Découpé en cinq parties, ce roman m'a laissé un goût mitigé en bouche. Très émouvante, la première partie nous permet d'accompagner Clara et ses amis dans les derniers jours de Lisa. On y découvre une bande d'amis unis depuis l'enfance, prêts à tout pour être auprès de leur amie, pour partager avec elle sa souffrance, mais qui réalisent que face à la mort, Lisa restera seule. Et puis, après une fin de première partie qui m'a quasiment tirée quelques larmes, j'ai attaqué la deuxième partie bille en tête, sans rien comprendre puisque
Caterina Bonvicini, petite coquine, avait entre temps changé de narrateur, qui était également devenu un homme anglais, et nous présentait une tout autre situation... Là, j'avoue que j'ai eu du mal pour revenir dans l'histoire, d'autant que Ben, l'anglishe précédemment cité, m'a semblé totalement froid, dénué de coeur, et uniquement mû par le succès de sa chose, Anna. Partant de là, je ne percutais pas vraiment ce que venait faire cet homme aux quatre ex-femmes qui passe plus de temps à se lamenter sur ses mariages ratés et ses enfants qu'à s'interroger sur la maladie de sa dernière ex-épouse, emportée à la fleur de l'âge et sans doute à l'apogée de sa carrière.
Finalement, en nous présentant ces deux histoires qui se croisent dans le centre de soin palliatif,
Caterina Bonvicini nous propose deux visions totalement extrêmes de l'accompagnement de la fin de vie, du deuil, et de la vie d'après... D'un côté, Clara et ses amis, dont la vie va être bouleversée par la mort de Lisa et qui vont réaliser qu'ils ont grandi et ne sont plus les enfants d'avant, et de l'autre, Ben obnubilé par sa musique, ne voyant pas la souffrance d'Anna, incapable de changer, enchainant les conquêtes pour masquer sa vieillesse... Autant dire un personnage tout bonnement antipathique !
Cette mise en perspective des deux situations, si elle offre un contraste saisissant, ne m'a pas apporté grand chose en dehors d'une certaine frustration. J'aimais Clara, sa manière de nous raconter Lisa et leur groupe d'ami, la vie qu'elle dégageait, j'aurai voulu qu'elle occupe toute la place, qu'elle me parle encore et encore du deuil, de la difficulté de le surmonter, de faire à la fois le deuil d'une amie et le deuil d'une époque... J'aimais l'émotion ressentie lorsque c'était Clara qui me parlait, en comparaison avec la froideur et l'absence de sentiments de celles de Ben...
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