ISBN : 2246771714
Éditeur : Grasset (2010)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.3/5 (sur 233 notes) Ajouter à mes livres
Valentine disparue ... Qui la cherche vraiment ?
Entre satire sociale, polar contemporain et romance lesbienne, le nouveau roman de Virginie Despentes est un road-book qui promène le lecteur entre Paris et Barcelone, sur les traces de tous ceux qui ont connu Val... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par emeralda, le 09 mai 2011

    emeralda
    Voilà justement un billet en attente depuis des lustres sur mon disque dur....
    Une rentrée littéraire, ça se déguste. D'ailleurs comment faire autrement ? Il est humainement impossible de lire tous les titres qui la compose. On fait des choix, on se réserve des temps forts pour plus tard.
    "Apocalypse bébé" de Virginie Despentes n'est pas un premier choix de lecture, c'est une occasion qui s'est présentée. Résultat ?
    ***************
    l'auteur : (source : Wikipédia)
    Virginie Despentes est une auteure et réalisatrice française née le 13 juin 1969 à Nancy. Elle est également traductrice et parolière, de manière plus anecdotique.
    Après avoir passé son bac en candidate libre, Virginie Despentes quitte Nancy et ses parents, postiers syndicalistes, et s'installe à Lyon où elle multiplie les petits boulots. Femme de ménage, prostituée via le Minitel, dans des « salons de message » et des peep shows, vendeuse chez un disquaire, puis pigiste pour journaux rocks et critique de films pornographiques, elle est vendeuse au rayon librairie du Virgin Megastore à Paris lorsque sort son premier roman, Baise-moi, refusé par de nombreuses maisons d'édition, aux Éditions Florent-Massot. Elle choisit alors son nom de plume en référence aux Pentes de la Croix-Rousse[5], quartier de Lyon dans lequel elle a vécu, avant de s'installer à Paris.
    Elle quitte les éditions Florent-Massot après la publication de son deuxième roman, Les chiennes savantes, en 1996. Elle rejoint alors les éditions Grasset, chez qui elle publie en 1998 un troisième ouvrage, Les jolies choses, adapté au cinéma en 2001 par Gilles Paquet-Brenner avec Marion Cotillard et Stomy Bugsy dans les rôles principaux. le film reçoit le Prix Michel d'Ornano lors du Festival de Deauville 2001.
    Elle reçoit le Prix de Flore 1998 (et rédige à cette occasion une nouvelle qui sera publiée en 2004 dans un recueil collectif des lauréats du prix : Des nouvelles du Prix de Flore, chez Flammarion) et le Prix littéraire Saint-Valentin en 1999 pour Les jolies choses.
    En 1999, Librio publie un recueil de nouvelles, pour la plupart inédites : Mordre au travers. Subversive, l'œuvre affiche un avertissement en quatrième de couverture qui stipule que l'« ouvrage contient des passages susceptibles de heurter la sensibilité de certains lecteurs. » En 1997, Despentes avait déjà publié une nouvelle, « C'est dehors, c'est la nuit », dans un recueil collectif, Dix, édité sous la direction du magazine Les Inrockuptibles.
    En 2000, elle réalise son premier film, Baise-moi, en collaboration avec Coralie Trinh Thi, avec Karen Lancaume et Raphaëla Anderson comme protagonistes. le film soulèvera alors une large polémique.
    Deux ans plus tard paraît Teen Spirit. La même année Virginie Despentes publie en collaboration avec Nora Hamdi, un roman graphique, Trois étoiles, chez Au Diable Vauvert. Elle traduit aussi deux textes pour ce même éditeur : Plastic Jesus de Poppy Z. Brite et Mort aux Ramones, de l'anglais Poison Heart : surviving the Romanes de Dee Dee Ramone.
    Le groupe de rock Placebo la sollicite en 2003 pour traduire en français un titre de leur album Sleeping with Ghosts : Protect me from what I want qui deviendra Protège-moi.
    En 2004, après avoir participé au deuxième numéro intitulé « Toujours aussi pute » de la revue Bordel chez Flammarion et rédigé une biographie de Lemmy Kilmister du groupe Motörhead pour le magazine Rock & Folk, elle publie Bye Bye Blondie.
