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> Richard Walters (Traducteur)
> Brigitte Mariot (Traducteur)

ISBN : 2070309576
Éditeur : Gallimard (2006)


Note moyenne : 3.75/5 (sur 85 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Quelques jours avant Halloween, la foire est arrivée à Green Town en pleine nuit, dans un train mystérieux. Jim et Will ont entendu le chant de l'orgue et le sifflet du train, ils ont vu la foire débarquer. Seuls témoins d'événements inquiétants, ils savent qu'elle a de... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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  • Par InstinctPolaire, le 15 septembre 2012

    InstinctPolaire
    " Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort ". Il peut sembler très mal-à-propos de commencer un hommage à celui qui nous a quitté le 5 juin 2012 à l'age de 91 ans, par cette citation de Nietzsche. Mais au-delà du fait qu'elle ne dénoterai pas en exergue de l'œuvre qui me sert de prétexte pour parler de Ray Bradbury, je comptais inviter quelques auteurs à cette évocation. Lui-même ne s'est-il pas fait aider de Shakespeare : le titre anglais de " La foire des ténèbres " n'est-il pas ce vers : " Something wicked this way comes " : " Grand maleurté est à nos trousses " ?
    Ralf Waldo Emerson a dit " Dans les ténèbres, il y a des étoiles " . C'est à l'histoire de ces ténèbres et de ces étoiles que je vous convie. Deux de ces étoiles sont d'ailleurs si proches qu'on pourrai les confondre. Si l'amitié devait porter un nom, ce serai ceux de Jim Nightshade et de Will Halloway. Ils sont de ces gamins inséparables à en être comme frères. Si différents et pourtant si complémentaires. Leurs jeux sont fait des courses qui ressemblent à des vols d'oiseaux, leurs ruisseaux, de puissants fleuves d'Afrique ou d'Amazonie, leurs genoux de ceux que l'on s'écorche dans les tranchées de guerres imaginaires. Leur éducation, faite des scènes de théâtre que dispensent les fenêtres éclairées de leur voisinage.
    Les ténèbres, ils glissent à la suite du marchand de paratonnerre. Par la voie ferrée, ils sont l'essence donnant matière, son et vie à la fête foraine. La fête foraine est une attraction – il existe plusieurs sens à ce terme - On la conçoit aisément s'animant des rires et de l'insouciance de ceux venus admirer jongleurs, prestidigitateurs ou cartomancienne. Ceux venus se faire de joyeuses frayeurs. Mais ici, les manèges ne vous feront pas simplement vous sentir plus jeune et le Palais des Glaces simplement déformer votre image – Ne dit-on pas " psyché " pour un grand miroir?-
    Du fond de leur être Jim et Will ressentent quelque drame en perspective. Attirés puis traqués par ses séides, cette foire va mettre à rude épreuve leur amitié. Une autre étoile, si faible qu'elle semble indiscernable doit encore prendre part à ce récit. Elle est de ces étranges phénomènes dont l'intensité augmente dés lors que s'accroissent les ténèbres : Elle fait d'un simple bibliothécaire consciencieux, un brin philosophe, le champion de notre histoire en permettant à un père de montrer à quel point il aime son fils.
    Je voulais vous faire rencontrer cet " autre " Bradbury. Pas celui des " Chroniques martiennes " qui nous fait regarder les étoiles. Ni celui de " Fahrenheit 451 " qui vous incite à plonger dans les livres avant qu'ils ne disparaissent. Mais celui qui vous convie à regarder en vous-même.
    M. Bradbury était un conteur. Prises séparément, certaines des phrases de ce livre transpirent le conte de fée à faire phosphorer l'imagination des plus jeunes. Agrégées, elles professent de grandes vérités sur un ton grave et poétique que l'on accueille quand l'age apporte raison. Elles soutiennent la thèse que le monde peut être sauvé d'un franc et honnête sourire. Un exorcisme joyeux. Elles nous démontrent que la lumière est parfois enfouie dans le plus improbable des héros. Elle accrédite William Burke qui énonce que " le Mal (ne) triomphe (que) de l'inaction des hommes de Bien ".
    En nous faisant admettre cet état de fait, Ray Bradbury induit un second phénomène. Il pousse à faire partager ce livre. Une de ces histoire au ton si musical qu'elle pourrait presque vaincre toute timidité pour la faire exister à haute voix pour un auditoire de petits et de grands. Pour la simple et grande curiosité de goûter les réactions de chacun. Comme le dit Abd Al-Malik : " Rêver seul est une chose, mais rêver à plusieurs, c'est le commencement de la réalité"...
    Ainsi est-ce avec l'œuvre la moins connue de ce grand auteur que j'attire votre attention. Plus qu'un récit fantastique, qu'un conte, une œuvre qui peut parler à chacun et chacune. Et y laisser, j'ose espérer, un petit " supplément d'âme "...
    Chapeau bas M. Bradbury, ! Vous qui peu de gens doivent s'en souvenir avez aussi chassé la baleine blanche : Ainsi honore-t-on les artistes de grand talent. Et ceux qui nous ont quitté
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    • Livres 5.00/5
    Par Arakasi, le 15 avril 2013

