ISBN : 202102783X
Éditeur : Editions du Seuil (2010)


Note moyenne : 3.27/5 (sur 41 notes) Ajouter à mes livres
Trois sœurs que la vie a éloignées se retrouvent chez leur père à l’occasion d’un dîner d’anniversaire. Dans la maison d’enfance, les souvenirs affleurent. Les gestes deviennent nerveux, les langues fourchent et les rancœurs s’invitent autour de la table. Au dessert, un... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par argali, le 02 décembre 2011

    argali
    Trois sœurs. Trois jeunes femmes rousses aussi différentes que peuvent l'être des sœurs. Irène l'aînée, fleuriste et mère de famille, a un caractère fort, dominant. C'est l'aînée. La narratrice, la cadette, se cherche encore, peu sûre d'elle. Elle commence une relation qui ne l'agrée pas tout à fait mais n'ose pas le dire à son compagnon. Et puis, il y a Charlie, la benjamine. La petite sœur qui a toujours eu l'impression d'être la pièce rapportée dans une famille qui avait déjà beaucoup vécu avant son arrivée. Charlie est discrète, menue, un peu à la frontière familiale.
    La narratrice nous emmène dans son histoire de famille. C'est un enterrement qui fait affluer les souvenirs. Nous voici assise dans la voiture qui conduit les sœurs dans la maison de leur enfance pour fêter un anniversaire. Les 38 ans d'Irène. Un anniversaire qui va bousculer leur vie.
    Leur mère est morte depuis longtemps mais son image continue de flotter dans la maison, dans les pensées de chacune, dans leurs souvenirs, dans la pièce qui fut son bureau et que l'on n'ouvre jamais, tel un sanctuaire. Chacun voudrait que le temps ne passe pas, que le passé reste bien à sa place. Malgré Catherine, la compagne du père.

    Le thème est classique mais le roman est déroutant. On croit tout comprendre mais avons-nous toutes les pièces en main ? La cadette semble distante, silencieuse, spectatrice de ce drame qui se joue devant elle. Elle paraît extérieure à ce qui lui arrive, ne semble jamais prendre son avenir en main. Elle s'arrange du quotidien, des imprévus, déboussolée ou fataliste. Elle n'est ni l'aînée dominante, ni la benjamine à qui on pardonne tout – elle est jeune encore. Elle est celle du milieu, disponible pour ses sœurs, gardienne du temps pour les autres.

    L'écriture est sensible et légère même lorsqu'elle narre des émotions fortes et des drames. Ces vies qu'Anne Berest nous raconte en distillant les états d'âmes de chacun, paraissent si lisses. Puis le coup d'éclat arrive et tout nous est jeté en pleine figure : les mensonges, l'autorité du père, le manque de la mère, la jalousie, la rancœur… Qu'en faire ? Comment gèrer cela ? Comment la narratrice vivra-t-elle avec ce poids ?

    J'ai trouvé le récit plein de charme. Les réactions et les sentiments de chacun sont très bien décrits ; l'écriture est soignée, agréable. On peut peut-être regretter que les personnalités ne soient qu'effleurées ; on voudrait en savoir davantage sur chacune et on reste un peu sur sa faim. le roman m'a paru un peu trop léger quelques fois.
    Mais on se laisse prendre par la narration, les réactions fraternelles, les fous-rires au mauvais moment, les regards qui en disent longs, cet amour qui les lie toutes les trois. On retrouve bien l'amour ambigu qui peut unir des sœurs, fait de tendresse et de cruauté, de don total et de retenues pudiques.