    De 2004 à 2005 Virginie Despentes s'essaye à une forme d'écriture à l'intersection du journal intime et du journalisme. Elle tient un blog sur lequel elle poste chaque jour un billet d'humeur : « Il y était volontiers question de concerts, films ou livres, mais aussi de morts de gens, de commentaires de radio ou de télé », et elle ajoute : « et aussi j'y racontais mes petits trucs, genre j'ai dîné avec qui et on a parlé de quoi... », en donnant une dimension cathartique à la pratique du journal intime en ligne : « régulièrement j'expliquais que j'allais mal, ce qui constitue quand même mon activité principale. » Au delà de l'interaction mise en place entre l'auteure et ses lecteurs, le blog fut piraté en 2005, ce qui entraina sa fermeture.
    En 2005, elle rédige trois titres pour l'album Va chercher la police du groupe A.S. Dragon, ainsi que deux préfaces, l'une pour Roland Cros et son ouvrage sur les Béruriers noirs et l'autre pour J'assume de Nina Roberts, actrice pornographique.
    L'année suivante elle publie son premier livre plus autobiographique, mais qui prend la forme d'un essai : King Kong Théorie. L'œuvre est présentée comme un « manifeste pour un nouveau féminisme. » le magazine féministe belge Axelle organise alors une collecte des réactions suscitées par la lecture du livre. La même année, Despentes réalise le clip de la chanson Mauvaise étoile pour Daniel Darc.
    En 2009 elle réalise son premier documentaire, Mutantes (Féminisme Porno Punk), diffusé sur Pink TV. Elle écrit également une nouvelle sur l'érotisme féminin pour le magazine Psychologies.
    2010 marque son retour au roman : elle publie Apocalypse bébé, toujours chez Grasset. le roman reçoit le Prix Trop Virilo le 2 novembre 2010 et le Prix Renaudot le 8 novembre 2010. le Diable Vauvert édite aussi une nouvelle traduction établie par Virginie Despentes : Déséquilibres synthétique de l'anglais Will work for drugs de Lydia Lunch. Elle tourne aussi l'adaptation cinématographique de Bye Bye Blondie avec Béatrice Dalle et Emmanuelle Béart. La même année, Cécile Backès et Salima Boutebal proposent une adaptation théâtrale de King Kong Théorie, durant le « Off » du Festival d'Avignon.
    ****************
    l'intrigue :
    Valentine disparue.
    Qui la cherche vraiment ? Entre satire sociale, polar contemporain et romance lesbienne, le nouveau roman de Virginie Despentes est un road-book qui promène le lecteur entre Paris et Barcelone, sur les traces de tous ceux qui ont connu Valentine, l'adolescente égarée. Les différents personnages se croisent sans forcément se rencontrer, et finissent par composer, sur un ton tendre et puissant, le portrait d'une époque.
    ****************
    Ce que j'en pense :
    Un auteur que je découvre, un titre qui a fait parler de lui et une lecture que je n'avais pas mise dans mes priorités, voilà les premiers jets de cette analyse.
    Simples constats.
    La couverture de l'ouvrage ne me parait pas très belle. Question de goûts sans doute. Elle attire l'oeil pourtant. Elle joue son rôle donc. Cependant, elle pourrait être plus esthétique, moins art contemporain, moins criarde. Et pourtant, c'est en arrivant au bout de ma lecture que j'ai mieux compris cette illustration connotée "sexualité hard", jeunesse dépravée et couleurs criardes mêlées aux tons camouflages militaires.
    La mise en page est assez massive. Peu de retour à la ligne. Parfois le texte devient indigeste, il nous agresse car trop massif, pas assez aéré. Dommage. Cependant, cela reste cohérent avec l'ambiance et ce que ressente les différents protagonistes.
    Le style est contemporain, pas franchement désagréable, mais sans plus de recherche au premier abord. Là encore, c'est un leurre.
    Les personnages sont des caricatures. Reste que Virginie Despentes a su leur donner vie et une réelle crédibilité, une certaine forme d'humanité. La vulgarité n'est pas gratuite, elle fait partie de l'intrigue. Il faut savoir passer outre et se plonger dans un univers qui fait froid dans le dos car tellement familier, mais aussi tellement étranger.
    Un thème actuel pour un portrait tiré au couteau de notre société. On ne sort pas tout à fait indemne de cette lecture.
    A ne pas lire si on déprime. le final est explosif.

