ISBN : 2742789308
Éditeur : Actes Sud (2010)


Note moyenne : 3.96/5 (sur 23 notes) Ajouter à mes livres
Ce matin, quand Méréana se réveille, elle sait que la journée qui l'attend ne sera pas comme les autres. Elles sont une quinzaine à casser des blocs de pierre dans une carrière au bord d'un fleuve africain. Elles viennent d'apprendre que la construction d'un aéroport a ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par MissG, le 02 avril 2012

    MissG
    Méréana, comme toutes ses compagnes d'infortune du chantier, a eu son lot de misères dans sa vie.
    Sa soeur est morte du sida, puis elle s'est séparée de son mari aujourd'hui ministre car elle avait perdu toute confiance en lui après avoir vu ce qu'il était arrivé à sa soeur, ne doutant pas que la contamination venait du mari de celle-ci, en plus de ses deux garçons elle élève la petite fille de sa soeur et la voilà aujourd'hui réduite à casser des cailloux pour gagner sa vie.
    Mais voilà, ce matin-là, elle sait que plus rien ne sera jamais pareil et qu'aujourd'hui ne sera pas une journée ordinaire sur le chantier.
    Ensemble, toutes ces femmes vont refuser de continuer à vendre leur sac de cailloux dix mille francs mais vont exiger vingt mille francs, espérant en obtenir quinze mille francs, car elles ne supportent plus de se faire spolier par des hommes qui gagnent de l'argent sur leur dos alors qu'elles arrivent à peine à subvenir à leurs besoins :"Quand ils nous battent au foyer, nous ne disons rien, quand ils nous chassent et prennent tous nos biens à la mort de nos maris, nous ne disons rien, quand ils nous paient moins bien qu'eux-mêmes, nous ne disons rien, quand ils nous violent et qu'en réponse à nos plaintes ils disent que nous l'avons bien cherché, nous ne disons toujours et aujourd'hui ils pensent qu'en prenant de force nos cailloux, encore une fois, nous ne dirons rien. Eh bien non ! Cette fois-ci ils se trompent ! Trop, c'est trop !", d'autant que le chantier de l'aéroport est un formidable argument pour appuyer leur demande : puisqu'ils ont tant besoin de cailloux, ils finiront par céder.
    Mais très vite, et comme c'est bien souvent le cas en Afrique, ce conflit mineur dégénère en drame : l'une des ouvrières mère de deux enfants en bas âge est mortellement touchée.
    Et c'est tout le système politique qui se mêle à ce conflit : de la ministre de la Femme et des Handicapés, au ministre de l'Intérieur à la femme du Président, car dans le même temps le pays s'apprête à accueillir la réunion des femmes de chef d'Etat de tout le continent africain qui fête son dixième anniversaire.
    Au final, ces femmes réussiront à obtenir gain de cause sans toutefois changer le monde de par leur action, mais elles en ressortiront grandies, plus fortes, et avec de l'espoir : "elles savent maintenant que la vie offre d'autres alternatives pour manger, s'habiller et se soigner que de casser la pierre."
    Méréana, le personnage principal, est une femme instruite qui n'aurait jamais dû se retrouver à casser des cailloux.
    Tous les matins, elles écoute les nouvelles à la radio, et elle s'indigne lorsqu'elle entend que dans un autre pays une jeune fille a été lapidée après avoir été violée : "Deux fois punie, une fois parce que violée et une deuxième fois parce que lapidée. La simple raison ? Elle était née femme ! Au secours, les hommes sont devenus fous. Dieu, ces hommes qui jettent des pierres prétendent le faire en ton nom : si tu ne les arrêtes pas, si tu laisses ce rime ignoble impuni, c'est que toi aussi tu es devenu fou comme eux."
    Elle réfléchit aussi beaucoup, particulièrement sur la condition des femmes en Afrique et en mêlant sa propre histoire avec les confessions qu'elle recueille d'autres femmes, elle en arrive à penser que l'Afrique est sans nul doute le pire endroit sur Terre pour une femme : "Ce fut sur ces mots que vous vous séparâtes ce jour-là alors que dans ta tête tu te demandais, en te référant à ce que toi aussi tu avais vécu, s'il y avait pire endroit pour une femme sur cette planète que ce continent qu'on appelle Afrique."
