> Richard Walters (Traducteur)
> Brigitte Mariot (Traducteur)

ISBN : 2070309576
Éditeur : Gallimard (2006)


Note moyenne : 3.86/5 (sur 36 notes) Ajouter à mes livres
Quelques jours avant Halloween, la foire est arrivée à Green Town en pleine nuit, dans un train mystérieux. Jim et Will ont entendu le chant de l'orgue et le sifflet du train, ils ont vu la foire débarquer. Seuls témoins d'événements inquiétants, ils savent qu'elle a de... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par orhal, le 29 août 2007

    orhal
    Il faut que je rassemble mes mots pour vous parler comme il se doit de ce chef d'oeuvre de la littérature fantastique contemporaine et de cet auteur majeur. Plus connu pour ses Chroniques martiennes ou son célèbre Fahrenheit 451, Ray Bradbury est un énorme grimoire de poésie, un chef d'orchestre des mots, un magicien de la métaphore. Je n'exagère pas. Je vous présente simplement un des meilleurs auteurs de l'imaginaire qu'il m'ait été donné de lire.
    Ce roman, cette Foire des Ténèbres, est une ode mélancolique faite à l'enfance, à cette aptitude que l'on a tous eu de trembler autant que de rire, à cette force vive et brute teintée de fragilité et d'innocence.
    Dans une petite ville américaine, qui pourrait être n'importe quelle ville du monde, des forains décident de planter leurs tentes. Deux enfants, Jim Nightshade et Will Halloway, entendent le cri du limonaire qui apporte avec lui une atmosphère de soufre. Jim et Will, comme deux parties complémentaires d'un seul être, se jettent dans l'intrigue. Ils observent de loin les agissements de L'Homme Illustré et de sa galerie de sorcière, homme serpent et autre nain. Ils sentent que quelque chose ne va pas. Jusqu'à ce qu'ils se rendent compte que le caroussel a le pouvoir de faire rajeunir ou vieillir les gens, selon qu'il tourne à l'endroit ou l'envers. Ce manège offre le pouvoir de vie et de mort à ses propriétaires. La découverte de nos deux pré-adolescents va déclencher le courroux du sinistre Monsieur Loyal tatoué.
    Avec ce roman, Bradbury nous innonde d'images et de sentiments. Chaque grain de poussière semble douer de vie, chaque son est plein d'humanité. Tout respire, maisons, pierres, orage. Et les humains sont justes, sensibles. Ils existent. La galerie de "freaks" est belle, forte et classique, et leur crédibilité participe du frisson qui s'instaure au fil des pages. La quête, qu'on pourrait penser trop manichéenne (mais qu'importe), est celle de toute existence : l'évolution, le passage d'un état à un autre. Grandir, s'émanciper, devenir. Quelques passages sont littéralement irrésistibles. le rapport Père/Fils est décrit avec une telle finesse et une telle douceur, qu'il est probable que vos yeux s'embuent, comme les miens.
    Ray Bradbury est un fabuleux conteur. Fin, pudique, terriblement nostalgique et alerte. On souhaiterait presque ne jamais quitter ce monde qu'il décrit si bien, avec des mots si gracieux. Et vivants. Les phrases dansent au long du récit. Et on se laisse prendre par la main, en une valse enchanteresse et inoubliable.
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    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan, le 20 février 2011

    lehane-fan
    Jim et Will sont deux adolescents inseparables et fusionnels. Ensemble , ils ont fait les 400 coups et se preparent à l'évenement que constitue l'arrivée de la foire à Green Town . Seulement , ils vont tres vite decouvrir que ces forains ont d'autres aspirations que de divertir la population .
    Paru en 1962 , ce livre n'est certainement pas le plus connu de Bradbury . Les excellents "Chroniques martiennes " et " Fahrenheit 451 " en sont les plus emblematiques .Le ton , ici , en est tout a fait different . C'est une histoire dont les themes sont universels : l'amitié , le temps qui passe , les rapports compliqués entre parents et enfants , tout ceci teinté bien evidemment de fantastique , Bradbury oblige...
    Je mentirai en disant que ce bouquin m'a immediatement happé , il a fallu un certain temps d'adaptation avant de ne plus pouvoir decrocher .
    Ce qui fait la force de ce roman , c'est le caractere oh combien attachant des personnages qui le composent . Wil et Jim sont nés a 2 minutes d'intervalles sans etre freres mais vivant comme tel . le pere de Will , Charles Halloway , 54 ans , employé solitaire a la bibliotheque , prend conscience du temps qui passe , de son inéluctabilité et tire un bilan plutot sombre et désabusé de sa vie écoulée et en devenir . Ce qui m'a le plus touché , ce sont ces pages sublimes relatant ces rapports pere/fils entre Charles et Will , pages empreintes de poesie , de tendresse , de pudeur et d'amour .
    Comment ne pas evoquer Mr Dark le bien nommé , proprietaire de ce manege aux pouvoirs atypiques , ainsi que ses subordonnés , tous plus étranges et inquetants les uns que les autres .
    Cette foire , j'y suis entré a reculons pour finalement ne plus vouloir la quitter !
    La Foire des Tenebres aura illuminé quelques une de mes nuits...
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par maltese, le 07 mars 2011

