> Enrique Vila-Matas (Préfacier, etc.)

ISBN : 2020928493
Éditeur : Seuil (2008)


Note moyenne : 4.02/5 (sur 42 notes) Ajouter à mes livres
Un botaniste amoureux de sa plante carnivore ; Un curé argentin qui a la faculté de se dédoubler dans différents corps : Onze écrivains morts que vous n'avez jamais lus : Une femme-orange qui se laisse littéralement boire par ses amants ; Une société d'esthètes fascinés... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 03 novembre 2010

    LiliGalipette
    Recueil de contes de Bernard Quirigny. Lettre Q de mon Challenge ABC 2010.
    Sanguine : Deux hommes descendus dans le même hôtel se retrouvent un soir autour d'une histoire peu commune, où une femme se dissimule derrière une carapace peu commune. "Un peu de sang dans du jus d'oranges pressées, oui, chaque dimanche depuis 15 ans." (p. 21)
    L'épiscopat d'Argentine : Une femme de ménage dans le palais épiscopal d'Argentine s'étonne des allées et venues et des habitudes nocturnes de l'évêque. "Nous avons tous de petits fardeaux à supporter, et celui de l'évêque de San Julian était un corps en trop avec lequel il lui fallait composer." (p. 43)
    Qui habet aures... : Édouard Renouvier entend toutes les conversations où il est question de lui et s'emploie à corriger ses erreurs. Mais comment combler une lacune qu'on ne peut pas identifier?
    Quelques écrivains, tous morts : Florilège d'auteurs inconnus et morts. "J'ai découvert grâce à Pierre Gould un grand nombre d'écrivains méconnus, littérateurs de l'ombre ignorés par les faiseurs d'anthologie." (p. 57)
    Quiproquopolis (Comment parlent les Yapous) : "Le yapou n'est pas une langue de poètes, c'est une langue de boute-en-train. [...] le quiproquo et le malentendu sont, avec la guerre tribale et l'anthropophagie, les quatre piliers de la société yapou." (p. 70)
    Marées noires : Les membres de la SCMN, Société des Connaisseurs de Marées Noires, se ruent sur les plages souillées par les catastrophes pétrolières. "Après avoir recouvert quelques kilomètres de côte, le pétrole s'oxyde au contact de l'air et se disperse dans la mer. Parfois, des écologistes et bien-pensants le récupèrent à la pelle et détruisent sans vergogne ces couches gluantes d'un noir parfait qui nous ravissent, nous autres gens de goût." (p. 85)
    Mélanges amoureux : Édouard Renouvier (encore lui) jongle entre une épouse et trois maîtresses. Dans la chambre d'hôtel qu'il loue à l'année, les miroirs dévoilent ses secrets. En réalité, les miroirs se souviennent toujours de ceux qui se sont reflétés en eux.
    Chroniques musicales d'Europe et d'ailleurs : Gaudi et son gaudiophone, Yoshi Murakami et son projet fou de faire vibrer la tour Eiffel, Eduardo Morrant et ses compositions impossibles à jouer, une mélodie audible sur une mince portion de terre en Colombie Britannique, un "traité de musicologie odoriférante" (p. 123), un pianiste qui a oublié comment jouer, tout cela donne à la musique un caractère improbable voire impossible.
    Souvenirs d'un tueur à gages : Qu'il s'agisse d'exécuter un homme d'affaires qui s'ennuie, d'abattre un homme à la place d'un autre, de détruire le diable, d'aider un peintre à effectuer son ultime autoportrait, de choisir entre les explosifs ou le poison, la vie d'un tueur à gages n'est pas banale.
    Le carnet : Un "écrivain en devenir" (p. 149) qui manque cruellement d'imagination rêve de dérober le carnet de notes d'un écrivain prolifique. Mais si ce carnet ne tenait pas toutes ses promesses?
    Extraordinaire Pierre Gould : La vie de Pierre Gould est loufoque, pleine de rêves et de projets. " Trois projets signés Pierre Gould: un annuaire permanent des donneurs de leçons rédigé en équipe et actualisé chaque mois, qui recenserait tous les pédants, cuistres et pontifiants sévissants dans les journaux et sur les ondes; un guide des écrivains surestimés, stigmatisant quelques littérateurs morts ou vivants, à la mesure de leur réputation; une anthologie des jurisprudences gondolantes qui rassembleraient les cas les plus curieux dont ont eu à connaître les juridictions judiciaires et administratives, au cours du dernier siècle." (p. 165-166)
    L'oiseau rare : Jacques Armand est un artiste réputé pour ses oeufs peints, oeufs d'oiseaux ou de poissons. Dans sa production, un oeuf reste mystérieux: on ne sait pas quelle espèce l'a pondu.
    Une beuverie pour toujours : Dans les pays de l'Est, il existe un breuvage, le zveck, réclamé à cor et à cris par les ivrognes. "Le zveck, c'est une beuverie pour toujours." (p. 197)
    Conte carnivore : "La puissance destructive du monde végétal a toujours été pour Latourelle l'objet d'un vif intérêt." (p. 207) le botaniste est passionné par la Dionaea Muscipula, la plus dangereuse des plantes carnivores. "Leurs machoires sont comme des mécanismes d'acier, prêts à broyer tout ce qui passe à leur portée." (p. 214-215)
    Ce recueil est délicieux et se dévore à toute allure! La boulimie littéraire, ça existe! Les textes sont très bien écrits, fulgurants et grinçants. À lire Bernard Quirigny, on se dit que l'homme est son propre chasseur et sa propre proie.

