ISBN : 207038148X
Éditeur : Gallimard (1989)


Note moyenne : 4/5 (sur 32 notes) Ajouter à mes livres
On est parti dans la vie avec les conceils des parents. Ils n'ont pas tenu devant l'existence. On est tombé dans les salades qu'étaient plus affreuses l'une que l'autre. On est sorti comme on a pu de ces conflagrations funestes, plutôt de traviole, tout crabe baveux, ... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 5.00/5
    Par Pingouin, le 08 mai 2012

    Pingouin
    Avant celui-ci, le dernier Céline que j'ai lu était D'un château l'autre, que je n'avais que modérément apprécié, sentiment qui ne peut être imputable qu'à une mauvaise lecture, car j'adore ce style, il me semble impossible de ne pas l'avoir aimé, c'est une écriture phénoménale.

    Guignol's band se déroule dans Londres, je ne pense pas qu'il soit nécessaire de vous faire un résumé de l'histoire, car celle-ci est tellement décousue et impromptue qu'elle ne peut qu'être découverte avec son auteur.
    Beaucoup d'auteurs -je pense notamment à Foucault- considère que le style doit être au service de l'idée ou l'histoire exprimée dans le livre, que celui-ci doit simplement agir comme un excipient pour mieux permettre l'assimilation de cette dernière, que la forme doit presque disparaître afin de laisser au fond la pleine expression. Céline ne pense pas comme ça.
    Pour Céline et particulièrement pour ce roman -je ne prétends pas avoir une connaissance exhaustive de son œuvre, du moins pas encore,ce n'est que mon sentiment-, j'ai l'impression que justement le fond n'est là que pour permettre la forme. Que l'histoire existe afin de faire surgir le style. Et quel style ! Il a sans doute raison de penser ainsi, en ce qui concerne son œuvre tout du moins, car elle est incroyablement expressive, tant dans la haine qui l'habite que dans l'amour.
    L'émotion ! Voilà ce qui domine et ce que Céline voulait faire dominer, si elle était plutôt négative dans Mort à crédit -car le Voyage est toujours très proche du style conventionnel, quoiqu'on en dise-, une autre, positive, semble exister dans Guignol's band ; celle de l'amour. Ça reste du Céline, tout ça reste crasseux et sombre, mais quel plaisir de voir ce sentiment décrit avec une telle plume, ça change des éternels comparaisons et métaphores dont regorge la littérature à ce sujet.
    Il faut être accoutumé à l'univers du sieur Destouches afin d'apprécier cet ouvrage, d'abord pour, encore et toujours, cette révolution stylistique qui est ici encore plus poussée que dans Mort à crédit -qui y était déjà plus poussée que dans le Voyage- ; mais également pour cette grandiloquence, pour cette exagération permanente, pour cette hallucination constante, car oui, tout ce qu'il nous raconte est halluciné et hallucinant. Il m'est souvent arrivé, au cours de la lecture, de me dire que quelques pages plus loin, Ferdinand se réveillerait dans son lit, et que tout ce qu'il vient de me décrire était un rêve ou un cauchemar, mais non, ce n'était que la description du délire dans lequel il se trouve, un délire que j'adore.

    Ce n'est ni le plus connu ni le plus abordable des romans de Céline, il s'agit d'une sorte de "pont" entre ses premières œuvres, la coupure de la guerre et des pamphlets, et sa trilogie allemande. Durant toute cette évolution, le style s'affute, se précise, se crée sous nos yeux ; il est primordial de prendre en compte la parution chronologique.
    Si vous avez la capacité à entrer dans ce délire, cette hallucination, à apprécier ce style, lisez-le. N'espérez pas y trouver de grandes considérations sur la nature humaine comme on peut en trouver dans le Voyage, non, vous n'y trouverez qu'un style délirant -davantage qu'un délire stylisé.
    Ce n'est pas un chef-d'œuvre pour Céline en ce sens qu'il n'est pas son roman le plus marquant, mais c'est un chef-d'œuvre pour la littérature en ce sens que Céline a révolutionné cette dernière et qu'une telle puissance évocatrice ne peut que nous retourner.
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    • Livres 3.00/5
    Par laurentgui, le 09 avril 2012

