ISBN : 208070530X
Éditeur : Flammarion (1993)


Note moyenne : 3.95/5 (sur 110 notes) Ajouter à mes livres
C'est une lente et funèbre progression qui mène le capitaine Marlow et son vieux rafiot rouillé, par les bras d'un tortueux fleuve-serpent, jusqu'au "coeur des ténèbres". Kurtz l'y attend, comme une jeune fille endormie dans son château de ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par LaLo, le 20 mars 2011

    LaLo
    Dans Au cœur des ténèbres, Joseph Conrad veut faire passer deux principaux messages au lecteur. Tout d'abord, ce texte est une violente critique du colonialisme. En effet, Marlow, le narrateur, relate son voyage en Afrique, à la recherche d'un certain Kurtz, trafiquant d'ivoire. La description de l'Afrique que fait alors Marlow est caricaturale. La jungle est oppressante, toujours présente, comme un personnage à part entière du récit, comme si elle représentait l'Afrique. Les aborigènes accompagnant le narrateur sont cannibales, ne rêvent que de chair humaine pour remplacer la viande d'hippopotame qu'ils sont contraints de manger. Enfin, lorsqu'il rencontre Kurtz, celui-ce est devenu un demi-dieu au sein de la tribu qu'il a asservi. Conrad décrit ici très justement l'aura quasi surnaturelle que se sont accordée les « blancs » pendant la colonisation. S'en suivent toutes les dérives qu'a générées la prise de pouvoir des « blancs ». de plus, Marlow, comme Conrad au Congo, connaît une désillusion importante à la découverte du bâtiment qu'il commandera. Celui-ci est détruit et c'est à lui de le réparer, ainsi qu'il l'apprend à la page 36 : « Un type à moustache noire, nerveux, m'informa avec une grande volubilité et de nombreuses digressions, dès que je lui eut dit qui j'étais, que mon vapeur gisait au fond de la rivière. Je fus frappé de stupeur. Quoi ? Comment ? Pourquoi ? Oh ! Ce n'était “pas grave”. » Il ressent un violent dégoût pour le colonialisme reflet des sentiments de l'auteur. Il blâme le désir de puissance sur des peuples soit-disant « inférieurs ». Marlow s'en rend d'ailleurs compte lorsqu'il arrive à la station et qu'il discute avec le comptable de la Compagnie : « J'ai dressé une indigène de la station à cet entretien. Cela n'a pas été facile. Elle n'aimait pas ce travail. » (p.31) Il relève ici le mépris des « blancs » à l'encontre des indigènes, le dégoût des colonisateurs à l'égard des colonisés.
    Par ce texte, Joseph Conrad fait inévitablement la critique de l'être humain. Tout d'abord, Conrad dresse le décor : une descente aux enfers. Cela commence par l'inscription de Marlow en Belgique. En effet, au siège de la Compagnie, celui-ci rencontre les Tricoteuses, vieilles femmes gardant les portes du bâtiment, symboliquement assimilées aux « gardiennes de la Porte des Ténèbres, tricotant leur laine noire comme pour un chaud suaire » (p.19). Ensuite, à son arrivée au Congo, Marlow se retrouve plongé sous les canons d'un navire français tirant vers la Terre, vers un ennemi invisible : « Il y avait un camp d'indigènes – il disait d'ennemis ! - dissimulé dans les environs » (p.25). Au détour d'une escapade, il se retrouvera dans un lieu fatal où les esclaves détruits par la colonie sont mis à l'écart, rejetés dans la jungle. Les corps difformes, anguleux, à peine encore vivants, se traînent pour boire, ne sont plus que des ombres comme Marlow les décrit à la page 29 : « Ils n'étaient que des ombres noires, malades et affamées, entassées en vrac dans l'ombre verdâtre. » Une fois franchie cette épreuve, Marlow arrive à la colonie et poursuit sa descente dans les ténèbres par la quête de Kurtz, personnage présent tout le long du texte. Passionnant les êtres, quasiment divinisé, Kurtz existe par le récit de plusieurs membres de la colonie. Il apparaît comme un héros qui pourrait bouleverser le monde, dispensant sa parole comme un prophète. Rapidement, Marlow est fasciné par ce personnage et entreprend d'aller le trouver dans la jungle. Mais la réalité le décevra. Il trouvera au cœur des ténèbres la désillusion, l'horreur, la sauvagerie humaine déchaînée par le réveil d'instincts primaires souvent oubliés ou refoulés. Kurtz représente l'homme gangrené par la soif de puissance et de grandeur. Il incarne la folie humaine, l'homme ayant succombé à ses pulsions sauvages. Conrad exprime son pessimisme sur la nature humaine. Pour lui, il est impossible de connaître réellement un être humain car celui-ci est changeant, toujours instable. Ce livre est un signal d'alarme quant à l'avenir de l'humanité.
    Enfin, dans Au cœur des ténèbres, Conrad réinvente la fiction. En effet, il mêle dans son texte la littérature d'imagination et la littérature réaliste. Ces deux genres, jusqu'ici totalement opposés, font un puzzle narratif associant les événements et l'expérience du personnage. Ainsi, le voyage dans les territoires sauvages de l'Afrique pour récupérer Kurtz devient une plongée dans l'inconscient de Marlow. Les événements deviennent le reflet du personnage et se combinent pour l'expliquer. de plus, Conrad s'inscrit dans une logique de causalité : chaque action s'inscrit dans une chaîne de réactions et d'interprétations, et les conséquences de leurs actes échappent bien souvent aux personnages. Ce livre est en fait une association d'autobiographie et de récit de voyage reformulée dans une perspective romanesque tenant du roman d'aventure. L'exemple le plus marquant est la rencontre entre Kurtz et Marlow. La réalité détruit la rêverie héroïque qui s'était construite autour de Kurtz ; le surhomme, dès qu'on le rencontre, n'est plus qu'un monstre, creux de l'intérieur et assoiffé de pouvoir. Avec Conrad, L'Aventure s'éloigne du romanesque pour s'ancrer dans la réalité.
    En conclusion, ce texte est très intéressant par les critiques qu'il formule. En effet, Conrad livre sa haine du colonialisme et sa hantise de l'être humain avec une telle passion que le lecteur se retrouve plongé dans ses propres tourments. Il allie avec élégance récit de voyage, critique et jeu sur la forme. J'ai préféré son analyse de l'humanité car je l'ai trouvée plus fine que sa critique du colonialisme, beaucoup trop caricaturale à mon goût.
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par sentinelle, le 29 juillet 2008