    Lien : http://lililectrice.canalblog.com/archives/2010/11/03/19498787.html
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par ballad, le 24 décembre 2011

    ballad
    J'ai beaucoup aimé ce recueil de nouvelles, parfaitement installées de la part de l'auteur Bernard Quiriny. Peu à peu, au fil des récits, il distille des informations un peu comme un journaliste, afin de recréer un monde fictif. Il invente des vies d'auteurs qui n'existent pas, il présente des florilèges d' anecdotes en évoquant des musiciens ou des artistes dont il invente tout, etc. Il fait revenir des personnages. Et c'est ainsi que le lecteur passe sa porte. Collections d'anecdotes, déformations habiles et enjouées de la réalité, belles exploitations du genre fantastique et de l'épouvante, formes d'humour noir, ces récits ne sont jamais anodins, car plusieurs lectures sont permises. La curiosité est stimulée. Une jeune fille qui couve un œuf, un botaniste qui tombe amoureux de ses plantes carnivores, un évêque qui se dédouble, un homme ayant des hallucinations auditives, un journaliste tentant de comprendre la tribu yapou dont le langage joue avec les quiproquos, etc. La nouvelle « Marée Noire » a un côté révélateur de notre fragilité humaine : un écolo se laisse peu à peu influencer par un groupe d'individus fanas du côté esthétique des marées noires. Bref, un très beau recueil qui parle de tout, et un auteur que je relirai très certainement.
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par annie, le 25 mars 2009

