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René Radrizzani (Éditeur scientifique)
ISBN : 2253063533
Éditeur : Le Livre de Poche

Note moyenne : 4.06/5 (sur 125 notes)
Résumé :
Résumé pour l'édition Corti :
Du vivant de Potocki, seules furent imprimées les Journées 1 à 13, sous forme de placards non mis dans le commerce, et des extraits (Avadoro et Dix journées de la vie d’Alphonse Van Worden) dont l’authenticité est controversée, en tout environ la moitié du texte. En 1847, Edmond Chojecki publia à Leipzig une traduction intégrale en polonais, d’après un manuscrit qu’il tenait des archives de la famille Potocki et qu’il aurait en... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
Gwen21
Gwen2126 mai 2016
  • Livres 4.00/5
Au lecteur qui s'interroge encore sur la valeur ajoutée d'un libraire dans le choix d'un livre versus les achats via les plateformes d'e-commerce, je raconte cette petite histoire : à la librairie, rayon littérature étrangère, je mets enfin la main sur "Par le fer et par le feu" de Henryk Sienkiewicz. Au moment où je m'en empare, j'entends une mâle voix dans mon dos, très légèrement teintée d'accent étranger. "Vous aimez la littérature polonaise, mademoiselle ?". Déjà, qui que soit mon perspicace interlocuteur mystère, le simple fait qu'il me donne du "mademoiselle" le catapulte très haut dans mon estime. Je me retourne et fais face à un jeune homme très distingué qui, sans attendre ma réponse, enchaîne : "Parce que si c'est le cas, je n'ai rien à dire à votre choix, sauf que vous devriez commencer par ça." Et de me mettre entre les mains un pavé de 900 pages d'auteur et de titre inconnus de moi, "Manuscrit trouvé à Saragosse, Jan Potocki". Je vous la fais brève : mon bienveillant guide n'était rien de moins qu'un libraire polonais en stage à Auxerre. Vous ne saviez pas que ça existait ? Moi non plus. Et pourtant, c'est bien grâce à l'attention et aux recommandations de ce libraire franco-polonais que j'ai fait connaissance avec le présent roman dont, à ma plus vive honte, la réputation d'oeuvre majeure de la littérature interplanétaire m'avait complètement échappée.
Ce colossal roman classique, bourré d'aventures jusqu'à la gueule, est d'abord, pour un lecteur français, une longue flatterie à l'oreille tant la langue est belle. Oui, parce qu'il faut préciser que Jan Potocki a consacré plus de vingt ans à l'écrire... en français, et franchement, pendant toute la lecture, vous vous pincez pour le croire. Ô temps béni où le beau français était la langue des intellectuels et des souverains d'Europe, du Finistère à l'Oural et de Luleå à Syracuse !
Revenons au manuscrit de Saragosse, si vous le voulez bien.
Vous avez tous joué, enfant, à empiler des cubes les uns dans les autres à la manière des poupées russes ? Et bien, Jan Potocki fait ici exactement la même chose avec les très nombreux personnages de son roman. Les mises en abyme se succèdent sans répit, tout au long des six décamérons qui structurent le récit. Donc, pour être franche, inutile de me demander de vous raconter l'histoire, j'en suis tout bonnement incapable, ayant oublié les personnages et les situations au fur et à mesure qu'ils étaient remplacés par de nouveaux.
Toutefois, n'allez pas croire que cette densité rend le roman impénétrable, ennuyeux ou obscur. C'est là que réside la magie de l'auteur - magie qui a agi par la suite sur plusieurs générations d'écrivains - car, allié à la beauté chantante de la langue, le récit des nombreuses aventures tantôt picaresques, tantôt fantastiques, tantôt joyeuses, tantôt effrayantes, transplante le lecteur dans l'Espagne des 17ème et 18ème siècles avec un réalisme ahurissant. Pour un peu, vous vous sentiriez dans les basques de Sancho Panza ! Mon seul conseil : rendez-vous très disponible et réservez à ce roman l'exclusivité de votre lecture, au risque de décrocher très rapidement.
