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ISBN : 2844144314
Éditeur : L'Association (2011)


Note moyenne : 4/5 (sur 18 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Ciudad Juarez, située au nord de l’Etat de Chihuahua au Mexique, connaît depuis deux décennies une criminalité qui l’a rendue tristement célèbre. Une longue série de meurtres et de disparitions de femmes a coloré la ville de manière à la faire classer comme une des plus... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (5)

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    • Livres 4.00/5
    Par Yggdrasil, le 05 juillet 2014

    Yggdrasil
    Que valent les rêves, l'imagination, l'espoir face à la violence et aux meurtres ? Que peuvent les murs, les barbelés quand " le vent de la mort souffle au-dessus des frontières. Parce que lui, rien ne l'arrête. Il se moque bien de savoir à qui appartient le sang versé " (page 9).
    Baudoin et Troub's nous emmènent dans un échange impossible, un rêve, un portrait, un espoir, la mémoire d'une vie. Un témoignage silencieux et fort sur une ville, sur des conditions d'existences dans "la capitale mondiale du meurtre".
    Ciudad de Juárez, état de Chihuahua, nord du Mexique. La vie, les rêves y sont les mêmes qu'ailleurs, travail, santé bonheur, seul le désir de paix semble plus fort. La différence est autre, terrée au fond des yeux. Les regards ne trichent, ne mentent pas. Leur silence est plus fort, plus éloquent. "Ce que dit un regard est plus franc, moins réfléchi, plus intérieur, intraduisible avec des mots. Il est arrivé que celui que je questionnais lise ma déception dans l'écoute de sa réponse, dans son silence il me disait alors :"Tu as bien lu, remplis les blancs"" (page 122). Ils recèlent la peur, la souffrance, la misère et l'espoir. Ils taisent les morts, la drogue, ces gangrènes qui rongent leur ville, leur vie. " C'est si fragile et si fort une vie" (page 42).
    Mais ici à Juarez, capitale mondiale du meurtre, la vie peut s'arrêter très vite surtout pour une jeune femme… car ici "une femme malhonnête ça donne des idées aux hommes, ça réveille des haines antiques de la femme . (…) Près de 500 femmes assassinées, 600 disparitions depuis 93" (page 22).
    Baudoin et Troub's nous content leur quotidien, dressent des portraits de ces gens en échange d'un bout de leur intimité, un morceau de leur rêve. Deux troubadours de la vie et du rêve jonglant avec l'espoir, la paix. Ils nous embarquent dans cette quête de liberté et de fuite car en face rayonne la frontera, El Paso et le reflet de la réussite américaine bien loin des maquiladoras et des narcotrafiquants. Une histoire à quatre mains pour "dire la vie dans cette ville où l'on meurt", pour "voir ce qu'il y a derrière la vie". Un voyage pour que les rêves deviennent réalité, pour qu'ils ne soient plus des cauchemars, parce que le souvenir, l'espérance, l'amour doivent être plus fort que la vie et la violence: no mas cruces.
    Merci à une babeliote pour ce voyage, sa gentillesse et sa patience.
    Pour approfondir le sujet http://www.lacitedesmortes.net/


    Lien : http://pmasq.wordpress.com/2014/07/05/viva-la-vida/
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  • Par alouett, le 09 décembre 2011

    alouett
    De la rencontre entre Edmond Baudoin et Troub's est né cet album. Initialement, c'était un projet fou de faire un voyage à Ciudad Juarez, une ville au passé riche et agité, une ville cosmopolite. le taux de mortalité y est élevé en raison d'une guerre des gangs acharnée due à la présence massive de narcotrafiquants. Cette agglomération est également un lieu de passage presque incontournable pour de nombreux migrants qui fuient la pauvreté et espèrent parvenir à passer la frontière clandestinement… Au bout de la route, peut-être quelques-uns trouveront-ils l'Edlorado américain ? Car Ciudad Juarez se situe sur la frontière entre le Mexique et les États-Unis ; la ville est mitoyenne avec une ville du Texas : El Paso. Au milieu : des barbelés et la voie ferrée qui dépend de la gare (située dans la partie américaine). Les rues de la ville sont désertées dès la tombée de la nuit, les gens se mettent en sécurité jusqu'au petit matin où la Une des journaux se chargent de faire le résumé des incidents de la nuit passée.
    « Un anniversaire d'adolescents : 14 morts dont un enfant ».
    Mais ce n'est pas tout. Ciudad Juarez défraye la chronique. Chaque année, des centaines de femmes sont kidnappées, séquestrées, torturées. Des centaines de cadavres ont déjà été retrouvés. Les sévices sont tels que les visages sont parfois méconnaissables rendant impossible l'identification de la victime. Ciudad Juarez est donc une ville traumatisée par ces innombrables meurtres de femmes constatés depuis 2003.
    Le projet d'Edmond Baudoin et de Troub's s'est concrétisé en 2010, leur séjour a duré un mois ½ (du 1er octobre à mi-novembre). Leur objectif ? Montrer le côté “humain” de la ville. Équipés de leurs carnets de croquis, ils sont allés à la rencontre des habitants et leur ont proposé de dessiner leurs portraits. En échange, ils ont demandé aux gens de leur dire quels sont leur rêve. Ce voyage est donc avant tout un voyage de rencontres et d'amitiés éphémères.
    (...)

