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ISBN : 2859208968
Éditeur : Le Castor Astral (05/04/2012)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 4 notes)
Résumé :
Je suis devant un tableau de Gérard Schlosser. Si je tourne la tête, découvrant ta main posée sur le drap, ou mon propre bras levé dans la lumière, j'ai encore son regard dans les yeux. Le cadre n'enferme pas la vie, il la rapproche, la pense. Aujourd'hui est une réalité qui se partage. On s'y étire, on s'y replie, cela dépend des moments, de qui est là ou pas, à quoi on pense (oui, deux fois au moins, penser).
Pour une fois je n'ai construit aucune demeure, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (1) Ajouter une critique
Dixie39
18 octobre 2014
  • 4/ 5
Ce recueil est né suite à une rencontre vertigineuse entre l'auteure et la peinture de Gérard Schlosser. Se définissant elle-même hermétique à cet art pictural, happée par le visuel de l'affiche, elle franchit la galerie et c'est la révélation. Renversée par l'éclat des « morceaux de monde » que ce peintre livre dans ses oeuvres, elle prend la plume se laissant guider par cet artiste qui croque avec force et discrétion nos instants de vie.
Les poèmes en prose sont courts, ciselés, comme une esquisse que l'on ferait sans lever le pinceau de la toile. Il émane une sensualité, une mise en image de la sexualité, toute féminine. On suit l'auteure dans cet univers : On a cette impression qu'elle nous ouvre des portes, l'une après l'autre, et nous donne à voir, saisis dans l'instant, des morceaux de vie qui pourraient tout aussi bien être les nôtres -qui sont les nôtres-. Une intimité vécue qu'elle nous livre avec des mots simples mais qui font mouche, qui touchent.
On est actif dans la lecture de ses poèmes, on ne subit pas, on participe. Dans « il est fou », on voit cette femme -la lettre- de dos tournée, qui semble figée : « Pour bouger elle attend de ne plus brûler ». Et c'est un monde qui s'ouvre, riche de sens, d'un-possible.
Les chantiers de poèmes, en annexes, sont un vrai régal. Ariane Dreyfus nous livre les étapes de la création de deux de ses poèmes. On suit leur mise au monde : ses sources d'inspiration, le choix des mots, des sonorités, le difficile abandon d'une combinaison de mots qui fait sens au bénéfice d'une autre aux sonorités qui cristallisent l'imaginaire du lecteur.
Et dire qu'elle considère (considérait ?) de tous les arts, la peinture comme celui étant le plus éloigné d'elle ! 
« Reconnaissance à Gérard Schlosser».
Lien : http://page39.eklablog.com/n..
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Citations & extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
coco4649coco464919 janvier 2017
C’EST TOUT MOUILLÉ


Sur le banc du parc

Un seul baiser est une
Des mille petites feuilles
Comme le sexe est d’avril !

Quand il pose la tête sur ses cuisses
Les mains levées pour la courber jusqu’à lui
Elle se courbe en une fois la robe
On en voit mieux le gris

Comme sa chemise est tiède sa poitrine !

Courbée le rejoint à la bouche
Comme une fatigue qu’on dit le désir

Quelle joie ? Demain
Il n’y aura pas ce parfum
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coco4649coco464919 janvier 2017
JE SUIS EN TRAIN D’OUBLIER SON VISAGE


Seul en plein champ,
Le pommier lance son geste compliqué

Elle rattache ses cheveux et n’avance plus
Malgré les nuages mais ils sont beaux à voir
Et puis c’est l’été

Aucune divinité n’enfoncera ses doigts dans les blés
Touchés pourtant, ils bougent de bonne grâce

Plus haut l’herbe prend un chemin, le ciel
Et la pente

Disent « Viens ! » aussi fort l’un que l’autre
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Dixie39Dixie3919 octobre 2014
Mais, consulté, l'ami me dit que j'ai supprimé justement ce qu'il préfère, cette pensée comme une mastication intérieure, alors j'écoute ce premier lecteur. Je déplace toutefois le ciel, sans grande certitude. Peut-être le poème l'expulsera-t-il un jour.

"Tu voudras bien lui donner"

Dans le bol transparent une poignée de cerises
Plutôt sombres que rouges, les dernières

Elles ne sont pas prises
Sauf si penser à, aimer sans réponse c'est comme manger
Le bol est plein d'elles qui sont prêtes
Qui disent :
"Il faut savoir que c'est fini"

Même si le ciel est bleu tout à fait
Violemment

Gouttes coagulées exactement comme
Ce qui peut souffrir et le refuse

Le poème aura donc su, en bonne amitié, patienter ce qu'il fallait. Toujours par amitié, il ne me dit pas tout, ou pas tout de suite, il a rejoint la vie, nous y sommes ensemble.
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Dixie39Dixie3916 octobre 2014
Il est fou

Oubliant la lettre qu'elle a posée sur la table

Le tiroir est ouvert, son visage est penché,
Ses longs cheveux pas attachés
Ne laissent paraître qu'un peu de sa nuque

Elle n'a pas oublié plutôt elle l'a déjà relue
La lettre à demi ouverte par ses quatre plis
Et soulevée à l'endroit où elle touche l'enveloppe

Pour bouger elle attend de ne plus brûler
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Dixie39Dixie3916 octobre 2014
Tu aurais pu dire une chose pareille ?

Depuis qu'elle l'a lancée la chaise
Ne bouge plus de sa place
Il n'y a personne

Elle met sa main devant ses yeux
Toute cette force à un endroit
Et pas de vrais bords

Elle enlève sa main ouvre la fenêtre
Le ciel

Elle découvre le temps qui lui reste
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Video de Ariane Dreyfus (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ariane Dreyfus
Rencontre de poètes. Ariane Dreyfus.
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