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ISBN : 2070421961
Éditeur : Gallimard (2002)

Note moyenne : 4.09/5 (sur 325 notes)
Résumé :
Les demeurées, ce sont une idiote du village et sa fille, fruit d'un contact éphémère avec un ivrogne de passage. Entre ces deux êtres d'infortune, nulle parole. Leur amour est silencieux, bâti sur leur seule présence l'une à l'autre. Leur vie recluse, solitaire, doit cependant prendre fin lorsque la petite Luce prend le chemin de l'école. Là, le monde l'attend et mademoiselle Solange, l'institutrice, est décidée à rompre l'ignorance, à faire jaillir les mots. La Va... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (78) Voir plus Ajouter une critique
marina53
marina5315 avril 2013
  • Livres 4.00/5
La Varienne est une demeurée, une abrutie, se plaisent à dire les habitants du village. Habitant seule dans une maison isolée, de tout et de tous, elle s'est enfermée dans un profond silence, n'ayant que pour seule compagnie sa fille, Luce, son trésor le plus précieux. Elles ont construit leur vie en mode autarcie, ne se déplaçant guère et ne parlant à personne. Elles s'aiment très fort malgré le silence qui les entoure, ne se parlant même pas entre elles. Elles mènent une vie figée et laissent aux autres l'adage selon lequel les demeurés font des demeurés, car Luce ne sait ni lire ni écrire.
Leur quotidien va se trouver bouleversé le jour où Mademoiselle Solange, l'institutrice du village, va vouloir scolariser la petite Luce. La Varienne n'a d'autre choix que de laisser l'enfant partir vers l'inconnu et leur cocon familial va se briser. Car, c'est toute la vie des ces deux femmes qui va changer. Passionnée par son métier, Mademoiselle Solange va tenter d'enseigner la lecture et l'écriture à Luce. Mais, la petite fille est-elle réellement prête à s'ouvrir aux autres? le travail acharné de l'institutrice va-t-il porter ses fruits? Et à quel prix?
Tombée un peu par hasard sur ce livre dont seule l'auteure ne m'était pas inconnue, j'ai été charmée par La Varienne et la petite Luce. Deux êtres inséparables, presque fusionnels, que Solange tentera d'ouvrir au monde. Un récit ramassé dont la profondeur n'a d'égal que l'humanité qui s'en dégage. C'est réellement une histoire poignante et bouleversante que nous raconte Jeanne Benameur. Toute l'intensité de ce roman se retrouve dans les non-dits et le silence qui entoure les deux femmes.
L'auteur pose un regard sur les limites de l'enseignement et la passion dévorante de certains professeurs pour leur métier, leur soif de faire partager leur savoir.
Un roman empli d'émotion, de sensibilité, d'amour et d'humanité.

Les Demeurées … ou la voix du silence..
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palamede
palamede11 mai 2016
  • Livres 4.00/5
Entre elles, pas de mots, les gestes du quotidien suffisent à combler leurs besoins et dire leur attachement.
Elles sont mère et fille.
Elles s'appellent La Varienne et Luce, au village on les dit demeurées.
L'institutrice a décidé que Luce devait apprendre.
La petite fille quitte tous les jours sa maison pour l'école. Mais malgré les efforts de la maîtresse, elle transporte son silence dans la classe et n'apprend pas.
Comme on ne fait pas le bien des gens malgré eux, en voulant changer Luce, l'institutrice engendre déséquilibre et malheur.
La différence n’exclut pas l’amour, il est préférable d’accepter l’autre tel qu’il est, ne pas chercher à réformer ce qui ne peut l’être, c’est ce que nous suggère cette très belle œuvre poétique et émouvante, un message essentiel sur la reconnaissance de l’autre dans sa diversité.
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Annette55
Annette5520 décembre 2013
  • Livres 5.00/5
Je viens de refermer ce petit livre( 84 pages) bouleversant.
L'auteur,à l'aide d'une écriture poétique,chaque mot est ciselé,on a envie de
transcrire la moitié de l'ouvrage en citations tellement l'art de l'écriture est poussé
à son paroxysme.
La Varienne, une femme dite (simple ) .engrossée par un homme ivre,employée chez des riches voisins a eu une petite fille:Luce.
Elles vivent soudées, dans leur petite maison,à l'écart,.
La Varienne ,s'occupe de sa fille ,à sa manière ,aimante mais fort silencieuse.
Elles s'aiment,Elles se suffisent.
Mais vient le temps de l'école.
L'institutrice ,bonne et animée de passion pédagogique va tout tenter pour intéresser la petite fille à l'écriture et à la lecture.
