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ISBN : 2253122114
Éditeur : Le Livre de Poche (28/09/2007)

Note moyenne : 3.84/5 (sur 547 notes)
Résumé :
En racontant pour la première fois comment elle est devenue Virginie Despentes, l'auteur de Baise-moi conteste les discours bien-pensants sur le viol, la prostitution, la pornographie. Manifeste pour un nouveau féminisme.
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Critiques, Analyses & Avis (68) Voir plus Ajouter une critique
canel
31 octobre 2013
Virginie Despentes présente ici ses réflexions sur la féminité, les femmes et le sexe, dans notre société encore bien stéréotypée.
Elle juge l'Etat trop restrictif, maternant - et par là-même infantilisant - qui écarte tout danger (alcool, tabac...) du citoyen, comme si celui-ci ne pouvait faire ses choix lui-même.
L'auteur évoque aussi le viol, traumatisme dont elle-même a été victime, et insiste sur la position ambigue de notre société à cet égard.
Sans le moindre exhibitionnisme ni misérabilisme, Virginie Despentes relate son expérience de la prostitution, le regard nouveau que cela lui a fait porter sur les hommes, ses clients souffrant pour la plupart de solitude. Elle en donne sa version personnelle, moins sordide selon elle que les reportages télévisés qui stigmatisent les difficultés du "métier".
De la même façon, l'auteur nous confronte à sa théorie de la pornographie.
Virginie Despentes est sensible, touchante, sincère, pas vulgaire comme je le craignais, même si son langage est souvent cru. Elle porte un regard acéré et pertinent sur les femmes et le sexe dans notre société. Même si on ne partage pas toutes ses théories, le propos est suffisamment sérieux et intéressant pour être écouté et respecté. Un petit essai qui fait réfléchir.
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aaahhh
16 août 2012
Bien sûr c'est osé, c'est provocateur et c'est scandaleux! Mais ça n'est pas que ça... Contre toutes (mes) attentes, c'est aussi nouveau, intelligent et libérateur!
C'est vrai que certains des propos tenus par Virginie Despentes peuvent choquer, et je conseille aux âmes trop sensibles ou trop conservatrices de s'abstenir de lire "King Kong Théorie", mais passé le premier état de choc, c'est une nouvelle théorie du féminisme très éclairée et quelques idées originales et profondes sur la condition féminine actuelle que nous offre l'auteur avec son roman-essai-autobiographie. Sur des thèmes aussi chargés que la pornographie, la prostitution et le viol, elle propose un regard neuf qui vaut le détour car certaines de ses remarques ouvrent vraiment l'esprit et invitent à la réflexion.
J'ai beaucoup aimé plusieurs parties du roman qui m'ont intellectuellement vraiment marquées, mais dans certaines, et je pense notamment à certains passages sur le viol, le bouchon était poussé un peu trop loin pour moi et je les ai donc nettement moins appréciées. Je garde néanmoins un bon souvenir de ma lecture et je recommande le livre à toutes celles mais aussi tous ceux qui ont envie de réfléchir à la place de la femme et du féminisme dans le monde d'aujourd'hui.
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Pchabannes
07 août 2010
Virginie Despentes King Kong Théorie
“Voyez-les, ces fidèles de toutes les Fois ! Quel est celui qu'ils haïssent le plus ? Celui qui brise leurs tables de valeurs, le brise-tout, le brigand : mais celui-là c'est le créateur. ” Ainsi parlait ZarathoustraFréderic Nietzsche.
Qui se cache derrière cette écriture volontairement dénuée de style, ces affirmations péremptoires, ces arguments d'autorité ? Pourquoi, par un passage permanent du particulier au général, empêcher toute lecture construite, toute réfutation logique et toute approbation même partielle. Ces mots envoyés comme des balles, ces phrases lancées comme des roquettes à l'assaut du monde, d'un monde vécu ou rêvé, d'un monde dans lequel se débat, se noie, survit Virginie Despentes. Quand bien même ais-je pu entendre une douleur, une souffrance ou un cri, le partage n'est pas autorisé. “Une vision du monde, un choix. Il ne s'agit pas d'opposer les petits avantages des femmes aux petits acquis des hommes, mais bien de tout foutre en l'air.”