    Lien : http://espace-temps-libre.blogspot.com/2011/05/appocalypse-bebe-de-v..
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Zoe, le 19 septembre 2010

    Zoe
    Lucie Toledo, la quarantaine, travaille pour un détective privé. Alors que de plus en plus de parents engagent un détective pour espionner leurs enfants, Lucie est cantonnée à ces affaires de filature d'adolescents. Jusqu'au jour où Valentine, quinze ans, fait une fugue pendant qu'elle était censée la suivre. Lucie se voit alors confier la mission de retrouver l'adolescente, mais ne sachant par où commencer son enquête, elle fait appel à la Hyène, une privée en free-lance spécialisée dans la recherche des disparus. Et c'est le début d'un « road book » qui va conduire les deux enquêtrices de Paris à Barcelone…
    Le duo de choc que forment Lucie et la Hyène, personnages extrêmement contrastés, rappelle les plus classiques des romans policiers. Mais le personnage de la Hyène, particulièrement violente et à l'homosexualité tapageuse, apporte quelques scènes trash à un roman par ailleurs beaucoup moins sulfureux qu'on aurait pu le penser. Ce nouveau roman de Virginie Despentes m'a étonnée par la richesse des thèmes qu'il aborde. Des thèmes sociaux d'abord, comme Internet, la téléphonie mobile et la surveillance qu'ils permettent, la crise économique, ou plus généralement la vie d'aujourd'hui vue à travers différents milieux sociaux, de la bourgeoisie parisienne cultivée aux cités de banlieue. Mais aussi les thèmes plus intimistes de l'homosexualité, du couple, de la maternité et son pendant : la non-maternité. Enfin je retiendrai également le thème plus inattendu du temps qui passe, de la petite nostalgie qui vous saisit à la quarantaine. Apocalypse bébé est donc un roman tantôt social, tantôt intimiste, parfois cruel ou du moins rageur, souvent pessimiste et désabusé, mais qui sait aussi parfois se faire plus tendre, et finalement se montrer dans l'épilogue étonnamment sentimental.
    Chaque personnage du roman est fouillé, son parcours restitué, à tel point qu'on est admiratif de la manière dont Virginie Despentes parvient à s'insinuer dans les pensées, les sentiments secrets de chacun d'eux. Plusieurs de ces personnages ont d'ailleurs un chapitre qui leur est consacré, occasion pour le lecteur d'envisager l'histoire sous des points de vue différents. Cerise sur le gâteau : le père de la disparue est romancier, un romancier d'un autre âge, qui n'a plus grand succès, un personnage qui permet à Virginie Despentes d'ironiser sur la figure de l'écrivain contemporain et l'industrie du livre, ce qui donne lieu à des passages assez savoureux. Mais les personnages sont trop typés socialement. On a un peu l'impression que Virginie Despentes a voulu passer en revue un certain nombre de milieux sociaux, donnant à son roman un petit côté catalogue légèrement agaçant. Sans compter qu'aucun des personnages n'est surprenant par rapport à son origine social, comme s'ils se conformaient tous à des clichés jusqu'à former ensemble un monde totalement irréel. Pourtant sur le moment Apocalypse bébé est un roman qui m'a impressionnée. Je l'ai vraiment adoré jusqu'aux deux tiers. Ensuite, l'entrée en scène de la bonne soeur et la fin de l'aventure de Valentine m'ont fait un peu décrocher. La fin ne m'a pas paru à la hauteur du reste, et c'est là que mon esprit critique en a profité pour reprendre le dessus, me laissant finalement plus mitigée que je ne l'aurais cru en cours de lecture.
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Livrespourvous, le 06 octobre 2010

    Livrespourvous
    Eh oui, je n'avais jamais parcouru ou lu un livre de Virginie Despentes. Allez savoir pourquoi, sans doute la paresse ou la mollesse.

    Eh bien, je vous conseille de lire Apocalypse bébé.
    Il y a une telle rage de tout saccager, de balancer sur l'existence avec raison, de massacrer les idéaux, leur suite flamboyante, les faux-semblants, les bon sentiments, l'hypocrisie religieuse, qu'on en reste baba, stupéfait, interdit et un peu hagard au sortir du roman.

