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ISBN : 2246614813
Éditeur : Grasset (2003)


Note moyenne : 3.71/5 (sur 63 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Quand on habite un village paumé où il ne se passe jamais rien, il faut bien écouter les gens alentour, laisser se faufiler l'imagination, rêver à d'impossibles ailleurs. A fortiori quand on vit à Farrago, petite cité californienne san... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par le_Bison, le 19 novembre 2014

    le_Bison
    Welcome to Farrago,
    Far away, long ago
    Farrago
    Far away, long ago
    I'll be missin' Farrago
    Somethin's a' singin'
    Somethin's a' cryin'
    Somethin's a' callin'
    Far away, long ago...
    Je débarque à Farrago, en cette année 1973, triste bourgade de Californie du Nord, avec cette musique qui vole dans ma tête comme un air des Doors ou des Rolling Stones. Voulant rejoindre la côte, j'ai atterri dans ce trou perdu d'une Amérique pas si profonde à quelques tournants de la côte bourgeoise et cossu du Pacifique. Je suis entré dans un bar comme souvent dans mes histoires, me suis accoudé au comptoir comme toujours, l'esprit embrumé par ce type Nixon qui se prend pour le président, cette guerre du Vietnam qui n'en finit pas, et ce camion-citerne qui a déchargé sauvagement son liquide visqueux et marronnasse dans la rivière avant d'entrer dans la ville. Diabolus in musica dans le jukebox, et un gars du coin, pas franchement des plus finauds mais dont je perçois sa sympathie, son honnêteté et son humanisme. Homer Idlewide. Il me rappelle un autre Homer, pas celui de l'Iliade, non celui qui travaille dans une centrale nucléaire dans une ville voisine. Homer et ses vrais amis, Faust, Duke, Elijah. Une bande de pieds-nickelés, ni propres ni méchants, à qui le burlesque et le rocambolesque troublent la quiétude trop imparfaite de cette petite bourgade.
    L'odyssée d'Homer s'apparente à une vaste promenade à travers les montagnes et les hauts plateaux, pour philosopher de l'écologie, de la justice, de la politique ou tout autre sujet de société qui a amené ses compagnons à fonder une sorte de club des 5 pour les laissés-pour-compte et les paumés. 5 ? Oui, tu sais encore compter, puisqu'au milieu de ces types farfelus, Homer, Duke, Elijah et Faust, s'invite l'Amour d'Homer, Ophelia, une pute qui travaille dans la maison de joie de la ville, avec des seins si spirituels que les caresser apporte autant de joie et de sérénité qu'une confession et un Je-vous-salue-Marie-pleine-de-Grâce-et-bla-bla-bla. Une prostituée qui, par Amour pour Homer ou pour l'enfant qu'elle porte en elle, serait prête à envisager une reconversion, voir à épouser ce bon-à-rien d'Homer pour peu qu'il arrête un peu ses conneries et qu'il pense à autre chose que de glander avec ses potes ou de se masturber les méninges avec les autres filles du bordel.
    Si les catastrophes s'avèrent presque prévisibles, comme pour un épisode des Simpson, suivre les errements de ces doux dingues à travers les montagnes les hauts plateaux la décharge le bordel permet de s'interroger sur la nature de l'âme humaine. Et sur les choix à faire. Celui de rester un oublié de la vie, ou celui de se construire sa vie – certains diraient sa légende personnelle mais je ne suis pas dans un roman de Paulo Coelho – d'en devenir l'acteur principal, le héros même, tout en gardant les pieds sur Terre – même si on a déjà marché sur la lune.
    La lune, les étoiles qui scintillent dans le ciel. Soudain une étoile filante a zébré les ténèbres. Je fais un vœu et sors de ce bar où je perds mon temps à m'abreuver d'un whisky qui me déconnecte certains neurones, ceux de l'intelligence et de la subtilité en particulier. « Je souhaite avoir un destin, j'ai murmuré. Je souhaite vivre une histoire qui fasse de ma vie un destin. »
    « Farrago », far away, long ago.

    Lien : http://leranchsansnom.free.fr/?p=8415
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    • Livres 4.00/5
    Par Dosamuse, le 26 mars 2013

    Dosamuse
    Quel livre étrange ! On se retrouve largué au milieu de nulle part, à Farrago, à se demander ce qu'on va bien pouvoir y faire le long de toutes ces pages. On s'installe, on parcourt les lignes au rythme nonchalant des personnages. On se servirait presque un verre pour participer aux discussions absurdes de prime abord, philosophiques dans le fond entre Homer et Fausto. On s'allonge pour contempler les nuages. On se perd dans les sentiers de montagnes...
    Ce livre produit un drôle d'effet. Une ode cachée à la lenteur et à l'importance des choses simples. Laissez-vous entraîner !
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    • Livres 4.00/5
    Par tolbiac, le 15 mars 2013

    tolbiac
    Voilà un petit roman qui raconte la vie d'Homer Idlewilde. Nous sommes en 1973, dans une bourgade perdue de la Californie. Nous sommes dans l'Amérique profonde. C'est fabuleusement bien écrit, on sent le vent, l'onde marine, la terre sèche, le soleil craqueler la pierre. Les digressions du personnage, son regard accompagne notre lecture. Il y a du Tom Sawyer dans cet Homer là, il ya la truculence des personnages de Steinbeck, avec une pointe d'humour à la Chaplin, l'ambiance sirupeuse de Faulkner. C'est une fable, c'est une île ou chaque lecteur peut venir s'échouer sans soucis.
    Voilà une vieille lecture dont je garde encore le goût sur l'iris, sur le palais. Et ce palais là me raconte encore une histoire… Il était une fois…
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    • Livres 5.00/5
    Par Lindenbroock, le 07 août 2012