    maltese
    Lorsque l'on a treize ans et que la fête foraine vient s'installer dans votre petite ville, en l'occurrence Green Town, on est bien sûr pressé d'aller y faire un tour, visiter ses attractions, voir les numéros de cirque et pouvoir monter dans les manèges.
    Jim Nightshade et William Holloway sont comme tous les autres enfants du même âge: impatients de pouvoir à leur tour profiter du voyage qui rapidement s'avérera des plus dangereux.
    La fête foraine est un thème récurrent de la littérature et du cinéma fantastique, on peut notamment penser à "Cristal qui songe" de Sturgeon, au "Cirque du Dr Lao" de Finney ou à "Lilliputia" de Mauméjean, à "Freaks" de Browning ou "Elephant man" de Lynch, et encore à la série télévisée "La caravane de l'étrange". C'est un monde de la marge qui intrigue beaucoup.
    Bradbury nous plonge dans cette fête de ténèbres et de peurs pour une virée initiatique sous la baguette de puissants magiciens, génies du mal qui se nourrissent des frayeurs de l'enfance (le Ça de Stephen King ne fera pas autre chose).
    Un roman plein de poésie, à commencer par les noms même des deux héros, au combien symboliques, qui nous replonge non sans nostalgie (un des atouts me semble-t-il des écrits de Bradbury) dans l'enfance.
    En 1983, Jack Clayton nous livra une adaptation cinématographique, assez agréable à voir, du roman de Bradbury avec notamment Jonathan Pryce dans le rôle du directeur de cirque.
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    • Livres 2.00/5
    Par Annaelle, le 08 avril 2011

    Annaelle
    C'est le deuxième livre que je lis de cet auteur après “Fahrenheit 451”, et même si les deux œuvres n'ont absolument rien en commun, j'ai également beaucoup aimé celui-ci.
    Cette lecture n'a pourtant pas été tout-à-fait ce à quoi je m'étais attendu en lisant le résumé et en voyant la couverture du livre. Je pensais à quelque chose de plus sombre, de plus ancrée dans l'imaginaire, a une “simple” histoire fantastique. Finalement, j'ai eu bien plus, puisque, même si le récit est moins spectaculaire que ce que je croyais, ce qui l'accompagne (même si ça n'a rien d'extra-ordinaire en soi) est tout aussi passionnant! Bradbury, à travers les deux jeunes garçons qui sont les héros du récit, nous conte l'enfance, l'amitié, une relation entre un père et son fils et comment ils se rencontrent. le tout sur fond d'une aventure fantastique et captivante.
    C'est touchant et beau, sans doute surtout parce qu'on entre dans leur univers d'enfant, que l'on partage leur complicité, leurs peurs, leur imaginaire (j'ai beaucoup aimé les petites idées géniales comme le “ponton-xylophone”! ), c'est à la fois très tendre, drôle et fascinant.
    En plus du père et des deux garçons qui sont très attachants, ont trouve toute une brochette de personnages fantasques: ceux qui viennent de la fête foraine, tous plus fous, fascinant et inquiétants les uns que les autres.
    Le style de l'auteur est toujours aussi agréable à lire, peut-être même plus accessible que dans “Fahrenheit 451” qui avait il me semble un récit plus froid, plus détaché (pour mieux coller à l'histoire sans doute), ici, c'est plus classique, mais on retrouve toujours son côté poétique qui (même s'il complique parfois un peu la compréhension) est très agréable à lire.
    Un bon livre donc dans l'ensemble, même s'il y a un petit je-ne-sais-quoi que je n'arrive pas à pointer du doigt mais qui m'a fait paraître le récit parfois un brin flou ou trop léger peut-être. Mais ça ne m'a pas gâcher la lecture, et en dehors de ça, c'est vraiment une belle histoire, touchante et tendre.
    PS : En postface, l'auteur nous en dit plus sur l'origine de ce livre, et c'est très intéressant sur le cheminement de pensé d'un auteur, on y apprend notamment qu'il a rencontré étant tout petit garçon un “homme illustré” qui l'a beaucoup inspiré (et qui est sûrement plus ou moins à l'origine de l'écrivain qu'il est devenu) et que cette histoire, avant de devenir un roman, a d'abord été un scenario écrit pour Gene Kelly (mais pour lequel l'acteur n'a malheureusement jamais trouvé de financement). le livre a finalement été porté à l'écran par Disney dans les années 80, je serais curieuse de voir le résultat.

