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Par Malaura, aujourd'hui
Claustria
de
Régis Jauffret
Il y a certains livres qu’on prend autant de plaisir à lire qu’à refermer la dernière page lue, que l’on clôt avec un soupir d’aise parce qu’ils sont géniaux et un soupir de soulagement parce qu’ils nous submergent. Certains livres que l’on voudrait entourer de hauts murs comme une demeure où d’abominables crimes auraient été commis, que l’on voudrait calfeutrer par une montagne de belles pensées.
Parce qu’ils ne sont pas uniquement des romans, parce qu’ils s’inspirent de la réalité, de la « vraie » vie, de celle qu’on ne voit plus en rose, de celle qui se joue à guichet fermé dans le secret des familles, dans la confidentialité d’un intérieur coquet, avec des acteurs tout ce qu’il y a de plus ordinaires mais qui se révèlent de véritables monstres. Parce qu’ils nous chamboulent, nous retournent, nous révoltent, nous laissent un profond sentiment d’impuissance et une piètre opinion du genre humain.
Après l’affaire Natacha Kampusch, l’Autriche a vu un autre cas sordide entacher sa réputation de belle patrie où hélas le beau Danube bleu n’est pas seul à couler !
L’histoire est récente ; tout le monde a entendu parler de Josef Fritzl, le père qui a séquestré sa fille pendant 24 ans dans la cave de la maison familiale, abusant d’elle, la brutalisant et au final lui faisant sept enfants ; l’un, bébé quasi mort-né fut brûlé dans la chaudière, trois furent remontés à la surface et trois grandirent avec leur mère dans les entrailles de la terre jusqu’à leur libération en Avril 2008. Josef Fritzl, petit ingénieur-électricien terne et sans histoire mais tyran domestique, cruel, pervers, incestueux, abominable, a été condamné à la prison à vie mais laisse derrière lui les traces ineffaçables de 24 années de claustration et d’esclavage.
Régis Jauffret s’est emparé du fait-divers pour écrire ce « Claustria » qui percute et qui malmène, qui bouleverse et qui secoue, qui captive autant qu’il révulse. Avec un art consommé de la narration, de l’image et de l’empathie, l’auteur de « Microfictions » ou de « Sévère », nous ouvre les portes de l’enfer, soulève les trappes d’un pandémonium de 50 mètres carré pour nous projeter au cœur de l’inqualifiable. « J’arrive à m’imaginer assassiné, mutilé, torturé ; Je n’arrive pas à m’imaginer 24 années dans un trou. Essayez, vous n’y arriverez pas non plus. Vous parviendrez à une semaine, peut-être quatre. La nuit suivante vous aurez peur de vous endormir. »
Après plusieurs mois d’investigation l’auteur a tenté d’imaginer comment les protagonistes de cette triste histoire ont réussi à survivre à l’enfermement d’une cave transformé en studette de l’horreur, avec pour seul horizon le mur d’en face, pour seul ciel le plafond à lattes, pour seul amant leur propre père, pour seule perspective d’avenir la menace de mourir gazés s’ils la ramenaient un peu trop.
Miracle des métaphores et du génie littéraire d’arriver, comme le fait Jauffret, à faire jaillir au cœur du sordide des fulgurances de bonheur, ces petits éclats de joies que l’esprit humain conçoit même en enfer, même dans l’abîme, même au fond du gouffre, puisant dans d’infimes satisfactions de quoi tenir bon, encore et encore ! Minuscules lueurs d’espérance dans le noir absolu permettant à un quart de siècle de viols, de brutalités et de vie souterraine, de s’écouler aux gouttes à gouttes comme en perfusion, mais de s’écouler malgré tout.
Mais il y a aussi les jours où la raison, striée des étoiles filantes de la démence, s’emballe et déraille quand la machine à douleur se fait insupportable, que l’oxygène manque dans le bocal à poisson sans aération, que les périodes de famine affaiblissent les corps et que les attentes du Dieu nourricier Fritzl se font trop longues.
Une humanité récréée avec d’autres normes, d’autres règles, selon les lois amorales et perverses d’un démiurge démoniaque, revendiquant une famille sans aucune goutte de sang mêlé !