    Mais voilà, la vie lui a tracé un tout autre destin que celui d'une épouse aimante au foyer attendant le soir le retour de son mari, et elle va donc se retrouver à partager le quotidien de femmes au vécu différent du sien mais avec comme point commun d'avoir toutes beaucoup souffert dans leur vie.
    Le personnage de Méréana est très fort et très attachant, c'est la femme la plus instruite et ce n'est pas innocemment qu'elle est désignée à l'unanimité par les femmes du chantier pour être leur porte-parole.
    Avec sa force de caractère et une sagesse qu'elle puisera dans le souvenir de sa soeur, elle finira par s'attirer le respect de tous, à commence par la ministre de la Femme et des Handicapés, et pourquoi pas, trouvera l'amour au bout du chemin.
    Mais ce qui est encore plus fort, c'est l'osmose entre toutes ces femmes qui ont eu des vies marquées par la misère, la guerre, les violences sexuelles et domestiques, le poids des traditions et de la famille, l'abandon; et qui finissent par s'unir pour apprendre que toutes ensemble elles sont plus fortes et qu'elles peuvent réussir à obtenir quelque chose dans la vie.
    Derrière l'histoire narrée dans ce livre s'esquisse l'espoir, pour toutes ces femmes et plus généralement pour les femmes africaines, et indirectement aussi pour le lecteur.
    Comme quoi, même sans instruction et en étant de simples "casseuses de cailloux", on peut finir par concrétiser des projets et se créer une nouvelle vie.
    L'autre point fort de ce roman, c'est la description sans concession que fait l'auteur du système politique complètement gangrené dans cette Afrique qui n'a plus rien d'une image de carte postale ou de guide touristique.
    Si l'auteur est sans pitié, l'histoire l'est tout autant, et si j'ai été déstabilisée au début par une narration à la deuxième personne du singulier quelque peu hésitante, j'ai vite fini par être happée par l'histoire et à vouloir connaître la suite et le dénouement de cette aventure qui se conjugue quasi exclusivement au féminin.
    L'auteur, outre le système politique, y décrit également de façon assez précise le mode de vie et les coutumes, ainsi je retiens l'expression du "deuxième bureau" désignant les maîtresses des hommes mariés.
    Après la lecture du livre "Une si longue lettre" de Mariama Bâ, que Méréana évoque d'ailleurs au début du récit, "Photo de groupe au bord du fleuve" apporte une description plus proche de notre époque de la vie domestique en Afrique, mais contient également des passages faisant sourire ainsi que des drames, et j'avoue avoir été particulièrement touchée émotionnellement par le vécu de certaines des femmes du chantier.
    Ce roman est de plus assez visuel alors que paradoxalement il ne contient pas beaucoup de description, cela est dû à mon avis au style narratif qui finit par impliquer le lecteur à l'histoire et lui donne l'illusion d'y assister en tant que spectateur.
    Le style narratif est à lui seul une forme de mise en scène, mais il est aussi question à plusieurs reprises dans le livre d'une autre forme de mise en scène, par la photographie.
    Le titre du livre n'est pas anodin, à plusieurs reprises toutes ces femmes vont se photographier ensemble sur le chantier, pour garder une trace et un souvenir de leur lutte.
    D'ailleurs, à la toute fin du livre, Zizina, la fille d'une des femmes du chantier, demandera à Méréana comme souvenir "une Photo de groupe au bord du fleuve", ainsi les presque dernières lignes du livre résonnent comme un écho à son titre.
    "Photo de groupe au bord du fleuve" est un livre qui m'a beaucoup touchée et qui apporte un éclairage sans concession ni fioriture sur l'Afrique contemporaine.
    C'est une illustration parfaite du roman social et humaniste, entremêlant drame et humour dans une histoire qui prend le lecteur aux tripes et au coeur.

