> Robert Pépin (Traducteur)

ISBN : 2253146595
Éditeur : Le Livre de Poche (1999)


Note moyenne : 4.04/5 (sur 26 notes) Ajouter à mes livres
América
Un soir, regagnant le lotissement où il réside, loin du centre de Los Angeles, Delaney manque d'écraser un passant.

C'est un « chicano », un Mexicain entré clandestinement en Californie, qui vit dans une misérable cabane avec América, sa f... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 5.00/5
    Par carre, le 22 avril 2012

    carre
    Delaney Mossbacher rentre un soir dans sa cité pavillonnaire sécurisée, et renverse un homme, celui ci malgré ces blessures s'enfuit. L'homme est un clandestin, un chicano qui a franchit la frontière avec son épouse América et qui vivent cachés dans un cabanon en attentant des jours meilleurs.Delaney lui le progressiste, pronant la tolérance et écologique acharné, prend peur et voit dans cet accident un danger pour sa vie de nanti , protégé et respectueux des lois. Alors, Delaney sombre dans une paranoia qui l'amène à récuser tous ces idéaux.Et si cet homme portait plainte ?
    T;C. Boyle met face à face deux mondes qui vont s'affronter par l'intermédiaire de Delaney et Candido. Boyle montre avec un talent incroyable comment Delaney oublie ces principes dès lors qu'il sent une menace sur les siens et que son imagination se met à dérailler.
    Un portrait saisissant, de deux destins qui s'opposent, la peur de voir son petit monde bien établi s'effondrer. Les conditions de vie (de survie plutôt) de Candido et América sont insupportables et le basculement de Delaney vers une radicalité à l'opposé de ces croyances sont formidablement décrits. le roman sonne avec une justesse glaçante. Et Boyle de taper sur la tête de cette grande Amérique hypocrite, donneuse de leçons. C'est tellement plus facile chez les autres. Boyle dresse un réquisitoire sans appel, un uppercut qui vous laisse KO. Un roman implacable, impressionnant, dérangeant et terriblement d'actualité.
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    Critique de qualité ? (15 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 05 août 2008

    Woland
    The Tortilla Curtain
    Traduction : Robert Pépin
    Souffle, réalisme, rigueur et humanité sont les principales qualités de ce livre qui reçut, en 1997, un Prix Médicis Etranger largement mérité.
    Boyle y traite de l'immigration mexicaine clandestine aux USA et des différentes conséquences que cela peut avoir sur les communautés WASP. Pour ce faire, il a choisi comme héros deux hommes qui, bien que de culture différente, ont beaucoup de points communs. L'un de ces points - le principal, peut-être - c'est qu'ils feraient tout, y compris l'impensable, pour la femme qu'ils aiment.
    Le premier, l'Américain, Delaney, est un écrivain amoureux de la Nature, de tendance démocrate et écolo. Blanc et protestant, il est né du bon côté de la barrière et sa situation sociale est solidement assise, au sein de la Résidence de l'Arroyo Blanco, où il possède une jolie maison ultra-moderne qu'il partage avec Kyra, sa seconde épouse, et le fils de celle-ci, Jordan.
    Le second, Candido, est un Mexicain sans qualification, né pauvre parmi les pauvres et qui, pour gagner sa vie et celle de sa famille, a toujours dû s'exiler dans "el Norte", chez les Gringos. Comme Delaney, lui aussi a été marié une première fois mais sa femme l'a quitté pour plus riche et, quand commence le roman, il se retrouve de l'autre côté du Rio Grande, avec sa seconde épouse, America, qui est enceinte de lui et qui croit - désespérément - que, aux Etats-Unis, elle pourra, elle aussi, prétendre à une vie tranquille.
    Rien évidemment ne va se dérouler selon les plans prévus tant par l'un que par l'autre. Ainsi, après avoir accidentellement renversé Candido avec sa voiture et avoir cherché à le mener chez le médecin, Delaney, qui comprend bien que l'autre est en situation irrégulière, finit par lui donner vingt dollars et par reprendre la route, persuadé que son chemin ne croisera plus jamais celle du Mexicain. De son côté, Candido doit faire face à trop de soucis (échapper à la "Migra", la police de l'immigration, retrouver santé et travail, nourrir América et surtout la protéger des prédateurs qui rôdent) pour penser à cet étranger brièvement entrevu.
    Seulement, entre eux deux, se dressent les mondes auxquels ils appartiennent : des voisins de Delaney, décidés à tout pour obtenir la construction d'un mur qui freinera les vols et les agressions dans leur lotissement, et des brebis galeuses mexicaines qui, elles, sont bien décidées à s'introduire dans le lotissement pour s'y livrer à un pillage en règle.
    Ainsi, de chaque côté, montent l'incompréhension, la colère, la peur, puis la haine, jusqu'au clash final qui emporte Delaney et risque fort d'emporter aussi Candido.
    Le tour de force de T.C. Boyle, c'est que, à aucun moment, il ne tombe dans le parti-pris. A une particularité de caractère ou de raisonnement chez Delaney, en correspond une autre chez Candido. De même, le patron blanc d'América fait des avances à celle-ci mais ne cherche pas à la violer : ce sont deux Mexicains qui abusent d'elle en l'absence de Candido. Rien n'est tout blanc, rien n'est tout noir - et surtout rien n'est simple au fond. La peur et la colère de Delaney peuvent se justifier car il y a eu, effectivement, agression et pillage. Mais la révolte de Candido se justifie de son côté par le fait que le système lui refuse le droit de vivre en homme digne de ce nom.
    Un grand roman, qui donne envie de lire d'autres ouvrages de son auteur et qui fait parfois penser à Steinbeck, au meilleur de sa forme. Car la morale d'"América" - si morale il y a, en tous cas, je vous rassure : elle est sous-entendue - c'est que Delaney & Candido auraient pu, en d'autres temps, en d'autres lieux, sympathiser au moins un peu ...
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par litolff, le 09 mai 2010

    litolff
    Où l'on voit que le politiquement correct et les bons sentiments ont leurs limites : quand un clandestin mexicain débarque illégalement dans le beau jardin soigné d'un californien persuadé de sa propre tolérance, rien ne va plus ! Humour impitoyable, fable tragique, un roman génial !
    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Tschel, le 04 mai 2010

    Tschel
    La cruelle réalité d'un mexicain qui tente sa (mal) chance en passant clandestinement la frontière nord-américaine, entraînant dans ses malheurs sa jeune épouse, confronté à la triste réalité de riches américains se barricadant dans leurs villa de luxe et leur confort futile. Dur, mais instructif. Pincha vida !
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)

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Les carnets de route, François Busnel, France 5, épisode 7/7, 26/04/2012
Rencontre avec T. C. Boyle
Decouvrir une autre Amerique a travers le regard de ses ecrivains, voila ce que propose Francois Busnel, une fois par mois, avec ces 'Carnets de route'. Sept emissions de rencontres, de surprises et d'emerveillements, mais aussi d'interrogations et parfois meme de critiques impitoyables.
Episode 7. Un reve californien. De Los Angeles a San Francisco, en passant par Santa Barbara, la Californie reflete mieux qu'aucun autre Etat l'idee du reve americain. Son nom, d'abord : Californie. Lorsqu'il la decouvrit au XVIe siecle, l'explorateur Cortes la baptisa ainsi parce que California etait le nom d'une mysterieuse princesse regnant sur un royaume ou coulaient d'abondance le miel et l'or. Ou trouva-t-il son inspiration ? Dans un roman ! Decidement, le pouvoir de la litterature est bien plus grand qu'on ne le pense...








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