Pourquoi lire ce livre de poche de 145 pages ? Pourquoi le succès de ce type d'écriture ? Quel type de lectorat ? Je ne sais pas. Porté sur le débat, sur la connaissance des mondes, des autres, j'aime à découvrir sans juger, apprendre sans comprendre, voir sans savoir. Je suis déçu parce que Virginie Despentes ne veut pas ouvrir sa porte, ne m'autorise pas à entrer dans son monde.
Alors en vrac, réfutons sans espoir : Freud n'a pas tout compris à l'Homme, l'Homme et la Femme ne se réduisent pas à leur sexe et loin s'en faut, les clients du sexe tarifé sont une partie et non le tout du corps social, une femme marié peut être esclave ou maître de son destin, l'industrie pornographique ne commettra pas de chefs d'oeuvre, le cul est déjà partout de la publicité aux téléfilms, les salaires féminins sont les mêmes que pour les hommes depuis près de vingt ans.
Trop de sujets passant par la grille de lecture de Virginie Despentes connectée à un monde qu'elle pense universel, un monde de la confusion permanente entre la représentation du réel et le réel lui-même.
Que faire alors ?
• Lire Stefan Sweig (freudien si il en est puisque c'est son copain!!!) et Sandor Marai, entre autres, démontrera que des hommes ont écrit sur les hommes et les femmes.
• Comprendre que le XIXème siècle est un désert de la pensée puisqu'un ouvrage tel que King Kong Théorie ou Baise-moi trouvent éditeur et lecteurs.
• Lire Fatima Mernissi, la femme, le monde musulman
• Qu'il faut lire les auteurs du XVII, XVIII et XIXème siècle pour retrouver des forces vives.
• Que depuis la Grande Guerre de 14, les femmes remplaçant les hommes aux champs, à l'usine, partout, ont commencé leur libération.
• Qu'une femme n'a pas besoin de se faire homme pour se faire sa place.
• Que le droit de vote a été voté en 1922 aux USA, 1934 en Turquie, 47 en France…
• Que des Reines, des Maîtresses ont fait la France.
• Voir ce que le Siècle des Lumières doit aux femmes.
Vie quotidienne et contemporaine :
J'ai trente collaborateurs dont plus de la moitié de femmes. La Directrice des Opérations est une femme, féminine et manager. Les chefs de projet sont femmes ou hommes. En Roumanie, j'ai 28 collaborateurs chargés du développement informatique et là encore 50% de femmes. La richesse de notre société est ses collaborateurs avec leurs différences d'âges, de sexe, de langue et de culture.

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colimasson
11 août 2012
Certaines réflexions sont intéressantes, leur crédit étant renforcé par le passé de Virginie Despentes qui a réellement vécu ce dont elle parle.
Je déplore toutefois le fait qu'elle soit obligée de rappeler, toutes les dix pages, son appartenance au mouvement punk-rock qu'elle se sent obligée de lier à un comportement "rebelle" surfait. On a l'impression que Virginie Despentes essaie sans cesse de ramener à sa cause toute une jeunesse en rupture avec les valeurs "traditionnelles". Est-elle vraiment obligée de rappeler à chaque page qu'elle adore les concerts de punk, qu'autrefois elle avait les cheveux verts, qu'elle s'habillait avec des jupes courtes et des Doc Martens ? La cause féministe a-t-elle forcément rapport à cette "marginalité" de pacotille? Et finalement, Virginie Despentes ne rabaisse-t-elle pas les ambitions de ce mouvement en le limitant à un combat superficiel qui se concentre dans les apparences ?
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jovidalens
10 mai 2015
Un pamphlet qui brûle, s'enflamme et...laisse à nu quelques vérités pas toujours bonnes à dire et encore moins à entendre.
Bien sûr qu'elle est en rage et il y a de quoi mais, c'est une colère saine.
Un coup de pied et de poing dans un concept de la féminité qui date et perdure.
