, mort de Magda). Son premier volume n'était déjà pas très gai. Mais là, elle en rajoute. Cela enlève de la crédibilité à l'histoire, ce qui est dommage.
Ensuite, les actions, quand il y en a, sont prévisibles. Sauf pour le retour de Michel Terrier. Celui-là, on ne savait même pas ni d'où ni comment il est revenu d'entre les morts.
Enfin, écrire pendant la période du nazisme n'apporte rien, puisque cette période est déjà suffisamment connue. Il aurait fallu un regard plus extérieur sur cette période, plus neutre.
Cela dit, les analyses des situations et des personnages sont toujours aussi fines. On a toujours la même envie de retrouver les personnages.
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Citations & extraits (4) Ajouter une citation
litolfflitolff23 juin 2010
En voilà, des personnes distinguées, qui d'une dent croquent trois petits fours dans la soirée sans une miette sur le rouge à lèvres. Quand on est de la haute, on ne se jette pas sur le buffet, glouton, à ruminer comme vache, écluser comme Polonais, savoir-vivre, un art qui se travaille au mental : quand on n'en est pas, poussée dans une cuisine, le tout est de bien reluquer pour faucher les manières. Singe, une seconde nature.
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line70line7021 mars 2011
Elle était tombée dans les livres, emportée en de si lointains voyages qu'elle en revenait hagarde, ivre et rompue, et triste, triste de la langueur d'abandon où chaque roman la laissait, d'y trouver et perdre sans cesse la raison de vivre qu'elle n'avait pas.
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SZRAMOWOSZRAMOWO22 mai 2016
A sept heures du soir, la foule indigène du quartier Montparnasse se pressait sur le boulevard, hilare, hagarde, multitude des robes collées au flanc des costumes filant selon le principe des bancs de poissons de hauts-fonds sur leur trajectoire fluide, leur cours fluctuant brusquement, tournevoltant en attroupements éphémères, puis le flot se reconstituait et fuyait, Elise en était étourdie. Les fils tortueux du sort, les fils tenaces de la vie commune tressés sous ses yeux, les destins humains divers et changeants que cette foule évoquait lui procuraient un sentiment mêlé, d'incertitude, de perplexité, de vague ébriété. Des leitmotivs dissonants émergeaient du grondement urbain, du trafic dense à cette heure, autobus, camions, voitures, telle la confuse ouverture d'une symphonie, sans cesse esquissée par cette précipitation effrénée des corps, vers quelle destination...
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ReddevilReddevil13 avril 2016
Elle avait quitté ses copines et ses magazines pour venir faire la starlette à Hollywood, vendre ses jolies jambes et ses boucles platinées au premier venu. Rien d'autre à vendre, pas une once de talent, mais alors, là, une intelligence de viande, phénoménale. Elle avait trop payé de sa personne, quand on n'a pas d'autre monnaie, c'est tuant.
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Vidéo de Anne-Marie Garat
avec Anne-Marie Garat à la librairie La Galerne, pour la parution de "La Source".
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