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Par carre, le 28/04/2012
Daewoo de
François Bon
Ils se rendent pas compte que c'est notre survie, presque.
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Par brigetoun, le 20/12/2009
Tumulte de
François Bon
On passe devant la maison inhabitée, on s'arrête. Des carrés vides, troués. Des écroulements. On ne voudrait pas réparer, on ne voudrait pas s'installer : seulement ça a été habité. C'est une image de comment on installe un relief dans l'espace, des chemins, des fenêtres avec vue, et un toit et une coquille. .... L'inhabité appelle. Comme possibilité, dès qu'ici on vient et regarde, de refaire en soi, où tout est encombré, le même vide, la même ruine peut-être, mais où reconstruire se fera sans passé ?
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Par brigetoun, le 11/03/2010
apprendre l'invention de
François Bon
Les ateliers, pour nous, c’est un peu une écluse avec les forces vives du monde, là où des êtres rendent compte de leur propre intensité. On injecte dans l’inventaire de la langue et des mots des cailloux qui ne lui appartiennent pas d’avance, mais dont elle a besoin en permanence pour répondre à ce qu'on exige d'elle
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Par brigetoun, le 26/01/2011
Après le livre de
François Bon
En général, par exemple, ceux qui vous répondent tant aimer « l’odeur du papier » n’ont pas connaissance des 4 ou 6% de chaux vive en couche fine sur la page qu’ils respirent, pour la rendre hydrofuge et économiser sur les micro-gouttelettes du jet d’encre. Ni d’ailleurs que cette odeur est plutôt celle de la colle et de l’encre que celle du papier (résidus de tri sélectif blanchis à l’acide puis agglomérés en mélasse colorée pour casser le blanc et ne pas se déchirer dans le nouveau roulage), et surtout éviter en ce cas de les informer des différents composants chimiques inhalés dans cette odeur d’encre, c’est à vous qu’ils en voudraient et non pas à la chimie.
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Par brigetoun, le 15/02/2011
Prison de
François Bon
Par la fenêtre, puisqu’on est à l’angle rentrant de deux blocs, les alignements vis-à-vis de cellules en premier étage et rez-de-chaussée s’élargissant jusqu’au grand grillage de la cour de promenade où ils jouent au foot, les gars collés aux barreaux noirs, accroupis par terre devant leur chiotte pour se crier d’un mur à l’autre ou d’un étage à celui du dessous, parmi les serviettes à pendre et les chaussettes qui sèchent, les fenêtres ouvertes donc et des mains et des jambes qui dépassent des barreaux noirs, se retournant Hurlin entré avec son pull de laine informe et ses cheveux trop longs sur son visage tout en os et surtout ses lunettes : la monture cassée d’un côté depuis ma garde-à-vue il avait dit et donc tout ça en équilibre précaire, lui une main aux lunettes pour vous parler, myope et parlant de trop près, puis bougeant, reparti vers la fenêtre, sa haute silhouette le dos un peu cassé et revenant, il s’agissait que je veuille bien lui ramener un paquet de tabac à rouler, moi non, pas le droit, et l’instituteur avec son accent des montagnes grognant gentiment que la veille il lui en avait déjà donné au moins pour quatre fois, lui offrant pourtant une nouvelle fois de sa blague, Hurlin racontant un bobard pour en ramasser dans ses doigts un peu plus que demandé, rituel ordinaire de nos séances avant de s’asseoir pour de vrai et qu’on commence.
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Par chartel, le 21/12/2007
Quoi faire de son chien mort ? : Et autres textes courts pour la scène de
François Bon
Pauvre amie, les morts
Tous nous hantent et nous bercent, tragédienne, quand en avant on marche et se porte, c'est eux qui dans leur bras nous ont pris et nous lancent,
On ouvre le bec on a ses mots appris par coeur et voilà
Que c'est eux les morts qui dans notre bouche parlent et les mots vous les volent:
Liste qu'on a chacun de morts,
Et mon père et la mère...
