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ISBN : 2266122215
Éditeur : Pocket (2002)


Note moyenne : 4.03/5 (sur 640 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
De la guerre, le petit Martin connaîtra tout : les privations, les humiliations, la peur durant le temps passé au ghetto de Varsovie, l'horreur absolue des camps nazis à Treblinka, la fureur de vivre quand il s'en échappera caché sous un camion, l'abattement et aussi le... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par zugzugette, le 13 août 2012

    zugzugette
    Il est de ces livres qui restent comme tatoués à vie dans une vie.
    Le jour de mes 11 ans, mon oncle m'offre mon premier gros livre d'adulte. Il s'agit d'"Au nom de tous les miens". A l'époque, j'étais insouciante, centrée sur ma vie de collégienne avec ses soucis futiles et sans importance. Je ne connaissais absolument rien, ni de la guerre, ni de la Shoah. J'étais vierge du malheur et de l'histoire.
    Je l'ai dévoré ce livre. Et quand je l'ai refermé, j'ai pleuré. Pour la première fois, j'ai pleuré sur un livre. Je n'arrivais pas à croire que tout cela ait VRAIMENT existé. Je ne pouvais même le concevoir et l'imaginer. Après cela, ma vie a pris une dimension bien plus étendue et universelle. Je me suis intéressée au passé, de ma famille puis de mon pays, puis du monde.
    A l'époque, mon contexte familial n'étais pas facile. Je lisais dans le lit de mes parents car c'était un lieu rassurant et le seul lieu disponible. En lisant, je relativisais mes malheurs, et je me souviens avoir pensé que comparé à Martin, rien n'avait d'importance et que cela m'a aidé à traverser les épreuves familiales.
    Je ne pourrais donc pas vous parler ni du style, ni du livre, juste vous dire qu'il y eu pour moi un avant et un après "Au nom de tous les miens". Et que je ne serais pas celle que je suis, sans ce livre.
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    • Livres 5.00/5
    Par Kashima, le 07 mars 2015

    Kashima
    Martin Gray est un héros : pas un héros de roman, un héros, un vrai. Jamais je n'ai lu une telle volonté de vivre, un tel destin. Au nom de tous les miens, j'aurais dû l'avoir lu depuis très longtemps et finalement, j'ai attendu. Je ne pensais pas découvrir cette histoire, ce courage et cette injustice du sort. Après tout ce qu'il a vécu (la mort des siens, la torture, la déportation, la vue des pires horreurs...) Martin Gray est toujours en vie et il témoigne.
    Né en 1914, il vit aujourd'hui à Ciney, en Belgique, dont il est citoyen d'honneur. Il a près de 800 000 lettres auxquelles il aimerait répondre :
    "Je devrais répondre à 800.000 lettres… Certaines font vingt pages! Ma secrétaire a calculé qu'il me faudrait trois siècles pour y répondre! C'est d'ailleurs un terrible dilemme pour moi. Chaque courrier demande une réponse. Mais il faut bien faire un choix… Je donne priorité aux appels au secours. Certaines réponses sont dans les livres que j'ai écrits. (…) Je voudrais encore écrire. Un bouquin sur mon père, sur tout ce qu'il m'a enseigné… Mais le temps me manque! La veille de son assassinat dans le ghetto de Varsovie, papa me disait encore… « On va sans doute laisser le monde dans le même état que ce qu'il était avant notre venue, mais il faut quand même espérer changer quelque chose pour qu'il devienne un peu meilleur. » Vous savez, on sort à peine de la préhistoire… Qu'est-ce qu'une vie d'homme à l'échelle du temps?" (intw infocatho.be)

