ISBN : 220506679X
Éditeur : Dargaud (2011)


Note moyenne : 4.29/5 (sur 31 notes) Ajouter à mes livres

Arthur Vlaminck, le conseiller du ministre des Affaires étrangères en charge du langage, doit préparer les nouveaux discours du ministre. La crise du Lousdem est au coeur des préoccupations : les Américains menacent de déclencher... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par ygounin, le 05 janvier 2012

    ygounin
    Il y a bien des façons de décrire la politique étrangère de la France et ceux qui la font. La bande dessinée n'est pas la plus frivole comme le démontre la magistrale réussite de ces « Chroniques diplomatiques ». Leur lecture divertissante en apprend autant sinon plus sur le Quai d'Orsay que certaines études austères consacrées à la politique étrangère de la France.
    Forts du succès du premier tome publié début 2010 et bientôt porté à l'écran par Bertrand Tavernier, Abel Lanzac et Christophe Blain récidivent. On retrouve avec délectation l'hyperactif Alexandre Taillard de Worms, double à peine déguisé de Dominique de Villepin, et tous ses collaborateurs du ministère des affaires étrangères. Là où le premier tome multipliait les saynètes au risque de la dispersion, le deuxième a plus d'unité : il y est question de la guerre imminente avec le Lousdem (même si le mot est truculent pourquoi ne pas appeler un chat un chat et évoquer sans ambages l'Iraq ?) et des efforts déployés par la France pour l'éviter.
    Comme dans le premier tome, l'action est racontée du point de vue de ces collaborateurs de cabinet qu'il est d'usage de caricaturer en technocrates prétentieux et serviles. Abel Lanzac (ce pseudonyme cache la « plume » de Villepin qui l'accompagna au Quai puis à Matignon avant de rejoindre le réseau culturel français à l'étranger) évite cet écueil. Il se donne le rôle du Candide en interprétant Arthur Vlaminck, un jeune normalien fraîchement recruté par le ministre pour rédiger ses discours et encore peu au fait des us et coutumes diplomatiques. A ses yeux, le Quai d'Orsay ressemble certes à une maison de fous : les diplomates travaillent comme des déments, s'écharpent sur des virgules et ont un ego surdimensionné. Mais leur intelligence aiguisée, leur dévouement total à leur ministre et à leur pays et leur professionnalisme pointu sont la meilleure réponse à la caricature facile d'une diplomatie Ferrero Rocher. A la différence de certains romans à clés où la fiction autorise l'auteur à quelques règlements de comptes, le regard porté par l'auteur sur les Vimont, Laboulaye, Farnaud ou Felix-Paganon est toujours empathique.
    Christophe Blain réussit l'exploit de capter l'essence d'un Villepin pourtant physiquement peu ressemblant, héros paradoxal d'un album dont il est le centre mais dont il semble pourtant vouloir toujours s'échapper. Il court, il discourt, il éructe, il fulmine, il surgit, il s'en va … mais on ne s'est jamais ce qu'il ressent. On ne saisit de lui que ce qui en est montré. Les couvertures des deux tomes le présentent minuscule, dans un décor immense et écrasant. La leçon est la même que celle du film de Pierre Schoeller « L'exercice de l'Etat » : le pouvoir est solitaire.
    Cette bande dessinée rend-elle Villepin plus sympathique ? Par bien des aspects, le personnage est insupportable. Les pages qui le décrivent au Club'Med pérorant sur la marche du monde devant un groupe de touristes, mi-hilares mi-fascinés sont parmi les plus drôles de l'album. Pourtant, à l'instar du Chichi des Guignols de l'Info, les défauts du personnage finissent par le rendre attachant. Sa fougue, son énergie, sa hauteur de vues ne peuvent laisser indifférents. « Quai d'Orsay » est à mille lieues de l'affaire Clearstream.
    Plus de 110.000 exemplaires du tome I ont été vendus. On peut escompter un succès similaire pour le tome II, bien servi par une campagne de presse efficace et par un remarquable bouche-à-oreille. C'est une réussite inespérée pour une BD a priori réservée à un petit cercle d'insiders. Elle est révélatrice de l'intérêt que suscitent la diplomatie et sa fabrique dans un large public dès lors qu'elles lui sont expliquées avec intelligence et humour.
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Bigmammy, le 03 décembre 2011

