ISBN : 9782742799190
Éditeur : Actes Sud (2011)


Note moyenne : 4.02/5 (sur 95 notes) Ajouter à mes livres
Né à Constantinople en 1519, Elie Soriano a émigré à Venise, troqué son nom pour celui d’Elias Troyanos, fréquenté les ateliers du Titien et fait une carrière exceptionnelle sous le nom de Turquetto : le petit Turc, comme l’a surnommé Le Titien. M. Arditi retrace le des... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par caro64, le 17 janvier 2012

    caro64
    C'est par une note au lecteur que Metin Arditi introduit son nouveau roman. A elle seule elle suffit à susciter l'envie de dévorer ses quelque trois cent pages. le postulat est le suivant : un tableau célèbre conservé au Louvre – dont la signature présente une discrète anomalie chromatique – serait l'unique oeuvre qui nous reste d'un des plus grands peintres de la Renaissance vénitienne. Un égal de Véronèse, un élève prodige de Titien lui-même que le grand maître surnomma ‘ Le Turquetto ', le petit Turc. La petite histoire en appelle une grande, celle d'un destin mouvementé que Metin Arditi conte avec ferveur.
    Ainsi débute le récit d'une passion, celle d'Elie Soriano. né de parents juifs en terre musulmane (à Constantinople vers 1519), qui ne peut concevoir de vivre sans dessiner. A la mine de plomb ou au pinceau, il veut saisir l'autre. Pénétrer son âme, la comprendre et la révéler, dans toute sa vérité. Mais les lois sacrées des Juifs et des Musulmans lui interdisent la représentation. Alors, pour assouvir sa passion, l'artiste triche, renie ses origines et fuit très jeune en Italie. A Venise, il masque son identité, fréquente les ateliers du Titien, et connaît une carrière exceptionnelle sous le nom de Turquetto. Il offre aux congrégations vénitiennes une œuvre admirable nourrie de tradition biblique, de calligraphie ottomane et d'art sacré byzantin. Pourtant, au sommet de sa gloire un malheureux incident fera basculer son formidable destin.
    C'est avec une grande force et une érudition inspirée que Metin Arditi nous entraîne inlassablement dans le tourbillon de cette vie aux identités multiples. En conteur averti, il dépeint, au cœur des rivalités et des fastes de la Renaissance, le destin d'un artiste dont le talent égale l'inspiration. Entre ombre et lumière, avec force détails, il met en perspective l'art pictural avec les contradictions du pouvoir, de la religion et de la filiation.
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    • Livres 1.00/5
    Par solasub, le 23 janvier 2012

    solasub
    Je n'ai pas fini ce livre dont j'ai lu hier la première partie... et je ne sais pas si je le finirai.
    Pour moi, la lecture est un acte d'amour, un échange qui suppose qu'une connexion s'établisse, que le lecteur s'abandonne à la séduction ; or, ici, rien ne (se) passe, si ce n'est un profond ennui mêlé à une sourde exaspération.
    Je partais pourtant facilement conquise : la renaissance italienne, le XVIème s. et le lien littérature/peinture sont trois passions qui ont aussi constitué mes champs d'étude... Mais quelle déception!
    Dès les premières pages (la page 18 est assez insupportable et très représentative), l'overdose des points d'exclamations, qui tentent maladroitement de construire l'intériorité des personnages à défaut de maîtrise du discours indirect libre, a provoqué chez moi un rire nerveux ; c'est assez gênant, étant donné le manque total d'humour de ce récit...
    Quant à l'érotisme de pacotille mettant en scène des jeunes filles (ou plutôt des enfants!) de douze ans, et convoque les pires poncifs : le harem, le lesbianisme... Certes, page 66, l'auteur semble se souvenir que "c'est pas bien, l'esclavage" et ajoute in extremis une petite anecdote tire-larme, ce qui ajoute l'hypocrisie à l'ensemble.
    En ce qui concerne l'exotisme de Constantinople, je pense que la lecture du Guide du Routard m'apporterait plus de dépaysement : aucun univers ici, aucune odeur, aucun bruit, aucune matière, aucune couleur (ce qui est assez paradoxal lorsqu'on prétend raconter la vie d'un peintre) : quel manque de corps! (à part celui des jeunes filles dont j'ai déjà parlées...)
    Tout ceci à travers une construction boiteuse, une structure qui manque de rythme malgré la brièveté des chapitres, des incohérences narratives : en une demi-page, le héros abandonne le projet mis en place sur plusieurs chapitres et part à Venise : pourquoi, comment? On n'en saura rien. Je ne sais pas non plus pourquoi une ellipse de 43 ans sépare les deux premières parties, sans justification particulière, provoquant l'abandon de la plupart des personnages "installés" au début ; on l'apprend peut-être plus tard... mais il faudrait pour le vérifier que je poursuive et je doute d'en avoir le courage...