    Un bon premier roman qui me donne envie de suivre son auteure.
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par carre, le 06 mars 2012

    carre
    Comment un diner d'anniversaire réunissant trois soeurs leur père et sa nouvelle compagne se transforme en réglement de compte. Anne Berest pour son premier roman fait une première remarquée. Parce que la jeune auteur en nous contant l'histoire de ces trois belles jeunes femmes, nous mène sur des fausses pistes et nous surprend avec subtilité et adresse. Cette famille heureuse en apparence malgré le la douloureuse absence de la mère biologigue va exploser après la révélation d'un secret familial. Ce roman sur la filiation nous charme et nous émeut car Anne Berest nous manipule avec talent et surtout nous emmène bien plus loin que ne le laissait penser l'intrigue.
    Un beau roman à découvrir.
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    Critique de qualité ? (16 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par liratouva2, le 11 décembre 2010

    liratouva2
    Voici un premier roman qui démarre sur les chapeaux de roue et je me suis dit qu'il était passionnant et que je risquais de m'endormir très tard avec un tel livre.
    Tout commence lorsque la narratrice se retrouve à l'enterrement de son père, dix ans après celui du père de son enfant. Rien de particulier sauf que si tout le monde est en noir, elle, elle porte une robe marron. L'explication sera donnée dans le dernier chapitre, là, toutes les énigmes s'éclairciront, soit le 6 août 2010.
    Entre temps, l'histoire de cette famille de trois sœurs désormais adultes, très tôt orphelines de mère et dont le père vit avec une autre femme, cette histoire est rythmée par quatre grands repas de fêtes qui sont aussi les titres de quatre chapitres: le jour de l'anniversaire du père, le jour de la Toussaint, le jour de Noël, le jour de la Saint-Sylvestre. Quatre réunions de famille et autant de disputes ! Les trois sœurs en veulent à leur père de leur imposer la présence d'une belle mère qu'elles n'aiment pas, alors excédée, celle-ci se venge en leur jetant à la face un terrible secret de famille : l'une des filles n'est pas de ce père-là !
    Laquelle ? Personne ne le dira et chaque fille réagira différemment, selon son tempérament.
    Jusqu'à ce moment précis, je me suis régalée ! J'étais ferrée et ne désirais qu'une chose : connaître la suite, le plus vite possible, tambour battant, comme au début, seulement voilà, le soufflé est vite retombé et l'autre moitié du roman m'a plutôt ennuyée ! Déjà je soupçonnais la fin, ce qui est assez désagréable en soi mais surtout si l'ensemble est bien structuré, l'intrigue, elle, manque considérablement de chair. Un vrai squelette ! On n'a pas le temps de sympathiser avec l'un quelconque des personnages ! On connaît les faits , les souvenirs, les discussions mais trop peu les émotions et les sentiments. Pourtant, tout ce qui fait un bon roman s'y trouve : le secret et les rebondissements qu'il entraîne mais c'est trop maigre ! Il m'aurait fallu du plus consistant.

    Lien : http://liratouva2.blogspot.com/2010/12/la-fille-de-son-pere-par-anne..
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Litterature_et_Chocolat, le 29 novembre 2011

    Litterature_et_Chocolat
    Quel étonnant petit roman! Anne Berest possède une plume affûtée, agréable à lire, un style concis qui rythme avec bonheur ce récit dont l'intrigue n'est pourtant pas d'une grande originalité. L'écriture de la romancière est aussi dure et froide que le sont ses protagonistes, sans chaleur ni empathie : voilà un style tout entier au service du récit.
    .
    L'auteur prend le parti de questionner des thèmes maintes fois traités en littérature, à savoir la filiation, les secrets de famille, les relations distantes entre un père et ses enfants. La saveur de ce petit roman réside dans l'habileté de l'auteur qui embarque le lecteur dans un voyage hasardeux. Imaginez-vous partir à l'aventure, sans carnet de route, sans guide : Anne Berest décrit, relate, expose des faits, une histoire, des ressentis et semble être portée par un récit qui lui échappe. Ses personnages évoluent à leur guise, quoique prisonniers de traits de caractère façonnés par le carcan familial; le lien qui unit les membres névrosés de cette famille banale et bancale est ténu. Les relations sont entravées par une froideur et une distance inconfortables, des non-dits prégnants, des colères rentrées, des conflits larvés et de sourdes rancœurs.
    .
    Bien sûr, la fin est perceptible rapidement, car l'enjeu de ce livre, qu'on dévore pourtant comme un roman policier dont on aimerait connaître le meurtrier, ne réside pas dans l'aboutissement mais dans le cheminement. Il manque certainement à ce roman une énergie qui métamorphoserait ce roman en un récit poignant et profond. On ressort de ce livre habité par un sentiment diffus, un halo de sensations impermanentes, des questionnements fugaces, et le roman se laisse oublier doucement.