    Lien : http://l-imaginarium.forumactif.net/t678-la-foire-des-tenebres-ray-b..
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    • Livres 5.00/5
    Par maltese, le 23 septembre 2010

    maltese
    Lorsque l'on a treize ans et que la fête foraine vient s'installer dans votre petite ville, en l'occurrence Green Town, on est bien sûr pressé d'aller y faire un tour, visiter ses attractions, voir les numéros de cirque et pouvoir monter dans les manèges.
    Jim Nightshade et William Holloway sont comme tous les autres enfants du même âge: impatients de pouvoir à leur tour profiter du voyage qui rapidement s'avérera des plus dangereux.
    La fête foraine est un thème récurrent de la littérature et du cinéma fantastique, on peut notamment penser à "Cristal qui songe" de Sturgeon, au "Cirque du Dr Lao" de Finney ou à "Lilliputia" de Mauméjean, à "Freaks" de Browning ou "Elephant man" de Lynch, et encore à la série télévisée "La caravane de l'étrange". C'est un monde de la marge qui intrigue beaucoup.
    Bradbury nous plonge dans cette fête de ténèbres et de peurs pour une virée initiatique sous la baguette de puissants magiciens, génies du mal qui se nourrissent des frayeurs de l'enfance (le Ça de Stephen King ne fera pas autre chose).
    Un roman plein de poésie, à commencer par les noms même des deux héros, au combien symboliques, qui nous replonge non sans nostalgie (un des atouts me semble-t-il des écrits de Bradbury) dans l'enfance.
    En 1983, Jack Clayton nous livra une adaptation cinématographique, assez agréable à voir, du roman de Bradbury avec notamment Jonathan Pryce dans le rôle du directeur de cirque.
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Citations et extraits

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  • Par Morgouille, le 06 avril 2010

    « Jim ? Tu es réveillé ?
    — Salut, maman. »
    Une porte s’ouvrit et se referma. Jim sentit le poids de sa mère se poser sur son lit.
    « Mais tes mains sont glacées, Jim ! Tu ne devrais pas ouvrir ta fenêtre en grand. Gare à ta santé.
    — Oui, maman.
    — Ne dis pas oui, maman comme ça. Tu comprendras ce que je veux quand, sur les trois enfants que tu auras eus, il ne t’en restera qu’un.
    — Je n’en aurai jamais.
    — Tu dis ça aujourd’hui, mais…
    — Je le sais. Je sais tout. »
    Sa mère se tut un moment, avant de reprendre :
    « Que sais-tu, Jim ?
    — Que ça ne sert à rien de faire des hommes. Ils meurent. »
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  • Par Amethyste, le 06 mai 2012

