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Le chien de mao de
Lucien Bodard
Et puis le temps ne s’use plus. Il n’a pas de relief. Il est durée insipide, stagnation infinie, marécage sur lequel Jiang Qing flotte comme privée de sens. Sait-on encore si elle existe, si elle vit ? Elle-même, malgré les battements de son cœur, l’ignore. Elle gît hébétée dans la grande flasquerie, dans l’oubli de ce qu’elle est
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Par lecassin, le 20/12/2011
Anne Marie de
Lucien Bodard
J’appréhende la France maintenant que je vais l'aborder, la connaître, poser mon pied sur elle. France tant aimée, tant exaltée par mon père et les messieurs blancs, même les missionnaires à grandes barbes. France inconnue dont on m'a empli le cœur, patrie douce, magnifique, merveille jusqu'alors trop lointaine, mère du monde, berceau des Arts et des Lettres, beauté de la grandeur guerrière, songe d'orgueil.
Terra incognita...
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Par Zebra, le 21/07/2012
Les Grandes Murailles de
Lucien Bodard
[...] Enfin les armées de Hong atteignent le lac Dongting, cette nappe immense, glauque, purulente d'activités et de prospérités qui sert de réservoir et de poumon au Fleuve Bleu. Autant de proies pour les insurgés. Brasiers, bénédictions, charniers. Les Taiping s'emparent de milliers de jonques et de sampans [...]. Que l'Empereur de Pékin tremble, ses jours sont comptés. Hong se proclame le Souverain des Dix Mille Ans. [...]. Les fructueux négoces, l'entrepôt des marchandises suprêmes, la soie et le thé, tout tombe très vite aux mains de Hong et des Princes. [...]. Les murailles [...] sont défendues par dix mille guerriers mandchous particulièrement fameux, ceux que l'on appelait les Tigres. Mais devant la marée humaine qui approche, même eux ont le foie qui se ronge. [...] Scènes habituelles, les mandchous égorgés, leurs femmes fracassant les enfants contre les murs avant de se jeter dans des puits. Cinquante mille morts au moins. [...]
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Par lecassin, le 20/12/2011
Monsieur Le Consul de
Lucien Bodard
L’Indochine, c'est une machine qui leur appartient, une mécanique de précision dont il ne faut pas desserrer une seul vis. Un chef d’œuvre, croient-ils grâce à leur belle administration sans faille : un indic sur dix habitants, un flic sur cent, par-ci par-là, un mandarin à leur botte...
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La Vallée des roses de
Lucien Bodard
Yi n'est qu'une jeune fille de la bonne noblesse mandchoue, dont le père, chef d'une des Bannières, est mort prématurément Il laisse une veuve pauvre et chargée d'enfants... Toute petite fille, Yi joue dans la rue, la rue de l'Etain, près de la Cité Interdite, avec un garçon de son âge, de bonne naissance aussi, nommé Jung-Iu. Ils se saluent déjà cérémonieusement d'après les règles de l'étiquette. A peine nubile, Yi est cloîtrée à la maison par sa vénérable mère, selon la coutume, pour qu'elle apprenne les trois devoirs et les quatre vertus : la douceur, la modestie, la retenue, l'obéissance. On lui enseigne à filer, à coudre, à dévider la soie, à tisser le chanvre; et aussi comment verser le vin et préparer les offrandes pour les cérémonies aux ancêtres. Ainsi grandit-elle dans le respect des qualités traditionnelles et fondamentales, et dans l'apprentissage des rites innombrables et compliqués de la politesse humble réservée aux filles. La seule étrangeté de Yi à cette époque, en cette société mandchoue fort peu lettrée, c'est d'avoir appris elle-même au moins dix mille caractères pour déchiffrer les philosophes, les sages, leurs œuvres et surtout les Quatre Livres Sacrés. Comme si, au lieu de rester une femme promise à une existence humble et soumise d'épouse, elle se préparait, sans le savoir, à quelque rôle superbe. Chimères...
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Les dix mille marches de
Lucien Bodard
Aujourd’hui, mystérieusement, tous savent où est la menace : elle a pour nom Jiang Qing, la tueuse qui risque d’être tuée et qui, dans sa disgrâce, peut entraîner avec elle les naïfs, les complaisants, les jobards. Son contact est urticant, la prudence commande de s’éloigner de cette Jiang Qing, la traqueuse de criminels, qui serait elle-même une criminelle, et de l’espèce la pire, celle qui ne se repent pas, celle qui se pavane dans ses fautes et essaie d’attirer dans son sillage nauséabond des innocents qui, rien qu’à la regarder, rien qu’à l’écouter, se rendent coupables de complicité. On se détourne donc d’elle, d’abord avec précaution – sa félonie n’est pas encore proclamée, il convient peut-être de ménager cette femme…
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Les dix mille marches de
Lucien Bodard
L’amour est un luxe qui se paie.
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Par lecassin, le 20/12/2011
Monsieur Le Consul de
Lucien Bodard
La jeune femme, ses grands cheveux noirs sur son front ovale, un sourire énigmatique sur le visage, regarde l'entrée des gorges : une sorte de trou. Son mari se tient à côté d'elle, circonspect, digne, net, briqué, la moustache bien brossée et la raie bien faite, disant les mots qu'il faut : "N'ayez pas peur, Mimi." La jonque craque. Le timonier chinois est accroché à sa barre comme un supplicié. Tout autour les eaux tourbillonnent.
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Le chien de mao de
Lucien Bodard
Elle est un joyau couvert de joyaux, sa garde-robe est fabuleuse, elle court les grands couturiers de l’univers et ses petits pieds ont besoin de centaines de chaussures. Son mari est béat, il ne gouverne que pour satisfaire ses désirs et ses caprices. Elle a une cour, des favoris, elle fait tomber des têtes. Elle est la garce au pouvoir, fardée, rieuse, amusante, terrifiante. La « Rose Carnivore ».
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Le chien de mao de
Lucien Bodard
Séduire n’était pas assez, le meilleur venait ensuite : c’était de faire ramper, d’abattre, que l’amant vous lèche de la langue et du cœur, qu’on le trompe et qu’il le sache, qu’il le voie, qu’on l’amène au bord du suicide, pas plus pas moins.