    Bigmammy
    Comment faire pour pondre un second numéro encore plus drôle et plus vrai que le premier opus. Vraiment, Alexandre Taillard de Vorms - un ministre qui resemble tellement à Dominique de Villepin - est impayable. Ce deuxième épisode (je ne dis pas second, car j'en espère bien un troisième, et même une série) retrace la genèse du fameux discours à l'ONU, heure de gloire absolue du ministre des Affaires étrangères français.
    Comme dans la première livraison, la vie de cabinet est décrite avec brio, c'est exactement comme ça que cela se passe (je regrette de ne pas détenir les clés des personnages, mais ceux qui savent doivent véritablement se gondoler...), avec la vie complètement déstructurée des conseillers, bousculée sans répit par la disctature de l'actualité internationale magnifée par les médias.
    Bref, un nouveau morceau de bravoure, qui sonne juste, drôle et pitoyable à la fois. du grand art....
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par yokai, le 25 février 2012

    yokai
    Après un premier tome très réussi — voir ici — que vaut ce deuxième opus ? N'y allons pas par quatre chemins, il s'inscrit dans la continuité et est tout aussi excellent que le précédent. Quel plaisir de se retrouver plongé dans l'intimité d'un cabinet ministériel, d'observer l'art subtil de la diplomatie et de voir se nouer les luttes intestines. Avec à sa tête un ministre d'une telle carrure — au propre comme au figuré — et possédant un tel phrasé, c'est un réel plaisir et une bonne partie de rigolade. Nous retrouvons un Dominique de Villepin — pardon un Alexandre Taillard de Worms — encore plus flamboyant, charismatique, imprévisible et énergique que jamais. On ne peut s'empêcher d'avoir de l'empathie pour le personnage principal, conseiller en charge des "langages" auprès du ministre — comprenez en charge de rédiger les discours. On partage son incrédulité devant la fulgurance de son chef, ses sauts contextuels, ses idées hors du commun et sa propension à élever le débat pour affronter ses adversaires très haut dans un monde parallèle.
    Il faut dire que l'époque qui est décrite est flatteuse pour le chef de la diplomatie française. Elle a contribué à redorer le blason du pays lorsqu'il s'est opposé avec force et panache à la guerre en Irak face à la toute puissance des Etats-Unis. Nous assisterons au point d'orgue de cet épisode, le fameux discours (voir la vidéo) prononcé devant l'ONU à New York
    Et c'est un vieux pays, la France, d'un vieux continent comme le mien, l'Europe, qui vous le dit aujourd'hui, qui a connu les guerres, l'occupation, la barbarie. Un pays qui n'oublie pas et qui sait tout ce qu'il doit aux combattants de la liberté venus d'Amérique et d'ailleurs. Et qui pourtant n'a cessé de se tenir debout face à L Histoire et devant les hommes.(source)
    Alors qu'en coulisse les propos étaient un peu moins grandiloquents — en parlant des preuves relatives aux armes de destruction massives recherchées en Irak c'est à dire: un tube d'aluminium pour l'enrichissement de l'uranium, un scientifique possédant des documents sur le programme nucléaire, un bunker chimique et un véhicule de décontamination.
    Il nous a assommés pendant 1H20 avec des prétendues preuves grotesques. Un tube de plomberie de chiottes ... Un moustachu avec un livre ... Une fiole de Mercurochrome ... et un camping car dans le grand Canyon !
    On sent bien que le potentiel est énorme, il doit y avoir des tonnes d'histoires à raconter dans ce univers. Si c'est avec une telle qualité scénaristique, d'écriture et de dessin on en redemande. Je serais tout de même curieux de voir le ministre dans des situations un peu moins favorables: le contrat première embauche (CPE) ou l'affaire Clearstream par exemple. A quand un Matignon tome 1 ?


    Lien : http://www.aubonroman.com/2012/02/quai-dorsay-tome-2-par-christophe-..
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par yvantilleuil, le 20 février 2012

    yvantilleuil
    Le premier volume de Quai d'Orsay invitait à suivre les pas d'Arthur Vlaminck, fraîchement engagé par le Quai d'Orsay pour servir de scribe au ministre des affaires étrangères. Tout en faisant connaissance avec les différents protagonistes, le lecteur se retrouvait plongé au cœur d'une machine politique lancée à toute vitesse.
    Suite à l'immense succès du premier tome, ce second volet était attendu avec grande impatience et beaucoup de curiosité. Il ne faut que quelques pages pour être à nouveau happé par cet univers bouillonnant et impitoyable, dont l'auteur invite à découvrir les coulisses. Au commande de cette locomotive diplomatique, on retrouve le charismatique ministre Alexandre Taillard de Worms, personnage visiblement inspiré de Dominique de Villepin. Croisement entre un moulin à paroles et un véritable courant d'air, l'homme, épris de belles phrases, vit au rythme de l'urgence politique et inonde ses interlocuteurs d'envolées lyriques. Dans son sillage, le cabinet ministériel tente désespérément de rester accroché au bon wagon, retravaillant les discours après chaque virage du pilote, afin de plaire à certains sans froisser les autres. Un exercice périlleux ayant pour enjeu l'image de la France… et la paix dans le monde. Rien que ça !
    Après un premier volet qui servait surtout de mise en place, les auteurs nous servent en effet une histoire beaucoup plus structurée, s'articulant autour d'un duel avec les Etats-Unis concernant la position à prendre vis-à-vis d'un pays du Moyen-Orient accusé de détenir des armes de destruction massive. Opposant d'un côté, des américains prêts à tout pour prouver que Lousdem est un pays terroriste potentiellement dangereux pour la communauté internationale, et de l'autre, la France qui cherche à éviter l'invasion à venir du Lousdem, cette histoire qui n'est pas sans rappeler celle de l'Irak déborde donc de réalisme. Ce combat politique entre un pays qui brandit le poing et l'autre qui riposte de la plume s'avère très intéressant et a même un côté un peu documentaire.
    Ayant travaillé dans plusieurs cabinets ministériels, Abel Lanzac nous emmène de manière très crédible dans la frénésie des coulisses de l'univers politique et invite à découvrir le fonctionnement des organisations qui gravitent autour des hommes d'Etat. Si l'ambiance qui y règne est parfaitement rendue, les dialogues ciselés du scénariste sont également emplis d'humour et de cynisme.
    Graphiquement le trait nerveux de Blain se place au diapason de la tension qui règne au sein du cabinet ministériel. Sa représentation légèrement burlesque du ministre est magistrale et fait ressortir le dynamisme et le côté théâtral de ce personnage qui, gesticulant à l'image d'un chef d'orchestre, bat la mesure politique de toute une équipe. Un graphisme plein de panache qui sert à merveille cette comédie du pouvoir.
    Une saga qui devrait ravir les fans de la série télévisée «The West Wing».