    Pouvait-il leur dire que l'amour est, par-dessus tout, une cause commune, une expérience partagée? C'est bien là le ciment vital, n'est-ce pas? Pouvait-il leur dire ce qu'il ressentait, là, ce soir, au cours de cette réunion, dans ce monde insensé en rotation autour d'un grand soleil précipité lui-même dans un espace plus grand encore qui lui-même traversait inexorablement des immensités incommensurables, en direction de Quelque Chose peut-être, ou peut-être en s'en éloignant ? Pouvait-il leur dire : Nous faisons ensemble cette randonnée à un milliard de kilomètres à l'heure? Nous défendons une cause commune contre la nuit. On commence par les petites causes communes. Pourquoi aime-t-on ce garçon qui, au milieu d'un champ, en plein mois de mars, affronte le ciel avec son cerf-volant? Parce que sa ficelle nous brûle les doigts. Pourquoi aime-t-on cette jeune fille que l'on aperçoit d'un train, penchée au-dessus d'un puits, dans la campagne? Parce que notre langue se souvient de l'eau ferrugineuse et fraîche, bue lors d'un lointain midi perdu. Pourquoi pleure-t-on devant des inconnus, morts au bord d'une route ? Parce qu'ils ressemblent à des amis que l'on n'a pas revus depuis quarante ans. Pourquoi rit-on quand les clowns reçoivent des tartes à la crème? Parce qu'en sentant le goût de la crème nous savourons celui de la vie. Pourquoi aime-t-on la femme que l'on a épousée? Parce que son nez respire l'air d'un monde que je connais; par conséquent j'aime son nez. Ses oreilles entendent une musique que je pourrais chanter une bonne partie de la nuit ; par conséquent j'aime ses oreilles. Ses yeux se réjouissent des saisons de la terre ; par conséquent j'aime ses yeux. Sa langue connaît le goût du coing, de la pêche, de la menthe et du citron ; et j'aime l'entendre parler. Parce que sa chair connaît la chaleur, le froid et la détresse, je connais le feu, la neige et le chagrin. Émotions partagées et une fois encore...expériences partagées. Milliard de sensations urticantes. Si l'on vous prive d'un sens, on vous prive d'une partie de votre vie. Supprimez-en deux, et aussitôt la vie se réduit de moitié. Nous aimons ce que nous connaissons, nous aimons ce que nous sommes. Une cause commune, la cause commune de la bouche, des yeux, des oreilles, de la langue, de la main, du nez, de la chair, du cœur et de l'âme.
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  • Par Morgouille, le 06 avril 2010

    Je suis un idiot. Toujours à regarder par-dessus ton épaule pour voir ce qui va arriver, au lieu de te regarder toi pour voir ce qui se trouve là, devant moi. Mais il faut reconnaître, maigre consolation, que tous les hommes sont des idiots. Ce qui revient à dire qu’il faut faire des efforts sa vie durant, écoper, virer de bord, attacher les cordages, boucher les trous, tapoter des joues, embrasser des fronts, rire, pleurer, faire aller les choses… en prévision du jour où on se comportera comme le plus parfait des idiots en appelant au secours. Là, il suffira qu’une personne réponde. Tout est si clair pour moi, ce soir : tout autour de nous, il y a des villes et des villages… et des bleds remplis d’idiots. Ainsi, si un train de fête foraine s’y arrête dans un jet de vapeur, ses occupants pourront secouer n’importe quel arbre, il en pleuvra des imbéciles. Des imbéciles indépendants, devrais-je dire, des individus qui pensent que personne, ou en tout cas personne de réel, ne répondra à leur appel au secours. Des imbéciles sans liens, c’est cette récolte que les forains viennent chercher, en souriant, avec leur moissonneuse-batteuse.
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  • Par hootyowl, le 14 octobre 2010

    Une fête foraine doit être faite de grognements, de grondements de bois qu'on entasse, qu'on balance, qu'on roule et qu'on assemble, de nuages de poussière, soulevés par les lions, (...) des éléphants dégoulinant de sueur sous l'effort, tandis que les zèbres hennissent et tremblent, donnant l'illusion de cages emprisonnés dans d'autres cages. Là, on se serait cru au cinéma muet, dans un vieux film hanté par des fantômes en noir et blanc, aux bouches argentées qui s'ouvraient pour exhaler la fumée du clair de lune, aux gestes accomplis dans un silence tellement assourdi que l'on pouvait entendre le vent frissonner sur le duvet de ses propres joues.
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  • Par hootyowl, le 14 octobre 2010

    Quel homme, à l'instar des femmes, s'est-il jamais couché la nuit et relevé au matin, avec un enfant ? Celles qui sont gentilles et souriantes détiennent cet incomparable mystère. Quelles horloges étranges et merveilleuses que les femmes ! Elles ont leur nid dans le Temps. Elles créent une chair résistante qui emprisonne l'éternité. Elle vivent à l'intérieur de ce présent, connaissent la vraie puissance et l'acceptent sans avoir besoin d'en parler. Pourquoi parler du Temps lorsqu'on est le Temps et qu'on le façonne, au fur et à mesure, universellement, en chaleur et en actes ? Comme les hommes envient et haïssent souvent ces chaudes horloges, ces épouses qui savent qu'elles vivront éternellement !
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