Une belle découverte qui cumule la satisfaction d'avoir comblé une énorme lacune de ma culture littéraire et celle d'avoir effectué un incroyable voyage dans le temps et l'espace.
PS : Je n'ai pas encore lu mon Sienkiewicz mais ça ne saurait tarder.

Challenge MULTI-DEFIS 2016
Challenge PAVES 2015 - 2016
Challenge 19ème siècle 2016
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Foxfire
Foxfire04 janvier 2016
  • Livres 5.00/5
"Manuscrit trouvé à Saragosse" de jean Potocki est une merveille. Je devrais m'arrêter là. Ce chef-d'oeuvre mériterait une plume autrement plus belle que la mienne pour chanter ses louanges. Cependant, je brûle trop d'évoquer les raisons de mon enthousiasme pour me taire, et j'espère donner envie à certains de découvrir cette oeuvre unique et enchanteresse.
"Le manuscrit trouvé à Saragosse" ce n'est pas une histoire mais mille histoires qui s'imbriquent les unes aux autres telles des poupées russes. On pourrait craindre que ce procédé narratif d'intrigues enchevêtrées ne donne un aspect fouillis au roman. Il n'en est rien. le récit est d'une fluidité remarquable. Et si, parfois, le lecteur se perd un peu dans cet écheveau, c'est avec délectation. le plaisir de se laisser porter sur ce chemin sinueux est absolu. Après chaque digression, le lecteur retrouve l'intrigue principale qui ne se contente pas d'être un lien artificiel entre les différents récits mais est bien la moelle épinière du roman de Potocki. La fluidité et la légèreté de ce récit foisonnant sont tout à fait remarquables. L'auteur commence une histoire avant de l'interrompre, en commence une autre, revient à la précédente... Pourtant, jamais le récit ne parait heurté ou haché. Par la grâce de son écriture, Potocki tisse une oeuvre d'une musicalité qui enchante l'esprit.
Dans ce récit foisonnant, on croise toute une galerie de personnages pittoresques magnifiques, des bandits, des bohémiens, des cabalistes, des princesses mystérieuses, un géomètre, et j'en passe... D'un romantisme échevelé, les intrigues font la part belle aux amours contrariées, aux duels, aux héros chevaleresques, à des mystères...
Mais, "Manuscrit trouvé à Saragosse" n'est pas qu'un assemblage d'histoires. C'est une oeuvre incomparable, vous n'avez jamais rien lu de semblable. A ces histoires divertissantes s'ajoutent considérations philosophiques et élucubrations mathématiques. Potocki fait d'ailleurs preuve d'une érudition impressionnante, sans jamais qu'elle soit pesante ni prétentieuse.
La légende dit que Jean Potocki a, longuement, patiemment, poli la boule d'un sucrier en argent afin d'en faire une balle avec laquelle il se serait suicidé. Jean Potocki aurait donc été aussi fou que certains personnages qui peuplent son magnifique roman. Cela n'est guère étonnant. Seul un fou peut créer une oeuvre d'un tel génie, une écriture si lumineuse et sublime au service d'une histoire merveilleusement exaltante...
"Manuscrit trouvé à Saragosse" est un roman qui fait voyager l'âme et le coeur.