    laurentgui
    Les aventures d'un jeune homme, Ferdinand, dans Londres, pendant la 2e guerre, allant de mésaventures en quiproquos, convalescent depuis sa participation à la Première Guerre. Bien que ce roman semble emboiter le pas à « Mort à crédit » et « Voyage Au Bout De La Nuit », je n'y ai pas trouvé le même intérêt. Aucune comparaison non plus — pour moi — avec la trilogie de l'exil. Je n'ai pas saisi l'intérêt de ce livre : je n'y ai pas discerné comme dans les autres livres de Céline une correspondance avec une réalité historique, familiale, relative à sa vie ou à un contexte. Même si le style est là, même si la fin m'a plus accroché, rarement un roman aura été aussi soporifique et difficile à suivre pour moi.
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par lapetitesteph, le 25 avril 2012

    lapetitesteph
    Troisième roman de ce ci controversé Céline, "Guignol's band" est tel que son tître l'indique : la description décousue d'une bande de zozos dans le Londres des années 1915-1916. Nous sommes dans les bas-fonds, avec toute sa clique de personnages peu reluisants, maquereaux, prostituées, tous venus se réfugier en Angleterre en attendant que les temps se calment. Et au milieu, le réformé Ferdinand...
    A part cela, pas d'action, si ce n'est que le héros tombe amoureux d'une adolescente bien délurée, Virginie à la cuisse brune (et légère), et va largement au-delà de ce que la loi aujourd'hui autoriserait. Sinon l'interêt se situe dans l'écriture : fini la phrase classique, le signe de ponctuation est roi et prétexte à n'en achever aucune. Cela donne un style frénétique, haché, plus intéressant à lire à voix haute et terriblement fatiguant parfois. On peut sauter quelques pages, faire des allers-retours, pas de différence. Peut-être est-ce un fidèle reflet de l'esprit tourmenté de l'époque. Perso, je préfère nettement "Voyage au bout de la nuit".

    Lien : http://lapetitesteph.blogspot.fr
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    • Livres 4.00/5
    Par peneloppe277, le 24 janvier 2011

    peneloppe277
    Le pont de londres (sous-titré Guignol's band II) est un roman de Louis-Ferdinand Céline publié aux éditions Gallimard le 20 mars 1964. Ce roman fait suite à Guignol's band publié vingt ans plutôt.
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Citations et extraits

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  • Par Pingouin, le 05 mai 2012

    On est parti dans la vie avec les conseils des parents. Ils n'ont pas tenu devant l'existence. On est tombé dans les salades qu'étaient plus affreuses l'une que l'autre. On est sorti comme on a pu de ces conflagrations funestes, plutôt de traviole, tout crabe baveux, à reculons, pattes en moins. On s'est bien marré quelques fois, faut être juste, même avec la merde, mais toujours en proie d'inquiétudes que les vacheries recommenceraient... Et toujours elles ont recommencé... Rappelons-nous! On parle souvent des illusions, qu'elles perdent la jeunesse. On l'a perdue sans illusion la jeunesse!... Encore des histoires!...
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  • Par Pingouin, le 30 avril 2012

    Braoum ! Vraoum !... C'est le grand décombre !... Toute la rue qui s'effondre au bord de l'eau !... C'est Orléans qui s'écroule et le tonnerre au Grand Café !... Un guéridon vogue et fend l'air !... Oiseau de marbre !... virevolte, crève la fenêtre en face à mille éclats !... Tout un mobilier qui bascule, jaillit des croisées, s'éparpille en pluie de feu !... Le fier pont, douze arches, titube, culbute, au limon d'un seul coup ! La boue du fleuve tout éclabousse !... brasse, gadouille la cohue qui hurle étouffe déborde au parapet !... Ça va très mal...
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