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ISBN : 233001869X
Éditeur : Actes Sud (2013)


Note moyenne : 3.95/5 (sur 252 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Né à Constantinople en 1519, Elie Soriano a émigré à Venise, troqué son nom pour celui d’Elias Troyanos, fréquenté les ateliers du Titien et fait une carrière exceptionnelle sous le nom de Turquetto : le petit Turc, comme l’a surnommé Le Titien. M. Arditi retrace le des... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Marple, le 12 avril 2014

    Marple
    Et bien moi je me suis tout à fait laissée prendre à ce Turquetto, au point d'aller vérifier sur Wikipédia s'il recelait d'une pointe de vérité historique, ou juste de beaucoup de fantaisie chez l'auteur.
    Résultat : pure littérature, et je dois avouer que ça me soulage... Pas que Le Turquetto m'ait été particulièrement sympathique, mais l'idée d'avoir perdu presque toutes les toiles d'un peintre majeur de la Renaissance était profondément dérangeante.
    Ce roman, puisque c'en est un, raconte l'histoire d'Elie, jeune garçon juif de Constantinople qui se fait passer pour chrétien dans la Venise de la Renaissance, afin de vivre un amour de la peinture que sa propre religion lui interdit. Pendant plus de 40 ans, il peint des portraits, mais aussi et surtout de très belles scènes bibliques, empreintes de douceur et d'humanité.
    Cette vocation sincère l'oblige à constamment mentir et dissimuler, même à ses proches, le transformant en un personnage froid et énigmatique. Ce n'est donc à mon sens pas lui qui fait l'intérêt du livre, mais plutôt l'intrigue bien pensée, et aussi les intrigues tout aussi bien pensées de Venise hypocrite et calculatrice.
    Art, religion, identité, mensonge, compassion, respect, manipulation, violence, le livre évoque tout cela, et plus encore... jusqu'à ce que Le Turquetto dévoile La Cène et que tout change, à nouveau.
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    • Livres 3.00/5
    Par latina, le 04 septembre 2013

    latina
    Difficile de concilier sa vocation pour la peinture et sa religion juive car il est écrit dans le Deutéronome « Tu ne représenteras rien ni personne ». Et pour un jeune garçon tel qu’Elie, c’est véritablement le drame. Il ne peut même pas pratiquer la calligraphie !
    Difficile aussi de concilier l’amour pour son père et sa gêne devant sa maladie et son humiliation.
    Voilà pourquoi Elie quitte Constantinople, en septembre 1531, dès le décès de son père. Il s’enfuit, se cache et arrive à Venise.
    Nous y voilà, en 1574. Elie est devenu « Le Turquetto », et aux yeux de tous, y compris de sa femme et de sa fille, il est chrétien. Reconnu, admiré encore pour quelques années, pour l’extraordinaire profondeur de ses tableaux bibliques ou profanes, pour les regards sereins qu’il peint, consolateurs de la solitude, pour la paix pleine de compassion. Oui, le Turquetto est un maître ! Il a d’ailleurs été élevé à bonne école, celle du Titien.
    C’est alors qu’il peint « L’homme au gant », qu’on attribuera au Titien. C’est alors aussi qu’il peint « La Cène »...tableau par lequel le scandale arrive. Il ne fait pas bon être Juif en pays chrétien au 16e siècle...
    Ce roman à la gloire de l’art, cette histoire de la difficulté de cohabitation des religions, cette ode au regard m’a plongée dans le monde riche et rempli de contradictions et d’hypocrisie du 16e siècle. J’ai suivi avec intérêt la naissance d’une vocation et la fin d’une carrière.
    Mais curieusement, je n’ai pas été « emportée ». C’est avec une certaine distance que j’ai parcouru la vie du Turquetto. Pourquoi ? Peut-être y avait-il trop d’informations, trop de personnages de tous bords, trop de débuts de descriptions psychologiques sans approfondissement...
    Peut-être y gagnerais-je à le relire, plus tard. Le 16e siècle m’attendra, tapi à l’ombre de ses doges, de ses ruelles malodorantes, du haut de sa magnificence, aussi.
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    • Livres 3.00/5
    Par caro64, le 17 janvier 2012