Challenge Pavés 2015-2016 - 3
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Arakasi
Arakasi20 novembre 2012
  • Livres 4.00/5
Certains livres sont des calvaires à chroniquer. « Manuscrit trouvé à Saragosse » en fait partie : polymorphe, il réunit tant de styles, tant de genres que l'on ne sait pas par où commencer, par quel bout le prendre. Est-ce un roman initiatique ? Un récit d'aventure ? Un roman d'amour ? Un recueil de contes fantastiques ? En romancier malin et imaginatif, Jean Potocki brasse tous ces genres sans en choisir aucun : son roman n'est pas un récit rectiligne, c'est un labyrinthe, une tour de Babel aux milles recoins et aux milles habitants où l'imagination du lecteur se promène, s'égare, se retrouve… L'un de ces livres qu'il vaut mieux ne pas lâcher en route – ce que j'ai eu le malheur de faire, je le confesse – si on ne veut pas se retrouver quelques jours plus tard, le livre ouvert dans les mains et les sourcils furieusement froncés, à se demander « Mais bon sang où en étais-je ? »
Parlons un peu de l'histoire, ou plutôt des histoires ! Nous sommes à la fin du XVIIIe siècle et le jeune Alphonse van Worden se rend à Madrid pour devenir capitaine dans l'armée de sa Majesté le roi d'Espagne. Mais la route est longue des Pyrénées à la capitale et le jeune militaire visitera bien des lieux étranges durant son voyage : auberges hantées, grottes dissimulées et manoirs mystérieux. Il croisera aussi de nombreux voyageurs : un vieux chef bohémien très bavard, deux superbes mahométanes, un cabaliste juif et sa splendide soeur, un géomètre distrait, un ermite étrange, des brigands aux grands coeurs… Et tous ces braves gens ne semblent avoir qu'une envie : raconter leurs vies, celles de leurs amis et celles des amis de leurs amis au jeune Alphonse.
L'ensemble donne une mosaïque de récits entrecroisés et imbriqués – un homme raconte l'histoire d'un homme qui raconte l'histoire d'un homme qui… – tout à fait passionnante et d'une richesse surprenante. le procédé n'est pas sans rappeler celui des « Mille et une nuits », mais des « Mille et une nuits » qui se dérouleraient dans l'Espagne andalouse du XVIIIe siècle, cette Espagne mythique où se mêlent les civilisations maure, chrétienne et juive dans un fascinant bouillon de culture. La diversité même des récits fait que l'intérêt du lecteur est plus ou moins accroché, selon les narrateurs et leurs histoires (personnellement, je dois avouer un faible pour les récits plein d'humour et de rebondissements rocambolesques du chef bohémien. En revanche, Les mésaventures du géomètre Vélasquez m'ont laissé froide), mais l'ensemble reste délicieusement divertissant à découvrir. A conseiller particulièrement aux nostalgiques de l'Al-Andalus et de ses mystères !
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chartel
chartel11 septembre 2009
  • Livres 5.00/5
Le "Manuscrit trouvé à Saragosse" est l'oeuvre de toute une vie, celle de Jean Potocki, extravagant comte polonais ayant vécu à cheval sur deux siècles, le dix-huitième et le dix-neuvième, grand voyageur, particulièrement sensible au charmes des cultures méditerranéennes. Ce roman est à tout point du vue extraordinaire, par son ampleur, sa construction et sa dimension. Il se compose, à la manière des "Mille et unes nuits", d'une succession de récits et de contes enchâssés, donnant à l'ensemble comme une sensation d'infinité, et bien qu'il faille clore à un moment ou à un autre cette longue fiction, on sent que rien ne pourrait y mettre un terme, et que, si aucune contrainte matérielle ne s'opposait au projet, ce mystérieux manuscrit pourrait se poursuivre indéfiniment.
La mise en abîme des récits, les insertions successives d'une histoire dans une autre histoire, tendent à confondre les personnages aux lecteurs, et ils ne se privent pas (les personnages) d'émettre quelques critiques à l'encontre du livre, pour, en quelque sorte, retourner l'argument en sa faveur : « J'ai beau faire attention au récit de notre chef, je n'y puis plus rien comprendre : je ne sais plus qui parle ou qui écoute. Ici c'est le marquis de Val Florida qui raconte son histoire à sa fille qui la raconte au Bohémien qui nous la raconte. En vérité cela est très confus. » Ou encore : « En vérité je redoute extrêmement cette histoire, toutes celles du Bohémien commencent d'un air fort simple et l'on espère en voir bientôt la fin : point du tout, une histoire en renferme une autre qui en contient une troisième. A peu près comme ces restes de divisions qu'on peut développer en suites qui dans certains cas deviennent infinies. Mais on a des méthodes pour sommer presque toutes les suites. Au lieu que si je veux prendre la somme de tout ce que dit le Bohémien, je n'y trouve rien qu'une extrême confusion. »
Cette profusion d'histoires est un véritable voyage à travers le monde, celui qu'a parcouru Jean Potocki. Voyage en Espagne, bien évidemment, à la manière du chevalier Don Quichotte, mais aussi en Europe du Nord, en Orient et en Afrique.
