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ISBN : 223212245X
Éditeur : Editions Seghers (2004)


Note moyenne : 4.08/5 (sur 213 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
A la gloire de la femme aimée, Aragon, le dernier poète courtois, a composé ses plus merveilleux poème " Ma place de l'étoile, à moi, est dans mon cœur, et si vous voulez connaître le nom de l'étoile, mes poèmes suffisamment le livrent. " Pétrarque a chanté Laure, Ronsa... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Malaura, le 13 novembre 2011

    Malaura
    Lorsqu'on ne connaît pas grand-chose à l'art de la versification, le mieux encore est de parler avec son cœur.
    Dans « Les Yeux d'Elsa » de Louis Aragon (1897-1982), nombreux sont les poèmes qui parlent au cœur.
    Mais n'est-ce pas la vertu première de toute poésie, d'imprimer un mouvement de l'âme, un vibrato profond sous le souffle des mots ?
    Lire « Les Yeux d'Elsa » c'est comme entendre une mélodie douce, languide et langoureuse, comme une eau cristalline qu'on boirait à sa source.
    Les mots parlent d'Elsa bien sûr ; Elsa Triolet, elle-même écrivain et femme idolâtrée, muse enchanteresse, compagne au quotidien de l'homme et du poète.
    Les vers d'Aragon sont tout empreints de cet amour puissant, sincère et absolu : « Tes yeux sont si profonds qu'en m'y penchant pour boire, j'ai vu tous les soleils y venir se mirer », « Moi je voyais briller au-dessus de la mer, Les Yeux d'Elsa Les Yeux d'Elsa Les Yeux d'Elsa ».
    Mais derrière ces magnifiques vers dédiés à l'être aimé, se love un autre amour, celui-là partisan, c'est celui de la France alors agenouillée sous le poids allemand.
    Le recueil fut écrit entre 1941 et 1942, pendant la Seconde Guerre Mondiale : « on trouvait parfois au fond des ruelles, un soldat tué d'un coup de couteau ». La France est alors occupée, Paris est occupée, « reverrons-nous jamais le paradis lointain, les Halles, l'Opéra, la Concorde et le Louvre ».
    Pour Aragon, l'engagement passe aussi par la poésie, si bien qu'il n'aura de cesse de dissimuler au détour de ses strophes, sa tristesse devant la débâcle d'une France accablée, endeuillée et contrainte à l'exode.
    « Les Yeux d'Elsa » sont donc chargés de cette part d'Histoire, à laquelle vient également se greffer le souvenir de la Première Guerre et la splendeur passée de la France d'antan.
    Et c'est cela aussi qui donne cette dimension particulière au recueil.
    Les images, les symboles affleurent à chaque rime, comme en code caché, les deux amours s'y confondent, celui de la France, celui d'Elsa, enchanté et vibrant lorsqu'il s'agit de la femme, douloureux et poignant lorsqu'il s'agit de la patrie mais toujours abritant une part de tristesse, « France et Amour les mêmes larmes pleurent, rien de finit jamais par des chansons ».
    Aragon sait si bien manier les mots et la langue, que ses poèmes revêtent une multitude de formes et d'aspects.
    Déclinés en alexandrins, octosyllabes, sonnets ou quatrains, à la manière classique des romantiques du XIXème siècle ou à la façon des poèmes courtois des chevaliers du Moyen-âge, aucun genre poétique ne lui est inconnu et tout est substance à expérience ; « Il n'y a poésie qu'autant qu'il y a méditation sur le langage, et à chaque pas réinvention de ce langage. »
    Le poète joue avec les mots, leur imprimant torsion, distorsion, déformation, pratiquant la flexion et l'inversion, créant des brisures et des césures tout à fait originales et nouvelles avec la volonté de « briser les cadres fixes du langage ».
    Le mouvement surréaliste auquel il a appartenu le porte naturellement à user des images, des métaphores et des symboles, véritables et merveilleuses trouvailles, à la fois élaborées et raffinées mais toujours empreintes d'une fluidité gracieuse et émouvante.
    L'ensemble forme des poèmes mouvants, libres, ondoyants, musicaux.
    Le mieux serait sans doute d'être assisté d'un professeur pour nous révéler toutes les subtilités et tous les artifices de la poésie d'Aragon. La présente édition, agrémentée de textes en prose de l'auteur et d'une postface signée Lionel Ray, nous en apporte toutefois un éclairage intéressant et bienvenu.
    Pour le reste, laissons-nous simplement porter par ces vers magnifiques qui sont autant de chants et romances d'amour.
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    • Livres 4.00/5
    Par Malaura, le 13 novembre 2011