Au-delà de la répugnance que nous inspire ce père immonde, certains comportements collectifs ou individuels nous laissent un goût amer : la mère, dont la peur de son mari et la haine ressentie envers sa fille ont muré dans une complicité abjecte ; les voisins et locataires, dont on ne peut que s’interroger face à la surdité et à la complaisance à l’ignorance; les mentalités arriérées de cette Basse-Autriche (tant égratignée par Thomas Bernhard) pour qui l’inceste est une peccadille et la famille un fief où le père vit en seigneur tout puissant ; et que dire de cette volonté pathétique et écœurante de l’Etat à toujours vouloir arrondir les angles pour ne pas abîmer davantage une image d’Epinal déjà bien écornée…
En évitant l’écueil du voyeurisme et dans un style puissant et percutant, Régis Jauffret réussit, dans ce texte brillant d’analyse et de sensibilité, à nous faire partager un peu de l’existence du « petit peuple de la cave ». Bienvenue en enfer...
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Par Desmaze, le 29/01/2012
Claustria
de
Régis Jauffret
Il fallait l'audace et la puissance de Régis Jauffret pour se confronter à la vie de Josef Fritzl, ce père de famille autrichien qui a séquestré sa fille pendant 24 ans et lui a fait 7 enfants dans la cave du sous-sol de sa maison.
L'histoire est sordide et le roman aurait pu sombrer dans le voyeurisme glauque; c'est le tour de force de Jauffret et de son style limpide de se tenir toujours à la bonne distance, de tenter d'imaginer l'inimaginable, le quotidien de 24 ans de réclusion sous l'autorité de ce père tyrannique et monstrueux, mais un père quand même, d'envisager malgré tout des moments de bonheur et de partage familial.
Faire entendre l'indicible avec autant de justesse et de retenue est sans aucun doute la marque d'un immense écrivain et Jauffret confirme qu'il est de cette trempe.
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Par Bunee, le 14/09/2008
Microfictions
de
Régis Jauffret
Monstrueux, ce bouquin collecte pas moins de 500 nouvelles.
En fait, non: ce ne sont pas des nouvelles à proprement parler, mais plutôt des instantanés, des clichés de vie... Des bribes de monologues qui s'adressent à vous, témoin imperturbable.
Une multitude de personnages qui se racontent, des rencontres fugaces dans la foule: ivrognes, journalistes sans morale, vieillards à la dérive, pédophiles, enfants ingrats, etc. Très souvent on traverse des déserts affectifs, des turpitudes sexuelles et éthyliques ... Le tout étant parfois nettement imprégné d'absurdité.
Cette lecture ressemble plus à une plongée dans les bas fonds de l'âme humaine qu'à une ballade humaniste. Au début c'était très bien, mais sur 500 vignettes, il est difficile d'éviter les redondances ... Qui, pour le coup, foisonnent.
Les clichés deviennent finalement semblables les uns aux autres; et au lieu d'explorer la psyché d'une foule éclectique, on a l'impression de se retrouver face à une armée de clones vaguement maladroits :)
Autant vous dire que ça m'a vite paru longuet...
http://lelabo.blogspot.com/2008/09/rgis-jauffret-microfictions.html
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Par Alienor, le 03/02/2009
Microfictions
de
Régis Jauffret
Voici un livre qui a été encensé par les critiques, qui a déjà été couronné d'un prix, et dont je vais pourtant faire ici une critique négative.
Certes il est remarquablement écrit et ces chroniques en deux pages font preuve d'une grande maîtrise.
Mais 1000 pages de portraits d'hommes et de femmes les plus noirs que l'on puisse trouver parmi l'espèce humaine, c'est beaucoup ! En tout cas trop pour moi.
Parents incestueux, pédophiles, assassins… et j'en passe.
J'avoue avoir du mal à comprendre l'intérêt de cet ouvrage, son sens même.
Et je ne vois pas comment l'auteur a pu en écrire autant sans en avoir lui-même la nausée. Je me suis même demandée s'il avait pu sortir indemne de cette écriture. A plusieurs reprises il se cite dans ces courts écrits, allant jusqu'à dire qu'il est lu par les psychopates !