    Lien : http://brusselsboy.wordpress.com/2011/12/08/christophe-blain-quai-do..
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  • Par LibrairieLeFailler, le 26 janvier 2012

    LibrairieLeFailler
    Quai d'Orsay est né de la rencontre de Christophe Blain et d'Abel Lanzac, un ancien membre du cabinet de Dominique de Villepin. Fort de son expérience auprès de l'ancien ministre des Affaires étrangères, Abel Lanzac raconte tout et mime tout. Christophe Blain conçoit alors un personnage haut en couleur nommé Alexandre Taillard de Vorms, ministre à l'égo surdimensionné, qui jongle avec ordres, contre ordres, et citations flamboyantes.
    La vie de cabinet est aussi décrite avec brio : des conseillers bousculés sans répit par la dictature de l'actualité internationale magnifiée par les médias... Bref, un nouveau morceau de bravoure, qui sonne juste, drôle et pitoyable à la fois. A lire en cette période électorale !
    Aude
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Critiques presse (4)


  • Du9 , le 03 février 2012
    Le deuxième et dernier volume de Quai d’Orsay clôt la chronique dessinée des années Villepin, avec le même succès public que le premier.
    Lire la critique sur le site : Du9
  • BDGest , le 18 janvier 2012
    Après le succès amplement mérité du premier tome, il n’y aucune raison de se passer du deuxième, tant ce dernier est à la hauteur de l’attente !
    Lire la critique sur le site : BDGest
  • BoDoi , le 16 janvier 2012
    Avec une science graphique jamais démentie, Christophe Blain continue à bluffer par la théâtralité de ses scènes, la justesse de ses mouvements. Dans ce Quai d’Orsay, il n’y a décidément rien à jeter.
    Lire la critique sur le site : BoDoi
  • Sceneario , le 05 décembre 2011
    C'est un véritable tour de force des auteurs, que de nous plonger dans ce monde si particulier et inconnu, très "secret", avec autant d'humour et de passion. Blain a expliqué : "Tout l'enjeu de notre travail consistait à être à la fois juste et romanesque". C'est exactement ça.
    Lire la critique sur le site : Sceneario

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deblogueursmars2012
Notre déblogueur-journaliste David Medioni nous livre régulièrement ici-même sa sélection de livres qu'il a apprécié ou non. Aujourd'hui, il nous présente trois ouvrages qu'il a particulièrement aimés... Regardez... La présentation du livre "Chroniques de Jérusalem" de Guy Delisle aux éditions Delcourt : Guy Delisle et sa famille s'installent pour une année à Jérusalem. Pas évident de se repérer dans cette ville aux multiples visages, animée par les passions et les conflits depuis près de 4000 ans. Au détour d'une ruelle, à la sortie d'un lieu saint, à la terrasse d'un café, le dessinateur laisse éclater des questions fondamentales et nous fait découvrir un Jérusalem comme on ne l'a jamais vu. La présentation du livre "Quai d'Orsay : Chroniques diplomatiques" de Christophe Blain et Abel Lanzac de aux éditions Dargaud : Arthur Vlaminck, le conseiller du ministre des Affaires étrangères en charge du langage, doit préparer les nouveaux discours du ministre. La crise du Lousdem est au coeur des préoccupations : les Américains menacent de déclencher une guerre à laquelle s opposerait le gouvernement français. le ministre, Taillard de Worms, s apprête justement à prendre la parole à ce sujet au siège de l'ONU, à New York. Mais toute cette agitation ne semble guère perturber un nouvel hôte du Quai d'Orsay : un chat qui s'est pris d affection pour le directeur de cabinet ! La présentation du livre "La petite fille sur la photo: La guerre d'Algérie à hauteur d'enfant" de Brigitte ...








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