Elle va se heurter à un mur lorsqu'il s'agira d'apprendre à lire à Luce.
Celle- ci refusera de revenir à l'école ,elle tombera malade......
Mademoiselle Solange ne le supporte pas, se noie dans la dépression,jusqu'à sa mort ( accidentelle).
Ce petit récit est d'une grande intensité émotionnelle ,d'une beauté inestimable,d'une intelligence rare....
Je l'ai lu d'une traite,( connu grâce à babelio).
il y a longtemps que je n'avais ressenti une telle émotion.
Les phrases sont courtes, enlevées,poétiques,comme une caresse,
Ce livre est sublime,vive la lecture qui procure de telles joies!!!!!
Lisez - le.
Je n'ai pas trouvé de mots assez forts pour le décrire.

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trust_me
trust_me06 décembre 2012
  • Livres 5.00/5
On m'avait dit : « Lis ça, tu vas adorer ! » On m'avait dit : « Il faut le lire d'une traite, en apnée. »Par contre on ne m'avait pas dit à quel point ce tout petit texte est bouleversant. On ne m'avait pas dit qu'il allait me prendre aux tripes. C'est toute la littérature que j'aime. Une écriture minuscule, faite de phrases courtes, ciselées et imparables. Tout est gratté jusqu'à l'os, pas un mot de trop. le genre d'ouvrage qui me conforte dans l'idée qu'il n'y a pas de plus belle activité que la lecture.
Simplement sublime.
Lien : http://litterature-a-blog.bl..
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Eve-Yeshe
Eve-Yeshe19 juillet 2015
  • Livres 5.00/5
Ce roman est bouleversant à tous points de vue. On voit évoluer Luce et sa mère, dans un univers à part, où tout est vécu à un rythme particulier comme au ralenti. Au début, on a l'impression que la Varienne est dure, car elle n'exprime pas sa tendresse, son amour pour sa fille par des mots. Ici, tout est en nuance, la communication est presque tactile, et on en ressent la force dans l'écriture de Jeanne Benameur. L'essentiel est dit, vécu, c'est palpable pour le lecteur. Il y a une sorte d'osmose entre elles.
On commence à le sentir lors du premier jour d'école, la première séparation de ce couple mère-fille qui va se trouver modifié par ce changement important.
Il y a aussi les autres : les autres enfants, les autres adultes, qui pensent que si la mère est « demeurée », la fille l'est forcément. Mais la mère, elle, sait que sa fille a cette lumière dans l'oeil, qu'elle-même n'a pas, que l'intelligence est là, la curiosité. Mas comment transmettre ce que l'on ignore, parler quand on ne sait pas, quand le ressenti est tellement plus fort que les mots.
En voulant transmettre à tout prix, l'institutrice, Mademoiselle Yolande va rompre un équilibre et la petite fille tombera malade. La mère et la fille se nourrissent l'une de l'autre, chacune ressent dans sa chair, ce qui tourmente l'autre. Peu à peu, Luce va trouver elle-même le chemin, et de façon magistrale.
Jeanne Benameur nous fait un récit flamboyant, tout en nuance, ciselé, elle joue avec les mots, comme d'un instrument de musique, et nous fait explorer tout ce que l'on peut associer au mot « demeurée », attardée mentale, mais aussi demeurer dans l'instant présent, où demeure-t-on ?
Son écriture enchante, tant elle est belle, tant les mots sont précis, forts, tant elle fait irradier l'amour dans une situation difficile. Elle parle une langue nouvelle, remaniée et pousse la réflexion vers ce qu'est l'intelligence, et où sont les limites de l'apprentissage pour la développer, pour aller vers l'intelligence du coeur. Chaque mot est important. du travail d'orfèvre. J'aime les auteurs qui manient ainsi la langue, qui se la réapproprie presque. J'ai eu envie de recopier des phrases entières, (et presque tout le livre…)
C'est un récit court, à peine 84 pages, mais d'une telle intensité que j'en suis restée figée, ébahie, et avec une sensation de plénitude, comme si l'on avait mise sous perfusion, chaque mot fait son chemin … un titre vient à l'esprit tandis que j'écris : « Les nourritures terrestres » de Gide. Jeanne Benameur m'a nourrie affectivement, littérairement aussi.
C'est le deuxième roman de Jeanne Benameur que je lis (je l'ai découverte avec « Profanes » qui a également laissé une empreinte particulière en moi). Et c'est un nouveau coup de foudre. Je vais suivre cette auteure de très près et essayer de lire tous ses textes. J'ai hâte de retrouver sa petite musique. Et bien entendu: coup de coeur.