Bref un livre qui m'a laissé une impression très malsaine.
Lien : http://tassedethe.unblog.fr
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Par KarmaBoomerang, le 14/05/2011
Histoire d'amour
de
Régis Jauffret
Encore un livre acheté un peu au hasard dans le cadre de mes études, en littérature contemporaine, dans la liste d'auteurs donnée par ma prof.
Mon avis :
La première règle du fight club: ne pas se fier à la couverture d'un livre, ce que je fais pourtant souvent. La deuxième règle devrait être de ne pas plus faire confiance au titre, c'est ce qu'Histoire d'amour nous apprend, presque dans la douleur.
La quatrième de couverture (= le résumé dans le premier message) fait déjà son petit effet, en nous offrant quelque chose de très éloigné de ce que le titre nous laissait imaginer. Dès lors, on s'interroge. Cet homme a-t-il été piegé, pourquoi, par qui? Comment va-t-il s'en sortir?
Avec mes suppositions, j'étais encore bien loin du compte.
On est propulsé très vite dans le roman, avec ce narrateur qui raconte à la première personne sans que l'on ne sache jamais son prénom.
"Un matin, je l'ai vue assise en face de moi dans le wagon de métro qui me ramenait du lycée. J'ai tout de suite compris qu'elle serait ma femme."
A nouveau, un instant de surprise. Alors c'est bien une histoire d'amour? On aurait presque pu y croire si cette introduction n'était pas tout de suite suivie d'une description hyper-sexuée de cette jeune femme. Très vite, on se trouve vaguement mal à l'aise, gené par ce regard sans détour que l'on est obligé de partager. Incapable d'aborder la jeune femme, il va la suivre à son arrêt, puis dans la rue, jusqu'à la boutique où elle travaille. Il n'osera pas rentrer, alors il attendra la fin de sa journée de travail, et il la suivra encore, jusque chez elle, dans son immeuble. Presque à sa porte, elle le remarquera, elle prendra peur, restera tetanisée. Il essaie de la rassurer, se présente, exprime son désir de la connaître... et prend le trousseau de clefs qu'elle tenait à la main, l'invitant à entrer dans l'appartement en sa compagnie. Il essaie de discuter, elle ne dit rien, effrayée. Le viol se déroule dès la 7ème page, presque banalisé, le narrateur n'y voyant qu'une scène d'amour, sans jamais se rendre compte du mal infligé à sa victime.
Car Histoire d'amour, c'est un coup de foudre malsain, à sens unique. Notre narrateur est un prof tout ce qu'il y a de plus normal, on le découvre au fur et à mesure avec une vie sociale remplie, une situation paisible, un homme insoupçonnable en résumé. Et pourtant, habité par des pulsions qu'il ne peut réprimer, c'est un violeur-gentleman, qui se ment à lui-même, qui transforme son besoin de possession en désir de séduction et de conquête.
Il n'aura qu'une seule obsession, Sophie Galot, la "femme de sa vie". Après le premier viol, il fera deux mois de prison, jusqu'à ce qu'elle retire sa plainte pour une raison inconnue. Malgré ce séjour pénible, il n'aura de cesse de la traquer, l'attendre devant chez elle, forçant l'entrée, la retrouvant malgré les déménagements, allant la chercher jusque sur ses différents lieux de travail, allant harceler ses parents... A aucun moment, il ne se perçoit comme un violeur. Il veut la convaincre, qu'elle apprenne à le connaître, et si elle ne peut pas l'aimer, au moins, qu'elle s'efforce de l'endurer, car de toute façon, l'envie ultime qu'il ressent est insurmontable, elle n'aura jamais le choix.
Ce livre est effroyable, fascinant. On est très violemment projeté dans les désirs de cet homme, et c'est dérangeant, car on sent presque sa "bonne foi", on se demande jusqu'à quel point il y croit. On vit le roman avec lui, on le déteste, mais on le suit. Paradoxalement, Sophie n'ouvrira jamais la bouche de tout le roman, ou seulement à de rares occasions, par monosyllabes.
On se demande combien de temps ce manège pourra durer. On souffre pour cette femme silencieuse, qui abandonne progressivement, ne voit plus d'échappatoire.