    Lien : http://litteratureetchocolat.wordpress.com/2011/11/29/la-fille-de-so..
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par muse2805, le 21 mai 2012

    muse2805
    C'est cru, c'est cash, c'est abrupt, mais c'est la vie; une de ses vies cachées où le secret de famille explose comme le bouchon de champagne, à l'occasion d'un repas de famille. C'est la vie telle qu'elle est , avec des mots justes en plus.C'est bien quand çà sort.
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)

Critiques du Magazine Littéraire



  • Critique de Angélique Walter pour le Magazine Littéraire

    Apprendre que l'on n'est pas la fille de son père, tel est le fil qui tend le premier roman d'Anne Berest. Derrière cette histoire somme toute tristement banale - une dispute éclate lors d'une réunion de famille... > lire la suite

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Critiques presse (1)


  • Lexpress , le 06 septembre 2011
    Par la voix de sa jeune narratrice, la cadette, Anne Berest, 32 ans, renouvelle d'une plume singulière et troublante les thèmes ô combien explorés du secret de famille, de la filiation, de la sororité.
    Lire la critique sur le site : Lexpress

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Citations et extraits

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  • Par Litterature_et_Chocolat, le 29 novembre 2011

    Je ne sais pas très bien comment nous sommes passés de la photographie aux Chinois, mais soudain papa a dit :
    « Heureusement que la Chine est une dictature avec huit cent millions de paysans qui ne savent ni lire ni écrire! »
    [...] Notre père a une vision du monde assez inédite, qui n’appartient qu’à lui. Sans diplôme, il s’est construit un monde mental détaché de toute forme d’académisme, guidé par le hasard des rencontres et des livres qui lui tombaient sous la main. Son crâne est un champ peuplé d’une flore désorganisée, de jardins luxuriants et d’autres désertiques, où rien ne prendra jamais.
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  • Par chroniquesassidues, le 21 novembre 2011

    l faudrait pouvoir, à l'aide d'un filtre magique ou d'une visionneuse interne, remonter le temps et se revoir, avant. Se souvenir de ce que nous pensions alors, de nos impressions, mais avec la prescience des événements à venir, afin de ne pas oublier certains détails que nous regretterons, plus tard, d'avoir négligés au profit de futilités qui occupaient nos esprits et nous semblaient, alors, de la plus haute importance - et que nous avons, depuis, évidemment oubliées.
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  • Par Sharon, le 18 décembre 2010

    Les pères qui n'ont que des filles, comme les mères qui n'ont que des fils, restent pour toujours des rois et des reines absolus. Quelque chose en eux résiste, qui ne se dissout pas dans la progéniture.
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  • Par Isa70, le 18 janvier 2012

    Il y avait chez eux* des produits qui n'existaient pas ailleurs. Des savons écaillés qui trempaient dans un jus marronnâtre, des granules d'arnica, des boîtes de nourriture qu'on ne voyait jamais dans nos supermarchés, c'était comme aller dans un pays étranger, la vieillesse." *les grands-parents
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  • Par Prunella, le 30 novembre 2011

    C'est à ce moment précis que je comprends. Trente-huit ans. A partir d'aujourd'hui, Irène va devenir, chaque jour, un peu plus vieille que notre mère.
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Interview d'Anne Berest au sujet de son nouveau livre La fille de son père (paru chez Seuil) dans l'émission Dialogues littéraires.








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