"Cléa" est le quatrième mouvement du "Quatuor" et sans doute le plus achevé et le plus important pour la compréhension de l'histoire . Cette fois , l'auteur se met plus franchement en scène et rapporte le début , l'accomplissement et le délitement de son amour pour Cléa , l'artiste peintre , la secrète , archétype de la femme aussi belle que créatrice .
Bien sûr Alexandrie est toujours présente , mais l'époque n'est plus à l'insouciance . Nous sommes en pleine deuxième guerre mondiale . Les combats que l'on devine en toile de fond marqueront la fin d'un monde et le départ des occidentaux vers l'Angleterre , mais aussi vers la France . Mountolive sera nommé à Paris . Darley ( alias Durrell ) y retrouvera peut-être , mais on en doute , Cléa à Paris .
Dans ce livre Durrell excelle toujours dans les descriptions de paysages , de situations et de sentiments . Les personnages familiers de la saga réapparaissent ( Balthazar ) .On y parle beaucioup de Pursewarden , l'écrivain irlandais par le biais de sa soeur aveugle , qui cherche à mieux le comprendre au delà de la mort . Et puis surtout Scobie , le vieux marin alcoolique , béatifié maintenant par les musulmans au point de lui avoir consacré une journée de commémoration avec derviches tourneurs , baignoire sacrée et dévotes hystériques en mal d'enfants . Dans ce cas , comme dans celui des "homoncules" , Durrell va un peu trop loin dans la fantaisie , mais on lui pardonne bien volontiers car il a commis une grande oeuvre , une sorte de monument littéraire .
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