J'ai dévoré ce livre, qui m'a totalement bluffée. J'ai adoré détester ce narrateur, j'ai vraiment apprécié que pour une fois, on nous offre de découvrir ce point de vue là. La virulence, cruelle, de notre "héros" est parfaitement effroyable, les jugements qu'ils portent sur certains de ses semblables, totalement méprisants. Le choix du traitement du sujet est tranché, à aucun moment on ne se placera du côté de la victime, on n'aura jamais le droit de connaître directement son calvaire, on ne le devinera qu'à travers le plaisir que lui ressent.
Les dernières lignes du roman sont magistrales, d'une horreur superbe.
Ma note : 5/5
Bon, j'ai pas mal hésité pour la note, c'est très subjectif. C'est pas forcement un de mes livres préférés, mais c'est sans doute, parmi mes lectures récentes, l'une de celles qui m'a le plus surprise, voir choquée, j'étais totalement fascinée et revulsée, et rien que pour ça, je trouve que ça mérite le 5.
Je le conseillerais à... : Des personnes qui cherchent une vision rare et dérangeante, amorale, qui mène également à réflechir sur le côté obscure de la force des pulsions, d'une societé où le danger est de plus en plus camouflé, enrobé... Je le conseillerais aussi à tout ceux qui veulent essayer quelque chose d'un peu différent de ce que l'on voit d'ordinaire, car pour le coup, on peut difficilement faire mieux je pense.
Je le déconseillerais à... : Des gens un peu "sensibles", ou facilement choqués, même s'il n'y a pas de scènes insoutenables (les scènes sexuels tiennent sur quelques lignes, les termes sont sans détour mais jamais exagérés ni rien), l'idée seule peut suffire à mettre mal à l'aise je pense. L'absence de moral et la fin peuvent aussi déplaire. D'autres s'ennuieront peut-etre de la traque qui semble être sans cesse une répétition des mêmes rituels, gestes et phrases...
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Par carre, le 07/12/2011
Microfictions
de
Régis Jauffret
Microfictions est un livre étonnant, à travers 500 minis histoires de 2 pages maximum, Jauffret brosse le portrait de ces contemporains. Avec beaucoup de férocité, d'humour vachard ou provoquant, ces microfictions sont
surprenantes,déroutantes, dérangeantes. Récompensé par le prix france Inter-Télérama.
Idéal pour les tables de chevets.
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Par Malaura, le 25/05/2011
Ce que c'est l'amour : Et autres microfictions
de
Régis Jauffret
Tirées de son ouvrage « Microfictions », ces nouvelles brèves ne dépassant pas une ou deux pages rendent compte du sentiment amoureux dans ce qu’il a de plus noir, de plus abject ou décadent.
L’Amour chez Régis Jauffret ne rime pas avec toujours, il ne s’associe pas à la perception éthérée du Beau, ni ne s’auréole de pensées harmonieuses ou de sentiments purs et immaculés. Ici nul romantisme, nul abandon, nulle inclinaison aimable.
L’amour y est assorti de sentiments vils, méprisables et dégradants. Le désir y est sale, honteux et sordide.
Les hommes y sont des monstres, des pervers ou des chiffes molles. « Le sexe a toujours eu peu d’importance pour ma femme. Elle a fait coudre le sien. Elle espérait qu’il finirait pas se cicatriser et disparaître sans laisser de trace. »
Les femmes y sont mesquines, dénuées de scrupules ou pétries de ressentiment. « Mon mari ne me tue pas, mais il gagne si mal sa vie qu’il ne vaut guère mieux qu’un meurtrier. Il m’assassine à petit feu avec son salaire miteux. Je suis pourvue de cinq enfants adorables que je laisserais volontiers sur le bord de la route en échange d’une dent en céramique et d’un rendez-vous chez le coiffeur. »
Tous sont acculés par des désirs malsains, ou bien par un manque de désir et un rejet de l’Autre qui confinent à l’obsession.
Misère sexuelle et morale, dénigrement, avilissement et rancœur, expulsés comme un flot de bile à la face du lecteur en séquences brèves certes, mais si dures et si violentes que l’on ne peut lire que peu à peu, avec parcimonie, une histoire à la fois, sous peine de s’en prendre plein la gueule à en avoir la nausée.
