ISBN : 2752903642
Éditeur : Phébus (2008)


Note moyenne : 3.8/5 (sur 15 notes) Ajouter à mes livres
Présentation de l'éditeur
Elle porte un prénom d'ange, chantant, ardent. Pourtant, le destin qui attend Séraphine Louis, née dans une famille pauvre de l'Oise à l'automne 1864, est des plus terre à terre. Orpheline, Séraphine entame une vie de domestique, comme c... > voir plus
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Critiques et avis

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  • Par sylvie, le 27 avril 2009

    sylvie
    Peintre et psychanalyste, Françoise Cloarec nous propose un très joli livre sur Séraphine Louis, dite de Senlis.
    Son texte oscille entre l'étude de l'œuvre, son histoire, et le travail biographique.
    Comme on ne sait pas grand chose de cette femme originale et mystérieuse qui mourra dans un hôpital psychiatrique, l'auteur construit son propos à partir de rapports de police relatant les faits qui précèdent l'internement et de rapports médicaux qui le légitiment en diagnostiquant la psychose et le délire de persécution. Elle s'appuie également sur quelques écrits d'amateurs d'art ayant découvert puis reconnu le génie de Séraphine en peinture.
    Françoise Cloarec reprend sa thèse en psychologie clinique et lui donne une nouvelle forme d'écriture. Elle nous livre ainsi un texte plein de tendresse et d'émotion qui nous présente sa Séraphine.
    Le sous-titre est explicite : "la vie rêvée de Séraphine". L'écrivain comble les trous de l'histoire, les amnésies des descendants et des gens qui l'ont côtoyée avec sa sensibilité et ses rêveries qu'elle a collectionnées durant de longues années.
    Ce livre m'a beaucoup plu, tant dans sa démarche très respectueuse que dans son propos.
    Il met en lumière le mystère Séraphine, l'énigme de son œuvre mais aussi la tragédie, et l'horreur de sa mort honteuse.
    Séraphine Louis est morte abandonnée de tous, dans la faim, le froid et le dénuement le plus absolu comme beaucoup d'internés des hôpitaux psychiatriques sous la France de Vichy.
    Une autre femme artiste, contemporaine de Séraphine a connu le même sort : Camille Claudel.
    Ce travail plein de compassion pour la femme et le peintre est aussi une œuvre de réhabilitation tournée vers l'avenir. Il a été écrit dans l'espoir de changer notre regard sur les "originaux", les "allumés", ceux dont on se moque très facilement et dont on se débarrasse sans scrupules.
    des images et des liens sur le blog :

    Lien : http://sylvie-lectures.blogspot.com/2009/04/seraphine-la-vie-revee-d..
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    Critique de qualité ? (14 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Zazette97, le 13 mai 2012

    Zazette97
    Publiée en 2008, "Séraphine : La vie rêvée de Séraphine de Senlis" est une biographie signée de l'écrivaine, essayiste et peintre française Françoise Cloarec.
    Enfant du 19ème siècle, Séraphine Louis-Maillard est la benjamine d'une fratrie frappée par les deuils. Tout juste un an après l'avoir mise au monde, sa mère décède et sera suivie de près par son époux. La petite fille est alors confiée aux bons soins de sa soeur qui à peine mariée perdra rapidement son mari. Séraphine participe comme elle peut aux travaux domestiques et garde le bétail des fermes voisines.
    A 13 ans, elle quitte la maison pour travailler comme bonne à tout faire chez des particuliers puis au sein d'un couvent.
    Mue par un besoin d'indépendance (et parce que, dira-t-elle plus tard, elle aurait vu se passer des choses pas très catholiques parmi les soeurs), Séraphine quitte le couvent en 1902 pour s'installer à Senlis, se mettant au service de plusieurs maisons bourgeoises.
    Pieuse, ne manquant jamais une messe, elle fréquente assidument Notre-Dame de Senlis, cathédrale où lui vint, en 1905, la révélation de la Vierge Marie : il lui faut consacrer sa vie au dessin.
    Alors âgée de 42 ans, elle commence ainsi ses premiers essais à l'aquarelle, peu concluants, puis opte définitivement pour le Ripolin, peinture à l'huile au séchage rapide.
    Après de longues journées de labeur, Séraphine rejoint son unique pièce de vie qui lui tient également lieu d'atelier.
    Les heures tardives défilent, Séraphine peint des fleurs, des feuilles, des arbres, des animaux en entonnant des cantiques, demandant à ne pas être dérangée.