Il faut aussi préciser que la présente édition reprend la version de 1804, la moins policée des deux. En effet, deux spécialistes chercheurs, Dominique Triaire et François Rosset, ont découvert six manuscrits mal classés dans les archives de Poznan, démontrant qu'il existait deux versions du roman, l'autre version datant de 1810.
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GrandGousierGuerin
GrandGousierGuerin22 mai 2015
  • Livres 5.00/5
Roman à tiroir d'où sort de doubles fonds des histoires qui se répètent suffisamment pour qu'on s'en joue et suffisamment différentes pour qu'on veuille poursuivre.
A sa lecture de nombreuses références, allusions et illusions se sont bousculées à mon esprit.
- Les milles et une nuits par ce récit qui sans cesse se renouvelle.
- Smarra de Charles Nodier. Dans l'avant-propos, j'ai appris que Nodier a été un temps crédité comme l'auteur de ce Manuscrit. Ici aussi on traite de fantastique, de femme fatale si ce n'est succube. Mais le style fait la différence. Là où Nodier nous emberlificote dans son style romantique un poil suranné, Potocki est bien plus direct, dans un style plus vif où j'ai perçu et apprécié l'humour et l'espièglerie. Potocki passe allégrement le passage des siècles et peut aisément donner lieu à une lecture plaisante pour nos contemporains.
- Vous ai-je déjà parlé de Si par une nuit d'hiver un voyageur de Calvino ? Il faut le lire aussi. Et vous verrez un lien évident avec le Manuscrit … Je n'en dis pas plus à ce sujet, cela pourrait gâcher votre prochaine lecture (évidemment ….)
- Une nuit en enfer de Robert Rodrigez avec Tarantino au scénario. Vous vous rappelez de Salma Hayek et notamment de sa danse. Dans le Manuscrit, elle a une petite soeur qui n'est pas cul de jatte. Caliente !
J'attends maintenant votre petit commentaire de lecture (évidemment …).
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Citations & extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
fanfan50fanfan5021 avril 2015
- Après le souper, lorsque tous les voyageurs se furent rassemblés autour de la brasière, et que chacun eut conté quelque chose sur les pays qu'il avait traversé, l'un d'eux, qui n'avait pas encore ouvert la bouche, dit :
"- Tout ce qui vous est arrivé dans vos voyages est fort intéressant à écouter et à retenir. Quant à moi, je voudrais bien qu'il ne me fût pas arrivé pis, mais en voyageant dans la Calabre, il m'est arrivé une aventure si extraordinaire, si surprenante, si effrayante, que je ne puis en écarter le souvenir. Il me poursuit, m'obsède, empoisonne toutes les jouissances que je pourrais avoir, et c'est beaucoup si la mélancolie qu'il me donne ne me fait pas perdre la raison.
"Un pareil début excita vivement la curiosité de l'auditoire. On le pressa beaucoup de soulager son coeur en faisant un récit aussi admirable. Il se fit longtemps prier, enfin il commença en ces termes :

Histoire de Giulio Romati
et de la princesse de Mont-Salerno

- Mon nom est Giulio Romati, mon père, appelé Pietro Romati, est le plus illustre des hommes de loi de Palerme et même de la Sicile entière. Il est, comme vous pouvez le croire, fort attaché à une profession qui lui donne une existence honorable. Mais plus attaché encore à la philosophie, il lui consacre tous les moments qu'il peut dérober aux affaires.