« L’amour, marché de dupes, où je n’ai que trop longtemps vendu mes charmes et ma jeunesse, et pleuré des jets d’eau comme si j’avais voulu rincer le trottoir après que tous les étals eurent été démontés. »
Voilà ce que c’est que l’amour selon Régis Jauffret, un sentiment cruel et impitoyable qui, malgré la qualité de l'écriture, donne envie de s’enferrer dans la solitude…
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Par mustango, le 30/03/2010
Sévère
de
Régis Jauffret
Sévère nous plonge dans une ambiance perverse. Les rapports du banquier avec sa maîtresse sont loin d'être simples : ils sont faits de provocation, d'humiliation...on a l'impression que la mort était inévitable, que le banquier la cherchait, en initiant sa maîtresse au maniement des armes par exemple.
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Par listesratures, le 05/09/2009
Ce que c'est l'amour : Et autres microfictions
de
Régis Jauffret
Ces nouvelles de deux pages dissèquent la férocité des émotions, des fantasmes, des bassesses et des frustrations qui peuplent la vie de couple.
A la manière d'un samourai qui dans un seul mouvement dégaine, tranche et remet son sabre au fourreau, Régis Jauffret décapite avec détachement toute illusion de bons sentiments sous le vernis des conventions.
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Par clamy, le 30/01/2012
Sévère
de
Régis Jauffret
Pourquoi Régis Jauffret s'est-il approprié ce fait divers somme toute assez banal (d'ailleurs qui s'en souvient ?) pour en faire un roman qui n'a pas plus d'intérêt que le fait divers lui-même ? Son écriture est certes incisive, comme dans beaucoup de ses autres romans, mais les personnages sont d'une inconsistance affligeante. Comment ressentir une quelconque compassion pour ce richissime mâle sadomaso, ses occupations de milliardaire, ses maîtresses en tout genre, et sa bagnole de luxe ? Et puis la susdite maîtresse a-t-elle plus de consistance ? J'en doute. Un roman donc dont on peut se passer, à classer très loin derrière Clémence Picot par exemple.
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Par Lexpress, le 12/01/2012
Claustria
de
Régis Jauffret
Prouesse de Jauffret que de raconter la durée, d'alterner les rythmes, de jouer avec les époques. Estomaqué par la monstruosité du fait divers, séduit par le ton tenu et le style enfiévré du narrateur, le lecteur se laisse emporter, comme enivré par cette histoire délirante.
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Par AmandineMM, le 12/08/2011
Ce que c'est l'amour : Et autres microfictions
de
Régis Jauffret
Recueil regroupant une infime partie (38 sur 500) des Microfictions de Régis Jauffret, sélectionnées par un regroupement thématique: l'amour et le couple. Ces mini-nouvelles font entre une page et une page et demi, jamais plus, et saisissent donc un instant dans la vie d'une multitude de personnages à l'identité assez vague, mais déterminée par un trait mis en scène: dans cette sélection, c'est surtout leur rapport à l'amour, au sexe et à leur conjoint/compagnon/amant (au masculin ou au féminin). Dans l'ensemble, le ton est plutôt désabusé, désillusionné ou pragmatique ; assez négatif. Jauffret dissèque la société et les individus pour en montrer chaque organe ou membre vicié, pourri de l'intérieur. Cela donne un style assez particulier que j'ai eu du mal à apprécier la première fois, mais qui m'a davantage plu cette fois par sa brièveté et sa capacité à captiver en si peu de mots. Malgré tout, à la longue (peut-être à cause de ce regroupement thématique?), cela finit par me lasser, voire me dégoûter un peu: une lecture moins rapide m'aurait sans doute évité ce désagrément.
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Par LouScavia, le 23/06/2011
Asiles de fous
de
Régis Jauffret
L’histoire débute par un long monologue chaotique. Gisèle, la trentaine, apprend que son compagnon, Damien, décide de rompre après cinq années de vie commune. Il n’a pas eu le courage d’annoncer la nouvelle lui-même ; il a délégué la corvée à son père, François (dont on apprendra plus tard qu’il s’appelle aussi Joseph). Entrée en matière sur le mode délirant, un peu déroutante mais, si le lecteur veut bien se laisser faire, la perplexité se transforme assez vite en curiosité pour la suite.