    Malaura
    L'art de la poésie est un travail d'orfèvre
    Unir les mots qu'il faut pour créer l'alchimie
    Ourler à fin pinceau comme on peignait les lèvres
    Jadis des geishas dans un jeu kabuki
    Horloger minutieux ciselant sa césure
    Agençant patiemment les rouages du temps
    Pour faire de ses heures implacables tortures
    Rimes qui ne se fanent sous le souffle du vent
    Le poète est celui qui sait au cœur parler
    Aragon vous le fûtes, l'étiez, l'êtes toujours
    Vos mots comme des notes, noire et blanche portées
    Sur une partition jouent le chant de l'Amour
    Certains ont la douceur des mots que l'on murmure
    Certains ont la tendresse des mots qu'on dit tout bas
    Certains creusent leur trou comme une sépulture
    A l'ombre des regrets, des vœux qu'on n'émet pas
    Vous dites qu'en poésie faiblesse fait beauté
    Qu'il n'est rien de plus pur que cette défaillance
    Rien de plus délicat que syntaxe violée
    Pour imprimer au cœur sa part de délivrance
    Tel un ruisseau secret dont l'eau libératrice
    Apaise les blessures et les mauvais tourments
    La poésie est pure énergie créatrice
    Déposant sur les plaies une fraîcheur d'onguent
    Ferrat, Brassens, Ferré ont su vous rendre hommage
    En mettant en chansons vos fleurs, ces immortelles
    Vous les avez mariées sous un beau ciel d'orages
    En bouquets de poèmes que la nuit ensorcelle
    Il est bien difficile parler de poésie
    Lorsqu'on n'est pas adepte de rime et de césure
    De stances et de pieds ni même d'harmonie
    De ces vers combinés qui donnent la mesure
    Le mieux est de laisser alors parler son âme
    Dire par quelle magie les mots ont su l'étreindre
    Allumer en son sein la permanente flamme
    Ondoyant sous un feu que rien ne peut éteindre
    Vous avez ardemment et avec quel génie
    Dans des chants plein de vie unit vos deux amours
    Elsa et puis la France, la muse et la patrie
    Résonneront longtemps au cœur des troubadours.
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    • Livres 4.00/5
    Par vincentf, le 18 juillet 2012

    vincentf
    Comme le saumon, je remonte gentiment vers la source : Le Fou d'Elsa, Elsa, Les yeux d'elsa. Les écrits changent, l'amour reste. Ce premier mouvement invente un clacissisme renouvelé pour dire, inspiré des trouvères de jadis et d'Apollinaire, la dame aimée malgré la guerre, les yeux qui rendent l'oubli possible, l'amour comme acte de résistance à la folie meurtrière. Ecrire de la poésie amoureuse en 1942, c'est cracher à la gueule d'Hitler aussi. La rime, avec laquelle Aragon s'amuse tant, est française, c'est un bien national qu'on ne peut pas spolier. Laissons donc la parole au poète :
    Il advint qu'un beau soir l'univers se brisa
    Sur des récifs que les naufrageurs enflammèrent
    Moi je voyais briller au-dessus de la mer
    Les Yeux d'Elsa Les Yeux d'Elsa Les Yeux d'Elsa
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    • Livres 5.00/5
    Par grisette, le 16 juin 2010

    grisette
    l'amour a merveilleusement inspiré Aragon.