    Sa rencontre avec Wilhem Uhde, collectionneur allemand, lui assure un succès timide et il lui faudra attendre l'exposition de Senlis en 1927 pour voir son talent reconnu.
    La critique parisienne s'enflamme et le succès est au rendez-vous, au point que Uhde, devenu son mécène, lui achète ses toiles et lui fournit son matériel. Séraphine gagne en assurance, abandonne ses "travaux noirs" pour se consacrer totalement à son art.
    Devant l'ampleur de ses dépenses (vaisselle, bibelots, tissus, argenterie et même un trousseau de mariée), Uhde tente de la raisonner, d'autant que cette année 1929 pourrait bien amorcer une crise économique sans précédents. A court de moyens, il ne peut plus subvenir à ses besoins.
    Le comportement de Séraphine change. On la savait réservée, " dans son monde" mais voilà que prise d'angoisses et d'hallucinations, elle erre dans les rues, refuse désormais de se nourrir par peur d'être empoisonnée, boit plus que de raison jusqu'à définitivement perdre pied un soir de janvier 1931 alors que, munie de toutes ses affaires, elle est retrouvée devant le bureau de police.
    Séraphine est transférée la nuit-même à l'hôpital pour être ensuite internée à l'asile de Senlis où elle passera les 10 dernières années de sa vie, sans toiles ni pinceaux, à l'image de Camille Claudel qui, tout comme elle, rejoindra la fosse commune.
    Autodidacte, femme solitaire, sans attaches, toujours vêtue de noir, âme pure et dévote entièrement tournée vers l'art, la nature et la religion, 3 dimensions qui se confondent indéniablement dans son oeuvre, le personnage de Séraphine de Senlis fascine autant qu'il inspire la tristesse et l'indignation.
    Si il est ici fait mention de certains de ses tableaux, il est surtout question du quotidien de la femme, de l'artiste et des conditions difficiles dans lesquelles elle exerçait son art.
    Séraphine aspirait à mener une vie tranquille mais dérangeait les classes supérieures. Nombreux furent les villageois qui, devant son acharnement artistique jugé trop arrogant en regard de son rang, frappaient régulièrement à sa porte pour tenter de la dissuader, la menaçant de brûler ses toiles.
    N'oublions pas que l'époque est celle de "La Séquestrée", qu'une femme se doit de rester à sa place de servante ou d'épouse ( ce qui, à quelques différences près, revenait au même).
    Même le succès lui joue des tours. Peut-être était-ce cette célébrité subite, arrivée sur le retard, dont la crise la privera ensuite, qui signa son basculement vers la folie.
    Françoise Cloarec évoque les conditions de vie déplorables dans lesquelles vivaient les malades, à l'époque où les asiles (l'appellation "hôpital psychiatrique" arrivera plus tard), surpeuplés et en manque d'effectifs, les abandonnaient à l'indifférence générale.
    A partir du jour de son internement, Séraphine ne peindra plus, préférant la plume qu'elle emploiera à rédiger des lettres de plus en plus obscures dont plusieurs extraits figurent parmi les pages de cet essai.
    Bien que je n'aurais pas refusé une analyse plus approfondie de certaines toiles, j'ai pris beaucoup de plaisir à découvrir la vie tourmentée de cette femme, figure d'une créativité empêchée puis injustement malmenée par son époque.

    Lien : http://contesdefaits.blogspot.com/2012/05/seraphine-la-vie-revee-de-..
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    • Livres 3.00/5
    Par brigittelascombe, le 03 août 2011

    brigittelascombe
    Mais qui était donc cette Séraphine de Senlis dont la psychanalyste (et peintre diplomée des Beaux Arts) Françoise Cloarec brosse le portrait avec brio, cette femme qui l'a intéressée au point d'en faire son sujet de thèse?
    Oh, un titre aux consonnances nobles, un prénom d'ange mais un vrai nom: Séraphine Louis tout ce qu'il y a de plus simple, celui d'une orpheline née en 1864 dans l'Oise dans une famille pauvre,celui d'une écolière solitaire, celui d'une servante sosie de Félicité l'héroïne de Flaubert dans "Un coeur simple".
    Mais ici, rien d'inventé, même si le parcours laborieux de bonne à tout faire,le fiancé s'évanouissant dans la nature et le délire mystique final restent semblables, tout va différer car Séraphine s'adonne corps et âme à la peinture.
    Servante le jour, peintre la nuit.
    Une peinture spontanée sur ordre de la Vierge, sujet dont le réalisateur Martin Provost (avec le livre de Françoise Cloarec pour scénario) produira en 2008 un film interprété principalement par Yolande Moreau.
    Après avoir gardé les bêtes, Séraphine se ressource dans la nature, mélange le Ripolin à des substances dont elle garde jalousement le secret et dépose sur ses toiles des fleurs aux couleurs chatoyantes et sensuelles.
    Cette biographie est illustrée de photos de Séraphine et de ses tableaux, dont celui de L'arbre de vie en rouge,bleu et vert, aux fleurs et aux feuilles qui montent vers un petit coeur de lumière. Ca tourne,ça tangue,ça valse,ça virevolte.
    Remarquée par Uhde, découvreur de grands talents,la guerre va la plonger dans la misère.
    Uhde disparu, après une expo à succés rue de Senlis en 1927 "A la gloire de Dieu", ce sera l'étrangeté puis l'enfoncement peu à peu dans la folie.
    .
    Un beau livre, un beau portrait de femme subjuguée par son amour de Dieu jusqu'à s'y perdre.
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    • Livres 5.00/5
    Par solange, le 27 janvier 2011

