-
Contes carnivores de
Bernard Quiriny
Les Yapous sont une société de poètes-nés, qui ont inventé le surréalisme avant l'heure et font des cadavres exquis chaque fois qu'ils ouvrent la bouche. Tandis que nous autres Occidentaux, avec nos contes et nos poèmes, tentons de rendre du mystère à notre monde désenchanté, eux baignent naturellement dans l'invention littéraire - probablement ne s'en rendent-ils d'ailleurs pas compte, puisqu'ils ont toujours vécu comme ça.
-
Par Kittiwake, le 25/04/2012
Contes carnivores de
Bernard Quiriny
Pierre Gould écrivit un roman intitulé" Histoire d'un dormeur" qui était selon lui le lipogramme le plus contraignant du monde : il s'était interdit toutes les lettres de l'alphabet, sauf le z. Cela donnait : "Zzzzz, zzzz,zzzz" et ainsi de suite sur trois cents pages
-
Par ballad, le 24/12/2011
Contes carnivores de
Bernard Quiriny
« -Mon arbre généalogique est terminé, annonça un jour Pierre Gould.
-Jusqu’où es-tu remonté ? demanda l’un d’entre nous.
-Jusqu’à Adam et Eve. Je viens de vous le dire : il est terminé. »
-
Contes carnivores de
Bernard Quiriny
Un puissant parfum d'orange envahit la pièce. Parfois, elle avait un geignement langoureux ; je pense qu'elle prenait plaisir à cette mise à nu et que la sensation de sa seconde peau se décollant de la première la transportait.
-
Contes carnivores de
Bernard Quiriny
Les connaisseurs de marées noires n'étaient pas seulement des pervers : c'étaient en fait des amateurs d'obscénités d'un genre spécial, comparables aux érotomanes raffinés qui n'ont de goût que pour les perversions sophistiquées.
-
Contes carnivores de
Bernard Quiriny
"Sur la scène s'étalait un monstre improbable et fabuleux; c'était une sculpture colossale et hétéroclite, composée des matériaux les plus divers - des bois de plusieurs sortes, de la ferraille et des tuyaux en caoutchouc; il y avait deux bassines remplies d'eau claire, des cordes tendues comme sous les voiles d'un galion, des plaques de cuivre disposées en spirale et une batterie d'accessoires tout à fait indescriptible. [...] Près de moi, un confrère se demanda en quels termes il allait pouvoir décrire dans son papier du lendemain le mammouth inerte qui attirait tous les regards" (Seuil, p.120)
-
Contes carnivores de
Bernard Quiriny
Le poison l'avait atrocement rongée de l'intérieur, mais au moins sa peau avait-elle gardé sa pâleur et sa pureté, comme celle d'une poupée de porcelaine.
-
Par Pawi, le 21/05/2012
Les assoiffées de
Bernard Quiriny
"La mémoire corrompt tout, transforme tout."
-
Par Pawi, le 23/05/2012
Les assoiffées de
Bernard Quiriny
"J'en suis au chapitre sur le despotisme. Le principe du despotisme, dit-il, c'est la crainte; or, il faut que la crainte abatte tous les courages, et éteigne jusqu'au moindre sentiment d'ambition, afin que chacun demeure l'inférieur du despote."
-
Par Kittiwake, le 25/04/2012
Contes carnivores de
Bernard Quiriny
Mon arbre généalogique est terminé, annonça un jour Pierre Gould.
Jusqu'où es-tu remonté? demanda l'un de nous.
Jusqu'à Adam et Eve. Je viens de vous le dire : il est terminé
-
Contes carnivores de
Bernard Quiriny
Pierre Gould écrivit un roman intitulé "Histoire d'un dormeur" qui était selon lui le lipogramme le plus contraignant du monde : il s'était interdit toutes les lettres de l'alphabet, sauf le z. Cela donnait "Zzzz, zzzz,zzzz", et ainsi de suite sur 300 pages.
-
Par hermineg, le 18/07/2011
L'angoisse de la première phrase de
Bernard Quiriny
L'ANGOISSE DE LA PREMIERE PHRASE
La première phrase : voilà l'ennemi. C'est ce que pensa Gould le jour où il décida d'écrire u livre auquel il songeait depuis de nombreuses années. Devant sa feuille blanche, il passa des heures à chercher la première phrase idéale. Sans cesse il posait la pointe de son stylo sur le papier et tentait de libérer son poignet pour dessiner la boucle de la première lettre ; il s'interrompait à chaque fois avec la certitude horripilante qu'il y avait une meilleure manière de démarrer le texte.
-
Par hermineg, le 18/07/2011
L'angoisse de la première phrase de
Bernard Quiriny
L'INTRUS
L'intrus avait fait irruption dans ma vie dix-huit mois plus tôt, sans que rien n'annoncât son arrivée. Je l'avais découvert au fond du jardin, par une belle après-midi de printemps : un jeune homme d'une vingtaine d'années au visage enfantin, le front caché par une épaisse frange de cheveux blonds. Il était occupé à tailler ma haie et, concentrée sur sa tâche, ne m'avait pas entendu approcher.
- Qui êtes-vous? Lançai-je sans aménité.
Il eut un sursaut et se tourna vers moi ; son visage exprima alors une sorte de soulagement, comme si lui et moi nous nous connaissions depuis longtemps.
- La haie avait besoin de quelques coups de sécateur, dit-il sans répondre à ma question. J'ai jugé bon de ne pas attendre la semaine prochaine.
Il me tendit distraitement la main ; décontenancé par son aplomb, je la serrai avant de me ressaisir.
- C'est très gentil à vous, mais vous en avez assez fait. Prenez vos affaires et filez.
-
Par Pawi, le 21/05/2012
Les assoiffées de
Bernard Quiriny
"C'est le groupe qui compte, pas les individus qui le composent"