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Critiques sur Fahrenheit 451 (59)


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    • Livres 3.00/5
    Par valeriane le 10/05/2008


    Ecrit en 1954, ce roman de Bradbury fait partie des livres qui ont rendu célèbre la forme littéraire de dystopie. A l'opposition de l'utopie, la dystopie nous donne une image du monde la pire qui soit. Mais cette vision ne pourrait-elle pas devenir un jour la réalité de notre monde?
    Fahrenheit 451 est la température à laquelle s'embrase spontanément le papier au contact de l'air.
    Dans ce roman de science-fiction, les pompiers n'oeuvrent plus à éteindre les flammes, mais plutôt à brûler les livres. Montag fait partie de ces pompiers. Il est satisfait de son emploi et plus ou moins de sa vie privée. Un jour, au retour du boulot, il fait la rencontre d'une jeune fille, Clarisse, qui lui fait prendre conscience de toutes ces petites choses qui peuplent le monde et dont plus personne ne fait attention. La vitesse a pris le pas, la censure et l'endoctrinement médiatique sont de rigueur. Sa femme passe le plus clair de son temps auprès de sa \"famille\", diffusée sur trois écrans géants dans le salon. Ils ne se souviennent même plus de leur première rencontre.
    La vie de Montag bascule le jour où, lors d'une intervention, il subtilise un livre interdit et le dissimule chez lui...

    Enfin je me suis plongée dans ce grand classique de science-fiction. SF des années 50 qui pourrait très vite devenir une réalité du XXIè siècle. C'est plutôt une vision pessimiste de la société. Dans le livre, la manipulation saute aux yeux... mais qu'en est-il de notre réalité? Qui peut crier haut et fort que nous ne sommes pas manipulés par les médias? Qui peut dire qu'il ne se laisse pas manipuler par les médias?
    Je ne dis pas que la lecture de ce bouquin va changer la face du monde. Mais il a le mérite de faire réfléchir. Se dire que ce livre a été écrit en 1954...
    J'ai été frappée par cette obsession de la vitesse, ça ressemble beaucoup à aujourd'hui. Alors qu'en est-il du reste? Est-ce que petit à petit le roman de Bradbury va rejoindre notre réalité?
    J'espère bien que non.
    J'espère que ces quelques lignes vous donneront envie de vous plonger dans ce bouquin. Peut-être pas pour débattre sur un sujet de société, mais au moins pour découvrir un grand auteur du XXè siècle.
    Le récit se découpe en trois parties, trois charnières de la vie de Montag. le style narratif est basé sur l'exploration des pensées, du vécu du héros, entrecoupé de dialogue entre les protagonistes. Un récit percutant et qui fait réfléchir.

    critique de qualité ? (17 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par Skarn-sha le 26/12/2011


    Fahrenheit 451 est un grand classique que l'on ne présente même plus.

    L'auteur nous dépeint un futur, pas si éloigné du notre, tant culturellement que temporellement, ou la lecture (de livre) est interdite.

    En effet, lire mène à la réflexion. Chacun réfléchissant différemment, cela amène les gens à avoir des idées différentes, ce qui est déclaré comme antisocial et ennemi de la paix.

    Cette société engendre donc un troupeau de moutons abruti par la télévision, ne pouvant et ne voulant plus réfléchir par eux même (trop fatigant).

    Le personnage type de ce formatage est la femme du héros, Mildred, qui ne vit que pour et par ses écrans géants diffusant la "famille", émission de télé-réalité occupant son esprit en continu.

    Non content de juguler toute réflexion, ce genre de société contrôle aussi les souvenirs. Sans les livres, pas d'histoire, ni de passé. La société est alors libre de le remodeler à sa guise.

    Montag, le héros, n'était pas différent des autres personnes et son métier de pompier-bruleur de livre (Dans la version original, le terme de pompier remplacé par 'firemen' l'homme du feu prend tout son sens) lui plaisait même avant sa rencontre avec Clarisse McClellan, jeune fille excentrique, élevé par sa famille dans l'esprit de liberté individuelle et de réflexion personnelle.