    Lien : http://solasubnocte.blogspot.com/2012/01/jai-presque-lu-le-turquetto..
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    Critique de qualité ? (20 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par annie, le 24 novembre 2011

    annie
    1531, Constantinople, Turquie... Sami, le marchand d'esclave se rend au Han dans le bazar pour vendre Roza, accompagné de son fils Eli et de la gouvernante. Sami est juif et pour cela sont fils ne peut devenir peintre mais sa passion est trop forte et il peint dans sa tête et à la taverne. Eli apprend ainsi la calligraphie avec Djelal, fabricant d'encre, mais toujours l'impossibilité de peindre au grand jour. Il n'aura la révélation de cette possibilité que dans l'église orthodoxe de la ville.
    1574, Venise... A la mort de son père, Eli fuit avant l'enterrement par le premier bâteau en partance pour Venise. Il change son nom pour celui de Ilias Troyanos et se prétend grec. Ainsi il pourra peindre enfin, d'abord comme apprenti du Titien puis à son propre compte. Il épouse une chrétienne, laide, boiteuse et un peu demeurée, fille de l'un de ses riches clients, et de fait de supposé chrétien orthodoxe il devient catholique, et garde secret sa judéité.
    Entre 1574 et 1576, il devient un maître reconnu et envié. Sa vie aurait pu continuer ainsi longtemps. Mais le grain de sable s'appelle Rachel, une jeune juive qui devient son modèle et sa maîtresse. Devant réaliser la plus grande cène pour le réfectoire de la confrérie San Antonio, il lui est fait défense d'employer toute personne n'étant pas catholique, et son mécène, pour simplifier la tâche fait assassiner la jeune femme.
    Lors de la présentation du tableau, c'est la catastrophe. Les personnages sont représentés sous les traits des peintres de l'époque, mais en juifs. Le Turquetto se représente d'ailleurs aussi en Juda.
    Pris en embuscade par des mercenaires à la solde d'un autre peintre, sa judéité soupçonnée est découverte. Accusé de blasphème et d'hérésie il est enfermé sous les Plombs, condamné à mort, son oeuvre détruite dans un autodafé.
    1576, Constantinople... Grâce au nonce de la république de Venise, Eli peut s'enfuir. de son oeuvre, seule "l'homme au gant" a pu être sauvée par le Titien.
    Eli repart vers Constantinople sous le nom d'Ali et devient hammal pour le patron d'une tannerie. C'est au cours de ses livraisons qu'il va retrouver Zeytine Âbi, le mendient cul-de-jatte et qu'ils deviendront compagnons jusqu'à la mort ce celui-ci.
    excellent - Un bien joli roman que j'ai dévoré en une journée. Presque dommage que ce ne soit qu'une fiction tant les personnages paraissent réels.
    ***
    Sur une étagère, à classer à proximité de :
    Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants - PRIX GONCOURT DES LYCEENS 2010 de Mathias Enard
    et
    Le rêve Botticelli , La Passion Lippi , L'obsession Vinci , de Sophie Chauveau