    Arakasi
    Savez-vous qui sont les gens de la nuit ? le gens de la nuit s'en viennent après la tombée du soir. Ils arrivent en catimini, aussi silencieux que des reptiles rampants et s'installent en marge de nos villes pour dresser les piquets de leurs tentes. Au matin, quand enfants et parents émergent de leurs maisons, ils sont là : leur grande roue se dresse dans la lumière éblouissante du matin, leurs manèges tournent, leurs tambours tonnent. Des devantures de leurs échoppes s'échappent de bonnes odeurs de barbe à papa, de frites et de saucisses grillées. Mais tout ceci n'est qu'apparence, illusion mensongère ! Car les toiles de leurs chapiteaux sont faites de nuages d'orage, leurs manèges jouent des airs de marche funèbre et leur labyrinthe des miroirs vous volera votre âme. Méfiez-vous des gens de la nuit ! Ils promettent beaucoup et à peu de frais, mais malheur à qui se laisse prendre à leurs belles paroles, car celui-ci ne tardera pas à rejoindre la parade. Et jamais, plus jamais, il ne la quittera…
    Aujourd'hui, c'est sur deux petits garçons que La foire des ténèbres a jeté son dévolu : deux petits garçons unis comme les doigts de la main, mais aussi dissemblables que faire se peut - l'un blond, l'autre brun ; l'un bavard comme un pie, l'autre taciturne ; l'un l'esprit léger comme une feuille au vent, l'autre brûlant déjà des ardents désirs du monde des adultes. Deux proies de choix pour les avides créatures qui peuplent la foire, mais deux proies non dépourvues de ressources… Mais ces ressources suffiront-elles à les protéger ? Sauront-ils résister aux maléfices de la Sorcière Poussière ? S'échapper du monstrueux musée de cire ? Et surtout résister aux tortueuses manigances de Mr Dark, le terrible directeur de la foire ?
    Cela faisait une dizaine d'années que je n'avais rien lu de Ray Bradbury, au point d'en oublier à quel point son style était admirable - sans fioritures littéraires, mais tout de poésie et de sensibilité - et ses histoires aussi troublantes que captivantes. Il faut reconnaître que l'auteur n'a pas son pareil pour créer une atmosphère en quelques lignes et y immerger son lecteur aussi profondément qu'un poisson dans l'eau. Immersion d'autant plus facile que le monde du cirque ambulant est un univers infiniment séduisant : un univers aux milles bizarreries, toujours un peu en marge de notre réalité où toutes les choses, même les plus étranges et les plus effrayantes, semblent pouvoir arriver.
    Les lecteurs qui s'attendent à trouver dans "La foire des ténèbres" les clichés éculés d'un bon vieux roman d'horreur seront bien déçus… Pas de giclées d'hémoglobine ou de tête tranchée ici, mais de la magie, du rêve, du fantasmagorique… Un très beau voyage à la frontière entre le monde des forains et celui de l'enfance (deux mondes qui se ressemblent beaucoup à bien des égards) qui séduira autant les amateurs de littérature générale que ceux de fantastique. M'sieur Bradbury, je vous tire mon chapeau !
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    • Livres 5.00/5
    Par VALENTYNE, le 02 juillet 2012

