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ISBN : 2226240071
Éditeur : Albin Michel (2012)

Note moyenne : 2.86/5 (sur 49 notes)
Résumé :
Un père emmène ses deux filles en vacances d’été à Ouessant. Il se remet mal de son divorce, d’avoir perdu leur garde, n’arrive pas à leur dire qu’ils sont là en souvenir d’un ami d’enfance à Lyon, originaire de l’île natale, qui prenait sa défense quand on le traitait d’Arabe ou d’étranger. Lui s’est toujours senti lyonnais même s’il garde la nostalgie des départs sur le Ville de Marseille l’été pour Alger. La pluie incessante, le regret des filles d’avoir quitté l... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
gouelan
07 mai 2015
  • 5/ 5
Un homme divorcé, d'origine algérienne, emmène ses deux filles en vacances sur l'île d'Ouessant.
Cette île du bout du monde, recèle des trésors pour qui sait être patient. Elle n'est pas trop au goût de Zola et de Sofia, qui rêvent du soleil de l'Algérie. Mais, pour leur père, cette île est chargée de sens.
Elle lui rappelle son ami d'enfance Yvon le breton, un autre immigré, en quelque sorte.
C'est un roman sur la nostalgie, la douleur de l'exil, la différence. Un père, un peu maladroit qui essaie de recoller les morceaux avec ses deux filles, «son île au trésor ». La magie de l'île opère.
J'ai aimé l'écriture poétique de l'auteur, avec ses phrases courtes et non dénuées d'humour. On ressent toutes les émotions de ce papa tendre, fragile et pudique. On ressent ses blessures du passé, qu'il tente de cacher au fond de lui, ne mettant pas de mots sur les maux, s'en tenant à la philosophie de son père :
« de mon père, je tenais cette philosophie : ne partager avec les autres que le meilleur et garder ses malheurs au fond, sous la godasse, jusqu'à ce que le temps les réduise en poussière, parce que le malheur est le plus grand dénominateur commun entre les humains. Alors il vaut mieux que chacun garde sa part pour soi, sinon notre besoin de consolation ne s'apaise jamais. »
Beaucoup d'émotions partagées dans ce court roman qui nous raconte l'histoire de ce père ayant du mal à se faire une place dans le coeur de ses filles. Pourtant, on sent bien l'amour qui les unit. Il ressemble à ce coquelicot :
« Un peu plus tard, mon regard s'égara sur un coquelicot né sur l'accotement de la chaussée, seul, résistant aux gouttes de rosée et aux coups de vent qui tentaient de le plier. Il était touchant. »
La vie est comme un coquelicot, éphémère et fragile. Il faut en prendre soin comme il faut prendre soin de ceux qu'on aime :
«… les coquelicots ne se cueillent pas, ma chérie, sous peine de mort. Ils se contemplent sur pied. À la moindre tentative d'enlèvement, ils se meurent, leur robe rouge se désagrège et leur sang se répand. C'est comme l'amour, dès qu'on y goûte il commence à fondre… »
Qui mieux que cette île désolée du bout du monde ; Enez Eusa, pour traduire les tourments de cet homme perdu, et pour lui redonner espoir, puisqu'elle ne manque pas de charme et de magie.
Salam Ouessant nous donne bien envie d'aller faire un petit tour sur cette île.
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TerrainsVagues
05 août 2015
  • 5/ 5
Salam Ouessant, c'est … c'est …
C'est « Des racines et des elles ».
Oui c'est ça, le genre d'elles qui donnent… des ailes.
Des pulsations, quelques battements de coeur à coeur, quelques battements … d'elles pour s'élever et voyager à travers le temps.
Qui sont-elles?
Enfants, mère, premier amour, ex femme, dernier frisson…
Salam Ouessant ce sont toutes ces rencontres faites par Azouz Begag , mais pas seulement.
C'est aussi un questionnement sur le regard de l'autre et le regard sur l'autre, sur l'identité et la place des descendants d'immigrés (incroyable que certains puissent encore se poser la question aujourd'hui…), sur l'amour que tant de gens font rimer avec toujours (encore incroyable hein …) et du « crime » qu'est le fait de ne plus aimer, sur le divorce et les pères divorcés à qui on fait payer le désamour au prix fort (et il n'est pas question d'argent).
Salam Ouessant, c'est une histoire d'amitiés, une histoire d'amours où la légèreté flirte avec l'émotion. C'est une histoire simple de gens ordinaires dans ce qu'ils ont de plus noble : l'authenticité.
Et puis … il y a cet Océan toujours là, quelque part, et puis… Ouessant, ce bout d'un monde avec ses dégradés de gris et ses embruns venus des cieux.
Azouz Begag m'a profondément touché par son histoire qui n'a rien d'exceptionnelle, je ne saurai dire pourquoi mais, quelle importance puisque… touché.
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petitsoleil
11 mai 2013
  • 3/ 5
Un livre d'Azouz Begag, pas forcément son meilleur, mais demeure son talent de conteur : des phrases poétiques, des interrogations du narrateur, père divorcé et plein de doutes, sur la paternité, la famille, le divorce, l'héritage des parents, faits de mots, d'expressions, de culpabilité aussi ... culpabilité encore plus forte depuis le décès de son frère Malik, celui qui rêvait sa vie plus qu'il ne la vivait ... culpabilité et interrogations face à l'hostilité et aux questions des "Français de souche" : "vous êtes de Lyon, oui mais AVANT" ...
en souvenir de son copain Yvon d'Ouessant, celui avec qui il partageait une forte amitié, teintée de saudade, d'exil, et puis surtout, le seul qui l'a défendu quand il s'est fait tabasser à l'école, le narrateur choisit un séjour d'une semaine à Ouessant, quand ses deux filles ne rêvaient que d'Algérie et de soleil ...
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myriampele
01 septembre 2014
  • 5/ 5
J'ai dévoré ce petit roman avec beaucoup d'appétit. D'abord parce qu'il est vrai, et que le coeur de ce papa débordant d'amour pour ses filles un peu ingrates m'a touchée, ensuite parce que l'atmosphère d'Ouessant est tellement justement décrite et aussi parce que j'aime l'écriture de Azouz Begag et l'honneur qu'il fait à son pays, sans entrer dans la dégoulinante nostalgie. Une belle histoire!
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Northanger
03 septembre 2012
  • 3/ 5
Le narrateur, un père de famille récemment divorcé emmène ses filles Sofia et Zola en vacances pour la première fois ; il a choisi l'île d'Ouessant, en souvenir d'un camarade de classe originaire de cette île bretonne. Mais le séjour ne s'annonce pas sous les meilleurs auspices : le temps est maussade, les filles en colère, reprochent constamment à leur père la séparation.
Mes impressions sont un peu mitigées. J'ai apprécié le style à la fois limpide et percutant d'Azouz Begag, mais j'ai fini par me lasser de l'apathie du personnage et de ses interrogations. Après des débuts dynamiques, l'action m'a semblé s'enliser un peu trop dans l'indécision et la mélancolie. de plus, l'île d'Ouessant paraît sous un jour bien peu favorable, à l'exception de quelques évocations poétiques.
Une petite déception donc, pour ce livre dont je me réservais la lecture depuis plusieurs semaines... Mais paradoxalement, il m'a donné envie de découvrir les autres oeuvres d'Azouz Begag.
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Citations & extraits (48) Voir plus Ajouter une citation
petitsoleilpetitsoleil10 mai 2013
Ouessant. Première nuit. J'avais commencé la lecture du seul roman que j'avais apporté, quand une pluie d'abord en biseau, puis en marteaux, s'est mise à cogner sur le toit. Les dieux faisaient une grande lessive d'été. Ils essoraient les nuages à pleines mains. Les fantômes de l'île voulaient nous renvoyer au bled. (...)