    annie
    retour de bibliothèque... lecture en attente...
    ***
    Un tueur engagé pour tuer un enfant diabolique. Un botaniste amoureux de sa plante carnivore. Un homme qui a le don d'entendre tout ce qui se dit de lui. Une femme-orange qui se laisse boire par son amant... La cinquième nouvelle du recueil, intitulée Quiproquopolis, livre la clé de l'ouvrage : le quiproquo, « une chose à la place d'une autre ».
    QUIRINY inverse les rôles, substitue les fonctions et enferre ses personnages dans des jeux de dupes. Les miroirs s'érigent en justiciers conjugaux, et les tribus d'Amazonie plongent les linguistes dans la perplexité.
    Rien n'est aussi simple qu'il aurait du l'être. Les Choses refusent de rester à leur place et de remplir la fonction que la logique et l'habitude leur avaient assignée.
    QUIRINY n'en reste pas là et fait le pas qui, de la substitution, mène à l'Imposture. Ce court recueil fourmille d'artistes imaginaires radicaux. Génies incompris, ils repoussent les limites de leur art jusqu'à l'extrême, c'est-à-dire jusqu'à l'auto-anéantissement. Tel compositeur mythique, dont l'instrument titanesque révolutionne la création sonore, enthousiasme le public avant le crash final. Tel peintre contemporain intègre sa propre désintégration à sa dernière œuvre.
    Ils sont nombreux ces vrai-faux artistes enfin réhabilités : onze écrivains inconnus enfin exhumés, dont l'œuvre et la vie se confondirent en une même recherche radicale. Citons Alphonse Morceau [1855-1940] qui n'écrivait ses nouvelles que sur des supports en rapport avec son intrigue. Ou Benoit Sidonie [1915-1958], ami d'André Breton, qui détruisit ses propres récits pornographiques, si scabreux qu'ils le faisaient lui-même vomir.
    Et puis il y a l'extraordinaire et récurrent Pierre Gould. Leader d'une société secrète d'esthètes fascinés par les marées noires. Collectionneur d'ouvrages rares écrits par des écrivains imaginaires. Auteur lui-même, et notamment du lipogramme le plus contraignant du monde, l'Histoire d'un dormeur dont un extrait, « zzzz, zzzz, zzzz » [1], résume le contenu sur trois cents pages.
    Pierre Gould est drôle, extrêmement cultivé, et pourvu d'un système pileux déconcertant et coloré.
    Le premier recueil de Bernard QUIRINY, L'angoisse de la première phrase [Phébus, 2005], avait été remarqué par les amateurs de fantastique, et déjà on citait BORGES. On y notait l'élégance de la langue, la subtilité du propos, le goût de la citation sûre, la référence littéraire [Marcel AYMÉ, Flann O'BRIEN], et l'assassinat de l'écrivain espagnol Enrique VILA-MATAS, auteur qui a fait de la littérature elle-même son sujet, et parfois le personnage central de ses œuvres.
    Sans rancune, VILA-MATAS ressuscite et signe la préface de ce nouveau recueil, paraphrasant presque son meurtrier : « Je prépare depuis des années une Histoire générale du vide, mais l'angoisse d'en écrire la première phrase me paralyse. » Puis il conte quelques faits d'armes de Pierre Gould, et affirme être l'auteur de L'angoisse de la première phrase. Un prêté pour un rendu.
    Ces jeux littéraires forment la trame du recueil. Et il est nécessaire d'en goûter la saveur pour apprécier l'ensemble. Subtils, malicieux, les Contes carnivores se doivent lire avec circonspection. A passer trop vite sur ces 245 pages, on pourrait avoir le sentiment qu'il ne s'est rien passé là de mémorable. Une galerie d'étrangetés bénignes. Car le jeu de piste n'est pas fléché. Et les références, les récurrences, les boucles littéraires, la mise en abime du propos, ne se perçoivent que si le lecteur fait lui-même l'effort d'y prêter attention.
    source : http://www.cafardcosmique.com/Contes-carnivores-de-Bernard

    Lien : http://mazel-livres.blogspot.com/
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    • Livres 5.00/5
    Par sentinelle, le 14 avril 2009

    sentinelle
    Teintés de surréalisme, de poésie, de fantaisie, d'humour noir et de fantastique, ces Contes carnivores, à l'écriture soignée, se dévorent sans peine tant l'ensemble se révèle plein de malices et de subtilités. Amateurs de fantastique, ces contes insolites peuplés d'étrangetés et de bizarreries ne pourront que vous ravir comme je l'ai été à leur lecture. Un conseil : à déguster lentement pour mieux en savourer toute la finesse et parfois le mordant et la causticité qui s'en dégagent.
    Et ce n'est vraiment pas un hasard si on compare souvent Bernard Quiriny aux grands maîtres de la littérature fantastique, tels que Edgar Allan Poe, Jorge Luis Borges, Julio Cortázar ou encore le belge Thomas Owen. Il m'a d'ailleurs furieusement donné envie de revenir à ces auteurs que je n'ai plus lus depuis trop longtemps !
    Notez bien le nom de Bernard Quiriny, car vous allez certainement encore en entendre parler dans les années à venir. En attendant, je vais tenter de me procurer son premier recueil.

    Lien : http://livresque-sentinelle.over-blog.com/article-30208818.html
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    • Livres 5.00/5
    Par gargamel00, le 26 juillet 2011

    gargamel00
    J'avais déjà tenté à plusieurs reprises de la lecture de recueils de nouvelles, et je commençais à me dire que ce n'était vraiment pas un genre fait pour moi. Dernière tentative avec les Contes carnivores, et je peux désormais annoncer qu'il suffit de tomber sur LE bon. Quel délice! J'avais toujours entendu parler en bien de ce livre (ce qui n'est pas toujours bon signe), et c'est avec impatience que j'attendais sa sortie en version poche. Bernard Quiriny manie la nouvelle avec brio. Ces petites histoires, faciles à lire et surtout très compréhensibles (qualité indispensable pour moi!), les chutes mystérieuses ne m'ont pas laissés ce goût de frustrations que les précédentes nouvelles que j'aie pu lire (à ce jour je tente toujours de trouver un sens au célèbre Horla de Maupassant). Ses histoires ne sont pas plates comme celles, et j'ai presque honte de l'écrire tant j'ai aimé l'attrape-coeur, du recueil de Salinger avec lesquelles je n'ai pas du tout accroché.
    Un véritable coup de coeur qui me donne envie de découvrir les autres oeuvres de Bernard Quiriny!
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Citations et extraits

