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> René Radrizzani (Éditeur scientifique)

ISBN : 2253063533
Éditeur : Le Livre de Poche


Note moyenne : 4.01/5 (sur 89 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
C'était un manuscrit espagnol ; je ne connaissais que fort peu cette langue, mais, cependant, j'en savais assez pour comprendre que ce livre pouvait être amusant : on y parlait de brigands, de revenants, de cabalistes, et rien n'était plus propre à me distraire des fati... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Arakasi, le 20 novembre 2012

    Arakasi
    Certains livres sont des calvaires à chroniquer. « Manuscrit trouvé à Saragosse » en fait partie : polymorphe, il réunit tant de styles, tant de genres que l'on ne sait pas par où commencer, par quel bout le prendre. Est-ce un roman initiatique ? Un récit d'aventure ? Un roman d'amour ? Un recueil de contes fantastiques ? En romancier malin et imaginatif, Jean Potocki brasse tous ces genres sans en choisir aucun : son roman n'est pas un récit rectiligne, c'est un labyrinthe, une tour de Babel aux milles recoins et aux milles habitants où l'imagination du lecteur se promène, s'égare, se retrouve… L'un de ces livres qu'il vaut mieux ne pas lâcher en route – ce que j'ai eu le malheur de faire, je le confesse – si on ne veut pas se retrouver quelques jours plus tard, le livre ouvert dans les mains et les sourcils furieusement froncés, à se demander « Mais bon sang où en étais-je ? »
    Parlons un peu de l'histoire, ou plutôt des histoires ! Nous sommes à la fin du XVIIIe siècle et le jeune Alphonse van Worden se rend à Madrid pour devenir capitaine dans l'armée de sa Majesté le roi d'Espagne. Mais la route est longue des Pyrénées à la capitale et le jeune militaire visitera bien des lieux étranges durant son voyage : auberges hantées, grottes dissimulées et manoirs mystérieux. Il croisera aussi de nombreux voyageurs : un vieux chef bohémien très bavard, deux superbes mahométanes, un cabaliste juif et sa splendide sœur, un géomètre distrait, un ermite étrange, des brigands aux grands cœurs… Et tous ces braves gens ne semblent avoir qu'une envie : raconter leurs vies, celles de leurs amis et celles des amis de leurs amis au jeune Alphonse.
    L'ensemble donne une mosaïque de récits entrecroisés et imbriqués – un homme raconte l'histoire d'un homme qui raconte l'histoire d'un homme qui… – tout à fait passionnante et d'une richesse surprenante. le procédé n'est pas sans rappeler celui des « Mille et une nuits », mais des « Mille et une nuits » qui se dérouleraient dans l'Espagne andalouse du XVIIIe siècle, cette Espagne mythique où se mêlent les civilisations maure, chrétienne et juive dans un fascinant bouillon de culture. La diversité même des récits fait que l'intérêt du lecteur est plus ou moins accroché, selon les narrateurs et leurs histoires (personnellement, je dois avouer un faible pour les récits plein d'humour et de rebondissements rocambolesques du chef bohémien. En revanche, Les mésaventures du géomètre Vélasquez m'ont laissé froide), mais l'ensemble reste délicieusement divertissant à découvrir. A conseiller particulièrement aux nostalgiques de l'Al-Andalus et de ses mystères !
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    • Livres 5.00/5
    Par chartel, le 11 septembre 2009

    chartel
    Le "Manuscrit trouvé à Saragosse" est l'œuvre de toute une vie, celle de Jean Potocki, extravagant comte polonais ayant vécu à cheval sur deux siècles, le dix-huitième et le dix-neuvième, grand voyageur, particulièrement sensible au charmes des cultures méditerranéennes. Ce roman est à tout point du vue extraordinaire, par son ampleur, sa construction et sa dimension. Il se compose, à la manière des "Mille et unes nuits", d'une succession de récits et de contes enchâssés, donnant à l'ensemble comme une sensation d'infinité, et bien qu'il faille clore à un moment ou à un autre cette longue fiction, on sent que rien ne pourrait y mettre un terme, et que, si aucune contrainte matérielle ne s'opposait au projet, ce mystérieux manuscrit pourrait se poursuivre indéfiniment.
    La mise en abîme des récits, les insertions successives d'une histoire dans une autre histoire, tendent à confondre les personnages aux lecteurs, et ils ne se privent pas (les personnages) d'émettre quelques critiques à l'encontre du livre, pour, en quelque sorte, retourner l'argument en sa faveur : « J'ai beau faire attention au récit de notre chef, je n'y puis plus rien comprendre : je ne sais plus qui parle ou qui écoute. Ici c'est le marquis de Val Florida qui raconte son histoire à sa fille qui la raconte au Bohémien qui nous la raconte. En vérité cela est très confus. » Ou encore : « En vérité je redoute extrêmement cette histoire, toutes celles du Bohémien commencent d'un air fort simple et l'on espère en voir bientôt la fin : point du tout, une histoire en renferme une autre qui en contient une troisième. A peu près comme ces restes de divisions qu'on peut développer en suites qui dans certains cas deviennent infinies. Mais on a des méthodes pour sommer presque toutes les suites. Au lieu que si je veux prendre la somme de tout ce que dit le Bohémien, je n'y trouve rien qu'une extrême confusion. »
    Cette profusion d'histoires est un véritable voyage à travers le monde, celui qu'a parcouru Jean Potocki. Voyage en Espagne, bien évidemment, à la manière du chevalier Don Quichotte, mais aussi en Europe du Nord, en Orient et en Afrique.
    Il faut aussi préciser que la présente édition reprend la version de 1804, la moins policée des deux. En effet, deux spécialistes chercheurs, Dominique Triaire et François Rosset, ont découvert six manuscrits mal classés dans les archives de Poznan, démontrant qu'il existait deux versions du roman, l'autre version datant de 1810.
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    • Livres 3.00/5
    Par unetassedebonheur, le 04 juin 2014