    Elle l'amène à se demander ce que contiennent les livres qu'il brule. Pourquoi des personnes en cachent-ils contre la loi et sont même prêtes à mourir avec eux ?

    Cette simple incitation à la réflexion lui fera remettre en cause toute la société dans lequel il vit.

    C'est un roman percutant et incroyablement visionnaire. A sa sortie, le télévision en était encore à ses balbutiements et pourtant Bradbury décrit des écrans plats recouvrant les murs, la télé-réalité, les lecteurs de musiques portables (appelés les coquillages).

    Il est effrayant car la société décrite pourrait bien être la notre.

    Au final, c'est un livre qui n'a pas trop mal vieillit, malgré les 70 ans.

    Bien qu'il se lise très vite, il entraine beaucoup de réflexions.
    C'est un livre à lire absolument.


    Lien : http://lombredeskarnsha.blogspot.com/2011/12/fahrenheit-451.html

    critique de qualité ? (15 votes positifs)



    • Livres 2.00/5
    Par le-mange-livres le 08/01/2012


    "Fahrenheit 451 : température à laquelle le papier s'enflamme et se consume"

    Incroyable mais vrai, contrairement à une idée solidement établie, je n'avais pas encore lu Farenheit 451.

    "Vous arrive-t-il de lire les livres que vous brûlez ?
    Il éclata de rire. "C'est contre la loi !
    - Ah oui, c'est vrai.
    - C'est un chouette boulot. le lundi, brûle Millay, le mercredi Whitemann, le vendredi Faulkner, réduis-les en cendres, et brûle les cendres. C'est notre slogan officiel".

    Comme chacun le sait, dans un futur indéterminé, les pompiers ont changé de fonction. le jour où ils servaient à éteindre les incendies est bien lointain et presque devenu mythique ; aujourd'hui, ils brûlent les livres, dont la lecture et la possession sont considérées comme subversives dans une société totalitaire où les individus sont abrutis par des loisirs qui rendent leur cerveau disponible.

    C'est le cas de Mildred, la femme du personnage principal, coupée peu à peu du monde réel dont ses "coquillages" diffusant une musique sirupeuse et les murs de son salon transformés en écrans géants la coupent totalement. Montag, lui, est pompier, ce qui lui confère un certain prestige. Sa vie bien rangé ne lui pose pas de problème. Jusqu'au jour où il rencontre une voisine pas comme les autres, excentrique et marginale, qui l'amène à se questionner sur le pourquoi du comment.

    Dès lors sa vie bascule ; il commence par dérober et cacher un livre, un geste qui le surprend lui-même et le conduira très loin, de transgression en transgression. "Mildred recula comme si elle était soudain confrontée à une armée de souris surgies du plancher. Il entendait son souffle précipité et ses yeux s'ouvraient démesurément dans un visage devenu livide. Elle répéta deux ou trois fois le nom de Montag. Puis, laissant échapper un gémissement, elle se précipita, saisit un livre, et courut vers l'incinérateur de la cuisine".

    Un beau livre presque parabolique sur les livres et la lecture, la règle et la rébellion, l'ordre social et l'imagination. Qui nourrit aussi une réflexion sur la littérature et son rapport au réel : "les livres n'étaient qu'un des nombreux réceptacles destinés à conserver ce que nous avions peur d'oublier. Ils n'ont absolument rien de magique. Il n'y a de magie que dans ce qu'ils disent, dans la façon dont ils cousent les pièces et les morceaux de l'univers pour nous en faire un vêtement". La purification par le feu est hautement symbolique ("le feu est clair, le feu est propre") et rappelle, au-delà des autodafés nazis, les pires heures de la seconde guerre mondiale et l'élimination systématique et organisée de la différence.