    VALENTYNE
    L'histoire en quelques mots :
    Will et Jim, 13 ans tous les deux, sont amis depuis toujours. Ils aiment courir, faire des farces, lire Jules Verne, discuter sans fin, s'imaginer et rêver leur vie quand ils auront 20 ans. Un soir d'octobre, une fête foraine étrange s'installe dans leur ville. le propriétaire, Mr Dark, est plus qu'inquiétant et les pourchasse, à travers la ville, avec son armada de « monstres » en tout genre. Je n'en dirai pas plus sur l'histoire pour ne pas raconter tous les rebondissements et dénaturer le plaisir de la découverte de cette lecture.
    Ce livre est « fantastique », différents des quelques livres précédents que j'ai lu de cet auteur (Chroniques martiennes, à l'ouest d'octobre et Fahrenheit 451). Il est par moment terrifiant (j'suis une petite nature faut dire…)
    J'ai beaucoup aimé les réflexions et l'évocation des différents âges de la vie : Adolescent, l'âge où on est impatient d'être enfin adulte, l'âge mûr où on regrette ses vingt ans. Que feriez vous si vous aviez la possibilité d'ajouter ou de retrancher quelques années à votre âge actuel ?
    Les rapports humains sont également très intéressants entre les deux amis (Jim Halloway et Will Nightshade), entre Will et son père, bibliothécaire, qui au début se sent vieux (54 ans), dépassé et qui au fil du temps se révèle être un père exceptionnel avec un amour paternel indestructible.
    Comme dans Fahrenheit 451, les livres ont toute leur place et aideront les héros à se sortir du mauvais pas.
    J'ai mis des post it dans ce livre pour repérer les passages que j'ai aimé, et en les relisant, je me suis rendue compte que les moments que j'ai préférés sont les dialogues et les réflexions de ce père, et pas les moments de pure fantaisie avec les descriptions de monstres (qui valent cependant le détour)
    Le premier des trois extraits : P59
    Trois heures du matin, se disait Charles Halloway, assis au bord de son lit, pourquoi le train est-il arrivé à une heure pareille ?
    Ce n'est pas une heure normale, se disait-il. Les femmes ne sont jamais réveillées à une heure pareille. Elles dorment comme les enfants. Mais les hommes entre deux âges ? Eux, c'est une heure qu'ils connaissent bien. Minuit, ce n'est pas bien grave, on gigote mais on se rendort. A cinq ou six heures, il y a l'espoir, l'aube est juste en dessous de l'horizon. Mais trois heures … Mon Dieu, trois heures du matin…. Les médecins disent que c'est l'heure de la marée basse pour le corps humain. L'âme se promène dehors. le sang circule au ralenti. On est plus près de la mort qu'on ne le sera jamais, sauf le jour de sa mort. le sommeil est un morceau de mort, mais à trois heures du matin, se retrouver les yeux fermés, c'est vivre sa mort ! On rêve les yeux ouverts. Bon Dieu, si on avait la force de s'éveiller entièrement, on assassinerait ses demi-rêves à coup de chevrotine ! mais non, on reste là, retenu dans le fond d'un puits insondable et desséché. La lune passe et vous jette un coup d'œil de sa face idiote. le chemin parcouru depuis le crépuscule est long, l'aube est loin encore, alors on bat le rappel de toutes les choses idiotes que l'on a faites au cours de sa vie, de toutes les adorables bêtises faites avec des amis si chers qui sont maintenant morts … et peut être est ce vrai, ce qu'il avait lu, il ne savait plus où, qu'il meurt plus de malades hospitalisés à trois heures du matin qu'à aucune autre heure de la journée.
    Et plus loin quand le père parle à son fils (p129)
    « Regarde moi : marié à trente-neuf ans, Will. Mais j'étais tellement occupé à lutter contre moi-même, à me retenir de chuter deux fois sur trois, que je m'étais dit que je ne pourrais pas me marier avant de m'être vaincu pour de bon. C'est trop tard que j'ai découvert qu'il n'est pas possible d'attendre d'être parfait, qu'il faut sortir dans la vie et tomber, et se relever, comme tout le monde. Et ainsi, un soir, j'ai levé les yeux de ma grande lutte contre moi-même, un soir où ta mère était venue à la bibliothèque chercher un livre et m'y a trouvé moi. Et j'ai constaté alors que si on prend un homme à moitié mauvais et une femme à moitié mauvais, et si on réunit leurs deux bonnes moitiés, on obtient un humain tout bon à se partager à deux. C'est toi, Will que j'ai obtenu. Et la chose étrange, fils, et triste aussi, bien que tu sois tout le temps à courir sur le bord de la pelouse, et que je sois, moi tout le temps à m'arc-bouter sur des livres, à comparer la vie aux livres, j'ai eu vite fait de voir que tu étais plus malin, plus rapide et meilleur que je ne serais jamais… »
    P132
    Le père et le fils, d'un dernier effort, se retrouvèrent assis sur le rebord de la fenêtre ; ils avaient la même taille, pesaient le même poids, avaient le visage éclairé par les mêmes étoiles, et restaient l'un contre l'autre, savourant une merveilleuse fatigue, réprimant des rires fous qui leur secouaient les os sur le même rythme, et par crainte de réveiller Dieu, le pays entier, l'épouse, Maman et les enfers, chacun mit une main sur la bouche de l'autre, sentit la chaude hilarité jaillissante, et ils prolongèrent cet instant, les yeux brillants d'une joie commune, et humides de véritable amour.
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    • Livres 5.00/5
    Par orhal, le 29 août 2007