    Bien sûr, l'admiration l'emporte très vite. Pourrait-il en être autrement ?

    Le talent de Despentes est déjà dans l'écriture, elle casse, houspille et écharpe le français et restitue sa propre langue, un rythme forcené et même forcé, et une musique fortement et forcément métallique qui heurte, brutalise et ravit.

    Despentes alimente fort bien la colère dévastatrice de ses personnages et la fin est une apothéose.

    Ensuite, il fallait avoir le cran, l'audace d'appeler une de ses principales héroïnes, la Hyène.
    Chantre du lesbianisme le plus violent, celui des séances de bondage, des tripotages malsains et salvateurs, la Hyène est une enquêtrice hors pair qui fouille les vies et surtout les âmes, à la recherche de la vérité et surtout de Valentine, jeune femme en devenir, mais que la vie a déjà dévoyée, malmenée et abîmée, et qui a disparu.

    La Hyène provoque la répulsion et la fascination de l'enquêtrice officielle, Lucie qui cherche pour les parents, Valentine. ApocalypseBébé est tout à la fois, un roman policier, un road movie, une romance mais pas seulement, parce qu'entre Paris et Barcelone, les certitudes humaines, les socles sociaux, affectifs, les référents sont épouvantablement ébranlés.

    Voici trois extraits :
    « Les femmes quittées après cinquante ans par des maris qui veulent la jeunesse affirment volontiers « J'aurais préféré qu'il me quitte plus tôt, j'aurais pu refaire ma vie ». Elles ne savent pas ce qu'elles disent. Il n'y a rien de pire qu'être quittée avant trente-cinq ans. C'est être quittée pour ce qu'on est, sans pouvoir rien mettre sur le compte de la vieillesse… »

    « On pointe rarement du doigt le vrai ravage dont les journaux féminins et l'industrie cosmétique sont responsables : faire croire à une nation de boudins qu'elles peuvent, en faisant quelques efforts, avoir l'air d'autre chose que de ce qu'elles sont… »

    « Les enfants sont les vecteurs autorisés de la sociopathie des parents. Les adultes geignent en faisant mine d'être dépassés par la vitalité destroy des petits, mais on voit bien qu'ils jouissent d'enfin pouvoir emmerder le monde, en toute impunité, au travers de leur progéniture. Quelle haine du monde a bien pu les pousser à se dupliquer autant ? »

    Despentes balance fortement sur la famille, les amis, les parents, le travail, la reconnaissance – ses pages sur le milieu littéraire sont jubilatoires et prouvent s'il en était que nous autres éditeurs avons laissé filé le lecteur au nom de notre paresse lucrative -, la mode, la drogue, etc…

    Apocalypse bébé est parfois empreint de tendresse et d'amour, au milieu de ruines sentimentales effroyables.

    Un roman secoué et secouant que vous devez lire absolument, la littérature n'attend pas.
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    • Livres 5.00/5
    Par MissSugarTown, le 18 septembre 2011

    MissSugarTown

    Voici un livre poignant, un livre bourré de prises de positions, de critiques, de jugements, de réalités et de vérités... L'auteur est directe et va droit au but, elle balance tout ce qu'elle pense et emmerde le monde. J'ai trop aimé.
    La Hyène est surprenante, un caractère presque parfait j'ai envie de dire, forte, brutale, incroyablement intelligente, trop terre à terre, et divinement sensible... parce qu'elle aussi, elle a sa propre histoire.
    Virginie Despentes dresse dans son livre un tableau de la société actuelle, elle a massacré pratiquement tout le monde, la France et les français, les bourges et les pauvres, les musulmans et les arabes, les chrétiens et le terrorisme, le Grand trafic de merde qui se joue en background, la soif d'argent et de pouvoir, les relations familiales décomposées, les parents qui n'ont rien de "parents"... Virginie Despentes balaie une société de consommation pourrie, on sent sa rage et ses cris, elle hurle de toutes ses forces dans chaque page de ce livre, ses jugements sont peut-être vrais, ils sont peut-être faux mais ils sont incroyablement sincères et un minimum justifiés.
    C'est un livre à lire je pense, en tout cas c'est un autre coup de coeur pour moi cette année, et je l'ajoute à la liste des auteurs dont j'ai envie de lire l'intégralité de leurs oeuvres. Je me demande si toutes les autres sont tout aussi excellentes.
    En bref : J'ai adoré le style et le ton ! J'ai adoré tous ses jugements qui n'ont épargné aucune catégorie ni angle de vision. On ne s'ennuie jamais, c'est très bien ficelé, bien raconté et l'organisation et la présentation des évènements et des personnages est excellente. Moi qui rêvais à chaque fois de lire un livre raconté par ses différents personnages pour vivre les mêmes évènements par ses différents acteurs, j'ai été comblée ! C'est très bien raconté, on n'est déçu à aucun moment. Un coup de coeur pour moi !