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  • Par beverycool, le 21 juillet 2009

    Les Yapous sont une société de poètes-nés, qui ont inventé le surréalisme avant l'heure et font des cadavres exquis chaque fois qu'ils ouvrent la bouche. Tandis que nous autres Occidentaux, avec nos contes et nos poèmes, tentons de rendre du mystère à notre monde désenchanté, eux baignent naturellement dans l'invention littéraire - probablement ne s'en rendent-ils d'ailleurs pas compte, puisqu'ils ont toujours vécu comme ça.
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  • Par GribouilleChat, le 16 mai 2009

    "Sur la scène s'étalait un monstre improbable et fabuleux; c'était une sculpture colossale et hétéroclite, composée des matériaux les plus divers - des bois de plusieurs sortes, de la ferraille et des tuyaux en caoutchouc; il y avait deux bassines remplies d'eau claire, des cordes tendues comme sous les voiles d'un galion, des plaques de cuivre disposées en spirale et une batterie d'accessoires tout à fait indescriptible. [...] Près de moi, un confrère se demanda en quels termes il allait pouvoir décrire dans son papier du lendemain le mammouth inerte qui attirait tous les regards" (Seuil, p.120)
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  • Par 270778, le 18 novembre 2010

    Un puissant parfum d'orange envahit la pièce. Parfois, elle avait un geignement langoureux ; je pense qu'elle prenait plaisir à cette mise à nu et que la sensation de sa seconde peau se décollant de la première la transportait.
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  • Par 270778, le 20 novembre 2010

    Les connaisseurs de marées noires n'étaient pas seulement des pervers : c'étaient en fait des amateurs d'obscénités d'un genre spécial, comparables aux érotomanes raffinés qui n'ont de goût que pour les perversions sophistiquées.
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  • Par ballad, le 24 décembre 2011

    « -Mon arbre généalogique est terminé, annonça un jour Pierre Gould.
    -Jusqu’où es-tu remonté ? demanda l’un d’entre nous.
    -Jusqu’à Adam et Eve. Je viens de vous le dire : il est terminé. »
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Vidéo de Bernard Quiriny

Bernard Quiriny, Les assoiffées_ Seuil .
En 1970, la Belgique est le théâtre d?une révolution d?inspiration prétendument féministe, excluant les hommes de toute vie sociale et instituant une dictature d'un nouveau genre. En France cependant, des militants des causes extrêmes considèrent ce petit enfer totalitaire comme un modèle d'égalité. Quelques-uns, parmi les plus convaincus ? d?où se détache la figure drolatique de Pierre-Jean Gould, intellectuel germanopratin ?, seront conviés à un premier voyage officiel dans l'Empire des femmes, dirigé d'une main de fer par les "Bergères", Ingrid et sa fille Judith. Sur place, ils seront "promenés" dans des décors en carton-pâte dressés par les propagandistes du pouvoir. Une farce politico-touristique où le tableau ubuesque d?un régime délirant s?accompagne d?une description cocasse de mondains en liberté surveillée, persuadés de participer à un voyage historique.On suit, en parallèle, sous la forme d?un journal, l?histoire d?Astrid, une sujette anonyme, qui découvre la réalité paranoïaque du pouvoir, les privilèges des apparatchitzas et leurs caprices insensés?Dans ce récit burlesque, qui mêle le sarcasme à la gravité, Bernard Quiriny nous livre une réflexion mordante sur les excès du fanatisme et du pouvoir absolu.Né en 1978 en Belgique, Bernard Quiriny est l?auteur de L?Angoisse de la première phrase (2005) et de Contes carnivores (2008), deux recueils de nouvelles fantastiques couronnés par de nombreux prix, notamment celui de la Vocation, le prix Victor-Rossel et le prix du Style.En librairie le 19 août








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