Une bonne analyse de la façon dont notre société aliène en douceur aussi et en sous-main. Certes on s'en rend compte mais le rapprochement avec l'éducation féminine, les diktats auxquels nous nous soumettons, nous intégrons, est révélateur. Et le rapprochement avec l'organisation de la société qui infantilise.
Ce qui m' a le plus interpellé c'est cette façon de s'effacer, d'accepter, d'attendre que celui qui a le pouvoir reconnaisse et récompense les compétences de celle(s) qui s'échine(nt) sous son pouvoir. Et Virginie Despentes en parle bien, soulignant comme il est quasiment impossible a une femme d'utiliser ses armes en cas de danger, les vraies, celles qui ne relèvent pas du charme.
Quant à la masculinité, c'est un concept difficile à définir. Je repense encore à un café BD dont le thème était le masculin : pas facile ! Ni pour moi, ni pour mes compères. Anecdote certes mais significative.
La prostitution et le porno : bien vu et analysé aussi Madame Despentes.
Eh oui, le porno c'est du cinéma ! et la prostitution un métier qu'il est difficile d'accepter et de respecter. Il me revient en mémoire ce film sur une étudiante brillante et sans vrais besoins financiers qui se prostitue. Perturbant !
J'ai été touchée par le ton (le tonitruant et l'autre plus calme, plus serein),et par la pensée claire et structurée de Virginie Despentes.
Des redites bien sûr, mais c'est le reflet du besoin de l'auteure de faire tomber les oeillères, de convaincre que chacun peut changer le monde dans ce qu'il a de rebutant en élargissant nos vues, en changeant nos a prioris et attitudes. C'est pas facile et c'est pas gagné !
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Citations & extraits (91) Voir plus Ajouter une citation
lesleonerieslesleoneries21 avril 2017
Je trouve ça formidable qu'il y ait aussi des femmes qui aiment séduire, d'autres se faire épouser, des qui sentent le sexe et d'autres le gâteau du goûter des enfants qui sortent de l'école.
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Patsy_StonePatsy_Stone21 décembre 2007
Parce que l'idéal de la femme blanche, séduisante mais pas pute, bien mariée mais pas effacée, travaillant mais sans trop réussir, pour ne pas écraser son homme, mince mais pas névrosée par la nourriture, restant indéfiniment jeune sans se faire défigurer par les chirurgiens de l'esthétique, maman épanouie mais pas accaparée par les couches et les devoirs d'école, bonne maîtresse de maison mais pas bonniche traditionnelle, cultivée mais moins qu'un homme, cette femme blanche heureuse qu'on nous brandit tout le temps sous le nez, celle à laquelle on devrait faire l'effort de ressembler, à part qu'elle a l'air de beaucoup s'emmerder pour pas grand-chose, de toutes façons je ne l'ai jamais croisée, nulle part. Je crois bien qu'elle n'existe pas.
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Patsy_StonePatsy_Stone21 janvier 2009
Plaire aux hommes est un art compliqué, qui demande qu’on gomme tout ce qui relève de la puissance. Pendant ce temps, les hommes, en tout cas ceux de mon âge et plus, n’ont pas de corps. Pas d’âge, pas de corpulence. N’importe quel connard rougi à l’alcool, chauve à gros bide et look pourri, pourra se permettre des réflexions sur le physique des filles, des réflexions désagréables s’il ne les trouve pas assez pimpantes, ou des remarques dégueulasses s’il est mécontent de ne pas pouvoir les sauter. Ce sont les avantages de son sexe. La chaudasserie la plus pathétique, les hommes veulent nous la refiler comme sympathique et pulsionnelle. Mais c’est rare d’être Bukowski, la plupart du temps, c’est juste des tocards lambda. Comme si moi, parce que j’ai un vagin, je me croyais bonne comme Greta Garbo. Etre complexée, voilà qui est féminin. Effacée. Bien écouter. Ne pas trop briller intellectuellement. Juste assez cultivée pour comprendre ce qu’un bellâtre a à raconter.