    Lien : http://laculturehajarienne.blogspot.com/2011/05/apocalypse-bebe-virg..
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    • Livres 2.00/5
    Par Davd, le 15 mai 2012

    Davd
    "What the fuck !" est sans doute la première chose qui me vient à l'esprit après avoir fini ce livre (et c'est plus chic que : "Qu'est-ce que c'est que ce bordel ?").
    Virginies, je t'aime bien mais là... Tssss...
    Ce roman est le roman de l'indécision : ni un roman d'espionnage, ni un road-movie, ni une étude de moeurs. Il fallait se décider. C'est assez pénible. Certes les changements de point de vue narratif sont intéressants mais cela ne suffit pas.
    Et ces personnages, ces personnages !
    Lucie est une tête à claque ronchon qui trouve la révélation en devenant lesbienne, "la Hyène" est un hybride entre Mister Hyde et Shane (de "the LWorld"), Valentine l'adolescente paumée dans la grande bourgeoise vénéneuse de son romancier has-been de père, etc.
    D'accord, il y a de jolis coups de griffes sur la bourgeoisie, la banlieue, les milieux gauchistes mais les personnages sont beaucoup trop caricaturaux.
    La fin mérite le respect : plus bâclée ce doit être difficile. On y trouve pèle-mêle : une adolescente manipulée qui devient terroriste avec une bombe vaginale, la fin d'un internet libre, la cavale de Lucie et de son amante/chaperon/geôlière, de la prospective géopolitique et la tarte à la crème littéraire qu'est le "mais est-ce que tout cela est vraiment arrivée ?" de la narratrice.
    Virginie, je t'aime mais il ne faut plus me faire de choses comme cela. C'est trop dur.
    Ce sera mieux la prochaine fois. Bisous.
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Citations et extraits

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  • Par annesuc, le 16 octobre 2010

    Depuis que je travaille chez Reldanch, j'ai toujours évité de m'intéresser aux gamins que j'ai pistés. Dans le métier, la personne qu'on file s'appelle "la cible", plus on oublie le prénom, mieux on se porte. J'ai un téléphone portable avec objectif Carl Zeiss, angle panoramique et zoom numérique, caméra haute définition et micro son performant. Je m'intéresse davantage à l'état des batteries de mon matériel et aux rayures sur l'objectif qu'à la personne que je traque. Me demander qui est Valentine ne fait pas partie des choses que j'ai apprises à faire. La démarche me semble même contre nature.
    Mon portable sonne un peu avant midi, je n'ai pas bougé du sofa où je me suis affalée après le café du matin. Quand je me redresse pour répondre, je me rends compte que j'ai les cervicales défoncées, j'ai dû passer trop de temps dans une position incorrecte, à écouter la radio. J'articule un "allo oui"?" harassé, destiné à faire croire qu'on vient m'interrompre en plein milieu d'une tâche qui réclamait toute ma concentration.
    - Salut, c'est la Hyène, t'es où, là?
    Comme si on traînait ensemble, tous les jours, depuis des années. Je regrette déjà de lui avoir demandé quelque chose, je me rend bien compte que le plus sage serait de ne pas réussir cette enquête, et d'attendre tranquillement les conséquences néfastes qui en découleraient. Je reste évasive:
    - Écoute, là, je me promène à droite et à gauche, là où j'ai vu Valentine... des fois que quelque chose me revienne.
    - Tu joues les commissaires Maigret? Tu veux que je t'amène des bières et des sandwichs?
    Je ne comprends pas trop son humour, et je trouve sa gaité tapageuse. Je me demande si elle a couché avec la fille hier. Je prends un ton un peu sec:
    - Je me prépare à appeler le père pour passer le voir le plus vite possible, je pense qu'il pourrait m'aider à localiser la mère.
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  • Par mandarine43, le 25 octobre 2011