    C'est donc un bouquin un peu marqué par son temps (1953 !) et l'ambiance de l'après-guerre. le côté post-apocalyptique (on vit en horde, on se retrouve le soir autour du feu) rappelle d'autres grands classiques comme Ravage ou Niourk. La science-fiction à l'ancienne, quoi, comme je l'aime, un poil vintage mais visionnaire et sans effets e manche. Bref, c'est bien. Et c'est un pas de pas plus dans mes bonnes résolutions de lecture 2012.


    Lien : http://le-mange-livres.blogspot.com/2012/01/farenheit-451-ray-bradbu..

    critique de qualité ? (14 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par ianf le 05/09/2011


    Le seul défaut de ce livre, c'est sa classification. Utopie ou dystopie, cela n'est pas vrai. Ou disons que la menace qui plane, c'est que l'utopie devienne réalité. Brûler des livres, regarder des écrans géants toute la journée, être absorbé par l'image qui pénètre le cerveau et martèle aussi bien la conscience que l'inconscient... Dîtes-moi, ne serait-ce pas nous, ça ?
    Fahrenheit 451 est un miracle de la littérature, comme on en connait peu. A la fois un roman magnifique et une oeuvre polémique qui pousse à la réflexion.
    Un roman magnifique, tout d'abord. La prose de Bradbury est exceptionnelle. D'une poésie rare, elle claque les mots comme des fouets qui percutent et nous révoltent, nous fascinent, nous subjuguent. Les métaphores filent, les juxtapositions de termes en créent de nouveaux, et le tout forme un langage nouveau, brûlant, fiévreux et d'une virtuosité rare, dont la beauté est nécessaire pour servir le message.
    Le message, l'oeuvre polémique, maintenant. Il n'y a pas grand chose à dire, si ce n'est que la société que peint Bradbury, c'est celle de l'anti-culture, l'anti-liberté, du refus du savoir, de la complaisance dans la soumission. La confrontation entre Montag et le capitaine Beatty est de ce point du vue la climax du roman. D'un côté, nous avons le livre, l'art, la liberté ; de l'autre, le bonheur, la culture de masse, l'autodafé. En somme, l'opposition classique des utopies/dystopies : liberté ou bonheur, art ou ordre, douleur ou contrôle, résistance ou soumission.
    La fin est absolument bouleversante : la métaphore des hommes-livres, qui fuient le brasier incessant de la société qui abhorre la littérature, est somptueuse. Elle nous fait comprendre que, par delà l'économie, le droit, la politique, ce sont avant tout les mots, c'est avant tout la littérature qui donne au monde sa consistance. La liberté n'existe que parce que la littérature continue d'être. Bradbury est là pour nous le rappeler.
    Sans les livres, pas de réflexion, pas de morale, pas de philosophie, pas de liberté.
    Il fallait un texte magnifique pour nous le faire comprendre. C'est chose faite. Fahrenheit 451, une oeuvre indispensable. Une mise en abîme que tout le monde devrait lire. Ne serait-ce que pour comprendre que lire Shakespeare, lire Flaubert, lire n'importe quel auteur, c'est apprendre à être libre.

    critique de qualité ? (14 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par Seraphita le 30/12/2011


    Guy Montag aime son métier : il est pompier. Dans la société dans laquelle il vit, les pompiers sont pyromanes : ils ont pour mission de brûler les livres des hérétiques qui en cachent chez eux au mépris de la loi. Les pompiers sont appuyés dans leurs missions de limiers-robots, des machines chargées de tuer les hors-la-loi. Un jour, Montag est appelé avec sa cohorte chez une femme qui, voyant l'incendie que les pompiers s'apprêtent à allumer chez elle, décide de s'immoler par le feu. Montag en ressort à jamais altéré. Il s'empare alors discrètement d'un livre…

    « Fahrenheit 451 » est une dystopie écrite dans les années 50 qui nous conte l'histoire d'une société totalitaire qui malmène les livres et leurs lecteurs. « Fahrenheit 451 », c'est la température à laquelle le papier s'enflamme et se consume. Les brigades de pompiers pyromanes, menées par le capitaine Beatty, organisées autour de la Salamandre, se déploient dans la cité et sont chargées du maintien de la loi, en organisant la censure.