S’ensuit l’entrée en scène des trois autres personnages composant la famille brocardée par l’auteur. Volontairement caricaturaux, chacun d’entre eux va livrer tour à tour sa vision personnelle de l’affaire (la rupture), dévoilant ce qu’il est, ce qu’il n’est pas, ce qu’il voudrait être, ce qu’il n’a pas le courage d’être, etc. Un grand déballage de mensonges, d’hypocrisie, de fantasmes, d’égocentrisme, où perce néanmoins parfois, une franche lucidité.
« La rupture » apparaît ainsi comme un prétexte permettant à l’auteur de barbouiller de vitriol un tableau satirique de la famille et finalement, de lui régler son compte. D’Institution sacrée porteuse de valeurs et fondée sur l’amour, elle devient sous la plume acide et vigoureuse de Régis Jauffret, un creuset étouffant où les comportements et les relations hautement pathogènes se développent comme des champignons. Vénéneux bien sûr. Solange, la mère, possessive et castratrice, insupportable d’arrogance, est omnipotente. Le père, lâche et mesquin, est soumis à la tyrannie de son épouse et fait figure de pièce accessoire à peine tolérée ; le géniteur en tant que -mal nécessaire-. Damien, le fils, produit résiduel du décapage maternel, vampirise un milieu familial qu’il critique mais dont il profite ; veule, carriériste, insensible à tout, il est incapable d’une quelconque autonomie, incapable de grandir.
Asile de fous… famille de dingues fictive ? Au bout du compte, avec un petit effort d’imagination et de franchise, on pourrait bien, sous les traits forcés, reconnaître des situations et des individus familiers. Sous la caricature, l’impression de déjà vu…
On apprécie, ou pas. Mais dans tous les cas, on ne peut qu’admirer l’ingénieuse construction de ce roman dérangeant et le talent audacieux de l’auteur dont la jubilation caustique transparait à chaque ligne. On rit ; parfois-jaune- ; on grince des dents…mais à aucun moment on ne s’ennuie.
J’ai bien aimé.
Lien : http://lascavia.com
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Par AngieaAmsterdam, le 04/01/2011
Microfictions
de
Régis Jauffret
Pas réussi à aller jusqu'au bout...chose assez rare
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Par 270778, le 14/05/2010
Sévère
de
Régis Jauffret
Bien que je ne sache toujours pas trop quoi penser de Régis Jauffret ( ayant adoré "Clémence Picot", très moyennement apprécié les quelques nouvelles de "Microfictions" que j'avais lues et été assez rebutée par le projet de "Lacrimosa"), je dois reconnaître que "Sévère" m'a entièrement conquise. Livre lu d'une traite, en un après-midi. Il faut oublier le fait divers, l'histoire de la prostituée et du banquier suisse et se laisser porter par l'écriture au scalpel. Plus que de sexe ou de meurtre, il est ici question de pouvoir et d'amour et le bourreau (si bourreau il y a) n'est jamais là où on le croit.
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Par mustango, le 05/05/2010
Histoire d'amour
de
Régis Jauffret
Après avoir lu Sévère de R Jauffret, j 'ai de suite enchaîné sur Histoire d'amour du même auteur.
Le narrateur est professeur. Il croise en se rendant à son travail une femme qu'il décide de suivre jusqu'à son travail et d'attendre toute la journée...
Lien : http://mustango.over-blog.com/article-histoire-d-amour-de-regis-jauffret-4980...
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Lacrimosa
de
Régis Jauffret
Un homme écrit à sa femme, à sa « chère Charlotte ». Celle-ci vient de se suicider, et de l’au-delà, elle lui répond. Une longue correspondance s’engage alors entre Charlotte et son « pauvre amour ».
L’idée était séduisante et pourtant j’ai rapidement éprouvé de l’ennui à la lecture de ces lettres, ces « Lacrimosa » ou plutôt lamentations entre cet homme et cette femme qui se seraient aimés ?! Difficile à croire, tant le recul avec lequel ils se parlent et le vouvoiement utilisé par l’auteur dans un effet de style qui accentue encore la distance –visiblement voulue par l’écrivain- ne me paraissent pas franchement nécessaire ni judicieux.