    Lien : http://chezmo.wordpress.com/2011/12/07/viva-la-vida-los-suenos-de-ci..
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    • Livres 5.00/5
    Par jovidalens, le 15 août 2013

    jovidalens
    Un très beau texte en introduction de cette BD : celui de Paco Ignatio Taibo qui dit si bien ce que j'essaie d'exprimer bien mal : « C'est un travail merveilleux que vous allez lire. Par ce qu'il raconte, mais aussi parce qu'il utilise un des plus grands Arts du XXIème siècle, la Bande Dessinée. Ce langage où se mêlent les réflexions, les dialogues images, l'objectivité et la subjectivité »
    Prévenue, et complètement séduite : Chapeau bas !
    Excellent titre pour une BD dérangeante écrite et dessinée à 4 mains, 4 yeux et 2 coeurs.
    Ces deux là , ils se sont rencontrés à Angoulème, après avoir lu un livre d'un auteur Chilien Roberto Bolano qui a décrit un enfer (un de plus) et un nouveau type de crime : le "féminicide". Encore une ville frontière, livrée en tribut à une guerre de gangs et à une autre plus silencieuse, sournoise, sur les profits.
    Baudoin et Troubs sont partis quelques six semaines pour rencontrer ceux qui y vivent à Ciudad Juarez, armés de leurs talents et une seule question aux lèvres : "Quels sont vos rêves ?"
    Et ils en ont rencontrés de celles et ceux qui sont coincés sur ce bout de terre mexicaine, séparée par le Rio Grande d'une mirifique ville américaine.
    Ciudad Juarez c'est une ville chargée d'histoire, où aujourd'hui on y survit ...si on peut, et plus souvent on y crève ! Salement ! Cruellement ! et avec plus de barbarie pour les femmes.
    Oui, mais toute une population y vit, travaille, élève ses enfants, se mobilise pour améliorer le quotidien, créer une vie plus humaine.
    Et ce sont ces gens dont ils vont partager la vie, et c'est à ceux-là qu'ils vont poser LA question : "Quels sont vos rêves ?"
    Selon certains historiens, ce sont les utopies qui sont les moteurs des avancées sociales, des projets de société du futur. Ici, il n'est question que des rêves, ceux que chacun entretient au fond de son cœur. Et ils sont simples et humbles ces rêves : « travailler », « terminer des études », « être heureux et faire des heureux »,…
    De cette confrontation entre ces souhaits et l'extrême dureté de la vie quotidienne on est porté par un formidable élan vital. Pas de pathos , mais un profond respect pour celles et ceux qui y vivent, à Ciudad Juarez, mais aussi à Gaza et ailleurs.
    On ne s'habitue pas à ces horreurs mais reste à espérer qu'ils en viendront à bout armés de leurs rêves et de l'énergie qu'ils mettront à les réaliser.
    Quant au graphisme, c'est encore Paco Ignatio Taibo qui en parle le mieux ; « le graphisme du livre me déconcerte et me fascine. …Il me rappelle ce qu'ont provoqué chez moi les aquarelles de Delacroix, les carnets africains…Il y a des cases qu'on aimerait garder toujours…Et ces cases deviennent des histoires et ces histoires construisent une des fresques les plus intéressantes que j'ai lues ces dernières années. »
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    • Livres 4.00/5
    Par DamienR, le 22 mars 2012

    DamienR
    Ce récit de Baudoin et Troubs à la Ciudad Juarez fait suite à la publication de "2666" de Roberto Bolaño qui comporte une grosse partie sur les crimes envers les femmes dans cette ville depuis les années 90.
    La Ciudad Juarez, c'est avant tout une ville frontière au nord du Mexique. En face, aux États-Unis, son alter ego est "El Paso". Ciudad Juarez est d'abord comparée aux autres frontières tragiques : Tanger, les limites des Burundi-Rwanda-Congo, la bande de Gaza... Ce qui se trouve de l'autre côté de la frontière attire les migrants, les trafiquants, la misère, la violence...
    À Ciudad Juarez dans les années 90 se sont installées des usines américaines, profitant de salaires très bas au Mexique : les maquiladoras. Elles y ont accueillies beaucoup de femmes, notamment seules. Malgré des conditions de travail très difficiles, d'une certaine manière ces femmes se retrouvaient plus autonomes mais aussi plus vulnérables car suspectées de malhonnêteté. C'est en tout cas une des raisons invoquées par les auteurs à la longue succession de crimes atroces. Mais ils décrivent aussi le climat de terreur nocturne : trafic d'armes, guérilla entre les cartels de la drogue, ou entre ceux-ci et la police. Les relations sont ambigües avec le gouvernement, qui est lui-même violent, arbitraire. Il faut dire que la ville possède des ressources gazières importantes.
    Dans cet excellent reportage témoignage, on retrouve les ingrédients décrits dans le roman de Roberto Bolaño qui font de Ciudad Juarez la ville la plus dangereuse du monde. Les rencontres avec les Juarenses sont nombreuses et instructives : les auteurs ne se sont pas contentés de décrire la situation depuis leur hôtel comme dans le récent "Journal de Oaxaca" par Peter Kuper.
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    • Livres 5.00/5
    Par OliZ, le 31 août 2011