    Dans cette société, la littérature et l'imaginaire sont bannis, au profit des médias abrutissants : c'est ainsi que s'élèvent dans les salons des particuliers des « murs-écrans », ce qui n'est pas sans rappeler le mythe de la caverne selon Platon, puisque ceux-ci font régner les ombres sur les murs, créant l'illusion d'une famille. Les « radios-dés » ou « Coquillages », à l'instar des salons-télé, maintiennent les citoyens dans l'étourdissement et le bonheur illusoire.

    Cette société totalitaire, qui fonctionne sur le mode de la censure, a généré sa frange de rebelles, comme Montag. On retrouve ici la même sédition que chez Winston Smith, dans « 1984 » de Georges Orwell. La censure a permis aux révoltés de développer leur faculté de mémoire et d'imagination, puisque chacun incarne la mémoire d'un livre entier.

    Le style de l'auteur est résolument poétique. Il use de nombreuses métaphores qui enrichissent le texte, mais le complexifient également, rendant l'ensemble dense. le début est à ce titre représentatif de la suite, puisqu'il y a plus d'une dizaine de métaphores dès les premiers paragraphes du roman. Les descriptions sont précises et fouillées. L'auteur a recours à une symbolique riche, celle du feu, bien sûr, le feu qui détruit, mais aussi le feu qui purifie, ou le feu bénéfique, apportant chaleur et réconfort. le passage vers la fin où le mythe du Phénix est abordé m'a semblé nodal : c'est à ce moment que l'ouvrage prend tout son sens, à rebours.

    Une fable effrayante, visionnaire à l'image de « 1984 » ou du « Meilleur des mondes » - deux autres dystopies - qui nous amène à réfléchir sur les livres que Bradbury compare, avec son sens des métaphores, à des oiseaux de papier. J'ai apprécié les commentaires didactiques à destination des étudiants qui faisaient suite au roman : cela m'a donné des clés de lecture et de compréhension de l'œuvre.

    critique de qualité ? (10 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Lonewolf le 30/09/2011


    451 degrés Fahrenheit. La température à laquelle un livre s'enflamme selon Bradbury. Et le symbole, avec la Salamandre (animal de feu), des pompiers dans la société décrite ici.
    Fahrenheit 451 est publié aux États-Unis pour la première fois en 1953. On est en plein dans le maccarthysme, la poussée la plus extrême de la peur du “péril communiste” née quasiment aussitôt après la Seconde Guerre Mondiale. L'affaire la plus retentissante de cette période fut celle des époux Rosenthal, arrêtés en 1950, condamnés en 1951, et finalement exécutés en 1953. Il est fort probable que Bradbury ait imaginé Fahrenheit 451 après les débuts de cette affaire,et après les premières persécutions dans le milieu littéraire et artistique envers les personnalités soupçonnées de sympathie communiste (le maccarthysme a poussé Charlie Chaplin à s'exiler, par exemple, et Philip K.Dick a développé sa paranoïa du fait de ses sympathies communistes).
    On pouvait alors se faire arrêter sur simple dénonciation sans preuves, tellement on avait poussé la peur et le fascisme.

    Bon, je devine que je vous emmerde avec mes leçons d'Histoire, mais il est parfois important de resituer le contexte d'une œuvre. Surtout pour celle-ci.
    Car on entre ici dans une société totalitaire, dénuée d'esprit critique et de réflexion, qui n'hésite pas à nier son Histoire, et qui cristallise tout cela par la prohibition du média qui permet le plus, depuis bien longtemps, de transmettre des idées et de faire réfléchir, en plus d'imaginer : le livre.