    sentinelle
    Au cœur des ténèbres est une longue nouvelle parue initialement dans une revue en 1899, puis dans un recueil de trois récits en 1902 (Youth).
    Marlow, un jeune officier de la marine marchande britannique, est embauché par une compagnie belge en vue d'accomplir une mission très précise : ramener Kurtz, un agent de premier ordre en charge d'un comptoir en plein pays de l'ivoire, en remontant le cours d'un fleuve au cœur de l'Afrique noire.
    Tout le monde parle de Kurtz en termes très élogieux : personne remarquable, orateur né, homme d'une extrême intelligence qui ira loin dans l'administration, agent de premier ordre puisqu'il représente le plus efficace collecteur d'ivoire du pays. Mais dont nous sommes sans nouvelles depuis des mois, ayant mystérieusement fait demi-tour pour retourner au comptoir qu'il avait initialement quitté pour rejoindre le siège central.
    Pourquoi ce revirement de dernière minute ? Pourquoi n'avons-nous plus aucunes nouvelles de sa part? Son absence inquiète : il n'y a plus de collectes d'ivoires qui parviennent de son comptoir, son poste serait en péril et certaines rumeurs laissent entendre que Kurtz serait très malade.
    Le capitaine Marlow doit auparavant rafistoler son vieux rafiot pendant des mois avant de pouvoir quitter le poste central avec une caravane de soixante hommes pour une marche de deux cents milles afin de rejoindre Kurtz. Sa mission étant de rétablir les liens commerciaux avec le directeur du comptoir ou, à défaut, le ramener parmi les siens s'il le retrouve effectivement aussi affaibli que le disent les rumeurs.
    Cet éloignement progressif de la civilisation prend l'allure d'un véritable périple lorsque Marlow découvre la nature sauvage et les aspects les plus primitifs de l'homme de la brousse le long du fleuve Congo. Véritable progression au cœur des ténèbres, Marlow a le sentiment de revenir aux temps préhistoriques :
    « Remonter ce fleuve, c'était comme voyager en arrière vers les premiers commencements du monde, quand la végétation couvrait follement la terre et que les grands arbres étaient rois. Un cours d'eau, un grand silence, une forêt impénétrable. L'air était chaud, épais, lourd, languide. Il n'y avait pas de joie dans l'éclat du soleil. »
    La personnalité de Kurtz obsède Marlow : comment un homme aussi intelligent peut-il vivre au cœur des ténèbres sans se laisser aller aux pires dérives qui soient ? Ces ténèbres qui rendent fous, ces ténèbres qui remontent ce qu'il y a de plus primitif chez l'homme, ces ténèbres qui déshumanisent ?
    Marlow aura sa réponse lorsqu'il rejoindra Kurtz après des journées de navigation où la mort ne sera pas absente suite au danger auquel sa compagnie sera exposée avant de rejoindre le comptoir : cet homme si intelligent n'est qu'une âme folle qui s'est laissée corrompre par les forces du mal.
    Véritablement fasciné par Kurtz, pour qui il ressent un mélange de désir et de haine, d'attraction et de répulsion, Marlow ne peut s'empêcher de voir en lui une « bouche vorace » qui dévore « toute la terre avec toute son humanité» . Kurtz a « le visage horrifique d'une vérité entraperçue ». Il a franchi la limite, le dernier pas avant d'atteindre le seuil de l'invisible.
    Conrad nous invite à un voyage envoûtant en homme digne de son époque ! Ecrit à la fin du XIX siècle, Conrad partage avec les hommes de son siècle leurs questionnements et leurs angoisses : dans cette société victorienne puritaine corsetée à l'extrême, les névroses se font la part belle ! Si ce siècle voit l'apparition de la psychanalyse, elle voit également l'apparition de la peur suscitée par l'inconscient : l'homme prend le visage de la terreur lorsqu'il se trouve confronté à ses propres abîmes. Deux images de la femme prédominent : la femme tentatrice et castratrice, incompréhensible, pleine de secrets, étrangère et en cela hostile et la femme idéalisée, asexuée ou androgyne. Ces figures féminines se retrouvent exposées dans tous les arts majeurs de l'époque : peinture, poésie, littérature…
    Impossible pour moi de ne pas lire entre les lignes, de ne pas saisir à quelle libido tourmentée Conrad expose Marlow en le confrontant aux ténèbres de la brousse :
    « […]le scintillement de la longueur du fleuve entre les sombres courbes, battement de tam-tam, régulier et sourd comme un battement de cœur – le cœur des ténèbres victorieuses. C'était un moment de triomphe pour la brousse, une invasion, une ruée vengeresse que, me semblait-il, j'aurais à contenir seul pour le salut d'une autre âme. »
    La femme pure et asexuée étant représentée par la « promise » de Kurtz, qui telle un ange descendu du ciel, paraît d'une innocence surnaturelle totalement en contraste avec le reste du récit.
    Pour conclure ce billet, Au cœur des ténèbres est une œuvre très riche en interprétations diverses que je ne peux que vous conseiller !
    Le personnalité envoûtante de Kurtz, le coupeur de têtes, deviendra un personnage à part entière que nous retrouverons mis en scène dans d'autres romans par d'autres auteurs, dont « Le Chasseur de têtes » de Timothy Findley.
    Le film Apocalypse Now de Coppola est également une adaptation, transposée dans le contexte de la guerre du Vietnam.
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    • Livres 4.00/5
    Par ivredelivres, le 05 décembre 2011