    orhal
    Il faut que je rassemble mes mots pour vous parler comme il se doit de ce chef d'oeuvre de la littérature fantastique contemporaine et de cet auteur majeur. Plus connu pour ses Chroniques martiennes ou son célèbre Fahrenheit 451, Ray Bradbury est un énorme grimoire de poésie, un chef d'orchestre des mots, un magicien de la métaphore. Je n'exagère pas. Je vous présente simplement un des meilleurs auteurs de l'imaginaire qu'il m'ait été donné de lire.
    Ce roman, cette Foire des Ténèbres, est une ode mélancolique faite à l'enfance, à cette aptitude que l'on a tous eu de trembler autant que de rire, à cette force vive et brute teintée de fragilité et d'innocence.
    Dans une petite ville américaine, qui pourrait être n'importe quelle ville du monde, des forains décident de planter leurs tentes. Deux enfants, Jim Nightshade et Will Halloway, entendent le cri du limonaire qui apporte avec lui une atmosphère de soufre. Jim et Will, comme deux parties complémentaires d'un seul être, se jettent dans l'intrigue. Ils observent de loin les agissements de L'Homme Illustré et de sa galerie de sorcière, homme serpent et autre nain. Ils sentent que quelque chose ne va pas. Jusqu'à ce qu'ils se rendent compte que le caroussel a le pouvoir de faire rajeunir ou vieillir les gens, selon qu'il tourne à l'endroit ou l'envers. Ce manège offre le pouvoir de vie et de mort à ses propriétaires. La découverte de nos deux pré-adolescents va déclencher le courroux du sinistre Monsieur Loyal tatoué.
    Avec ce roman, Bradbury nous innonde d'images et de sentiments. Chaque grain de poussière semble douer de vie, chaque son est plein d'humanité. Tout respire, maisons, pierres, orage. Et les humains sont justes, sensibles. Ils existent. La galerie de "freaks" est belle, forte et classique, et leur crédibilité participe du frisson qui s'instaure au fil des pages. La quête, qu'on pourrait penser trop manichéenne (mais qu'importe), est celle de toute existence : l'évolution, le passage d'un état à un autre. Grandir, s'émanciper, devenir. Quelques passages sont littéralement irrésistibles. le rapport Père/Fils est décrit avec une telle finesse et une telle douceur, qu'il est probable que vos yeux s'embuent, comme les miens.
    Ray Bradbury est un fabuleux conteur. Fin, pudique, terriblement nostalgique et alerte. On souhaiterait presque ne jamais quitter ce monde qu'il décrit si bien, avec des mots si gracieux. Et vivants. Les phrases dansent au long du récit. Et on se laisse prendre par la main, en une valse enchanteresse et inoubliable.
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    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan, le 20 février 2011

