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Par Myrtle, le 02/09/2012
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Toni Morrison
"Tu vois ce que je veux dire? Ne compte que sur toi-même. Tu es libre. Rien ni personne n'est obligé de te secourir à part toi. Sème dans ton propre jardin. Tu es jeune, tu es une femme, ce qui implique de sérieuses restrictions dans les deux cas, mais tu es aussi une personne. Ne laisse pas Lenore ni un petit ami insignifiant, et sûrement pas un médecin démoniaque, décider qui tu es. C'est ça, l'esclavage. Quelque part au fond de toi, il y a cette personne libre dont je te parle. Trouve-la et laisse-la faire du bien dans le monde."
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Par caro64, le 06/06/2010
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Toni Morrison
La pluie elle-même devint une chose tout à fait nouvelle : de l'eau propre sans aucune trace de suie qui tombe du ciel. Elle joignait les mains sous son menton et contemplait des arbres plus hauts qu'une cathédrale, du bois de chauffage si abondant que cela faisait rire, puis pleurer. Elle n'avait jamais vu des oiseaux pareils, ni bu de l'eau fraîche coulant sur des pierres blanches visibles.
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Par caro64, le 06/06/2010
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Toni Morrison
Ils avaient jadis pensé qu'ils formaient une sorte de famille parce qu'ils avaient créé ensemble un compagnonnage à partir de l'isolement. Mais la famille qu'ils imaginaient être devenus était fausse. Quel que fût ce que chacun aimait, recherchait ou voulait fuir, leurs avenirs étaient séparés et imprévisibles. Une seule chose était certaine, le courage seul ne suffirait pas. Sans les liens du sang, il ne voyait rien à l'horizon pour les unir.
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Par le_Bison, le 07/11/2012
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Les époux qui avaient été agressés chuchotèrent entre eux ; elle, d’une voix douce, suppliante ; lui, avec insistance. Quand ils rentreront chez eux, il va la battre, se dit Franck. Et qui ne le ferait pas ? Être humilié en public, c’était une chose. Un homme pouvait s’en remettre. Ce qui était intolérable, c’était qu’une femme avait été témoin, sa femme, qui non seulement avait vu, mais avais osé tenter de lui porter secours ! Il n’avait pas pu se protéger et n’avait pas pu la protéger non plus, comme le prouvait la pierre qu’elle avait reçue au visage. Il faudrait qu’elle paye pour ce nez cassé. Encore et toujours.
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Par ballad, le 09/09/2012
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Apparemment, il y avait le temps dans cette ville. Le temps de se rouler une cigarette bien comme il faut, le temps d’observer les légumes avec l’œil d’un tailleur de diamants. Et le temps, pour les vieillards, de se rassembler devant la vitrine d’un magasin sans rien faire, sinon regarder passer leur rêves : les splendides voitures des criminels et le déhanchement des femmes.
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Par caro64, le 06/06/2010
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Tu dis que tu vois des esclaves plus libres que des hommes libres. L'un est un lion dans la peau d'un baudet. L'autre est un baudet dans la peau d'un lion .
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Par le_Bison, le 10/11/2012
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Fatigué et mal à l’aise, Frank quitta le restaurant et déambula dans les rues ; il s’arrêta brusquement en entendant un hurlement de trompette. Le son provenait du bas d’un petit escalier qui s’achevait devant une porte à moitié ouverte. Des voix approbatrices soulignaient le cri de l’instrument et si quelque chose pouvait refléter l’humeur de Frank, c’était cette note. Il entra. Il préférait le be-bop au blues et aux chansons d’amour qui rendent heureux. Après Hiroshima, les musiciens avaient compris aussi vite que quiconque que la bombe de Truman avait tout changé et que seuls le scat et le be-bop parvenaient à dire comment. A l’intérieur de la salle, petite et enfumée, une douzaine de spectateurs très attentifs faisaient face à un trio : trompette, piano et percussions. Le morceau n’en finissait pas et, hormis quelques-uns qui hochaient la tête, personne ne bougeait. La fumée flottait dans la pièce, les minutes s’écoulaient. Le visage du pianiste était luisant de sueur, comme celui du trompettiste…
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Par Eric75019, le 26/11/2012
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- C'est bien lui. Jerome, dit Fish Eye en se donnant une tape sur les genoux. Il nous a raconté qu'on les avait ramenés d'Alabama, lui et son père. Attachés par une corde. On les a fait se battre. A coups de couteau.
- Non monsieur. Avec des crans d'arrêt. Ouais, des crans d'arrêt. » Salem cracha par-dessus la balustrade. « Il a dit qu'ils avaient été obligés de se battre à mort.
- Quoi ? » Frank sentit sa gorge se serrer.
« C'est exact. L'un des deux devaient mourir, sans quoi ils mourraient tous les deux. Les gens pariaient sur qui allait y rester. » Salem fronça les sourcils et se recroquevilla dans son fauteuil. (...)
- Ils ont fait pire que des combats de chiens. Ils ont transformé des hommes en chiens.
- Vous imaginez ça ? Monter le père contre le fils ?
- Paraît qu'il a dit à son père : « Non, Papa. Non »
- Son père lui a répondu : « T'es obligé. »
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Par le_Bison, le 06/11/2012
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-Vous prendrez bien une goutte ? J’ai du Johnny Red dans ma valise. […]
-Oui. Oh que oui.
Les papilles de Franck, peu curieuses des sandwichs au fromage ou des oranges, s’animèrent à la seule mention du whisky. Juste une goutte. Juste pour apaiser et adoucir le monde. Pas plus.
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Toni Morrison
Dans la poussière où mon coeur va demeurer chaque nuit et chaque jour jusqu'au moment où tu comprendras ce que je sais et brûle de te dire : recevoir le pouvoir de dominer autrui est chose difficile ; s'emparer de force de ce pouvoir est chose erronée ; donner ce pouvoir sur soi-même à autrui est chose mauvaise.
Oh, Florens. Mon amour. Ecoute a tua mae.