    ivredelivres
    Je suppose que la majorité d'entre vous à vu le film Apocalypse Now, un film dérangeant et fort de Coppola, je me souviens de ma première vision de ce film au cinéma lors de sa sortie, j'ai eu l'impression de sortir de la salle victime d'un KO.
    Au coeur des ténèbres est l'origine de ce film, le roman de Joseph Conrad qui s'est servi là de son expérience personnelle mais bien entendu passée au filtre du romancier.
    Marlow raconte à des compagnons de bord sa découverte de l'Afrique alors que jeune officier britannique de la marine marchande il remontait le fleuve Congo et s'enfonçait dans la jungle à la recherche Kurtz un homme dont on sait peu de chose mais dont on a plus de nouvelles. Que lui est-il arrivé ? L'expédition dirigée par Marlow va tenter de le découvrir.
    Ce qui devrait être un récit d'aventures se transforme au fil de la remontée du fleuve en un récit oppressant qui mène droit en enfer.
    Marlow va être mis face aux instincts les plus sauvages de l'homme, la brutalité totale.
    il va être fasciné par Kurtz personnage qui allie en lui toutes les facettes du bien et du mal.
    Marlow derrière lequel se cache Joseph Conrad, ne regarde pas d'égal à égal l'indigène victime des blancs, il n'a pas totalement franchit le pas. Même sa condamnation de Kurtz est mêlée d'admiration. Pourtant on perçoit la réflexion sur les dérives de la colonisation acceptées par certains pour « apporter la civilisation » et qui se soldent par la violence, le mépris, la spoliation, l'esclavage et la folie.
    A la fois récit autobiographique, critique de la colonisation et roman réaliste, j'ai eu un grand plaisir à « écouter » ce texte.
    La lecture de Denis Lavant accentue encore l'évocation de cette jungle inquiétante, envoûtante, mystérieuse. « Débarquer dans un marécage, marcher à travers bois, se sentir encerclé par cette sauvagerie, cette absolue sauvagerie »