    caro64
    C'est par une note au lecteur que Metin Arditi introduit son nouveau roman. A elle seule elle suffit à susciter l'envie de dévorer ses quelque trois cent pages. le postulat est le suivant : un tableau célèbre conservé au Louvre – dont la signature présente une discrète anomalie chromatique – serait l'unique oeuvre qui nous reste d'un des plus grands peintres de la Renaissance vénitienne. Un égal de Véronèse, un élève prodige de Titien lui-même que le grand maître surnomma ‘ Le Turquetto ', le petit Turc. La petite histoire en appelle une grande, celle d'un destin mouvementé que Metin Arditi conte avec ferveur.
    Ainsi débute le récit d'une passion, celle d'Elie Soriano. né de parents juifs en terre musulmane (à Constantinople vers 1519), qui ne peut concevoir de vivre sans dessiner. A la mine de plomb ou au pinceau, il veut saisir l'autre. Pénétrer son âme, la comprendre et la révéler, dans toute sa vérité. Mais les lois sacrées des Juifs et des Musulmans lui interdisent la représentation. Alors, pour assouvir sa passion, l'artiste triche, renie ses origines et fuit très jeune en Italie. A Venise, il masque son identité, fréquente les ateliers du Titien, et connaît une carrière exceptionnelle sous le nom de Turquetto. Il offre aux congrégations vénitiennes une œuvre admirable nourrie de tradition biblique, de calligraphie ottomane et d'art sacré byzantin. Pourtant, au sommet de sa gloire un malheureux incident fera basculer son formidable destin.
    C'est avec une grande force et une érudition inspirée que Metin Arditi nous entraîne inlassablement dans le tourbillon de cette vie aux identités multiples. En conteur averti, il dépeint, au cœur des rivalités et des fastes de la Renaissance, le destin d'un artiste dont le talent égale l'inspiration. Entre ombre et lumière, avec force détails, il met en perspective l'art pictural avec les contradictions du pouvoir, de la religion et de la filiation.
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    • Livres 1.00/5
    Par solasub, le 23 janvier 2012

    solasub
    Je n'ai pas fini ce livre dont j'ai lu hier la première partie... et je ne sais pas si je le finirai.
    Pour moi, la lecture est un acte d'amour, un échange qui suppose qu'une connexion s'établisse, que le lecteur s'abandonne à la séduction ; or, ici, rien ne (se) passe, si ce n'est un profond ennui mêlé à une sourde exaspération.
    Je partais pourtant facilement conquise : la renaissance italienne, le XVIème s. et le lien littérature/peinture sont trois passions qui ont aussi constitué mes champs d'étude... Mais quelle déception!
    Dès les premières pages (la page 18 est assez insupportable et très représentative), l'overdose des points d'exclamations, qui tentent maladroitement de construire l'intériorité des personnages à défaut de maîtrise du discours indirect libre, a provoqué chez moi un rire nerveux ; c'est assez gênant, étant donné le manque total d'humour de ce récit...
    Quant à l'érotisme de pacotille mettant en scène des jeunes filles (ou plutôt des enfants!) de douze ans, et convoquant les pires poncifs : le harem, le lesbianisme... Certes, page 66, l'auteur semble se souvenir que "c'est pas bien, l'esclavage" et ajoute in extremis une petite anecdote tire-larme, ce qui ajoute l'hypocrisie à l'ensemble.
    En ce qui concerne l'exotisme de Constantinople, je pense que la lecture du Guide du Routard m'apporterait plus de dépaysement : aucun univers ici, aucune odeur, aucun bruit, aucune matière, aucune couleur (ce qui est assez paradoxal lorsqu'on prétend raconter la vie d'un peintre) : quel manque de corps! (à part celui des jeunes filles dont j'ai déjà parlées...)
    Tout ceci à travers une construction boiteuse, une structure qui manque de rythme malgré la brièveté des chapitres, des incohérences narratives : en une demi-page, le héros abandonne le projet mis en place sur plusieurs chapitres et part à Venise : pourquoi, comment? On n'en saura rien. Je ne sais pas non plus pourquoi une ellipse de 43 ans sépare les deux premières parties, sans justification particulière, provoquant l'abandon de la plupart des personnages "installés" au début ; on l'apprend peut-être plus tard... mais il faudrait pour le vérifier que je poursuive et je doute d'en avoir le courage...



