> Guillemette de Saint-Aubin (Traducteur)

ISBN : 9782267022063
Éditeur : Christian Bourgois Editeur (2011)


Note moyenne : 3.62/5 (sur 13 notes) Ajouter à mes livres
Suite au décès de sa femme Aura Estrada, Francisco Goldman a entrepris l’écriture de ce texte souvenir, chronique d’un amour perdu. Il retrace l’enfance de la jeune femme, ses brillantes études au Mexique et les moments fondateurs de leur relation de couple.
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 3.00/5
    Par Malaura, le 13 janvier 2012

    Malaura
    « le vent souffle des rides sur une mer calme et ces rides, qui donnent prise au vent, deviennent des vagues, et tandis que les vagues prennent de la hauteur, le vent les pousse avec plus de force, les accélérant, augmentant leur taille. Ce n'est pas l'eau elle-même qui voyage, mais l'énergie du vent. Cette nuit-là, où était la vague d'Aura dans son long voyage vers Mazunte ?»
    On ne pense pas toujours à la force phénoménale des vagues venues de l'océan.
    Des vagues à la puissance destructrice telle, qu'elles sont capables de vous briser net, aussi sûrement que si vous n'étiez pas plus qu'une brindille ondoyant sur l'eau ou l'un de ces bouts de bois flottés qu'on voit souvent échoués sur la grève.
    Aura Estrada était la femme de Francisco Goldman.
    Elle est morte le 25 juillet 2007, sur une plage du Mexique, d'un accident de body surf. Elle allait avoir 30 ans.
    Elle a « pris une vague », comme on dit…Mais celle-ci ne lui a laissé aucune chance. Elle a littéralement cassé Aura, lui brisant les vertèbres, écrasant sa colonne vertébrale et sectionnant les nerfs qui contrôlent la respiration, le torse et les membres. On peut dire qu'Aura a joué de malchance sur une plage d'ordinaire paisible où nul accident n'avait jamais encore été dénombré.
    Comment survivre à la tragédie ? Comment se reconstruire, se relever, ou simplement continuer à vivre quand l'être que vous chérissez le plus au monde depuis quatre ans vous est arraché de façon si brutale ?
    A l'aube de la cinquantaine, Francisco Goldman avait rencontré Aura Estrada, jeune femme vive, drôle, intelligente, cultivée…
    Ils s'étaient aimés, s'étaient accordés, et s'étaient mariés en 2005.
    Aura était une personne extrêmement brillante. Universitaire, elle faisait un doctorat de littérature hispanique à Columbia. Mais son rêve était d'écrire. le temps lui fit défaut pour entreprendre tout ce qu'elle projetait de faire dans sa vie familiale et professionnelle : avoir un enfant, écrire des livres, devenir un écrivain reconnu…et bien d'autres choses encore auxquelles sa mort précoce a mis un terme dramatiquement, stupidement…absurdement.
    La mort d'Aura a anéanti Francisco mais aussi tous les proches et amis qui l'aimaient, particulièrement sa mère Juanita, femme difficile, possessive et alcoolique qui n'a cessé depuis de reprocher à son gendre cet accident, essayant même de lui intenter un procès et le tenant pour responsable de la mort de sa fille.
    Le « jeune » veuf traverse alors une période de confusion intense, une phase d'autodestruction qui le fait s'adonner à la boisson quasiment tous les soirs, sans pour autant arriver à apaiser son chagrin.
    Une nuit, saoul, il est renversé par une voiture. Cet accident agit sur lui comme un électrochoc, la secousse qu'il lui fallait pour de nouveau affronter la vie.
    Mais s'il souhaite recommencer une nouvelle vie, Francisco ne veut pas oublier celle qu'il aime. Il désire que le souvenir d'Aura ne soit plus un fardeau mais plutôt l'étai, le matériau, le soutien grâce auquel il pourra enfin se reconstruire.
    Sa vie tendra désormais vers un but unique : rendre hommage à Aura, la faire vivre par-delà la mort, vaincre la peur de l'oubli en parlant d'elle, de ce que c'était qu'être Aura Estrada, de ce que c'était que vivre à ses côtés, garder une trace de ce qu'avait été leur vie de couple et la richesse de leur relation, faire en sorte que sa mort ne soit pas vaine.
    Et « Dire son nom » est né.
    Si « Dire son nom » est un récit de vie - la vie d'Aura, la vie de Francisco - il va pourtant bien au-delà de la simple narration de leur vie commune à tous deux et dépasse largement le cadre de la biographie.
    Parce qu'Aura chérissait la littérature, la forme narrative que revêtait la fiction, la liberté, la vie, la créativité qu'insufflait le genre romanesque, Francisco Goldman a construit « Dire son nom » comme un roman.
    Un roman où s'instaure une sorte de dialogue entre l'auteur et l'imaginaire d'Aura. Un voyage au cœur de la femme aimée, son mystère, ses douleurs, ses peurs, son enfance, ses chagrins.
    Comme le souligne l'auteur, son livre prend « la forme d'une vague qui va et qui vient » en se construisant lentement, tantôt dans la douceur d'avant le drame, tantôt dans le déferlement des émotions et du chagrin d'après le drame. Une vague qui enfle, bordée d'écume, puis qui se brise et se dissipe en s'échouant sur la rive des phrases et des mots.
    Un livre exutoire qui n'est pourtant pas un livre de deuil, qui n'est pas triste même s'il est émouvant car, comme un fantôme dont le temps est venu de passer de l'autre côté et auquel on doit se résoudre à dire au revoir, il est aussi une façon de la laisser partir en en gardant le souvenir près de soi, « avec cette impression qu'Aura est en lui maintenant, au bout de ces trois ans pendant lesquels il a écouté sa voix jour après jour, où il l'a couché sur le papier, où il s'est remémoré tous leurs moments passés, où il l'a entendu rire et parler ».
    « Serrez-la fort, si vous l'avez, serrez-la fort, tel est mon conseil à tous les vivants. Respirez-la, mettez le nez dans ses cheveux, respirez profondément. Dites son nom. Ce sera toujours son nom. Même la mort ne peut le voler. le même, vivante ou morte, toujours. Aura Estrada. »

