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ISBN : 2080689789
Éditeur : Flammarion (2006)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 2 notes)
Résumé :

Cimetière de Bagneux. Robert Doisneau, dans son cercueil, vient d'être descendu au fond d'un trou. La terre ne l'a pas encore recouvert. Henri Cartier-Bresson est là, croquant une pomme. Quand c'est son tour de passer devant son ami, il lui lance la moitié de sa pomme. Je dédie ce livre à Stéphane Bouquet, à ses phrases tendues. A sa poésie, à son amitié, par lesquelles le vertige au-dessus du vide a été vivable, mué en cette légèreté ivre quand on se no... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (2) Ajouter une critique
Dixie39
22 août 2016
  • 4/ 5
– Tu es encore avec un recueil d'Ariane Dreyfus à la main ? Tu en as lu combien, depuis le temps ?
– Je sais pas. Je ne compte pas tu sais. Pas assez en tout cas. Pas assez lu. Pas assez dit.
– Qu'est-ce que tu lui trouves ? J'ai lu celui-ci, enfin des petits extraits par ci par là, grappillés de ci de là dans ta bibliothèque ou sur un coin de tes meubles. Elle se fait l'écho d'une blessure toujours à vif, d'un amour qui ne passe pas dans tous les sens du terme : elle n'arrive pas à « l'avaler », cette rupture ni à la ranger dans les placards du passé... Pas de strophes régulières, pas de rimes, pas de tout ce qui fait un poème, non ? Qu'est-ce qui te plaît chez elle ?
– C'est une force vive, cette femme. Un charbon ardent.
Quand elle image, j'ai l'impression que c'est universellement vital et urgent ce qu'elle pose là, sur le papier, et la minute d'après, tu réalises qu'elle t'a ouvert les portes de son intimité. Sans pudeur, sans honte et sans sur-exposition. Elle est là devant toi. Et c'est toi qui vit. Et ce sont tes tripes qui se tordent et te creusent avec doulceur, une brûlure, une entaille à te faire frémir...
– C'est même assez cruel, non ? Elle ne fait pas de cadeau, Ariane, quand elle aime trop et qu'on ne l'aime plus ! C'est vrai qu'elle ne cache rien des sentiments, du désir naissant. Et pour certains poèmes, je te dirai, c'est franchement chaud !
– Arrête, tu es un grand garçon ! Me dit pas que cela t'a choqué, je te croirais pas.
– Ah ! Non, c'est pas cela, comme tu le dis, on en voit d'autres tous les jours. Non, car il y a les mots, la façon dont elle amène les choses, donc tu la suis, tu lis, mais à un moment, je me suis posé et je me suis dit : «wahou, mais c'est carrément hot ! », c'est...
– c'est ? tu penses que c'est vulgaire ?
– Non. Pas du tout, justement. Mais différent. C'est cela, différent. Et à la fois très explicite et sensuel.
– Peut-être est-ce parce qu'elle te livre là les gestes de l'amour, les sensations, les désirs de son point de vue à elle, et de ce fait, celui des femmes en général. On a moins l'habitude de lire ce thème sous cet angle-là en poésie : si les poètes-hommes magnifient le corps de la femme, pourquoi les poètes-femmes n'en feraient pas de même avec le corps de l'homme ? Dans ce recueil, elle te parle d'amour, celui que l'on fantasme, amour naissant fait de désirs et de convoitises, celui que l'on fait, mais sous le seul éclairage féminin, l'homme sous le corps d'une femme, sous ses mots, sous son regard avant, pendant et après, puis celui qui s'en va, que l'on soit prête à le voir partir ou non, que notre coeur ou notre corps en aient fait le deuil ou non. L'inhabitable. Il s'en va – si toutefois, il était vraiment là – mais ne meurt ou ne s'éteint. Alors, il faut vivre avec. Avec ce feu qui brûle, ses larmes et ses colères qui explosent. Et la rancoeur aussi...
"L'amour physique est sans issue" faisait dire Serge à Jane.
"Je le sais. Mais si je l'avais su".
– Et elle le savait ?
– J'en sais rien. Quelle question ? Enfin, peut-être... – Serait-ce le délitement de la vie après « la bouche de quelqu'un », après la fuite de l'amour-amant ? – avec cette perte énorme quand il lâche la main, ce trou béant laissé, ce désespoir et cette angoisse terrible :
"Je voudrais que l'ami revienne. »
"Nos conversations, Stéphane, nos poèmes.
Je passe mon temps à ne pas pleurer, penchée.
Sur les tiens dont aucun ne s'effraie même si donnent soif – la gorge va à l'âme – du sexe le sperme, de la peau la sueur, toujours salive au moins langue : autant de sanglots, ce rythme.
Les pages, ces joues surmontées."
Stéphane Bouquet, à qui elle dédie ce recueil, ami-poète, qui a aimé aussi – et souffert – béquille et branche en survie ?
"Comment tu vas ?"
Tu n'es pas de ceux qui prennent dans leurs bras, ton geste, ce sera l'incroyable sourire si j'ai fait un vrai pas. "Comment tu vas ?" Tu attends que je réponde, je vois le pont, et toi de l'autre côté d'eau transparente.
De douleur sans secrets.
Tu ne me plains pas.
Tu m'offres le bain d'eau froide."
...mais c'est pas cela qui est important.
– Alors, c'est quoi l'important ?
– le poème. C'est le poème l'important. le poème, la poésie qui vit. Tant qu'il y aura un lecteur derrière, tant qu'il y aura quelqu'un pour dire, lire et s'émouvoir. C'est cela l'important, non ?
– Tu lâches jamais rien ! Hein ?
– Non. Jamais !
Faut pas...
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xgalaup
04 mai 2008
  • 3/ 5
Ce recueil de poèmes d'A. Dreyfus est habité d'un amour tout en retenu pour un homme jamais nommé sauf dans la dédicace. La déclaration n'ose pas tout à fait se dire, glisse entre les phrases à la faveur d'une allusion ou d'un soupir puis parfois se fait franche mais un peu timide. En revanche A. Dreyfus ose les évocations sensuelles ou sexuelles pleines d'une soif contrariée. le ton original est tenu du début à la fin et le lecteur suit avec délice les événements, les désirs, les doutes, le quotidien et le rêve de la vie d'une femme.
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Citations & extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
Dixie39Dixie3921 août 2016
STATION