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    • Livres 5.00/5
    Par ntmymtoxic, le 30 juin 2013

    ntmymtoxic
    Je découvre l'univers de Louis Aragon et Elsa Triolet bien tard, un couple d'amoureux mythique et baroudeurs en politique. L'histoire débutante d'une liaison hésitante et tâtonnante, entre eux, il y avait une femme de trop et puis, ce fut une explosion de textes pour Elsa, serait-ce sa façon de lui dire pardon de l'avoir fait souffrir d'aimer et lui dire combien Elsa est Elsa pour lui ?
    Ce fut pour un véritable tournant dans ma vie cette lecture et la rencontre de ces amoureux par le biais de ces poèmes.
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Citations et extraits

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  • Par marina53, le 20 août 2013

    Donne-moi tes mains pour l'inquiétude
    Donne-moi tes mains dont j'ai tant rêvé
    Dont j'ai tant rêvé dans ma solitude
    Donne-moi tes mains que je sois sauvé

    Lorsque je les prends à mon propre piège
    De paume et de peur de hâte et d'émoi
    Lorsque je les prends comme une eau de neige
    Qui fuit de partout dans mes mains à moi

    Sauras-tu jamais ce qui me traverse
    Qui me bouleverse et qui m'envahit
    Sauras-tu jamais ce qui me transperce
    Ce que j'ai trahi quand j'ai tressailli

    Ce que dit ainsi le profond langage
    Ce parler muet de sens animaux
    Sans bouche et sans yeux miroir sans image
    Ce frémir d'aimer qui n'a pas de mots

    Sauras-tu jamais ce que les doigts pensent
    D'une proie entre eux un instant tenue
    Sauras-tu jamais ce que leur silence
    Un éclair aura connu d'inconnu

    Donne-moi tes mains que mon coeur s'y forme
    S'y taise le monde au moins un moment
    Donne-moi tes mains que mon âme y dorme
    Que mon âme y dorme éternellement.
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  • Par Malaura, le 04 novembre 2011

    Aucun mot n'est trop grand trop fou quand c'est pour elle
    Je lui songe une robe en nuages filés
    Et je rendrai jaloux les anges de ses ailes
    De ses bijoux les hirondelles
    Sur la terre les fleurs se croiront exilées

    Je tresserai mes vers de verre et de verveine
    Je tisserai ma rime au métier de la fée
    Et trouvère du vent je verserai la vaine
    Avoine verte de mes veines
    Pour récolter la strophe et t'offrir ce trophée
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  • Par Malaura, le 14 octobre 2011

    Elle avait peur que la nuit fût trop claire
    Elle avait peur que le vin fût grisant
    Elle avait peur surtout de lui déplaire
    Sur la colline où fuyaient des faisans
    N’aimes-tu pas le velours des mensonges
    Il y a des fleurs qu’on appelle pensées
    J’en ai cueilli qui poussaient dans mes songes
    J’en ai pour toi des couronnes tressées
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  • Par marina53, le 11 novembre 2012

    Je te supplie amour au nom de nous ensemble
    De ma suppliciante et folle jalousie
    Ne t'en va pas trop loin sur la pente choisie
    Je suis auprès de toi comme un saule qui tremble

    J'ai peur éperdument du sommeil de tes yeux
    Je me ronge le coeur de ce coeur que j'écoute
    Amour arrête-toi dans ton rêve et ta route
    Rends-moi ta conscience et mon mal merveilleux.
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  • Par Malaura, le 12 novembre 2011

    Un soir j’ai cru te perdre Elsa mon immortelle
    Ce soir mortel pour moi jamais n’a pris de fin
    Nuit d’un Vendredi saint que tes grands yeux constellent
    La mort comme la vie a-t-elle
    La saveur de l’ivresse ô mon verre de vin

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