    Prix Fémina du livre étranger 2011.
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    Critique de qualité ? (18 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par marcbordier, le 31 décembre 2011

    marcbordier
    Critique également disponible sur mon blog www.marcbordier.com.
    "Aura est morte le 25 juillet 2007. Je suis revenu au Mexique pour le premier anniversaire parce que je voulais être là où c'est arrivé, sur cette plage de la côte du Pacifique. Maintenant, pour la deuxième fois en un an, je suis retourné à Brooklyn sans elle.” C'est par ces quelques phrases que débute Dire son nom, le roman dans lequel l'écrivain et journaliste américain Francisco Goldman raconte la vie et la mort tragique de sa jeune épouse Aura, brisée par une vague meurtrière alors qu'elle faisait du bodysurf sur une plage de Mazunte, dans l'Etat d'Oaxaca au Mexique. Ils s'étaient rencontrés cinq ans auparavant à New York, à une lecture donnée en l'honneur d'un ami écrivain. D'origine mexicaine, Aura était venue à l'âge de vingt-cinq ans poursuivre des études de lettres dans de prestigieuses universités de la côte Est, à Brown University, puis à Columbia. Poussée par les ambitions d'une mère possessive et par sa passion pour la littérature comparée, elle préparait un doctorat tout en rêvant d'entreprendre une carrière littéraire. Lui, journaliste et professeur déjà presque quinquagénaire, était tombé éperdument amoureux de cette jeune femme brillante. Ils s'étaient mariés après quatre années de vie commune entre Brooklyn et Mexico, avant d'être finalement séparés par la mort.
    Dire son nom raconte fidèlement cette histoire triste. Puisant dans ses souvenirs et dans le journal de son épouse décédée, le narrateur navigue sans cesse entre un passé riche des souvenirs heureux de la vie à deux et un présent synonyme de deuil, de chagrin et d'absence. Ce livre nous touche par les thèmes à la fois ordinaires et universels qu'il aborde : la rencontre amoureuse, le mariage, les joies et les frustrations de la vie de couple, l'amour et la sexualité, les ambitions personnelles, les disputes, les relations familiales, la mort, le malheur et le deuil. Comme d'autres lecteurs, j'ai été sensible à la beauté simple et émouvante du récit de Goldman, même si, je dois l'avouer, j'ai été de prime abord un peu gêné par son caractère intime et personnel. En effet, les personnages, les situations et les scènes qui constituent la trame du récit sont pour l'essentiel directement tirés de la vie de l'auteur, et à peine déguisés par la fiction. Comment lire un roman tiré d'une expérience aussi intime et douloureuse ? A mon sens, comme un hommage de l'auteur à la femme qu'il a aimée, mais aussi et surtout comme un moyen de nous faire toucher du doigt l'essence et la fragilité d'une vie humaine. Dire le nom d'Aura, raconter sa vie dans un roman, c'est prolonger et immortaliser le souvenir de la brillante jeune femme qu'elle fût, et par là communier avec des milliers de lecteurs dans l'expérience universelle de la condition humaine.