    Nous sommes non seulement dans une critique ouverte du maccarthysme, mais aussi de la société en général, qui est encore valable aujourd'hui. Dans la société selon Bradbury, on a annihilé tout esprit critique, toute possibilité de réflexion.
    Par la prohibition, bien sûr, mais aussi par la technologie, le matraquage publicitaire…

    Pas une fois on a le temps de réfléchir, ici. Pris dans la vitesse (les voitures roulent à un minimum obligatoire de 80 kilomètres/heure, et on est plus souvent dans les 150…), le matraquage publicitaire (pubs agrandies pour s'adapter à la vitesse, messages répétés dix fois…), et un incessant verbiage vide (la télé est remplacée par les murs qui transmettent d'affligeantes banalités vides de sens et de réflexion), le peu de temps libre qu'on peut avoir est en fait du temps de cerveau disponible pour du formatage par la pub et la société.
    Tiens, ça me rappelle ce que l'ancien patron de TF1 disait vendre à Coca-Cola à travers ses espaces pubs… Quand je disais que le propos restait valable.

    Société mécanisée, fascisée, automatisée, paranoïaque… Une description bien pessimiste, mais tel était le maccarthysme. Et telle est (enfin, moins ^^) notre société actuelle, entre pubs et télé-réalité.

    Il suffit d'un grain de sable, d'une seule prise de conscience, pour gripper et contrarier la machine. Et ici, ce grain de sable s'appelle Guy Montag. Un pompier qui va commencer à avoir des doutes sur le bien fondé de sa mission, et va se rebeller lentement contre le système en voulant faire la lumière sur lui-même et ses doutes.
    Et il va découvrir comment on en est arrivé là grâce à un autre personnage…

    C'est simple. On y est arrivé en se taisant, en ne réagissant pas, et la majorité fascisante a pris le pouvoir.
    Ce livre n'est pas un simple livre de SF. C'est un cri d'alerte, une invitation à réagir face à ce qui ne va pas, une demande à se lever et se battre pour ce qui est juste et pour préserver l'Histoire, le patrimoine, la réflexion…

    Et il est toujours aussi actuel.
    Bien plus qu'un simple livre, c'est une pièce maîtresse de la société et de la liberté d'expression et de pensée.


    Lien : http://feathersheaven.unblog.fr/2011/09/23/fahrenheit-451/

    critique de qualité ? (10 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par ph_hugot le 19/07/2011


    Dans la préface de cette réédition en poche, le traducteur actuel de Bradbury insiste sur la portée de ce roman lors de sa publication en 1953, et sur le fait qu' à l'époque, les romans d'anticipation étaient très peu nombreux, d'où des codes de vocabulaire que les gens n'avaient pas et qu'il fallait essayer de leur faire. le problème est que pour moi, n'ayant jamais adhéré à ce genre de romans, les "robots limiers" qui sont des personnages réccurents et un peu effrayants du livre sont quelque peu difficile à représenter.fahrenheit livre

    Cela étant, ne faisons pas trop preuve de mauvaise foi: ce roman reste quand même plutôt facile d'accès, contrairement par exemple à des romans plus abscons pour les néophytes (comme ceux de Philip K Dick ou Isaac Asimov), et le thème du livre ne peut qu'interpeller le littéraire que je suis. Imaginez en effet une société où le livre est l'objet à proscrire totalement de toutes les habitations, et où des pompiers sont chargés de brûler les bibliothèques, et le cas échéant les personnes qui se montreraient trop attachés à leurs bouquins.

    La charge de Bradbury est ainsi d'une férocité terrible: les livres, qui donnent à penser et à s'éduquer sont à éliminer de cette société totalitaire, au profit de la télé, pur divertissement qui empêche le cerveau de fonctionner. du coup, forcément, ce roman écrit il ya 60 ans garde une force et une actualité cuisante, et on peut s'empecher de penser aux propos de Patrick le Lay, l'ancien PDG de TF1 et "son temps de cerveau disponible".

