Qu’une usine est partout et aujourd’hui toujours comme d’entrer dans une maison d’enfance. Roulement au fond des bruits, l’odeur reconnaissable d’huile chaude, sous les doigts le nylon épais des portes et ... > voir plus
Et non pas fiction que dans ce que nous appelions laboratoire, au bout des allées poussiéreuses après le hall de câblage nous travaillions à ces machines dont l’appellation le premier jour ne m’évoquait rien et qui prennent ensuite le volume entier du crâne : machine à souder par faisceau d’électrons d’abord une odeur, ces allées et leur crasse, le bruit des meules et le métal brûlé, les robots qu’on essayait ne marchaient pas encore vraiment comme il faut mais c’était curieux déjà dans la pièce noire ce bras tordu bougeant à trois mètres son électrode mobile tandis que le clavier et l’écran affichaient des suites opaques de nombres et codes que nous apprenions à manier.
François Bon à la Gaité Lyrique (Paris) le dimanche 8 mai 2011, à l'occasion du festival "Paris en Toutes Lettres" - "Les écrivains s'inquiètent du monde"- François Bon en résidence à Paris La Défense, puis à la Gaité Lyrique