ISBN : 207030065X
Éditeur : Editions Flammarion (1967)


Note moyenne : 4.16/5 (sur 25 notes) Ajouter à mes livres
Ce volume contient :
- Seuls demeurent (1938-1944)
- Feuillets d'Hypnos (1943-1944), dédié à Albert Camus
- Les loyaux adversaires
- Le poème pulvérisé (1945-1947)
- La fontaine narrative (1947)
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 4.00/5
    Par chartel, le 15 novembre 2008

    chartel
    Un recueil rassemblant des poèmes de René Char écrits entre 1938 et 1947. L'amour pour la nature, ses souvenirs d'enfance, douloureux, tendres ou nostalgiques y sont des thèmes récurrents. Composant aussi de courts poèmes en prose durant son engagement dans la résistance pendant la Seconde Guerre: "les Feuillets d'Hypnos", l'auteur nous offre un témoignage d'une des plus importantes expériences humaines qu'il ait vécu. Sa lucidité, son humanité et son sens des responsabilités y apparaîssent dans toute leur grandeur.
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  • Par Grapheus, le 23 janvier 2009

    Grapheus
    Il ne me déplaît point d'achever ce centenaire avec un cet objet naguère si quotidien et de plus tout autant héraclitéen qu'une bougie, qui donne lumière et ombre et de rapprocher une fois encore un poète d'un autre. Après Camus et Gracq, voici Michaux accoté à Char.
    Ainsi sont-ils sur les étagères de " ma librairie" !
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  • Par charlottelit, le 08 septembre 2011

    charlottelit
    arrivée à la fin sans me presser trop, une seule envie, recommencer la promenade enchantée depuis la page no..............1
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  • Par charlottelit, le 08 septembre 2011

    charlottelit
    un regret, ne pas avoir connu, vu, entendu ce génie poétique ; une profondeur ; on se sent minuscule fourmi ...
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Citations et extraits

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  • Par Irisa, le 06 décembre 2010

    La Sorgue

    Rivière trop tôt partie, d'une traite, sans compagnon,
    Donne aux enfants de mon pays le visage de ta passion.

    Rivière où l'éclair finit et où commence ma maison,
    Qui roule aux marches d'oubli la rocaille de ma raison.

    Rivière, en toi terre est frisson, soleil anxiété.
    Que chaque pauvre dans sa nuit fasse son pain de ta moisson.

    Rivière souvent punie, rivière à l'abandon.

    Rivière des apprentis à la calleuse condition,
    Il n'est vent qui ne fléchisse à la crête de tes sillons.

    Rivière de l'âme vide, de la guenille et du soupçon,
    Du vieux malheur qui se dévide, de l'ormeau, de la compassion.

    Rivière des farfelus, des fiévreux, des équarisseurs,
    Du soleil lâchant sa charrue pour s'acoquiner au menteur.

    Rivière des meilleurs que soi, rivières des des brouillards éclos,
    De la lampe qui désaltère l'angoisse autour de son chapeau.

    Rivière des égards au songe, rivière qui rouille le fer,
    Où les étoiles ont cette ombre qu'elles refusent à la mer.

    Rivière des pouvoirs transmis et du cri embouquant les eaux,
    De l'ouragan qui mord la vigne et annonce le vin nouveau.

    Rivière au coeur jamais détruit dans ce monde fou de prison,
    Garde-nous violent et ami des abeilles de l'horizon.
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  • Par Irisa, le 06 décembre 2010

    Le thor

    Dans le sentier aux herbes engourdies où nous nous étonnions, enfants, que la nuit se risquât à passer, les guêpes n'allaient plus aux ronces et les oiseaux aux branches. L'air ouvrait aux hôtes de la matinée sa turbulante immensité. Ce n'était que filaments d'ailes, tentation de crier, voltige entre lumière et transparence. Le Thor s'exaltait sur la lyre de ses pierres. Le mont Ventoux, miroirs des aigles, était en vue.
    Dans le sentier aux herbes engourdies, la chimère d'un âge perdu souriait à nos jeunes larmes.
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  • Par Irisa, le 06 décembre 2010

    Evadné

    L'été et notre vie étions d'un seul tenant
    La campagne mangeait l'odeur de ta jupe odorante
    Avidité et contrainte s'étaient réconciliées
    Le château de Maubec s'enfonçait dans l'argile
    Bientôt s'effondrerait le roulis de sa lyre
    La violence des plantes nous faisait vaciller
    Un corbeau rameur sombre déviant de l'escadre
    Sur le muet silex de midi écartelé
    Accompagnait notre entente aux mouvements tendres
    La faucille partout devait se reposer
    Notre rareté commençait un règne
    (Le vent insomnieux qui nous ride la paupière
    En tournant chaque nuit la page consentie
    Veut que chaque part de toi que je retienne
    Soit étendue d'un pays d'âge affamé et de larmier géant)

    C'était au début d'adorables années
    La terre nous aimait un peu je me souviens.
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  • Par Petitebijou, le 06 juillet 2011

    FASTES

    L'été chantait sur son roc préféré quand tu m'es apparue, l'été chantait à l'écart de nous qui étions silence, sympathie, liberté triste, mer plus encore que la mer dont la longue pelle bleue s'amusait à nos pieds. L'été chantait et ton coeur nageait loin de lui. Je baisais ton courage, entendais ton désarroi. Route par l'absolu des vagues vers ces hauts pics d'écume où croisent des vertus meurtrières pour les mais qui portent nos maisons. Nous n'étions pas crédules. Nous étions entourés. Les ans passèrent. Les orages moururent. Le monde s'en alla. J'avais mal de sentir que ton coeur justement ne m'apercevait plus. Je t'aimais. En mon absence de visage et mon vide de bonheur. Je t'aimais, changeant en tout, fidèle à toi.
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  • Par brigetoun, le 18 novembre 2011

    Je redoute l'échauffement tout autant que la chlorose des années qui suivront la guerre. Je pressens que l'unanimité confortable, la boulimie de justice n'auront qu'une durée éphémère, aussitôt retiré le lien qui nouait notre combat. Ici, on se prépare à revendiquer l'abstrait, là on refoule en aveugle tout ce qui est susceptible d'atténuer la dureté de la condition humaine de ce siècle et lui permettre d'accéder à l'avenir d'un pas confiant. Le mal partout déjà est en lutte avec son remède. Les fantômes multiplient les conseils, les visites, des fantômes dont l'âme empirique est un amas de flaires et de névroses. Cette pluie qui pénètre l'homme jusqu'à l'os c'est l'espérance d'agression, l'écoute du mépris.
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Vidéo de René Char

Une classe de CE2 de Vedene dans le Vaucluse lit des poèmes de René Char.








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