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Par brigetoun, le 02/12/2009
en voiture de
François Bon
En 1925 il revient au village avec sa Bretonne d’épousée et le bébé de six mois, pend un garage au tailleur de pierre, et devient motoriste
(...) …le garagiste est l’homme-voiture dans toutes ses déclinaisons……. Il est taxi, non pas qu’on ait beaucoup besoin de taxi, sauf lorsqu’on le frète à plusieurs pour aller consulter les guérisseurs les plus célèbres, le rebouteux de Feliveau ou la dormeuse de Chaix. Chez la dormeuse, le chauffeur se rend à la cuisine, on lui sert un verre de vin rouge. Il est ambulancier, il a aménagé sa Traction pour installer un brancard à la place des sièges arrières…. Et continuité du service de l’ambulance au service des morts : pour simplifier les procédures administratives, le décès est déclaré au domicile, on convoque le grand-père pour ramener de Luçon les morts directement sur les brancards. A la maison on en plaisante, puisque le mort est censé être vivant on réinvente la conversation que l’on a avec lui…
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Par brigetoun, le 15/02/2011
Prison de
François Bon
Ce texte-ci lui l’avait dicté puisqu’à ce que je demandais il restait sur sa feuille blanche, on se voyait pour la première fois et ce qu’il avait dicté c’était encore non pas des mots qui s’accumuleraient pour un texte mais ceux qui auraient dû rester en amont, dire l’obstacle, prétendaient seulement que ça ne valait pas d’être dit et c’est cela pourtant que je notais, disant même qu’un livre aussi peut s’écrire comme ça, sur ce qu’on n’arrive pas à dire ou qu’on ne veut pas dire, accumuler en amont, retenir parce qu’il n’y a pas droit à plus comme je ne prétendrai pas à autre droit que reprendre ici ces seuls mots parce qu’ils restent sans doute le partage possible et que si je viole pas ici ce droit (ces mots sont à lui, que je ne nomme pas, parce qu’aucun nom ne colle sauf celui qu’on porte et qui nous fait) rien ne se fera de ce partage possible et non pas pour un besoin affectif de ce partage mais pour le malaise où il nous met
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Par brigetoun, le 11/03/2010
apprendre l'invention de
François Bon
Les enseignants savent de plus en plus nombreux que poser l’écriture comme pratique et comme expérience, et non pas comme objet extérieur dont il faudrait se saisir des codes parce qu’ils sont les codes du dominant, du diplôme et du curriculum vitae, c’est permettre de réintroduire le poète dans son rôle de celui qui va en avant
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Par lanard, le 31/03/2012
Le Solitaire de
François Bon
Qu'une écriture se ferait comme on grave une plaque, et aurait dès le départ son cadre de matière lentement fabriquée, pain carré sorti de fusion puis élongé au laminoir enfin roulé et puis la découpe et le polissage, la matière même extraite loin à ciel ouvert de la peau même de la vieille terre et sa croûte par des machines jaunes enfin concassées puis fondue et purifiées, l'écriture est un cuivre -
Comme sur les navires la matière noble et dans la main très lourde du bronze obtenu par alliage -
L'écriture serait placer devant soi le métal et y plonger les doigts, y faire trace avec les ongles ou bien seul souffle des syllabes dans le monde interne de sous la coque d'os silencieusement vocalisée et une à une l'une sur l'autre frottées comme on arrache ou qu'on éprouve une dernière résistance et c'est ce jeu seulement qui sur le métal devant soi brillant ferait lentement disposition et image -
Et la disposition même devenant élément principal de ce qu'on cherche sous les os du crâne pour le rythme tombe en phase, et l'image serait fugace puisque n'ayant pour les morts ni stylet ni burin et rien que cette vocalisation sourde et qu'on n'oserait pas même chuchoter, un assourdissement dans le silence et le pur rapport de solitude dans l'instant, face au métal blanc et l'image qui lentement se fait et qu'on ne saurait pas retenir -
Qu'on ne saurait pas retenir hors en continuer profération lente, éprouver en soi le non maîtrisé et l'obscur de ce à quoi cette image précisément s'attache et la rend obligatoire,nous dépossède de tout sens et dans la cage d'os même, on marche sans rambarde -
Alors la profération des mots dans l'égalité une instant du travail sur la plaque - un trait noir sur une immensité de blanc et la totalité même finie des traits noirs, là où se fabrique l'ombre la plus dense par le plus serré rapporté géométrique des traits, encore un tissu d'enfoncements noirs incapable de vaincre le blanc et tout ce qu'il y a à dire du monde au plus près -
L'incapacité même de mettre un point ou inscrire un arrêt, tenir par les tirets la seule lancée qui soit épouser du métal le cadre et la surface pour y tenir les formes, chercher encore l'alliance -
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