    Lien : http://lemondedemissg.blogspot.fr/2012/04/photo-de-groupe-au-bord-du..
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    • Livres 4.00/5
    Par LN, le 20 mars 2012

    LN
    Emmanuel Dongala nous offre le portrait émouvant de femmes décidées à ne pas se faire broyer comme les pierres qu'elles cassent par un système d'exploitation abusif. Parce les besoins en pierre se sont accrus en raison de la construction d'un aéroport dans leur ville, ces casseuses de pierre décident un beau jour de vendre leur sac de pierre plus cher. Leur combat devient alors celui de toutes les femmes qui refusent de reculer devant l'injustice. Elles n'ont pas choisi ce métier : l'une veut gagner l'argent nécessaire pour obtenir un diplôme qui lui a échappé une première fois en raison d'une grossesse inattendue, l'autre a été spoliée par sa belle-famille à la mort de son mari, une autre encore violée par des soldats a dû soudainement pourvoir au quotidien de triplés nés de cet union… Unies, elles iront jusqu'au bout de leurs revendications pour choisir leur vie et non plus la subir.
    « Ne te fie pas aux lois qui sont sur le papier. Ils les écrivent pour plaire à l'ONU et à toutes ces organisations internationales qui leur donnent de l'argent et les invitent leurs conférences. La vraie loi, celle que nous subissons tous les jours, est celle qui donne l'avantage aux hommes. » (p. 53)
    « Et puis pourquoi ce mépris des femmes qui dégouline de chaque mot tombant de sa bouche ? Ca fait quoi si ces femmes sont analphabètes ? pense-t-il qu'il faille un doctorat pour être une femme debout, une femme de courage ? Peut-être ne le sait-il pas mais des tas de femmes à l'éducation modeste ont changé l'histoire de leur société. » (p. 119)
    L'image de l'Afrique qui court en ces pages est juste et directe : l'auteur peint avec beaucoup de subtilité le quotidien de la république du Congo. Il évoque la corruption, la violence des forces de l'ordre qui n'hésitent pas à tirer à balles réelles sur les manifestants, les ministères si soucieux de l'image qu'ils donneront aux autres pays, la sorcellerie omniprésente, le sida… Mais derrière cette vision plutôt sombre du pays, il met également en valeur la solidarité qui règne entre ces femmes décidées à tout tenter pour obtenir gain de cause sans avoir recours à la violence. Un message pacifiste intelligent et nuancé coule en ces pages révoltées…
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par ChezLo, le 06 avril 2011

    ChezLo
    Méréana, comme chaque matin, se lève pour une nouvelle journée de dur labeur. Elle réveille ses deux garçons, enmène Lyra, la toute jeune fille de sa soeur - Tamara, morte du Sida après avoir été contaminé par son mari volage - chez sa tante. Elle rejoint ses collègues au bord du fleuve et s'attèle à la tâche : casser des blocs de roche pour en faire des cailloux, du gravier. le sac de cailloux - constitué après des jours et des jours à casser difficilement la pierre - elles le vendaient 10 000 francs CFA (15 euros) à des revendeurs, mais aujourd'hui, elles se mettent d'accord sur le principe de ne plus le vendre à moins de 15 000 francs CFA (23 euros). Malheureusement, dans ce pays, il est vu d'un très mauvais oeil que des femmes se lancent dans ce type d'initiative émancipatrice. Pourront-elles s'en sortir si les acheteurs leur tournent le dos ? Deviennent violents ?

    Quel livre ! Il se lit d'une traite, nous entraînant très vite dans les problèmes, les dilemnes, le courage et les parcours personnels de chacune de ces femmes. Ces casseuses de pierre ont avant tout des vies autant "ordinairement africaines" qu'héroïques. Souvent enfermées dans des mariages qui les détruisent, elles sont parfois devenues seules, à l'image de Méréana ou Bâ Bileko, veuve. Autour de leur revendication de pouvoir vendre le fruit de leur travail à un prix juste, elles se soudent, se soutiennent, s'encouragent. Elles se trouvent un objectif auquel au fur et à mesure elle ne veulent plus renoncer.

