Jean-Luc Coatalem, tous ses livres en témoignent, est du club de ceux qui aiment à « tâter de la rondeur » de la planète. Il aime également à goûter les retombées poétiques de l’élan voyageur: étiquettes jaunies et guêtres en cuir de buffle, lunettes de visée et ombrell... > voir plus
Difficile de se faire une idée de ce roman à trois voix ( presque quatre en comptant le commandant raymond) où se succèdent les points de vue des différents protagonistes: un procédé qui devient par ailleurs fréquent. La langue est parfois belle, souvent intéressante (dans la description de cet îlot perdu au milieu de l'océan) mais je dois avouer que ni Jodic, le technicien, ni le gouverneur, ni Moïse ne se sont vraiment incarnés à mes yeux. J'ai trouvé certains passages plutôt faciles, si ce n'est vulgaires gratuitement. Jodic est arrivé sur Antipodia suite à un chagrin d'amour avec une certaine Virginie qui n'a aucune consistance mais dont le prénom revient de nombreuses fois. le gouverneur a été muté ici en raison de pratiques licencieuses avec de très jeunes personnes à singapour. Moïse lui a été jeté par dessus bord par son capitaine au large d'Antipodia et a regagné la côte. Ces personnages ( hors Moïse peut être) n'ont éveillé aucun attachement chez moi et c'est avec un certain plaisir ( sans doute injuste) que je les quitte malgré la critique plutôt élogieuse d'une revue littéraire.
Le récit est écrit sous haute tension. Comme si l'auteur s'était lancé à travers ses personnages un ultimatum à la vie à la mort. On peut lire cette histoire, écrite par un grand poète, comme un thriller métaphysique ou psychanalytique. Jodic et Gouv incarnent deux puissances de l'esprit humain, l'imagination et la raison. L'une des deux l'emportera-t-elle dans le combat contre la déréliction?