    Lien : http://asautsetagambades.hautetfort.com/archive/2011/11/17/au-coeur-..
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    • Livres 4.00/5
    Par lolo71, le 14 mars 2010

    lolo71
    Un soir sur la Tamise, sur une yole en partance pour la haute mer, un marin, Charlie Marlow, raconte à ses camarades L'Aventure qu'il a vécue autrefois : engagé comme capitaine d'un steamer par une société européenne faisant du commerce sur le fleuve Congo, on lui confia la mission d'aller chercher un agent de la compagnie, Kurtz, qu'on disait malade. Marlow commence la remontée du fleuve Congo, expédition qui va le mener au cœur des ténèbres.
    Les livres de Joseph Conrad sont de ceux qui ne se laissent pas facilement appréhender. De « Cœur des ténèbres » se dégage une atmosphère étrange. Au fil de sa remontée du fleuve, Marlow a l'impression de revenir aux âges primitifs de l'humanité, à l'époque des origines, quand régnait la barbarie. A mesure qu'il pénètre dans les profondeurs de la jungle, celle-ci se fait plus menaçante et oppressante : « Remonter le fleuve, c'était comme retourner aux premiers âges de la Terre, lorsque la végétation abondait et que régnaient les grands arbres. Un cours d'eau vide, un grand silence et partout une forêt impénétrable. L'air était chaud, épais, lourd et gluant, l'éclat du soleil, sans gaieté ». Une scène résume à elle seule cette sensation d'étouffement et de danger, lorsqu'un brouillard blanc épais s'abat sur le fleuve et qu'une clameur sauvage s'élève de la forêt environnante.
    Mais la sauvagerie n'est pas que le fait des autochtones. Avides et rapaces, les colons Européens les exploitent sans merci et les traitent avec cruauté tout en prétendant faire œuvre de civilisation. le personnage de Kurtz symbolise cette ambiguïté. Agent très efficace de la compagnie pour laquelle il collecte de l'ivoire, il a également été chargé par l' « Association internationale pour la suppression des coutumes barbares » de rédiger un rapport. Or, au bout de son périple, Marlow découvre en Kurtz une sorte de chef de tribu sur laquelle il paraît exercer une grande fascination et qui commet des actes barbares en son honneur, peut-être même de par sa volonté. L'humaniste semble avoir sombré dans la folie du mal.
    Le mérite de Conrad est de préserver jusqu'au bout le mystère qui entoure Kurtz. Il n'apparaît que dans le dernier quart du roman, alors qu'il n'est plus qu'un homme malade et délirant. Pourtant, il est déjà présent bien avant grâce aux informations que recueille Marlow sur son compte dès son arrivée en Afrique. Elles font toutes de lui un grand homme, voire un génie, promis à un brillant avenir. Avant même de le rencontrer, Marlow est déjà sous l'emprise de Kurtz, et ce qu'il découvrira de l'horrible réalité n'y changera rien.
    Conrad signe là une œuvre envoûtante sur l'horreur du colonialisme et la fascination du mal, sur ces ténèbres nichées au cœur des hommes. Dans le but de rendre justice à la modernité de ce texte, les Editions des Equateurs ont voulu dépoussiérer les précédentes traductions de Heart of Darkness (plus connu sous le titre de « Au cœur des ténèbres »). Par les exemples qu'elle donne dans la préface, il semble bien que la traductrice a réussi à rendre sa fluidité à la prose de Conrad, tout en préservant cette ambivalence et cet art de l'évocation qui la caractérisent. A noter pour finir que « Cœur des ténèbres » inspira le film de Francis Ford Coppola « Apocalypse Now », transposé pendant la guerre du Vietnam, avec Marlon Brando dans le rôle de Kurtz. On y trouve comme dans le livre cette impression d'asphyxie, cette noirceur de l'âme. le livre comme le film ne se laisseront pas facilement oublier.