J'avais peur que mes filles paniquent sous les rafales, alors je me suis posté devant l'entrée de leurs chambres et j'ai fait le guet une bonne partie de la nuit, une lampe torche à la main.

Des éclairs fluorescents fouettaient le ciel, déchiraient les constellations en mille éclats de miroir, et, quelques secondes après une accalmie suspecte, on entendait des obus qui tombaient autour de notre maison, la bourrasque battait les vitres, inondait les massifs d'hortensias, le nain de jardin ruisselait, son visage flashait sous les éclairs (...)
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petitsoleilpetitsoleil10 mai 2013
Une sirène de bateau hurle. Nous sommes à bord du Ville-de-Marseille.
Nous regardons le vieux port qui s'en va derrière, la Canebière qui remonte vers la gare Saint-Charles, nous passons devant l'île de Monte-Cristo et sa légende du prisonnier, nous disons au revoir à la Bonne Mère en imitant l'accent de Fernandel, de Raimu et de Marcel Pagnol. (...)

Sur le pont qu'une brise commence à fouetter, mon père a déposé nos valises en cercle pour nous protéger du froid et surtout pour surveiller les richesses destinées aux cousins de là-bas. Il a dû voir cette tactique de campement dans les films de John Wayne, quand les Comanches attaquent les caravanes d'immigrés irlandais. Ou peut-être a-t-il entendu parler de la smala de l'émir Abdelkader.
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TerrainsVaguesTerrainsVagues04 août 2015
Avec Yvon, j'ai appris que les méandres de la mélancolie sont tortueux et que la douleur d'être loin de chez soi ne se mesure pas en kilomètres sur une carte Michelin. C'est une émotion à fleur de peau, un petit vertige de chaque jour qui ronge l'âme, une vague, qui creuse incessamment.
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TerrainsVaguesTerrainsVagues05 août 2015
Ce n’est pas parce que je n’ai jamais su dire de mots d’amour que je dois en payer le prix toute ma vie ! D’autres en disent à tout moment, mais ne les pensent pas un instant. Moi je n’en dis pas, mais je les pense tout le temps !
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petitsoleilpetitsoleil10 mai 2013
"J'aurais préféré aller en Algérie."
Elle a ajouté qu'une copine de sa classe y était actuellement en vacances avec sa famille, elle lui avait envoyé une superbe carte postale qui donnait envie d'y plonger, tant les paysages étaient beaux.
Et le soleil radieux.

L'Algérie ?
Sur le coup, pris de court, j'ai failli monter sur mes grands chevaux et crier à tue-tête pour défendre mon choix d'Ouessant. Quoi ? L'Algérie ?
Mais tu ne sais pas de quoi tu parles, ma fille !
Dans la fournaise de l'été africain, les températures dépassent les quarante degrés et on ne peut pas mettre le nez dehors entre 9 heures et 17 heures, la chaleur accable, les rayons de soleil fusillent à bout portant tous les audacieux qui posent le pied sur un trottoir de la ville et même les figuiers demandent la clémence au ciel en feu.
Dehors, dans le paysage calciné, les ruisseaux se sont brûlés et comme suspendus en l'air.

Mes filles se seraient vite ennuyées à l'intérieur de la maison vide que mon père avait construite du temps où ses bras avaient du répondant. Il n'y avait pas d'air conditionné, pas d'eau courante, pas de télévision. Nous aurions fini par nous quereller. Il n'en était pas question.
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