    Lien : http://solasubnocte.blogspot.com/2012/01/jai-presque-lu-le-turquetto..
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    • Livres 4.00/5
    Par jcnb68, le 20 mars 2012

    jcnb68
    Je viens d'achever la lecture de ce « chenapan » de « Turquetto ».
    Une œuvre qui reste loin de l'évidence.
    Comme d'autres auteurs de critiques ici sur Babelio, j'ai failli le laisser sur le trottoir mais bien m'en a pris d'aller jusqu'au bout.
    L'histoire se déroule en Orient et ce malgré le fait qu'une grande partie se situe à Venise. C'est une histoire d'orientaux et d'ailleurs, Venise, à l'époque était une ville « d'orientation » orientale.
    L'on ne peut s'empêcher en le lisant de penser à l'ami Amin Maalouff, mais de loin car je ne crois pas que Metin, le turc, possède le talent narratif d'Amin, le libanais.
    Qu'importe, je ne crois pas non plus que ce fut le souci de l'auteur que d'imiter le grand Maalouff.
    Ici, nous sommes dans un autre registre. La critique de « Solasub » ici sur babelio est très corrosive et l'on peut la comprendre. Or, je ne crois pas que Metin Arditi se soit noyé dans une overdose de ponctuation en tous genres par manque de capacités narratives ou d'idées troubles.
    De mon point de vue, il s'agirait d'une question de style et de personnalité. Il ne faut pas oublier que nous sommes en Orient et qu'il est coutumier des gens de ces latitudes de ne jamais finir leur phrases lorsque le fait de les conclure constitue une évidence, voire une immondice.
    Il est question ici non pas de tolérance - mot et sentiment des plus abjects qu'il se soient jamais crées - mais de respect, de compassion et de compréhension entre être humains à tous les étages de ce qui en substance les constitue : Religion, culture, pouvoir, misère, pauvreté à tous les niveaux de la condition humaine.
    L'auteur ne donne pas dans la philosophie, ni dans la démonstration, pas plus que dans la profusion de bons sentiments. Il ne nous vient pas avec les grands sabots de la mièvrerie et de la tolérance à tout va. Il se contente de décrire avec énormément de pudeur, et serais-je tenté d'imaginer, avec timidité, finesse et humilité - sous le couvert d'une intrigue artistique - les diverses strates de l'absurdité des rapports de force, entre autres, qui régissent les relations humaines. Metin ne veut pas vous dire ce que doit être le fond de votre pensée, pas plus qu'il ne désire vous révéler las sienne. Il se contente d'effleurer les sujets, d'ouvrir une parenthèse et de vous laisser la remplir et la refermer à votre aise.
    Je conseille vivement aux lecteurs de pousser la lecture jusqu'au bout et de laisser le récit vivre en vous durant les quelques jours qui suivent la fin de la lecture car c'est alors que petit à petit la beauté et la profondeur des sentiments que renferme ce livre referont surface au niveau de votre âme.
    Une dernière chose, ce livre parle d'amour, d'un amour bien spécial que les non orientaux, dont je suis, auront peut-être du mal à capter car tabou chez nous : l'amour entre êtres du même sexe. Et oui, en orient, les femmes et les femmes ainsi que les hommes entre eux, savent entretenir de belles histoires d'amoureux sans qu'il soit absolument question d'homosexualité. Ici, en Occident, nous en sommes très loin et la vie n'en est que plus morne.
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Critiques presse (1)


  • LaPresse , le 12 septembre 2011
    L'intolérance religieuse en ce qu'elle a de plus abjecte est le thème du sixième roman de Metin Arditi, Le Turquetto, un ouvrage fascinant et superbement écrit qui nous entraîne dans le monde de la peinture vénitienne du XVIe siècle.
    Lire la critique sur le site : LaPresse

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Citations et extraits

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  • Par caro64, le 17 janvier 2012