    Lien : http://plaisirsacultiver.unblog.fr/2010/03/12/coeur-des-tenebres-de-..
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    • Livres 5.00/5
    Par DanielGauthier, le 10 mars 2010

    DanielGauthier
    A ma gauche la tribu des "civilisés" (beaux discours, actes peu reluisants), à ma droite celle des "sauvages" (pas de discours, actes peu reluisants également), toutes deux prisonnières de leurs rituels et de leurs codes.
    Au milieu, le narrateur, horrifié d'appartenir à la première, comprenant peu à peu qu'il n'est pas si éloigné de la seconde...
    Au milieu également, Kurtz, demi-traître à son peuple, rongé par ses contradictions.
    Récit romancé d'un voyage de six mois au Congo, en 1890, ce livre est clairement daté : à côté de la dénonciation du colonialisme (rarissime à l'époque), Conrad ne cherche pas vraiment à comprendre l'âme africaine.
    Cette réserve faite, l'écriture est somptueuse, la structure narrative complexe à souhait, les niveaux de lecture presqu'infinis.
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Citations et extraits

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  • Par chartel, le 31 août 2007

    Je reverrai ce spectre éloquent aussi longtemps que je vivrai, et je la reverrai, elle aussi, une Ombre tragique et familière, ressemblant dans ce geste à une autre, tragique aussi, et ornée d'amulettes impuissantes, tendant la nudité de ses bras bruns par-dessus le scintillement du fleuve infernal, le fleuve des ténèbres. Elle dit soudain très bas, "Il est mort comme il a vécu".
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  • Par sentinelle, le 29 juillet 2008

    J’essayais de briser le charme – le charme lourd, silencieux de la brousse, - qui semblait l’attirer contre son impitoyable poitrine en éveillant les instincts oubliés de la brute, le souvenir de passions monstrueuses à satisfaire. Cela seul, j’en étais sûr, l’avait attiré jusqu’au fond de la forêt, jusqu’à la brousse, vers l’éclat des feux, la pulsation des tamtams, le bourdonnement d’étranges incantations. Cela seul avait séduit son âme maudite hors des limites des aspirations permises.
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  • Par gaillard1, le 19 septembre 2010

    Et la jeune femme parlait, soulageant sa peine dans la certitude de ma sympathie : elle parlait comme on boit quand on a soif.
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  • Par LaLo, le 20 mars 2011

    On ne peut donner aucune impression vivace d'une quelconque époque de son existence, ce qui en fait l'authenticité, la signification, l'essence subtile et pénétrante. C'est impossible.
    On vit comme l'on rêve - seul.
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Trailer de Swept from the sea, adaptation d'Amy Foster avec Vincent Perez, Rachel Weisz et Ian Mckellen.








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