    Emmanuel Dongala a, dirait-on, choisit le pire des conditions humaines : femme, casseuses de pierre en plein cagnard, dans un pays machiste aux conditions sociales difficiles, à la politique corrompue. Autant d'obstacles qu'elles devront affronter. L'auteur choisit de nous dévoiler peu à peu les passés de chacune d'elle, souvent très douloureux (abandon, défiguration, veuvage, viol...). En fin de roman, ces récits prennent de plus en plus de place, et j'ai trouvé le roman un peu bavard, mais c'est bien là tout ce qui m'a dérangée. Toute cette histoire de lutte de femmes, portée par Méréana qui en est désignée la représentante, est captivante.
    De l'annonce de leur nouveau prix à leurs déboires avec une milice soutenant les acheteurs entrepreneurs, de l'hospitalisation de l'une d'entre elles, Batatou, à leur sit-in, de leurs réunions de décision à la convocation de Méréana au plus haut point politique, des tentatives de récupération et de corruption de leur mouvement à l'aboutissement de leur revendication dans la douleur et la satisfaction, c'est écrit dans une langue simple, sincère, en tutoyant cette porte-parole héroïne, en attribuant à son destin sa place de personnage principal, en la désignant digne d'être connue et respectée, à l'image des femmes qu'elle représente.
    Car ces combats-là méritent le respect, c'est tout ce qui transpire de la plume d'Emmanuel Dongala.


    Lien : http://chezlorraine.blogspot.com/2011/04/photo-de-groupe-au-bord-du-..
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    • Livres 4.00/5
    Par litolff, le 04 janvier 2011

    litolff
    Dans ce roman implacable et optimiste, Emmanuel Dongala brosse les portraits de femmes congolaises, coincées entre tradition, patriarcat et velléités égalitaire, qui luttent au quotidien pour nourrir et éduquer leurs enfants et qui rêvent de leur construire un avenir épanouissant, en dépit des règles rétrogrades imposées par les hommes, la tradition ou la religion.
    Leur parcours les a amenées dans une carrière où pendant des heures elles réduisent les pierres en graviers et emplissent des sacs qu'elles revendent, pour survivre.Mais le prix du gravier a augmenté, et les femmes qui le concassent ne touchent pas un centime supplémentaire : elles s'organisent en résistance et refusent de vendre à bas prix, ce qui entraînera immédiatement une répression sanglante.
    Au cours de ces 4 jours de lutte, l'héroïne, Mérénéa, se remémore son parcours et celui des autres ouvrières du chantier.
    Sans pathos et résolument optimiste, au plus près des femmes, dont il dénonce l'exploitation au travail comme à la maison, ce livre est un bel hymne à la solidarité. Salutaire... !
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    • Livres 3.00/5
    Par ph_hugot, le 25 mai 2012

    ph_hugot
    Chronique formidable, empreinte d'humour, tendresse, ironie, met en lumière la force et le courage de ces femmes africaines, livrant un combat sans merci contre l'excision, SIDA,répudiation
    Dongala sait manier l'art du conte, de la narration, de la poésie africaine
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Critiques presse (1)


  • Actualitte , le 27 juin 2011
    Le style est décousu, pauvre, aride, sans vocabulaire. Il ressemble par certains côtés à la pauvre rédaction d’un élève certes plein d’imagination et de bonne volonté mais totalement dépourvu de qualités constructives pour son texte.
    Lire la critique sur le site : Actualitte

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Citations et extraits

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  • Par litolff, le 04 janvier 2011