    unetassedebonheur
    Lire n'est pas toujours de tout repos. Pour les amateurs de "roman à tiroirs, "Le Manuscrit trouvé à Saragosse" en est non seulement un exemple classique et reconnu dans toute l'Europe, mais il est aussi un véritable labyrinthe ou kaléidoscope où les histoires et les destinées se croisent, se reflètent et s'imbriquent les unes dans les autres. Passionnant donc.
    Arrivé en Espagne pour devenir capitaine des Gardes wallonnes, le jeune Alphonse van Worden est entraîné dans une étrange aventure, qui prendra l'allure d'une épreuve initiatique. Pendant les deux mois qu'il passe dans la chaîne des Alpujarras, plusieurs personnes lui racontent l'histoire de leur vie, où interviennent les narrations que leur ont faites d'autres personnes qui relatent à leur tour les récits qu'elles ont entendus… et ainsi de suite jusqu'à une quintuple mise en abîme. Ce livre est une somme romanesque de tous les genres : roman picaresque, histoire de brigands, roman noir, conte fantastique, roman libertin, conte philosophique, histoire d'amour, toutes ces formes s'entrelacent en un ballet féerique parfaitement réglé.
    Or cette complexité n'est pas gratuite : le texte devient le miroir d'un univers à perspectives multiples, où coexistent des systèmes de valeurs, des conceptions religieuses et philosophiques, des sentiments d'honneur apparemment incompatibles. le livre se présente donc non seulement comme la somme de tous les savoirs et de tous les faits du monde, mais aussi comme la somme de tous les mondes possibles.
    Mais l'histoire de ce livre est déjà un roman digne de ce nom. Un chercheur du CNRS a mis vingt ans avant de reconstituer le livre tel qu'il apparait aujourd'hui, retrouvant deux autres versions enfin éditées. Ecrite en français par un polonais le comte Potocki, le livre tel qu'il existait jusqu'en 2007, apparaissait aux yeux du chercheur comme un bricolage. Potocki s'était suicidé avant l'édition de son livre. " À sa mort , sa veuve et ses deux fils ont hérité de ses écrits, explique Dominique Triaire. Mais ce partage fut hâtif et les nombreuses pages simplement distribuées en trois tas. " Celui du fils ainé arriva dans les archives de Poznan, et fut classé par un archiviste peu enclain à traduire le français, sous le nom de "décameron". « J'ai compris qu'il s'agissait des documents que je cherchais, car le roman de Potocki est conçu par “parties” de dix journées, c'est-à-dire en… décaméron. » le second "tas" fut retrouvé dans une banque espagnole en guise de règlement de quelques dettes. le dernier à Moscou. Fallait-il ensuite reconstruire le livre, et son histoire. Potocki avait en fait ré-écrit trois versions du même roman. " Ce n'est tout simplement plus le même roman. Certains personnages ont disparu, notamment le juif errant, dont l'histoire fait courir l'œuvre sur plus de deux mille ans ! commente Dominique Triaire. Dans la troisième version, Potocki veut son œuvre plus limpide, les histoires sont moins enchâssées." Perdue, retrouvée, accommodée selon les éditeurs, cette légende littéraire connut un destin à l'image de ce qu'il raconte : un enchantement.. Il existe aussi un film qui est dans la pochette du livre, dont je laisse ici un extrait
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    • Livres 4.00/5
    Par valetudinaire, le 11 octobre 2011