    Alors, même si le style peut paraitre un peu désuet et manquer d'un peu de tension, le thème est suffisament puissant et visionnaire pour le classer parmi les incontournables et le découvrir, même pour les allergiques à la SF.


    Lien : http://www.baz-art.org/archives/2011/07/19/21571776.html

    critique de qualité ? (9 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Ellcrys le 07/07/2010


    J'avais souvent entendu parler de ce roman de science-fiction, dans divers magazines littéraires, dans des émissions culturelles ou par des lecteurs. Mais je ne m'étais encore jamais sentie prête pour le lire. Avec ma nouvelle envie de lecture de l'imaginaire (fantastique, fantasy et science-fiction), le désir de me plonger dans ce roman est venu, comme une évidence, d'autant plus que j'avais le roman de Ray Bradbury dans ma bibliothèque depuis quelques mois.

    Guy Montag est un pompier, mais pas tel que nous les connaissons aujourd'hui. Les pompiers de ce roman allument des feux, au lieu de les éteindre. Mais que brûlent-ils ? Des livres…
    Car dans la société du futur que nous présente l'auteur, les livres sont considérés comme des horreurs, des inutilités… La société futuriste imaginée par Ray Bradbury condamne le questionnement et la réflexion (considéré comme antisocial, propagande de la paresse mentale), d'où l'anéantissement des livres (qui eux poussent à la réflexion, au questionnement, au débat…). Les pompiers sont donc chargés de brûler les livres, cachés par des citoyens, faisant acte de résistance.
    Mais un évènement et une rencontre (avec Clarisse McClellan) « réveillera » Guy Montag et lui fera prendre conscience que la vie, la vraie n'est pas celle qu'on les oblige à vivre ; et que les livres, l'accès à la culture sont des plus important.

    Ce livre est un vrai bijou. Commençons par le style de l'auteur. J'aime beaucoup sa manière d'aborder les choses, de donner vie aux personnages. Sa plume délicate, poétique, mais toujours puissante et passionnante m'a conduite au cœur du roman, vivant, moi aussi dans cette société totalitariste. le roman est brillamment construit, je n'ai pas trouvé de longueur, ni de passage inutile. Tout y est essentiel, important…

    J'ai été choqué par la société imaginée par Ray Bradbury. J'ai été choqué par la tendance à être un troupeau, déconnecté de la réalité, de la population. Ray Bradbury a créé une société totalitaire comme il en a existé plein et comme, malheureusement, il en existera toujours. Déjà dans le passé les livres étaient brûlés en place public, car jugés comme sataniques, détournant les femmes, les hommes et les enfants du droit chemin. Encore aujourd'hui, dans certains pays lire un livre n'est pas permis à tout le monde, et certains livres sont interdits. Même dans les démocraties, certains livres, même s'ils ne sont pas interdits, sont estimés dangereux et immoraux par certaines personnes, certaines communautés (exemple de la critique des sept tomes d'Harry Potter de JK Rowling par l'Eglise catholique) ou encore l'interdiction des Versets sataniques de Salman Rushdie, qui est l'objet d'une fatwa. Ainsi l'œuvre de Ray Bradbury est un livre d'anticipation très réaliste.

    L'individualisme est le moteur de la société de Fahrenheit 451. Chacun vit pour soi, se contentant seulement de vivre de choses futiles, inutiles, mais tout en suivant l'avis général ; les gens me font penser à des moutons mener bêtement par un berger totalitaire (le gouvernement). En lisant ce roman, je n'ai pas pu m'empêcher de pensé à la montée du totalitarisme nazi et aux autodafés. Terrible.
    Ce qui m'a aussi frappé, dans ce roman, c'est que le livre de Ray Bradbury, publié la première fois en 1953, montre une société qui ressemble beaucoup à la nôtre. Combien de fois ne me suis-je pas écrié « mais c'est pareil, ici, aujourd'hui… », « C'est tout à fait ça maintenant, ici… ». Ainsi Ray Bradbury a inventé, avant l'heure les écrans plats géants (les murs écrans), les baladeurs mp3 (les coquillages bourdonnant)… il avait vu la place immense que tiendrait la publicité dans les sociétés consommatrices, il avait vu l'expansion de la mondialisation…
    Pas de « happy end » dans ce livre, qui semble montrer par-là, que pour que l'humanité change et devienne « meilleure », il faut qu'elle soit d'abord anéanti…