    Quand on dirige un pays, le combat contre la misère ne consiste pas à faire des campagnes médiatisées de saupoudrage de dons dans des villages et puis à s'en aller comme les ONG d'urgence. La vraie vie des gens et des femmes en particulier commence après que les télévisions qui vous accompagnent ont remis le cache sur les objectifs de leurs caméras, après que les préfets qui vous ont reçue ont fini de vous réciter leurs discours creux et laudateurs, après que la fanfare de l'accueil s'est tue et que vous-même, autosatisfaite, vous quittez le village. Vous constaterez alors, madame, que votre passage n'a rien changé. Le paludisme, l'eau impropre à la consommation, l'impossibilité d'avoir accès à des soins, le manque de bancs ou de livres dans les écoles sont toujours là ainsi que la misère de leur pauvre vie humaine jaugée à moins d'un dollar américain par jour.
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  • Par litolff, le 04 janvier 2011

    Tout d'un coup ta colère monte et te faire sortir de tes ruminations. Mais pour qui te prend-il, ce Tito ? Ce n'est pas parce que les circonstances t'obligent temporairement à casser la pierre pour vivre qu'il peut s'arroger le droit de se moquer de toi. Après tout, tu es allée à l'école, tu as étudié l'histoire et les mathématiques et, si ce n'était à cause de ce foutu mariage précoce, tu aurais passé ton bac, non, mieux, tu aurais comme ta soeur, Ph.D. Et puis pourquoi ce mépris des femmes qui dégouline de chaque mot tombant de sa bouche ? Ca fait quoi si ces femmes sont analphabètes ? Pense-t-il qu'il faille un doctorat pour être une femme debout, une femme de courage ? Peut-être ne le sait-il pas, mais des tas de femmes à l'éducation modeste ont changé l'histoire de leur société.
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    Citation de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par MissG, le 02 avril 2012

    Deux fois punie, une fois parce que violée et une deuxième fois parce que lapidée. La simple raison ? Elle était née femme ! Au secours, les hommes sont devenus fous. Dieu, ces hommes qui jettent des pierres prétendent le faire en ton nom : si tu ne les arrêtes pas, si tu laisses ce rime ignoble impuni, c'est que toi aussi tu es devenu fou comme eux.
    Citation de qualité ? (10 votes positifs)
  • Par Alexandrine, le 15 juin 2010

    Dans un état de colère et de douleur mêlées, tu as dit que tu aurais préféré que Batatou ait eu une vie heureuse sur terre plutôt que dans l'après-vie; que les dictateurs corrompus qui maltraitent leur population devraient être jugés ici et maintenant comme de vulgaires criminels par la Cour internationale de justice et non pas attendre le jour du Jugement dernier. Tu as réaffirmé avec force que vous vous battriez jusqu'au bout pour faire aboutir ces revendications qui ont conduit à la mort de votre camarade et enfin tu as juré au nom de toutes de prendre soin des jumeaux.
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  • Par ChezLo, le 06 avril 2011

    Tu es donc à ta place, sous le soleil tropical. Pour éviter d'être totalement grillée, tu t'es construit un parasol de fortune, un pagne que tu as étalé sur des palmes entrecroisées soutenues par des piquets de bambou fichés au sol. Tu sélectionnes un bloc de bonne taille et tu commences à cogner au marteau. Parfois, la pierre n'absorbe pas le choc et le marteau rebondit, l'onde de choc se transformant en vibrations qui te parcourent le bras et la colonne vertébrale. Tu cognes et tu cognes. La grosse pierre de départ n'est maintenant qu'un amas de blocs épars de grosseur moyenne. Le plus pénible commence alors, et le plus dangereux aussi (...)
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Le jury du Prix Virilo, réuni en assemblée plénière, s’est prononcé pour son édition 2010. Le prix Virilo 2010, qui récompense le meilleur roman francophone de l’année, est attribué à Emmanuel Dongala pour « Photo de groupe au bord du fleuve » (Actes Sud). Le jury a apprécié la description féministe d’une Afrique contemporaine démunie et violentée mais pleine d’espoir et d’humanité.
Le prix Trop Virilo 2010, qui récompense la poussée de testostérone littéraire la plus vivace de l’année, a été quant à lui attribué à Virginie Despentes pour « Apocalypse Bébé » (Grasset). Jusqu’à sa fin explosive, le roman tend à prouver que le seul moyen pour devenir pleinement femme, c’est d’emprunter les codes virils du mâle.








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