    valetudinaire
    Alphonse van Worden est un gosse, un gosse qui se perd dans son périple vers Madrid comme dans une chambre, au milieu de ses jouets aux allures monstrueuses, et qui se cache sous ses couettes pour créer des grottes pleines de peuplades souterraines. le manuscrit qu'il signe fictivement à la fin de son aventure est un condensé de toutes les histoires qu'on peut se raconter, avec des “et puis” et des “après y a”.
    Il ne sait rien et fait confiance à n'importe qui, se laisse emporter au gré des rencontres par de faux possédés, des cabalistes, géomètres et autres sociétés secrètes. Il apprend par le biais de ces personnages farfelus à se construire et essaye au maximum de tout rapporter à sa propre histoire. le roman est hanté par les images, le mysticisme, les cultes, les religions, et dirigé par l'érudition de Potocki, au travers d'une histoire musulmano-chrétienne (ou inversement) proprement hallucinante : Alphonse n'en finit pas de subir les drogues et faux-semblants.
    Il est difficile de saisir entièrement tout ce que ce récit peut contenir de références, de sous-entendus, de transtextualité, tant les noms finissent par nous dépasser rapidement. Alors on se perd dans les imbrications qui n'ont rien à envier aux plus récentes productions psychiques, dans un fantastique qui n'en est finalement pas un. C'est davantage l'horreur de l'onirisme, dans des paysages pleins de pendus, de morts tués lors de duels ridicules, de jumelles aussi belles que démoniaques.
    Soixante-six journées qui s'étendent, et s'étendent, et nous perdent dans les tréfonds de la Sienna Morena, et nous placent comme témoins de la vie obscure des Gomelez.
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    • Livres 3.00/5
    Par ignatus-reilly, le 09 mars 2013

    ignatus-reilly
    Ce livre est labyrinthique, c'est un livre à tiroir.
    C'est l'histoire d'un jeune homme fougueux qui part en quête d'aventures et qui tout au long de sons périple va rencontrer des personnages étranges et merveilleux qui vont lui raconter leur histoire. Eux-mêmes ont rencontré des personnes qui leur ont raconté leurs histoires et ont rencontré .....
    C'est un roman initiatique en forme de mille et une nuits.
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Citations et extraits

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  • Par chartel, le 11 septembre 2009

    Nous nous rions de la présomption de ceux qui imaginent que pour lire il suffise de l’organe matériel de la vue. Cela pourrait suffire en effet pour de certaines langues modernes, mais dans l’hébreu, chaque lettre est un nombre, chaque mot une combinaison savante, chaque phrase une formule épouvantable qui bien prononcée avec toutes les aspirations et les accents convenables pourrait abîmer les monts et dessécher les fleuves. Vous savez assez qu’Adunaï créa le monde par la parole, ensuite il se fit parole lui-même. La parole frappe l’air et l’esprit, elle agit sur les sens et sur l’âme. Quoique profane, vous pouvez aisément en conclure qu’elle doit être le véritable intermédiaire entre la matière et les intelligences de tous les ordres.
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  • Par chartel, le 11 septembre 2009

    Chez presque tous les hommes, l’action du moi n’est jamais suspendue : vous retrouvez leur moi dans le conseil qu’ils vous donnent, dans les services qu’ils vous rendent, dans les liaisons qu’ils recherchent, dans les amitiés qu’ils forment. Passionnés pour leur intérêt le plus éloigné, indifférents pour tout le reste. Et lorsqu’ils trouvent sur leur chemin un homme indifférent à l’intérêt personnel, ils ne le peuvent comprendre, ils lui supposent des motifs cachés, de l’affectation, de la folie. Ils le rejettent de leur sein, l’avilissent et le relèguent sur un rocher de l’Afrique.
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  • Par Walktapus, le 16 février 2014

    (incipit)
    Le comte d’Olavidez n’avait pas encore établi des colonies étrangères dans la Sierra Morena : cette chaîne sourcilleuse qui sépare l’Andalousie d’avec la Manche n’était alors habitée que par des contrebandiers, des bandits, et quelques Bohémiens qui passaient pour manger les voyageurs qu’ils avaient assassinés ; et de là le proverbe espagnol : Las gitanas de Sierra Morena quieren carne de hombres.
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  • Par chartel, le 11 septembre 2009

    Elle a raison, me dis-je en moi-même, de préférer les jouissances de cette vie humaine et matérielle aux vaines spéculations d’un monde idéal auquel nous appartiendrons aussi bien tôt ou tard. Ce monde-ci ne nous offre-t-il pas assez de sensations diverses, d’impressions délicieuses pour nous occuper pendant le temps de notre courte durée ?

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  • Par valetudinaire, le 18 septembre 2011

    Lorsque je fus couché, j’observai avec plaisir que mon lit était très large, et que des rêves n’ont pas besoin d’autant de place.

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Video de Jean Potocki

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Jean Potocki : Manuscrit trouvé à Saragosse
Dans une pièce de la Cité internationale universitaire de Paris dans le 14ème arrondissement, Olivier BARROT présente le roman "Manuscrit trouvé à Saragosse" de l'aristocrate polonais Jean POTOCKI publié en 1804.








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