    solange
    Enfant égarée au milieu de la vie, Séraphine de Senlis traversera son adolescence en se créant sa vie rêvée et arpentera les allées de son existence de femme au travers de la peinture.
    Ses tourments lui permettront d'exister par le biais de toiles qui interpellent.
    Très joli livre où se côtoie une biographie, une description des lieux (le chapitre sur Senlis m'a beaucoup plu) et des moments de partages avec les personnes ayant gravité autour de la vie de Séraphine de Senlis.
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    • Livres 4.00/5
    Par emmyne, le 04 juin 2011

    emmyne
    Ce fut pour moi une belle et troublante rencontre en compagnie de Florence Cloarec. J'ai dévoré ce petit opus biographique, me suis laissée envoûter par la complexité de l'oeuvre, de la femme, par la somptuosité étrange, l'exubérance presque dérangeante, intimidante des peintures; par la plume de Françoise Cloarec.
    Son écriture est particulière, alternant récit factuel et longues digressions parfois poétiques– sur les lieux ou points historiques – souvent émouvantes. L'auteur est psychanalyste et peintre. Elle nous livre avec passion cette biographie qui rend hommage à l'œuvre comme à la femme, avec les mots et le regard de sa double compétence; des mots et un regard sensibles, précis qui nous offrent un récit brillant, intelligent, comme on espérerait que le soient tous ceux qui ont pour vocation de dévoiler un talent et partager une passion. Elle y laisse planer le mystère, la beauté de la quête de Séraphine. Elle y esquisse à touches délicates et respectueuses le portrait de l'artiste, sans occulter pour autant la dureté du contexte, sans le déparer d'une analyse trop psychanalytique ou historique.


    Lien : http://lisezjeunesse.canalblog.com/archives/2009/05/03/13603658.html..
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Critiques presse (1)


  • Lexpress , le 29 novembre 2011
    Beaucoup ont vu le beau film de Martin Provost consacré à cette femme de ménage de Senlis qui peignait la nuit, habitée par l'immanence de l'au-delà [...]. A tous ceux-là, et aux autres, la réédition de ce récit publié par la psychanalyste Françoise Cloarec permettra de mieux comprendre l'incroyable histoire de Séraphine Louis.
    Lire la critique sur le site : Lexpress

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Citations et extraits

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  • Par sylvie, le 27 avril 2009

    Les couleurs triomphantes, les formes surtravaillées, avec de plus en plus de finesse, se posent, se superposent. Il y a du tigré, du moucheté, du velu, de chevelu, du rayé, de l’écailleux, du cachemire, des pois, du bariolé, dans les tableaux de Séraphine. On dirait que ça ondule dans les nervures, que ça vibre dans la ramure, ça grouille dans les fleurs, dans les arbres, les feuilles, les fruits. Des insectes, des oiseaux, des plumes, faisans, paons, pintades apparaissent, se bousculent. Séraphine fait vibrer les teintes, superpose les couches, les empâtements
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  • Par NadinePestourie, le 27 octobre 2008

    Il y a du tigré, du moucheté, du velu, du chevelu, du rayé, de l'écailleux, du cachemire, des pois, du bariolé, dans les tableaux de Séraphine. On dirait que ça ondule dans les nervures, que ça vibre dans la ramure, que ça grouille dans les fleurs, dans les arbres, les feuilles, les fruits. Des insectes, des oiseaux, des plumes, faisans, paons, pintades apparaissent, se bousculent. Séraphine fait vibrer les teintes, superpose les couches, les empâtements.
    Elle se permet tout.
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  • Par VivianeB, le 20 mai 2010

    Séraphine est venue à la peinture en sortant du couvent. Comme on entre en religion, l'acte de peindre est-il pour Séraphine un moyen de suivre le chemin de l'ullumination, de trouver l'extase mystique ?
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  • Par sylvie, le 27 avril 2009

    De son enfance, presque rien.
    Nous connaissons son prénom, ce prénom d'anges de la première hiérarchie, les anges les plus proches de la présence divine. Ardents
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  • Par solange, le 27 janvier 2011

    Si les oeuvres d'art sont des créations, c'est qu'elles ne sont pas de simples projections des conflits de l'artiste, mais l'esquisse de leur solution.
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