Certes, Régis Jauffret n’est pas réputé pour être l’écrivain du bonheur ! Mais plutôt un auteur qui aime se plier aux exercices littéraires (pour preuve notamment son superbe « Microfictions »). Alors bien sûr je m’attendais avant tout à un exercice de style plutôt qu’à une véritable histoire, ou plutôt à un exercice de style qui serve le récit. Et bien j’avoue ne pas avoir du tout adhéré à sa façon de mettre ce couple en scène, m’être mortellement ennuyée à cet échange de lettres, et à ce roman que j’ai trouvé inabouti et à vrai dire… raté ! Je n’ai éprouvé aucune empathie pour ces deux êtres et pour leur souffrance. Bref, je suis passé complètement à côté de ce roman encensé pourtant par la critique !
Lien : http://litteraturepassion.over-blog.com
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Par Leiloona, le 20/02/2009
Lacrimosa
de
Régis Jauffret
Vous êtes morte sur un coup de tête d'une longue maladie. Le suicide a déferlé dans votre cerveau comme une marée noire, et vous vous êtes pendue.
Que faire quand un être aimé se donne la mort ? La meilleure façon, quand on est écrivain, est encore d'écrire, de puiser dans ses tripes pour recracher sa bile et sa douleur afin de les fixer à jamais dans un livre.
La première lettre adressée à la morte -Charlotte- relate sa dernière journée chez ses parents. Dernière journée qui se soldera par une pendaison.
Une narration mélancolique où l'énonciateur n'hésite pas à insérer une touche de burlesque (qui oserait appeler son enfant Pindo ?). Ce décalage s'accroît avec la réponse à cette lettre. C'est la morte elle-même qui répond à son pauvre amour.
Tout d'abord elle s'étonne. Pourquoi la vouvoie-t-il ? Pourquoi l'a-t-il affublée d'un nom de gâteau ? Ensuite la morte s'offusque du procédé : Tu continues à écrivasser, mon bel écrivassier ? Tu bricoles la phrase, tu te pavanes, tu marches encore de long en large dans un bouquin comme un plouc sur son bout de jardin ? De quoi tu parles ? De qui ? Je ne t'entends pas ! (...) Tu crois que la mort est un music-hall ? Qu'on écoute là-bas des bardes ? Qu'on éclate de rire à s'en décrocher le maxillaire en écoutant tes histoires ?
Dès la deuxième lettre, le roman laisse tomber le ton mélancolique pour devenir plus caustique et amer.
C'est une véritable partie de ping-pong entre la morte et son amant délaissé qui commence.
Tout d'abord cette correspondance imaginaire avec la disparue a une fonction cathartique pour l'émetteur des lettres (Jauffret lui-même ?) : écrire à quelqu'un permet de le rendre présent. C'est une présence malgré l'absence. Dans ce roman c'est la même chose : l'amant déçu ne veut pas lâcher la femme aimée, il ne veut pas la laisser partir. Ces lettres sont donc l'ultime espoir de la maintenir illusoirement en vie.
Mais comme chacun de nous le sait, c'est une correspondance imaginaire. Nous ne sommes pas dans un roman fantastique où les morts pourraient parler aux vivants. Aussi peut-on se demander si le destinataire est réellement cette femme morte ? Ne pourrait-on pas dire que ce destinataire n'est pas un double de l'énonciateur lui-même ? En effet, face à la mort, nous devenons double. D'un côté, on pleure le mort, on se souvient du passé et on souffre ; de l'autre, l'instinct de survie nous rappelle à la vie, nous force à survivre malgré tout ... et à oublier un peu le passé. Cette correspondance deviendrait alors un monologue intérieur où l'énonciateur montrerait ses deux facettes : celle qui souhaite oublier et celle qui souffre.