    Lindenbroock
    Excellent ! Ce livre est une encyclopédie du destin, une ode à la fainéantise et à la truculence, un traité sur l'amour et l'amitié. C'est un de ces rares romans où l'auteur réussit le coup de force d'allier une écriture simple mais de qualité à un récit d'une infinie richesse. Je me suis régalé !!!
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    • Livres 2.00/5
    Par raynald66, le 18 novembre 2013

    raynald66
    J'avais lu les critiques des autres lecteurs de Babelio avant de prendre ce livre qui a reçu un prix littéraire. Quand je lis un livre, je sais souvent dès les premières pages que je vais adoré ce livre comme c'était le cas pour La mort du Roi Tsongor de Laurent Gaudé par exemple ou le livre que j'ai lu précédemment "parle leur des éléphants de Enard mais là, malgré les critiques élogieuses de ce livre et malgré le prix littéraire, je me suis ennuyé, impossible de rentrer dans l'histoire et j'ai eu du mal à finir le livre.
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Citations et extraits

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  • Par le_Bison, le 13 décembre 2014

    J’ai demandé à John où il avait grandi. « En Californie du Nord, dans un patelin de l’arrière-pays. Farrago. Le royaume des bûcherons et des laissés-pour-compte de la côte. Vous ne pouvez pas connaître. J’ai été élevé par mon père. A la dure. J’étais fils unique et ma mère est morte très tôt. Je vivais dans cette bourgade paumée au milieu de la forêt et j’ai vite su que je n’avais aucun espoir de faire quelque chose de ma vie. »
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  • Par le_Bison, le 26 octobre 2014

    Les industriels et les hommes politiques font semblant de croire que les Américains sont un peuple de grimpeurs. Tout le monde doit aspirer au sommet, tout le monde doit monter, monter, monter, ce qui revient à monter sur les autres, à prendre appui sur eux et à les écraser, à escalader une montagne d'hommes et de femmes entassés pour planter son drapeau personnel à l'arrivée. Ça, c'est la pyramide hiérarchique, a dit Fausto. Et celui qui n'est pas un varappeur dans l'âme, celui-là est considéré comme un moins que rien, un raté, un parasite, même si, pour gravir cette foutue montagne, il faudrait déjà qu'il sorte du trou, et qu'il ne possède même pas d'échelle pour se tirer d'affaire.
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  • Par le_Bison, le 21 octobre 2014

    « Comment on va l’appeler ? » a dit Ophelia en se tournant vers moi.
    Elle souriait d’un air mi-gai, mi-triste.
    « Oui, tiens, comment on va l’appeler ? Mais d’abord, pourquoi tu ne m’as pas dit que tu étais enceinte ?
    - Tu n’avais qu’à deviner ! s’est exclamée Ophelia et ses tâches de rousseur ont commencé à flamboyer.
    - Et tu es sûre qu’il est de moi ? »
    Ophelia m’a regardé comme si elle voulait me tuer. Ma question l’avait terriblement offensée. Pendant quelques secondes, elle s’est mordillée les lèvres, et puis soudain, elle m’a giflé.
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  • Par le_Bison, le 23 octobre 2014

    Aller au bordel, c'était pour moi toute une histoire. Pour la plupart des hommes, aller au bordel ne pose aucun problème, sinon qu'ils doivent mentir à leur femme et prétendre qu'ils vont jouer aux cartes chez un ami ou qu'ils ont une course à faire. Moi, je devais m'y prendre des jours à l'avance afin de réunir la somme nécessaire. Puis, je devais me laver, passer chez Abigail Hatchett et lui demander poliment la permission d'utiliser sa machine à laver, attendre que mes vêtements soient secs, me raser, me peigner, et recompter mes sous pour être sûr d'avoir la somme nécessaire.
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  • Par le_Bison, le 11 novembre 2014

    Je commençais à somnoler lorsque j’ai entendu Ophelia tirer sur la fermeture Eclair de mon sac [de couchage]. J’ai vu sa silhouette blanche sur le fond étoilé, j’ai senti son corps frissonnant se coller contre moi. « Tu as été gentil aujourd’hui », elle a murmuré en prenant mon sexe dans sa main. Ophelia m’a fait l’amour avec tant de ferveur que j’ai résolu, à l’avenir, de me sacrifier aussi souvent que possible, comme je l’avais fait un peu plus tôt en la massant pendant que mon diner refroidissait. Quand elle a joui, Ophelia m’a mordu la main pour ne pas crier. Puis, j’ai dormi comme dorment les dieux.
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Rencontre avec l'auteur Yann Apperry à la librairie Dialogues à Brest, qui a eu lieu le 10 octobre 2008 à l'occasion de la sortie de son livre : Terre sans maître.








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