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Citations de Guillaume Le Touze (3)


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  • Par Petitebijou, le 08/05/2012

    Comme ton père - Prix Renaudot 1994 de Guillaume Le Touze

    Ce matin, dans la chambre, j'ai trouvé une pile de livres, sûrement des ouvrages qu'il a imprimés et reliés ici, dans le vieil atelier qu'il a remis en état en arrivant. J'ai pleuré en serrant sous mes doigts le creux qu'avaient laissé les caractères de plomb sur le papier bouffant. Cette typographie, cette reliure pleine toile, c'était l'oeuvre de mon père. J'avais enfin des raisons de l'admirer, mais pas comme un fils, il est trop tard pour ça. C'est en sentant mes côtes saillir sous mes doigts maigres que j'ai compris en quoi mon affection pour lui était celle d'une mère. Il s'est reconstruit de fond en comble, ces dernières années, au rythme de ma décomposition. Au fur et à mesure que mon père grandit, mes forces m'abandonnent. Nous avons réussi l'inversion parfaite.

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  • Par Petitebijou, le 27/04/2011

    Attraction de Guillaume Le Touze

    Irène lui prend la main et la serre fort, mais dans son dos, elle entend des sanglots. Martine s'est effondrée dans un fauteuil et elle s'excuse déjà de se laisser aller comme ça. Irène se place derrière Sidonie et la serre dans ses bras. Elles ne font plus qu'un seul corps sans qu'un seul mot soit échangé entre elles. Depuis qu'Irène est entrée dans la pièce, tout est revenu, la moindre nuance dans le regard de Sidonie a un sens qu'elle seule peut percevoir. La jeune fille a enfin trouvé quelque chose qui lui donne indéniablement un ascendant sur sa mère. Elle peut triompher, sa victoire est éclatante. Ses yeux recèlent une violence tranquille et déterminée, elle est enfin légitime dans cette maison.

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  • Par Petitebijou, le 08/05/2011

    Seule au monde de Guillaume Le Touze

    Laurent est à cinquante centimètres devant moi et je vois son dos monter et descendre au rythme de ses pas. Il a cette façon incroyable de dérouler ses longues jambes en marchant, ce qui fait onduler l'ensemble de son corps. Je ne quitte pas ses épaules des yeux, je les fixe jusqu'à en oublier le paysage magnifique qui m'entoure et l'odeur de garrigue. Pourtant, mes narines me rappellent brusquement à l'ordre. Une senteur délicieuse et nouvelle m'envahit. Ce n'est ni celle des cyprès, ni celle des chênes verts ou du romarin, et je finis par comprendre d'où elle provient. Laurent dégage un parfum envoûtant. Il ne s'agit pas d'une eau de toilette comme j'ai pu sentir sur Mathieu. Je pense que Laurent n'en met pas. Non, ce doit être l'odeur de sa peau ; ce parfum sucré comme la vanille et cet effluve de miel pimenté, peut-être est-ce sa transpiration ? Et, en un instant, l'évidence s'impose : c'est une odeur d'homme, Hier encore, on m'aurait demandé de définir ces mots, j'aurais été en panne. Je ne sais même pas si j'aurais pensé à l'eau de toilette de Mathieu. Mais aujourd'hui, il me semble que je cours après ce parfum depuis des années. Laurent marche devant moi, il a mon âge et il sent l'homme.

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