    Lien : http://www.marcbordier.com
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Readingintherain, le 19 octobre 2011

    Readingintherain
    Dire son nom est un roman autobiographique. Francisco Goldman a rencontré la femme de sa vie, puis l'a perdue. Et c'est le récit de cette perte qu'il nous fait ici, nous racontant à la fois Aura, sa vie, son œuvre, son fantôme, mais aussi Aura, ses doutes, son accident, sa mort. C'est un récit poignant qui pourtant ne m'aura pas fait pleurer (alors que je suis une fontaine à larmes).

    Lien : http://www.readingintherain.com/2011/10/dire-son-nom-%E2%80%93-f-gol..
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Critiques presse (5)


  • Lexpress , le 02 novembre 2011
    "Peut-être n'avais-je vraiment aimé personne avant Aura", écrit l'inconsolable dans son mémorable et émouvant récit sur le deuil. Ce Dire son nom, incroyablement vivant et incarné, qui frappe par son intensité, sa force et sa nécessité.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • LaLibreBelgique , le 01 novembre 2011
    Aura n’est plus. Elle revit pourtant à la faveur de ce roman autobiographique, intense chapelet d’émotions, de souvenirs, de fulgurances, de cris, de sagesse. Aura nous est rendue. C’est le miracle de la littérature.
    Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
  • Lexpress , le 18 octobre 2011
    Dénué de tout pathos, ce récit est un exorcisme délicat où l'écriture affronte la mort pour nous faire aimer un être disparu. Non, la voix d'Aura ne s'est pas tout à fait éteinte dans le fracas d'une vague, et Goldman la ressuscite avec une pudeur poignante.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • Telerama , le 12 octobre 2011
    « J'ai toujours voulu savoir ce que c'était d'être Aura », écrit, au seuil de cet admirable récit, l'homme que la mort de la jeune femme a lais­sé stupéfait, sidéré, dévasté - l'hom­me qui depuis quatre ans l'aimait, l'avait épousée. Etre Aura, qu'était-ce donc ? C'est pour le savoir que Francisco Goldman a entrepris l'écriture de ce récit - dans lequel s'interpénètrent intimement l'amour et le deuil, le bonheur et la sensation d'irrémédiable perte, jusqu'à rendre indécidable finalement la tonalité dominante du texte.
    Lire la critique sur le site : Telerama
  • LeMonde , le 09 septembre 2011
    Reste que ce beau livre de deuil, écrit avec finesse, et même avec verve, place le lecteur dans une situation à la fois intéressante et embarrassante.
    Lire la critique sur le site : LeMonde

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Citations et extraits

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  • Par Malaura, le 13 janvier 2012

    Serrez-la fort, si vous l’avez, serrez-la fort, tel est mon conseil à tous les vivants. Respirez-la, mettez le nez dans ses cheveux, respirez profondément. Dites son nom. Ce sera toujours son nom. Même la mort ne peut le voler. Le même, vivante ou morte, toujours. Aura Estrada.
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Francisco Goldman vous présente son ouvrage "Dire son nom" qui paraîtra le 25 août 2011 aux éditions Bourgois.








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