Note : 9,5/10
Lien : http://eveyeshe.canalblog.co..
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Citations & extraits (54) Voir plus Ajouter une citation
araucariaaraucaria18 mai 2013
Dans la cour de l'école, la petite reste seule. Ce que vivent les autres filles ne l'intéresse pas. Elles se parlent, chuchotent, jacassent, crient parfois, des sons aigus qui font se tourner son visage, d'un seul coup.
Elle, ne crie jamais.
Dans la poche de son tablier, elle serre l'unique objet qui la relie au monde des murs grisés, luisants, de la vapeur des légumes bouillis. Lisse, bombée, sa toute petite dent.
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lauredanselauredanse03 avril 2013
Aujourd’hui, les mots sont là, dans sa tête à elle. Ça ne fait pas de bruit. Sous ses doigts, à chaque lettre qui se dessine, les mots arrivent. Luce lève les yeux, guette. Sa Varienne va dans la maison, lourde et tranquille. Les mots dans la tête de Luce sont silencieux. Ils ne s’échappent pas. Ils vient tout seuls,ne font pas mal. Luce s’étonne du secret. C’est tout un monde qui respire sans apparaître. C’est à elle, rien qu’à elle. Une grande chaleur peu à peu envahit tout son corps. C’est à elle, à l’intérieur d’elle et personne, personne ne peut y toucher. La joie qui l’envahit en silence ne peut pas se mesurer. Elle y est toutes, ne sait pas pourquoi. Luce continue sa lente progression dans l’alphabet. Elle est seule, heureuse.
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YukoYuko04 mai 2012
Comment faire désormais ?
Elle voudrait parler à quelqu'un.
Devant elle, le secret tissé entre deux êtres.
La Varienne et sa petite Luce peuvent se passer de tout. Même de nom.
Le savoir ne les intéresse pas. Elles vivent une connaissance que personne ne peut approcher.
Qui était-elle, elle, pour pouvoir toucher une telle merveille ?
Comme elle a été naïve de croire qu'elle pouvait apporter à un être quelque chose de plus !
La petite est comblée. De tout temps comblée et si elle l'ignorait, en la faisant venir ici, dans cette école, elle le lui a appris. C'est la seule chose qu'elle lui ait enseignée sans le savoir : une douleur et un bonheur intense. Savoir qu'on manque à quelqu'un, que quelqu'un nous manque.
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lula00lula0027 janvier 2016
J'ai aimé ce court roman et pourtant j'ai dû interrompre sa lecture vers la page 44 car comme Luce, je venais à étouffer. Jeanne Benameur réussit le tour de force de parler de la place de ceux à qui les mots manquent. La première partie du livre est une écriture du corps. Elle permet au lecteur de rentrer dans la relation fusionnelle et ô combien étouffante entre la Varienne et Luce, sa petite. A travers le récit de détails minuscules de la vie de cette enfant et de sa mère, on perçoit ce que fait le manque de mots chez un être humain et comment cela perturbe la relation aux autres mais aussi à soi-même.Dans ma seconde plongée dans le roman, c'est-à-dire de la page 44 à la fin, on remonte tout comme Luce à la surface, l'air devient respirable car les mots font leurs chemins sur des fils de couleurs et dans la tête de la petite.
J'ai aimé ce livre parce que j'ai fait un bout de chemin avec la Varienne et Luce même s'il n'a pas été de tout repos, un peu comme Solange qui elle y a laissé sa santé et puis sa vie.
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Annette55Annette5520 décembre 2013
il y a dans le monde des amours qui ne reflétent rien,des amours opaques,
Jamais l'abandon ne trouverait de mots pour guider leur cœur.
Derrière leurs paupières closes,leurs yeux sont grands ouverts,ne cherchent
Rien.
Ni route ni chemin ne parviennent jusqu'á elles,.
Elles sont égarées dans le présent du grand lit,immobiles.
Aucune image,aucune pensée,ne les mène jusqu'â demain.
Tout entières prèsentes,comme tombées de si haut que leur poids s'est multiplié
Jusqu'au vertige.
Trop lourdes pour la vie.Abruties,demeurées dans la nuit.
Le matin les capture,encore pesantes,à peine réchauffées
Elles pourraient s'enfuir si elles savaient.Elles restent,collées au jour.
La petite repartira pour l'école.
Plus rien dans la maison ne va tenir sa place.
il faudrait hurler,jeter le cartable,brûler le cahier,il faudrait.......
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Entretien Jeanne Benameur et Laurent Vidal
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