    Lien : http://mazel-annie.blogspot.com/
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    • Livres 4.00/5
    Par jcnb68, le 20 mars 2012

    jcnb68
    Je viens d'achever la lecture de ce « chenapan » de « Turquetto ».
    Une œuvre qui reste loin de l'évidence.
    Comme d'autres auteurs de critiques ici sur Babelio, j'ai failli le laisser sur le trottoir mais bien m'en a pris d'aller jusqu'au bout.
    L'histoire se déroule en Orient et ce malgré le fait qu'une grande partie se situe à Venise. C'est une histoire d'orientaux et d'ailleurs, Venise, à l'époque était une ville « d'orientation » orientale.
    L'on ne peut s'empêcher en le lisant de penser à l'ami Amin Maalouff, mais de loin car je ne crois pas que Metin, le turc, possède le talent narratif d'Amin, le libanais.
    Qu'importe, je ne crois pas non plus que ce fut le souci de l'auteur que d'imiter le grand Maalouff.
    Ici, nous sommes dans un autre registre. La critique de « Solasub » ici sur babelio est très corrosive et l'on peut la comprendre. Or, je ne crois pas que Metin Arditi se soit noyé dans une overdose de ponctuation en tous genres par manque de capacités narratives ou d'idées troubles.
    De mon point de vue, il s'agirait d'une question de style et de personnalité. Il ne faut pas oublier que nous sommes en Orient et qu'il est coutumier des gens de ces latitudes de ne jamais finir leur phrases lorsque le fait de les conclure constitue une évidence, voire une immondice.
    Il est question ici non pas de tolérance - mot et sentiment des plus abjects qu'il se soient jamais crées - mais de respect, de compassion et de compréhension entre être humains à tous les étages de ce qui en substance les constitue : Religion, culture, pouvoir, misère, pauvreté à tous les niveaux de la condition humaine.
    L'auteur ne donne pas dans la philosophie, ni dans la démonstration, pas plus que dans la profusion de bons sentiments. Il ne nous vient pas avec les grands sabots de la mièvrerie et de la tolérance à tout va. Il se contente de décrire avec énormément de pudeur, et serais-je tenté d'imaginer, avec timidité, finesse et humilité - sous le couvert d'une intrigue artistique - les diverses strates de l'absurdité des rapports de force, entre autres, qui régissent les relations humaines. Metin ne veut pas vous dire ce que doit être le fond de votre pensée, pas plus qu'il ne désire vous révéler las sienne. Il se contente d'effleurer les sujets, d'ouvrir une parenthèse et de vous laisser la remplir et la refermer à votre aise.
    Je conseille vivement aux lecteurs de pousser la lecture jusqu'au bout et de laisser le récit vivre en vous durant les quelques jours qui suivent la fin de la lecture car c'est alors que petit à petit la beauté et la profondeur des sentiments que renferme ce livre referont surface au niveau de votre âme.
    Une dernière chose, ce livre parle d'amour, d'un amour bien spécial que les non orientaux, dont je suis, auront peut-être du mal à capter car tabou chez nous : l'amour entre êtres du même sexe. Et oui, en orient, les femmes et les femmes ainsi que les hommes entre eux, savent entretenir de belles histoires d'amoureux sans qu'il soit absolument question d'homosexualité. Ici, en Occident, nous en sommes très loin et la vie n'en est que plus morne.
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    • Livres 5.00/5
    Par Sharon, le 22 mai 2012

    Sharon
    Un nouveau livre de la rentrée littéraire 2011, et me voilà bien ennuyée pour le chroniquer. Il fait partie de ses rares livres dont j'ai envie de dire : on en a parlé trop peu, il n'a pas assez été mis en valeur, il n'a pas eu la place qu'il méritait. Ce n'est pas un hasard s'il est publié chez Acte Sud, comme La belle amour humaine. Acte Sud est définitivement une maison d'édition de qualité (je n'en doutais pas non plus).
    Il Turquetto est un roman historique, sans ses défauts. Metin Arditi ne se sent pas obligé, pour recréer une époque, de dépeindre chaque ornement placé au-dessus d'une porte. C'est le foisonnement même de la vie qu'il recrée, ce sont les conflits entre l'art et les religions qui nous sont narrés sans académisme, par le biais du personnage d'Elie.
    Elie... Il est tiraillé entre sa foi, ses aspirations, prêt à tout pour obtenir ce qu'il veut - encore faut-il qu'il sache quels sont ses désirs profonds et jusqu'où il est réellement prêt à aller.C'est déjà trop en dire que dire cette phrase, car Il Turquetto est un livre qui se vit, non qui se chronique, au point que pour désigner les personnages secondaires, j'ai encore envie de dire qu'ils prennent vie (et mort) devant nous, sans être de simples utilités.
    Il Turquetto est un superbe roman, à lire et à relire.