    Elie avait représenté les douze apôtres sous les traits des plus grands peintres de Venise. Titien apparaissait deux fois. A l'extrême gauche du tableau, il était peint dans le vieil âge qu'il avait désormais, en dialogue avec le Véronais, sous l'œil attentif des frères Bellini. A l'autre extrémité du tableau, il était représenté en pleine jeunesse, les yeux tournés vers le personnage situé tout à droite. Ce dernier, l'air inquiet, regardait le spectateur, le bras gauche, écarté vers le sol. Sa main enserrait une bourse de cuir rouge. C'était Judas. Elie l'avait représenté sous ses propres traits. [...] Le premier choc passé, les qualités de la toile apparaissaient mieux encore. Elie avait utilisé des huiles très fines, et cela lui avait permis de peindre en transparence, par couches superposées. Pour les carnations, il avait choisi un blanc de Saint-Jean très dilué, et cela donnait aux visages un effet nacré d'une grande douceur. A la beauté des couleurs s'ajoutait la précision du trait. Les personnages étaient vivants, vibrants, prêts à surgir de la toile. Le tableau montrait l'art du Turquetto à son sommet.
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  • Par milado, le 15 septembre 2012

    - Tu as blasphémé, et alors ? Tu sais ce que ça veut dire blasphémer ? Tu parles le grec, il me semble ?
    Elie fit oui de la tête.
    - Alors ! QU'est-ce que ça veut dire ? Dis-le !
    - Nuire à la renommée.
    - Nous y voilà ! Pas insulter Dieu ! Pas cracher sur la croix ! Bavarder et rien de plus ! Dans sa vanité, notre Église fait passer sa renommée avant ses bienfaits !
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  • Par kathel, le 13 août 2012

    Après quoi il avait regardé la copie d’Élie en silence et avait pâli. Un garçon de cet âge qui dessinait comme ça, il n'en avait pas croisé un seul en trente ans. « Reste là », avait-il dit à Élie. Puis il était parti en courant chercher le maître.
Celui-ci avait à peine jeté un coup d’œil au dessin :
 - Tu restes avec nous !
 Élie lui avait baisé le dos de la main, à l'orientale.
 Au moment de rendre la feuille à l'intendant, le maître avait remarqué la signature :
 Turquetto… Pourquoi pas… 
Il avait souri, lui aussi, et le sobriquet était resté.
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  • Par michelekastner, le 25 août 2012

    Les yeux sur le tableau, l était submergé d'admiration. A travers la figure du doge, c'était la condition humaine tout entière qu'avait peinte le maître, dans toute sa fragilité, dans l'espoir de pouvoir surmonter la nécessité, un jour,. Tout était si profondément humain dans ce regard d'homme malade qui luttait pour maintenir sa dignité, dans ces mains, dont l'un aurait pu appartenir à un joueur de viole et l'autre à un portefaix, qui rappelaient que l'homme ne pouvait être qu'insaisissable.
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  • Par ayla5488, le 13 mars 2013

    Ce roman se passe au xvIème siècle, ça pourrai être n'importe quand, il se passe soit à Cantantinople soit à Venise, mais ça pourrai être n'importe où, car ce n'est pas une longue liste de rues, et un discours dans la langue autocthone ( ce qui renvoie souvent en bas de page, pour la traduction) qui fait une abiance, donc un décor sans saveur. Des scènes "érotiques" posées là sans apporter quoique ce soit, pendant ce temps le personnage disparait puis reparait 43 ans plus sans que l'on sache pourquoi. La deuxième partie succite un léger intérêt, dans l'affronteent de personnalités . Le discours sur la religion est basique. L'idée au départ était bonne, mais elle a vite été perdue et c'est dommage, car il avait de la matière. J'ai eu la sensation de me trouver au milieu des projections obsessionnelles de l'auteur. Très déçue car la quatrième de couverture me promettait une tout autre histoire.
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Metin Arditi, Dialogues littéraires
http://www.librairiedialogues.fr/livre/4124221-la-confrerie-des-moines-volants-roman-metin-arditi-grasset Metin Arditi nous parle de son livre La confrérie des moines volants (éditions Grasset)...








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