    lehane-fan
    Jim et Will sont deux adolescents inseparables et fusionnels. Ensemble , ils ont fait les 400 coups et se preparent à l'évenement que constitue l'arrivée de la foire à Green Town . Seulement , ils vont tres vite decouvrir que ces forains ont d'autres aspirations que de divertir la population .
    Paru en 1962 , ce livre n'est certainement pas le plus connu de Bradbury . Les excellents "Chroniques martiennes " et " Fahrenheit 451 " en sont les plus emblematiques .Le ton , ici , en est tout a fait different . C'est une histoire dont les themes sont universels : l'amitié , le temps qui passe , les rapports compliqués entre parents et enfants , tout ceci teinté bien evidemment de fantastique , Bradbury oblige...
    Je mentirai en disant que ce bouquin m'a immediatement happé , il a fallu un certain temps d'adaptation avant de ne plus pouvoir decrocher .
    Ce qui fait la force de ce roman , c'est le caractere oh combien attachant des personnages qui le composent . Wil et Jim sont nés a 2 minutes d'intervalles sans etre freres mais vivant comme tel . le pere de Will , Charles Halloway , 54 ans , employé solitaire a la bibliotheque , prend conscience du temps qui passe , de son inéluctabilité et tire un bilan plutot sombre et désabusé de sa vie écoulée et en devenir . Ce qui m'a le plus touché , ce sont ces pages sublimes relatant ces rapports pere/fils entre Charles et Will , pages empreintes de poesie , de tendresse , de pudeur et d'amour .
    Comment ne pas evoquer Mr Dark le bien nommé , proprietaire de ce manege aux pouvoirs atypiques , ainsi que ses subordonnés , tous plus étranges et inquetants les uns que les autres .
    Cette foire , j'y suis entré a reculons pour finalement ne plus vouloir la quitter !
    La Foire des Tenebres aura illuminé quelques une de mes nuits...
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Citations et extraits

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  • Par Amethyste, le 06 mai 2012

    Pouvait-il leur dire que l'amour est, par-dessus tout, une cause commune, une expérience partagée? C'est bien là le ciment vital, n'est-ce pas? Pouvait-il leur dire ce qu'il ressentait, là, ce soir, au cours de cette réunion, dans ce monde insensé en rotation autour d'un grand soleil précipité lui-même dans un espace plus grand encore qui lui-même traversait inexorablement des immensités incommensurables, en direction de Quelque Chose peut-être, ou peut-être en s'en éloignant ? Pouvait-il leur dire : Nous faisons ensemble cette randonnée à un milliard de kilomètres à l'heure? Nous défendons une cause commune contre la nuit. On commence par les petites causes communes. Pourquoi aime-t-on ce garçon qui, au milieu d'un champ, en plein mois de mars, affronte le ciel avec son cerf-volant? Parce que sa ficelle nous brûle les doigts. Pourquoi aime-t-on cette jeune fille que l'on aperçoit d'un train, penchée au-dessus d'un puits, dans la campagne? Parce que notre langue se souvient de l'eau ferrugineuse et fraîche, bue lors d'un lointain midi perdu. Pourquoi pleure-t-on devant des inconnus, morts au bord d'une route ? Parce qu'ils ressemblent à des amis que l'on n'a pas revus depuis quarante ans. Pourquoi rit-on quand les clowns reçoivent des tartes à la crème? Parce qu'en sentant le goût de la crème nous savourons celui de la vie. Pourquoi aime-t-on la femme que l'on a épousée? Parce que son nez respire l'air d'un monde que je connais; par conséquent j'aime son nez. Ses oreilles entendent une musique que je pourrais chanter une bonne partie de la nuit ; par conséquent j'aime ses oreilles. Ses yeux se réjouissent des saisons de la terre ; par conséquent j'aime ses yeux. Sa langue connaît le goût du coing, de la pêche, de la menthe et du citron ; et j'aime l'entendre parler. Parce que sa chair connaît la chaleur, le froid et la détresse, je connais le feu, la neige et le chagrin. Émotions partagées et une fois encore...expériences partagées. Milliard de sensations urticantes. Si l'on vous prive d'un sens, on vous prive d'une partie de votre vie. Supprimez-en deux, et aussitôt la vie se réduit de moitié. Nous aimons ce que nous connaissons, nous aimons ce que nous sommes. Une cause commune, la cause commune de la bouche, des yeux, des oreilles, de la langue, de la main, du nez, de la chair, du cœur et de l'âme.
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  • Par Arakasi, le 13 avril 2013

