> Cécile Lombard (Traducteur)

ISBN : 2864245671
Éditeur : Editions Métailié (2006)


Note moyenne : 3.75/5 (sur 8 notes) Ajouter à mes livres
A Luanda, à la fin de la guerre révolutionnaire, Félix Ventura, le bouquiniste albinos, exerce une activité étrange : il crée de faux passés qu’il vend aux nouveaux riches. Ses clients sont des entrepreneurs prospères, des hommes politiques, des généraux et la bourgeois... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 4.00/5
    Par moustafette, le 16 janvier 2011

    moustafette
    Rien que le titre laisse rêveur, comme la femme sur la couverture qui contemple l'immensité du paysage.
    Ce récit est un entre-deux, mi-réalité, mi-onirisme. Dans un tel univers, seul Eulalio pouvait en être le conteur. C'est le gecko qui vit sur les murs intérieurs de la maison de son ami Félix Ventura.
    Félix ne peut pas être un individu ordinaire. Angolais, noir albinos, enfant abandonné dans un carton de livres, il vit encore dans la maison de celui qui l'a recueilli. Sa vie s'écoule parmi les photos, les tableaux, les encyclopédies, les journaux et les livres. Ses compagnons sont la Vieille Espérance, qui passe pour le ménage et la cuisine, et Eulalio le gecko qui observe.
    C'est ainsi que, grâce à cette somme de documents, Félix exerce le métier extraordinaire de bouquiniste-généalogiste. Qui veut se refaire un passé vient sonner à sa porte. Et après guerre, ce ne sont pas les clients qui manquent. Mais Félix, qui est-il lui-même ?
    Avec l'aide du gecko et par le biais des conversations avec ses curieux clients, quelques pans de l'histoire de Félix se déroulent, vite étouffés par la végétation chatoyante du jardin ou le bruit de la pluie.
    Réalité ou fiction ?
    Qu'importe. Tout n'est que poésie, rêverie, nostalgie...
    Ne cherchez pas à comprendre et laissez-vous entraîner.
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    • Livres 4.00/5
    Par agilmo, le 13 avril 2010

    agilmo
    Au début de la lecture, on perd ses repères. le narrateur est un animal, une réincarnation qui ne se souvient plus exactement de sa vie humaine. Il habite à Luanda, en Angola, chez un "marchand de passés", qui invente des biographies dignes de ce nom à des bourgeois qui veulent se refaire une bonne image après la guerre.
    Mais un homme qui fait appel à ses services prend sa nouvelle identité très à coeur. Des personnages rentrent peu à peu dans le fil de l'histoire. Je me suis laissée envoûter par cette atmosphère.
    Un grand plaisir de lecture, des passages magnifiques, entre rêve et réalité, on se perd un peu... et ce n'est qu'à la fin de ce roman déroutant que l'on perçoit sa complexité. Beaucoup de poésie et d'humanité. Une très belle définition de la Littérature.
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    • Livres 5.00/5
    Par Lali, le 06 février 2011

    Lali
    Un bouquiniste qui invente des passés aux gens, voilà en toute simplicité la trame du roman de José Eduardo Agualusa. Une trame qui avait tout pour plaire à l'ancienne libraire et la faiseuse d'histoires à partir de toiles que je suis. C'est donc avec bonheur que je me suis plongée dans Le Marchand de passés.
    Dès les premières pages, nous voilà fixés. Nous sommes en Angola, après la révolution et Félix Ventura, Le Marchand de passés, nous est raconté. Au présent, comme au passé, grâce aux personnages qui gravitent autour de lui et grâce à l'œil vigilant de son seul ami, un gecko, qui fut autrefois un être humain qui dévorait les livres, qui fait office de narrateur. Pas étonnant, pour cette raison, que ce dernier se sente si bien dans cet univers de papier(s) qu'est celui de Félix.
    L'histoire donc se construit, tout comme l'Histoire, à petits pas. Tout allait bien pour Félix jusqu'à l'arrivée d'un étranger qui, comme d'autres, se cherche une identité angolaise, et qui prendra beaucoup de place dans sa vie. Tout allait bien et Félix ne se posait pas trop de questions. Il inventait des passés, il les vendait, et ses « clients » pouvaient désormais vive tranquilles, ils étaient de bons Angolais, avec une ascendance digne d'être citée.
    Mais cet étranger ne laissera pas Félix tranquille. Il poussera l'expérience jusqu'au bout. Jusqu'à l'improbable et l'impossible.
    Le Marchand de passés est un roman qui chavire nombre d'idées reçues, qui va dans les tranchées de la mémoire, là où certains - la plupart? - n'osent pas aller. Avec une maîtrise d'écriture et un regard sur les humains implacable.
    À inscrire à votre liste des À lire absolument.

    Lien : http://lalitoutsimplement.com/?p=27381
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Citations et extraits

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  • Par skyso, le 19 juillet 2011

    Vous êtes resté longtemps à l'étranger, à voyager, vous n'avez pas idée de ce que nous avons vécu dans ce maudit pays. Luanda est plein de gens qui ont l'air très lucides et qui tout à coup se mettent à parler des langues impossibles, ou à pleurer sans raison apparente, ou à rire, ou à lancer des imprécations. Certains font tout ça à la fois. Il y en a qui se croient morts. D'autres qui sont morts pour de bon et que personne n'a encore eu le courage de prévenir. Certains croient qu'ils peuvent voler. D'autres y croient tellement qu'ils volent pour de bon. C'est une fête des fous, cette ville, il y a par ici, dans ces rues pleines de décombres, dans ces quartiers aux alentours, des pathologies qui n'ont même pas encore été répertoriées.
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  • Par skyso, le 19 juillet 2011

    Félix Ventura étudie les journaux pendant le dîner, il les feuillette attentivement et si un article l'intéresse, il le coche au stylo, à l'encre violette. Il finit de manger, et ensuite il le découpe soigneusement et le garde dans un fichier. Sur l'une des étagères de la bibliothèque, il y a des dizaines de ces fichiers. Sur une autre dorment des centaines de cassettes vidéo. Félix aime enregistrer les journaux télévisés, les événements politiques importants, tout ce qui peut lui être utile un jour.
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  • Par moustafette, le 16 janvier 2011

    Il s'est renversé sur le dossier et a plongé ses yeux dans la profondeur prodigieuse du ciel. J'ai eu peur que ce soit pour sauter dedans. Je ne connaissais pas cet endroit. Je ne parvenais pas à me souvenir d'y avoir été, un jour, dans mon autre vie. Des cactus énormes, certains hauts de plusieurs mètres se dressaient parmi les dunes, derrière nous, eux aussi éblouis par l'éclat limpide de la mer. Un vol de flamands roses a glissé en un calme incendie à travers l'azur du ciel, juste au-dessus de nos têtes, et ce n'est qu'alors que j'ai été certain que j'étais en train de rêver. Félix s'est retourné lentement, les yeux humides.
    - C'est ça la folie ?
    Je n'ai rien trouvé à lui répondre.
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  • Par skyso, le 19 juillet 2011

    Je vous donne une vérité impossible, vous me donnez un mensonge banal et convaincant
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  • Par skyso, le 19 juillet 2011

    Il y a de la vérité, même s'il n'y a pas de vraisemblance, dans tout ce qu'un homme rêve.
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