    OliZ
    Octobre 2010, grâce à la bourse culturelle Stendhal, nous voici donc avec Baudouin et Troubs sur un projet d'auteur, un carnet de voyage à quatre mains à Ciudad Juarez, ville du Mexique située au bord de la frontière avec les Etats-Unis, en face d'El Paso...
    Après la lecture du roman 2666 de Roberto Bolaño, Edmond Baudoin est frappé par l'importance donnée à Ciudad Juárez comme une ville des plus dangereuse au monde !
    Depuis près de quinze ans, des meurtres de femme horribles s'y multiplient, tandis que sévit également la guerre entre les cartels de la drogue et que la police, corrompue, ne choisit pas toujours son camp...
    Un road trip à travers des paysages désertiques, des restaurants d'autoroutes miteux, mais aussi ponctué de belles rencontre.
    Baudouin et Troubs sont partis avec une idée noble dans leurs cartons : donner un visage aux damné(e)s de Ciudad Juárez. Ils dessinent les portraits des habitants qu'ils croisent et leur demandent quel est leur rêve !
    De cette démarche candide se dégage, page après page, une étonnante leçon d'espoir.
    Au-delà d'un constat alarmant, glauque et sanguinaire, ainsi qu'un tabloïd local qui présente immanquablement la photo de "la" victime de la nuit ... Ciudad Juárez vit bel et bien !!

    Lien : http://alamagie-des-yeux-doli.over-blog.com/article-viva-la-vida-824..
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Critiques presse (2)


  • BoDoi , le 15 novembre 2011
    Un peu d’innocence et d’espoir, porté par le talent de deux dessinateurs enthousiastes et humanistes, qui dépassent le reportage sur le vif pour proposer un poignant témoignage graphique de la misère et de la force d’un peuple. Bravo.
    Lire la critique sur le site : BoDoi
  • Telerama , le 14 septembre 2011
    Dans ce vibrant récit en duo, […] Baudoin et Troubs font le portrait attachant d'une humanité qui vit l'enfer mais n'a pas renoncé à ses rêves.
    Lire la critique sur le site : Telerama

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Citations et extraits

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  • Par alouett, le 09 décembre 2011

    La nuit, il vaut mieux rester chez soi, c’est une affaire entendue. Et essayer de dormir. Mais il y a : les chiens qui montent la garde et qui aboient entre eux. Ils sont innombrables. Les sirènes de la police, perçantes, tout au long de la nuit. Crissements de pneus. Courses poursuites. On imagine. Et puis, plus subtils, mais tout aussi redoutables, les klaxons des trains, sourds et profonds comme les cornes de brume qu’on entend dans les ports. La gare est du côté USA. L’appel du large
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  • Par jovidalens, le 15 août 2013

    Des portraits, des yeux qui observent, qui scrutent, qui parlent, qui lisent.
    Quel est votre rêve pour la vie ?
    Il est arrivé que la réponse soit loin de ce qu'entendaient mes yeux. Ce que dit un regard est plus franc, moins réfléchi, plus intérieur, intraduisible avec des mots. Il est arrivé que celui que je questionnais lise ma déception dans l'écoute de sa réponse, dans son silence il me disait alors :"Tu as bien lu, remplis les blancs."
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  • Par OliZ, le 31 août 2011

    C’est une des filles d’Alberto, elle a seize ans. C’est une épreuve de dessiner un enfant. Il n’y a aucune retenue chez eux. Ils ont dans ce regard encore du questionnement des nouveaux-nés. Ils cherchent quelque chose dans mes yeux d’homme vieux. Et je ne suis pas sur d’être à la hauteur de ce genre de chose. Alors, mon pinceau pèse des tonnes.

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  • Par zevince, le 18 avril 2014

    C'est une des filles d'Alberto, elle a seize ans. C'est une épreuve de dessiner un enfant. Il n'y a aucune retenue chez eux. Ils ont dans le regard encore du questionnement des nouveaux-nés. Ils cherchent quelque chose dans mes yeux d'homme vieux. Et je ne suis pas sûr, jamais, d'être à la hauteur de ce quelque chose.
    Alors, mon pinceau pèse des tonnes.

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  • Par OliZ, le 31 août 2011

    Notre but était de raconter la vie dans cette ville où l’on meurt tellement. On a beaucoup voyagé, surtout Jean-Marc Troubs, dans des pays en difficulté, et partout il y a la vie. Même dans les pays en guerre il y a des gens qui se bagarrent pour la paix, pour la vie.

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Vidéo de Edmond Baudoin

Vidéo prise par Nylso lors de la résidence Histoires Croquées du 5 au 30 avril 2010 à Novella avec Vincent Vanoli, Edmond Baudoin et Nylso.








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