" Je puis sans me vanter dire que j'ai marché sur ses traces dans les deux carrières, car j'étais docteur en droit à l'âge de vingt-deux ans. Et, m'étant ensuite appliqué aux mathématiques et à l'astronomie, j'y ai réussi assez pour pouvoir commenter Copernic et Galilée. Je ne vous dis point ces choses pour en tirer vanité, mais parce que ayant à vous entretenir d'une aventure très surprenante je ne veux pas être pris pour un homme crédule et superstitieux. Je suis si éloigné d'un pareil défaut que la théologie est peut-être la seule science que j'aie constamment négligée. Quant aux autres, je m'y adonnais avec le zèle le plus infatigable, ne connaissant de récréation que dans le changement d'études.
"Tant d'application prit sur ma santé ; et mon père, ne connaissant aucun genre de distraction qui pût me convenir, me proposa de voyager et exigea même de moi que je fisse le tour de l'Europe et que je ne revinsse en Sicile qu'au bout de quatre ans.
"J'eus d'abord beaucoup de peine à me séparer de mes livres, de mon cabinet, de mon observatoire. Mais mon père l'exigeait, il fallut obéir. Je ne fus pas plutôt en route qu'il s'opéra en moi un changement très favorable. Je retrouvais mon appétit, mes forces, en un mot toute a santé. J'avais d'abord voyagé en litière, mais, dès la troisième journée, je pris une mule et je m'en trouvai bien.
" Beaucoup de gens connaissent le monde entier, excepté leur pays. Je ne voulus pas que le mien pût me reprocher un pareil travers, et je commençai mon voyage par voir les merveilles que la nature a répandues dans notre île avec tant de profusion.
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chartelchartel11 septembre 2009
Nous nous rions de la présomption de ceux qui imaginent que pour lire il suffise de l’organe matériel de la vue. Cela pourrait suffire en effet pour de certaines langues modernes, mais dans l’hébreu, chaque lettre est un nombre, chaque mot une combinaison savante, chaque phrase une formule épouvantable qui bien prononcée avec toutes les aspirations et les accents convenables pourrait abîmer les monts et dessécher les fleuves. Vous savez assez qu’Adunaï créa le monde par la parole, ensuite il se fit parole lui-même. La parole frappe l’air et l’esprit, elle agit sur les sens et sur l’âme. Quoique profane, vous pouvez aisément en conclure qu’elle doit être le véritable intermédiaire entre la matière et les intelligences de tous les ordres.
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chartelchartel11 septembre 2009
Chez presque tous les hommes, l’action du moi n’est jamais suspendue : vous retrouvez leur moi dans le conseil qu’ils vous donnent, dans les services qu’ils vous rendent, dans les liaisons qu’ils recherchent, dans les amitiés qu’ils forment. Passionnés pour leur intérêt le plus éloigné, indifférents pour tout le reste. Et lorsqu’ils trouvent sur leur chemin un homme indifférent à l’intérêt personnel, ils ne le peuvent comprendre, ils lui supposent des motifs cachés, de l’affectation, de la folie. Ils le rejettent de leur sein, l’avilissent et le relèguent sur un rocher de l’Afrique.
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Gwen21Gwen2117 avril 2016
Je m'élançai sur mon cheval et, le mettant tout de suite au plus grand trot, j'arrivai au bout de deux heures sur les bords du Quadalquivir qui n'est point là ce fleuve tranquille et superbe dont le cours majestueux embrasse les murs de Séville. Le Quadalquivir au sortir des montagnes est un torrent sans rives ni fond, et toujours mugissant contre les rochers qui contiennent ses efforts.
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Gwen21Gwen2128 mai 2016
Ainsi lorsque accablés par la douleur, nous ne voyons plus devant nous qu'un sombre avenir, la providence soigneuse de nos destinées rallume des lueurs inespérées qui nous remettent dans le chemin de la vie.
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Video de Jean Potocki (2) Voir plusAjouter une vidéo

Jean Potocki : Manuscrit trouvé à Saragosse
Dans une pièce de la Cité internationale universitaire de Paris dans le 14ème arrondissement, Olivier BARROT présente le roman "Manuscrit trouvé à Saragosse" de l'aristocrate polonaisJean POTOCKI publié en 1804.
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