Les demoiselles de Provence est un roman racontant l'histoire des quatre filles de Raimon Béranger de Provence et de Béatrice de Savoie. Ces quatre filles deviendront les reines de royaumes convoités.
Nous suivons ces filles depuis leur jeunesse jusqu'à leurs derniers jours. Nous découvrons leur enfance, puis les tractations pour leur trouver des époux qui permettraient au comté de Provence de garder sa souveraineté, leurs mariages, les intrigues de leurs vies d'adultes. le destin de ces femmes est vraiment fascinant et à travers celui-ci, nous découvrons tout un pan de l'Histoire du Moyen-Âge.
Avec ce roman, nous découvrons les querelles qui agitent le midi de la France entre les grandes familles de l'époque, ainsi que la méfiance vis à vis des Capétiens qui ont lancé la croisade contre les albigeois (les cathares) quelques décennies auparavant. On en apprend plus sur l'animosité qui existe déjà entre Capétiens (français) et Plantagênets (Anglais) un siècle avant le début de la guerre de Cent Ans. On découvre également le Proche-Orient avec la croisade mené par Louis IX (Saint Louis). On a également un aperçu du quotidien des gens des hautes sphères à cette époque : l'importance de Dieu, des pèlerinages, le taux de mortalité infantile élevé, la saleté des rues nettoyées uniquement pour les grandes occasions, l'importance d'avoir un héritier mâle, l'importance pour les cadets d'avoir des terres. L'ensemble parait bien documenté, malgré quelques petites incohérences (notamment l'aînée des filles de Louis IX et Marguerite âgée de 16 ans puis quelques pages plus loin de 13 ans).
Toutefois, j'ai eu du mal avec le style de l'auteur.
Les demoiselles de Provence est un roman, pourtant, je me serais presque cru par moment dans un ouvrage documentaire. L'auteur,
Patrick de Carolis, dans les passages narratifs, annonce les faits historiques d'une manière que j'ai trouvé assez froide. Il énumère des suites d'événements. Heureusement, les dialogues sont plus chaleureux mais je les ai trouvé trop peu nombreux à mon goût pour un roman. du coup, je ne me suis pas vraiment attaché aux personnages et j'ai trouvé leurs caractères trop peu marqués. La seule qui m'a émue est Sancie, la musicienne mélancolique.
Derniers points, dans un ouvrage tel que celui-ci, évoquant des hommes et des femmes qui ont réellement existé pour la plupart, j'aime trouver une annexe où ils sont répertoriés avec leurs fonctions et leurs parentèles. Ce n'est malheureusement pas le cas ici ce qui est dommage vu le nombre de personnages évoqués.
En bref, un roman historique très intéressant mais au style un peu froid qui m'a malheureusement rebuté.
Lien : http://livresdeceline.wordpress.com/2013/03/17/les-demoiselles-de-pr..