    Lien : http://le.blog.de.sharon.over-blog.com/article-il-turquetto-10548832..
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    Critique de qualité ? (10 votes positifs)

Critiques presse (1)


  • Cyberpresse , le 12 septembre 2011
    L'intolérance religieuse en ce qu'elle a de plus abjecte est le thème du sixième roman de Metin Arditi, Le Turquetto, un ouvrage fascinant et superbement écrit qui nous entraîne dans le monde de la peinture vénitienne du XVIe siècle.
    Lire la critique sur le site : Cyberpresse

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Citations et extraits

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  • Par caro64, le 17 janvier 2012

    Elie avait représenté les douze apôtres sous les traits des plus grands peintres de Venise. Titien apparaissait deux fois. A l'extrême gauche du tableau, il était peint dans le vieil âge qu'il avait désormais, en dialogue avec le Véronais, sous l'œil attentif des frères Bellini. A l'autre extrémité du tableau, il était représenté en pleine jeunesse, les yeux tournés vers le personnage situé tout à droite. Ce dernier, l'air inquiet, regardait le spectateur, le bras gauche, écarté vers le sol. Sa main enserrait une bourse de cuir rouge. C'était Judas. Elie l'avait représenté sous ses propres traits. [...] Le premier choc passé, les qualités de la toile apparaissaient mieux encore. Elie avait utilisé des huiles très fines, et cela lui avait permis de peindre en transparence, par couches superposées. Pour les carnations, il avait choisi un blanc de Saint-Jean très dilué, et cela donnait aux visages un effet nacré d'une grande douceur. A la beauté des couleurs s'ajoutait la précision du trait. Les personnages étaient vivants, vibrants, prêts à surgir de la toile. Le tableau montrait l'art du Turquetto à son sommet.
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  • Par Canaju, le 01 février 2012

    Au moment de nouer ses bras autour du coup d'Elie, Zeytine prit l'habitude de se serrer contre lui, et ce geste bouleversait tant Elie qu'à son tour il serrait Zeytine dans ses bras, à la fois pour lui rendre sa tendresse, et parce que, en le tenant ainsi ( Zeytine avait alors le menton posé sur l'épaule d'Elie), il lui cachait ses larmes.
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  • Par Jevousdisquecestmoi, le 02 novembre 2011

    A travers la figure du doge, c’était la condition humaine toute entière qu’avait peinte le maître, dans toute sa fragilité, dans l’espoir de pouvoir surmonter la nécessité, un jour, demain ou plus tard, peu importe, mais un jour. Tout était si profondément humain dans ce regard d’homme malade qui luttait pour maintenir sa dignité, dans ses mains, dont l’une aurait pu appartenir à un joueur de viole et l’autre à un portefaix, qui rappelaient que l’homme ne pouvait être qu’insaisissable.
    Le maître savait décrire les passions et émotions comme personne. Il ne les apaisait pas. Il les exacerbait.
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  • Par littleone, le 10 mars 2012

    A la beauté des couleurs s'ajoutait la précision du trait. Les personnages étaient vivants, vibrants, prêts à surgir de la toile. Le tableau montrait l'art du Turquetto à son sommet.
    Jésus et ses apôtres étaient dans l'attente à la fois grands et intimes, saisissants de présence et de force. Elie avait peint l'humanité, dans sa puissance et son espérance
    Citation de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par brigittelascombe, le 26 août 2011

    Il travaillait à la plume,au pinceau,à la mine d'argent,utilisant mille couleurs donnant des effets d'ombre et de clair-obscur,en un mot, il dessinait selon son bon vouloir.Il était,enfin,maître de sa vie.
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