    D'où viennent-ils ? De la poussière. Où vont-ils ? Vers la tombe. Le sang coule-t-il dans leurs veines ? Non… simplement un vent nocturne. Qu'est-ce qui remue dans leur tête ? Le ver. Qu'est-ce qui parle par leur bouche ? Le crapaud. Qu'est-ce qui voit par leurs yeux ? Le serpent. Qu'est-ce qui entend par leurs oreilles ? Les abysses interstellaires. Ils passent au crible l'ouragan humain à la recherche d'âmes, dévorent la chair de la raison et emplissent les tombes de pécheurs. La frénésie les pousse en avant. Ils fourmillent comme des blattes, se répandent par vagues, rampent, se faufilent, assombrissent toutes les lunes et obscurcissent les eaux vives les plus limpides. La toile d'araignée les entend, tremble… et se casse. Voilà ce que sont les gens d'automne. Méfiez-vous d'eux.
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  • Par Morgouille, le 06 avril 2010

    « Jim ? Tu es réveillé ?
    — Salut, maman. »
    Une porte s’ouvrit et se referma. Jim sentit le poids de sa mère se poser sur son lit.
    « Mais tes mains sont glacées, Jim ! Tu ne devrais pas ouvrir ta fenêtre en grand. Gare à ta santé.
    — Oui, maman.
    — Ne dis pas oui, maman comme ça. Tu comprendras ce que je veux quand, sur les trois enfants que tu auras eus, il ne t’en restera qu’un.
    — Je n’en aurai jamais.
    — Tu dis ça aujourd’hui, mais…
    — Je le sais. Je sais tout. »
    Sa mère se tut un moment, avant de reprendre :
    « Que sais-tu, Jim ?
    — Que ça ne sert à rien de faire des hommes. Ils meurent. »
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  • Par Morgouille, le 06 avril 2010

    Je suis un idiot. Toujours à regarder par-dessus ton épaule pour voir ce qui va arriver, au lieu de te regarder toi pour voir ce qui se trouve là, devant moi. Mais il faut reconnaître, maigre consolation, que tous les hommes sont des idiots. Ce qui revient à dire qu’il faut faire des efforts sa vie durant, écoper, virer de bord, attacher les cordages, boucher les trous, tapoter des joues, embrasser des fronts, rire, pleurer, faire aller les choses… en prévision du jour où on se comportera comme le plus parfait des idiots en appelant au secours. Là, il suffira qu’une personne réponde. Tout est si clair pour moi, ce soir : tout autour de nous, il y a des villes et des villages… et des bleds remplis d’idiots. Ainsi, si un train de fête foraine s’y arrête dans un jet de vapeur, ses occupants pourront secouer n’importe quel arbre, il en pleuvra des imbéciles. Des imbéciles indépendants, devrais-je dire, des individus qui pensent que personne, ou en tout cas personne de réel, ne répondra à leur appel au secours. Des imbéciles sans liens, c’est cette récolte que les forains viennent chercher, en souriant, avec leur moissonneuse-batteuse.
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  • Par VALENTYNE, le 20 septembre 2012

    D’abord, on était en octobre, mois très spécial pour les petits garçons. Un mois très spécial, cela n’a rien d’exceptionnel, mais peut être en bon ou en mauvais, comme disent les bonnes gens. Septembre, par exemple, est un mauvais mois : c’est la rentrée des classes. Mais août c’est bon : l’école est encore fermée. Pour juin, il n’y a pas l’ombre d’un doute, c’est le mois le meilleur, celui où les portes des classes s’ouvrent et où septembre est encore à un million d’années de distance.
    Mais prenons octobre. La rentrée, c’est déjà du passé, on commence à avoir la bride sur le cou. On trottine gentiment. On peut trouver le temps déjà de penser à la poubelle que l’on ira vider sur la porche du père Prickett et au bal de l’Association chrétienne des jeunes gens, au dernier jour d’octobre, où ce serait amusant d’arriver en singe velu. Et vers le 20 du mois, quand tout prend une odeur de fumée, sous un ciel orangé et gris cendre au crépuscule, on se dit que la Toussaint et les Trépassés n’en finissent pas d’arriver, avec leurs pluies tombant en hallebardes et assourdissant les roulements du tonnerre.
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Chroniques martiennes de Bradbury lu par Hugo Becker, raconté par Olivier de Vivre Fm
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