Je veux la remercier de hurler.

Moi pas.
Alors merci à la femme qui dans le métro hurla longtemps

Elle est si forte,
La maladresse de l'amour dans la vie
Ou quoi ?

En criant, c'est elle, cette femme qui n'est pas l'écriture et qui dit - je respire ! - que la souffrance peut faire du bruit, ici je reste près de la fontaine hurlante
Mon ventre - celui dont tu t'es écarté.

Et je ne pleure plus tellement je m'entends.
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Dixie39Dixie3916 juin 2016
"Je vais te lire un poème de T.S. Eliot."
Aucun sexe ne nous berce ce soir, ni l'un ni l'autre. Nous nous disons des poèmes. Déchaussés, assis ou à moitié allongés sur le très mince tapis rouge, tour à tour c'est s'occuper d'un feu pour que l'autre regarde danser des flammes.

Tu te rends compte ?
Je n'ai pas froid.
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Dixie39Dixie3914 août 2016
Je monte sur le trottoir, le désir de même. Discrétion de la vie qui nous rend sévères alors que nous sommes si libres
De dénuder le muscle de l'espoir. Je lâche sa main pour l'entourer de mes bras et être dans les siens.
Une flamme aussi c'est pour l'instant.
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Dixie39Dixie3914 juin 2016
Une nuit j'avais comme des morsures, attaquée par l'amour incertain. Tu as tout regardé, sans me plaindre et sans me laisser, comme on fait d'une vivante.
Me montrant que cela aussi c'est choisir, souffrir.

C'est acceptable si l'on sait.
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Dixie39Dixie3910 juin 2016
Je te regarde longtemps :
Après la bouche, les yeux,

Entre deux baisers,
Personne n'a la place de passer.

J'ose te sourire.
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Video de Ariane Dreyfus (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ariane Dreyfus
Rencontre de poètes. Ariane Dreyfus.
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