    Il n'y a pas si longtemps de ça, j'avais encore trente ans. Tout pouvait arriver. Il suffisait de faire les bons choix, au bon moment. Je changeais souvent de travail, mes contrats n'étaient pas renouvelés, je n'avais pas le temps de m'ennuyer. Je ne me plaignais pas de mon niveau de vie. J'habitais rarement seule. Les saisons s'enchaînaient façon paquets de bonbons : faciles à gober et colorés. J'ignore à quel moment la vie a cessé de me sourire.
    Aujourd'hui, j'ai le même salaire qu'il y a dix ans. À l'époque, je trouvais que je m'en tirais bien. L'élan s'est ralenti, après mes trente ans, un souffle qui me portait s'est éteint. Et je sais que la prochaine fois que je me retrouverai sur le marché de l'emploi, je serai une femme mûre, sans qualification. C'est comme ça que je m'accroche à la place que j'ai, comme si ma vie en dépendait.

    Ce matin-là, j'arrive en retard. Agathe, la jeune standardiste, tapote sa montre du doigt, en fronçant les sourcils. Elle porte des collants fluo jaunes et des boucles d'oreilles roses en forme de coeur. Elle a facile dix ans de moins que moi. Je devrais ignorer son petit soupir contrarié quand elle trouve que je prends trop de temps à enlever mon manteau, au lieu de quoi je bafouille une excuse incompréhensible, et je file frapper à la porte du chef. De l'intérieur de son bureau s'échappent de longs cris rauques. Je recule d'un pas, effrayée. J'interroge Agathe du regard, elle grimace et chuchote «c'est madame Galtan, elle vous attendait devant l'entrée, avant l'ouverture, ce matin. Deucené se fait agonir depuis vingt minutes. Entre vite, ça va la calmer». Je suis tentée de tourner les talons et dévaler les escaliers, sans un mot d'explication. Mais je frappe à la porte, et on m'entend.
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  • Par Morriszapp, le 22 septembre 2010

    Les Français ont besoin de voir des pauvres qui ne les insultent pas. Ils savent que s’ils montent dans un bus blindé pour s’extasier sur les conditions de vie des pauvres dans leurs banlieues, ils vont se faire brûler le bus. Ca les met dans la détresse : toute cette pauvreté sur laquelle ils pourraient s’attendrir, lâcher une petite pièce et donner leurs vieilles fringues. Mais ces pauvres-là sont méchants. Ca complique les choses, pour la charité chrétienne. (p. 179).
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  • Par Livrespourvous, le 06 octobre 2010

    On pointe rarement du doigt le vrai ravage dont les journaux féminins et l’industrie cosmétique sont responsables : faire croire à une nation de boudins qu’elles peuvent, en faisant quelques efforts, avoir l’air d’autre chose que de ce qu’elles sont…
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  • Par Manue-H, le 05 mai 2012

    Elle n’a pas peur. Elle sait ce qu’elle fait et ce qu’elle a à faire.
    Elle ne veut pas devenir une adulte comme son père : un menteur et un lâche, qui ne pense qu’à fourrer sa bite dans n’importe quelle chatte mais qui fait le pudique, à table, qui fait le bonhomme propre. Elle ne veut pas devenir une adulte comme sa grand’mère, gronder de haine et ne parler que de charité chrétienne, crever de solitude et de frustration. Elle ne veut pas devenir une adulte comme sa mère, obligée de se marier et de mentir sur ce qu’elle est. Elle ne voit autour d’elle aucun adulte qui ait une direction. Un reste de dignité. Compromissions, à tour de bras, ils se démènent pour justifier tout ça. Ils disent que c’est un choix. Tout ce qu’il faut bouffer de merde, ils l’avalent sans rechigner. Ils ne savent qu’obéir, à n’importe quel ordre. Survivre, à n’importe quel prix. Elle va mettre un coup de frein là-dedans. Le monde qu’ils ont construit, elle va y mettre un peu d’ordre.
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Bye bye Blondie (2012), réalisé par Virginie Despentes, avec Emmanuelle Béart et Béatrice Dalle









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