Cet échange n'a rien de tendre : l'amant délaissé s'échine à réécrire son histoire avec Charlotte - de la scène de la rencontre aux désillusions - , tandis que Charlotte malmène son amant en critiquant cette nouvelle fable dont elle est le protagoniste principal :
Je ne suis plus je. Je suis devenue toi, la parodie de moi dans ta voix qui me promène, me pousse comme un landau dont le bébé a gelé. Tu bricoles l'irréparable, tu luttes contre le temps. Tu fais semblant de croire que les livres contiennent des vivants.
Tu crois qu'Albertine respirait avant sa chute de cheval ? Que Rastignac a jamais senti l'odeur des huîtres attablé au Rocher de Cancale ? Don Juan celle d'une femme ? Que Don Quichotte a entendu le bruit des moulins ? Que Mme Bovary a joui dans le fiacre ? Tu crois que la foule fourmille dans les romans ?
Puisque je n'étais plus là, tu as décidé que ton cerveau allait se suicider en deux comme une paramécie, et tu as sorti la trousse de secours de la littérature. Pourquoi ne pas écrire à une morte ? Une morte est un personnage comme un autre. En plus, elle ne risque pas d'ouvrir le museau.
Ainsi les lettres de Charlotte posent le problème de la création littéraire : l'écrivain est avant tout un homme qui détourne la réalité, un imposteur, comme l'écrit Charlotte, qui a besoin d'inventer une autre vie que la sienne.
Au lieu de bricoler comme un retraité dans la cave de son pavillon, essaie de vivre ce qui te reste du temps. N'oublie pas mon chéri que tu es né depuis longtemps, ne brûle pas toutes ces nuits d'été à écrire l'histoire de cette maison aux fondations fêlées, qui n'a pas résisté à une secousse sismique violente comme un coup d'aile de papillon.
Ce roman épistolaire ne se borne donc pas à une correspondance entre une morte et son amant délaissé. Le message ici est double voire triple.
Mais ce procédé tient-il la route tout au long des deux cents pages ?
Après la première surprise, le lecteur n'est plus étonné par ce procédé, qui très tôt tourne à vide. Oui, l'originalité est là, le style aussi, mais les échanges deviennent vite monotones. L'amant continuera d'écrire la nouvelle histoire de Charlotte, et la morte continuera de rabrouer son amant.
Voici donc un livre au concept fort et touchant qui aurait peut-être mérité d'être plus court. Mais Jauffret aurait-il pu vraiment résumer ces échanges ? Ce livre est en effet, avant tout, une belle démonstration du travail de deuil.
La Blanche pour Gallimard, 218p, 16€50
Lien : http://leiloona.canalblog.com/archives/2009/02/20/12629826.html
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Par valeriane, le 08/02/2012
Lacrimosa
de
Régis Jauffret
Auto-fiction made in Jauffret. Je découvre cet auteur avec ce titre.Dans Lacrimosa, Régis Jauffret écrit des lettres à Charlotte, une ex, qui s'est suicidée. De l'au-delà, elle lui répond à coup de mots cinglants et grinçants, le remettant à sa place.Le récit s'ouvre sur une description du dernier jour de Charlotte. Très vite, à la réalité froide se substitue une plongée dans un imaginaire un peu loufoque. Régis raconte l'histoire de Charlotte à sa manière. Ce qui n'est pas du goût de la jeune morte, elle conteste et décrie les pratiques des auteurs se nourrissant "des cadavres et souvenirs, tels des charognards". Faire revivre un disparu à travers l'écriture est un fantasme. Dans le néant tu es, dans le néant tu resteras? Sous le couvert de la fiction, l'auteur peut-il exploiter la réalité à sa guise?Dans ce roman, l'auteur se retrouve face à lui-même. Un vrai-faux dialogue qui serait plutôt un monologue schizophrène. Un roman émouvant, une remise en question face à une disparition brutale. On n'est pas dans la mièvrerie. Le va-et-vient entre l'auteur et sa muse apporte un dynamique intéressante.Une belle découverte de la rentrée littéraire 2008, un roman qui me donne envie d'aller plus loin dans l'univers de Jauffret.4 étoiles.
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Par zabeth55, le 04/02/2012
Lacrimosa
de
Régis Jauffret
lettres posthumes d'une jeune suicidée à son amant écrivain. Humour grinçant ; poésie des mots, des phrases, des images