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mandarine43mandarine4325 octobre 2011
BAD LIEUTENANTES

J'écris de chez les moches, pour les moches, les vieilles, les camionneuses, les frigides, les mal baisées, les imbaisables, les hystériques, les tarées, toutes les exclues du grand marché à la bonne meuf. Et je commence par là pour que les choses soient claires : je ne m'excuse de rien, je ne viens pas me plaindre. Je n'échangerais ma place contre aucune autre, parce qu'être Virginie Despentes me semble être une affaire plus intéressante à mener que n'importe quelle autre affaire.

Je trouve ça formidable qu'il y ait aussi des femmes qui aiment séduire, qui sachent séduire, d'autres se faire épouser, des qui sentent le sexe et d'autres le gâteau du goûter des enfants qui sortent de l'école. Formidable qu'il y en ait de très douces, d'autres épanouies dans leur féminité, qu'il y en ait de jeunes, très belles, d'autres coquettes et rayonnantes. Fran­chement, je suis bien contente pour toutes celles à qui les choses telles qu'elles sont conviennent. C'est dit sans la moindre ironie. Il se trouve simplement que je ne fais pas partie de celles-là. Bien sûr que je n'écrirais pas ce que j'écris si j'étais belle, belle à changer l'attitude de tous les hommes que je croise. C'est en tant que prolotte de la féminité que je parle, que j'ai parlé hier et que je recommence aujourd'hui. Quand j'étais au RMI, je ne ressentais aucune honte d'être une exclue, juste de la colère. C'est la même en tant que femme : je ne ressens pas la moindre honte de ne pas être une super bonne meuf. En revanche, je suis verte de rage qu'en tant que fille qui intéresse peu les hommes, on cherche sans cesse à me faire savoir que je ne devrais même pas être là. On a toujours existé. Même s'il n'était pas question de nous dans les romans d'hommes, qui n'imaginent que des femmes avec qui ils voudraient coucher. On a toujours existé, on n'a jamais parlé. Même aujourd'hui que les femmes publient beaucoup de romans, on rencontre rarement de personnages féminins aux physiques ingrats ou médiocres, inaptes à aimer les hommes ou à s'en faire aimer. Au contraire, les héroïnes contemporaines aiment les hommes, les rencontrent facilement, couchent avec eux en deux chapitres, elles jouissent en quatre lignes et elles aiment toutes le sexe. La figure de la looseuse de la féminité m'est plus que sympathique, elle m'est essentielle. Exactement comme la figure du looser social, économique ou politique. Je préfère ceux qui n'y arrivent pas pour la bonne et simple raison que je n'y arrive pas très bien, moi-même. Et que dans l'ensemble l'humour et l'inventivité se situent plutôt de notre côté. Quand on n'a pas ce qu'il faut pour se la péter, on est souvent plus créatifs. Je suis plutôt King Kong que Kate Moss, comme fille. Je suis ce genre de femme qu'on n'épouse pas, avec qui on ne fait pas d'enfant, je parle de ma place de femme toujours trop tout ce qu'elle est, trop agressive, trop bruyante, trop grosse, trop brutale, trop hirsute, toujours trop virile, me dit-on. Ce sont pourtant mes qualités viriles qui font de moi autre chose qu'un cas social parmi les autres. Tout ce que j'aime de ma vie, tout ce qui m'a sauvée, je le dois à ma virilité. C'est donc ici en tant que femme inapte à attirer l'attention masculine, à satisfaire le désir masculin, et à me satisfaire d'une place à l'ombre que j'écris.
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Patsy_StonePatsy_Stone21 décembre 2007
J'écris de chez les moches, pour les moches, les vieilles, les camionneuses, les frigides, les mal baisées, les imbaisables, les hystériques, les tarées, toutes les exclues du grand marché à la bonne meuf. Et je commence par là pour que les choses soient claires : je ne m'excuse de rien, je ne viens pas me plaindre. Je n'échangerais ma place contre aucune autre, parce qu'être Virginie Despentes me semble être une affaire plus intéressante à mener que n'importe quelle autre affaire.
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