    Vous l'aurez donc compris, cette œuvre est un grand classique du genre. Un ouvrage passionnant et très bien écrit. Tant le thème abordé que la plume de Ray Bradbury m'ont plu, m'ont intéressés. J'ai passé un moment passionnant de lecture, car au-delà du divertissement, se livre amène à la réflexion. Si vous ne l'avez pas encore lu, n'hésitez plus, car je pense que même les lecteurs qui ne sont pas du tout attirés par la science-fiction, seront captivés par ce roman.

    critique de qualité ? (8 votes positifs)



    • Livres 1.00/5
    Par fleurdusoleil le 10/12/2011


    Fahrenheit 451 est considéré aujourd'hui comme un classique de la science fiction. Pourtant ce roman m'a laissé un sentiment de vide et d'incompréhension. Attendant un moment fort, vu la notoriété de Ray Bradbury, c'est avec avidité que je me suis lancée dans cette aventure. Et là, la douche froide. Dès les premières phrases, l'écriture et le style me dérangent. Très froid, trop plat, voire impersonnel. Les mots s'alignent, se suivent sur les pages, mais ne m'atteignent pas. Même plus, ils finissent par m'agacer.
    Le thème abordé est pourtant très intéressant. Que serait la vie dans une société privée de sa culture et de sa littérature ? Cette société future inventée et décrite par Ray Bradbury fait peur car elle n'est aujourd'hui pas très éloignée de notre société actuelle. La recherche effrénée des plaisirs futiles et immédiats, le besoin de consommer rapidement et sans trop de réflexion...on y est presque ! Ce contexte aurait dû me passionner, m'indigner, me mettre dans tous mes états. Pas du tout, je suis restée un spectateur passif, au bord de l'ennui.
    Montag m'est apparu pathétique et banal. Son monde, ses pensées m'ont laisser un goût amer. Bref, il m'a agacée au plus au point !
    Je suis déçue d'être passer à côté de l'enthousiasme des nombreux lecteurs qui ont encensé ce roman.
    En bref, j'ai vu, l'ai lu mais je ne suis pas convaincue ! Désolée....


    Lien : http://lacaveauxlivres.blogspot.com/2011/12/fahrenheit-451-ray-bradb..

    critique de qualité ? (7 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Gwenwed le 11/11/2011


    Ecrit en 1954, Fahrenheit 451 de Ray Bradbury est un grand classique de la dystopie. Guy Montag est un pompier qui brûle les livres (Fahrenheit 451 étant la température à laquelle un livre brûle). Il est las de sa vie insipide, de sa femme Mildred qui se drogue pour oublier et de son métier. Il est curieux des livres qu'il brûle (quelques fois avec leur propriétaire) et souhaite connaître leur contenu, ce qui représente un délit dans cette société. Cette histoire pointe les dangers de l'inculture dans un société policée où la moindre fantaisie est source de méfiance et de mépris. Bradbury dénonce les hommes scotchés à leur écran de télévision, s'amusant de multiples émissions de variétés sans se préoccuper de ce qui pourrait se passer dans le reste du globe. le plus important est de se divertir et non de réfléchir. Or, les livres font réfléchir ou rendent mélancolique (notamment la poésie). Un livre qui est donc encore d'actualité face à la suprématie des écrans (télévision, ordinateur, téléphone portable) et de leurs émissions conformistes..

    critique de qualité ? (7 votes positifs)






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