    Tout commence à Varsovie. Martin y vit avec les siens, sa mère, ses frères et son père, jusqu'à ce que les Allemands fassent un ghetto de cette ville polonaise. Martin fait du marché noir, il trafique, il parvient à sortir du camp, à se faire l'ami de voyous, à s'échapper à chaque fois qu'il le faut. de son père, résistant, il tient cette rage de vivre, sa vivacité d'esprit qui le fait agir et réfléchir très vite. Mais un jour, il est dans le train pour Treblinka, avec sa mère et ses frères.
    Dès leur arrivée, ces derniers partiront aux chambres à gaz. Lui survit dans le camp, charriant les morts, découvrant mille horreurs, achevant les enfants encore vivants dans les pseudo-douches, assistant aux assassinats gratuits, comprenant que la chance est avec lui puisque à tout moment, sur une envie, un coup de tête d'un Ukrainien, d'un SS, il peut mourir d'une balle dans la tête. Il parvient à réaliser l'impossible : s'enfuir de ce camp d'où l'on ne s'enfuit pas, profitant d'avoir à charger un train de sacs entre lesquels il se glisse.
    Ensuite, c'est la survie dans la campagne polonaise : il rencontre les traîtres, les bourreaux, mais il croise aussi des gens bienveillants. Il se joint à des groupes de résistants staliniens, participe au soulèvement du ghetto de Varsovie où il voit son père mourir fusillé, puis il partira pour New-York, où il lui reste membre de sa famille : sa grand-mère. A partir d'elle, il veut semer de nouveau les graines.
    Tout au long du livre, Martin se bat pour les siens, "Au nom de tous les miens", comme il le répète inlassablement. La vengeance est amère. Il comprend très vite que ce n'est pas elle qui les fera revenir ; il se garde de devenir lui-même un bourreau. Ce qu'il veut, c'est une famille, une femme, des enfants, à travers lesquels revivront ses proches et tous ceux qu'il a vu se faire assassiner. Il veut transmettre, dire l'horreur, celle que personne n'a crue quand il s'est échappé de Treblinka et qu'il a tenté de prévenir les Juifs de Zambrow. Comment croire que des milliers de personnes, des soeurs, des mères, finissent assassiner, que des femmes enceintes soient éventrées, des bébés jetés contre les murs?
    Jamais Martin ne s'est découragé. Sa volonté, sa débrouillardise, son audace et sa présence d'esprit l'ont sauvé.
    L'histoire pourrait s'arrêter là, mais le destin horrible le rattrape, des années après, quand il a enfin fondé cette famille qui lui est si chère. Il a rencontré Dina à New-York alors qu'il était devenu un très riche homme d'affaires.
    Ensemble, ils se marient et, entre 1960 et 1968, ils ont quatre enfants.
    Ils vivent dans le sud de la France, à Mandelieu, près du Tanneron, où ils ont acheté le domaine des Barons. Ils ont une vie saine. Dina a décidé, avant la naissance de son premier enfant, qu'elle serait végétarienne : impossible de tuer pour manger et avant ce régime alimentaire, elle ne pouvait pas avoir d'enfants, preuve d'une vie plus saine. Martin l'a suivie, et tous les six vivent non loin de la mer, dans le bonheur, dans le partage, l'amour, la musique, avec leurs trois chiens, leur chat nommé Laïtak, en l'honneur du chat que Martin a été dans le ghetto de Varsovie.
    ... jusqu'à ce qu'un incendie provoqué par la sécheresse les tue tous, sauf lui. Pour la deuxième fois, il perd ceux qu'il aime, comme si le tribut qu'il avait payé autrefois n'avait pas été assez lourd. Ces pages sont d'une tristesse... La souffrance est indicible. Pour le lecteur qui a suivi le destin de cet homme hors du commun, d'un courage incroyable, voir le malheur s'abattre sur lui encore, cette injustice fait très mal :
    Son réflexe a été d'abord de vouloir se tuer. Comment vivre encore? Ses amis l'en ont empêché. Depuis, il a écrit, a créé la Fondation Dina Gray, contre les incendies, à vocation écologique. Il s'est remarié deux fois, a eu cinq enfants. La vie coûte que coûte, mais comment, par quelle force intérieure?
    A la fin du livre, Martin Gray nous invite à lire les autres textes qu'il écrit pour essayer de "dire pourquoi il faut vivre et comment on peut atteindre le bonheur, le courage et l'espoir, malgré tout". (Le livre de la vie, Les Forces de la vie, La vie renaîtra de la nuit).
    Je suis admiratrice de cet homme qui est bien au-dessus des hommes. Dire un surhomme, si cela n'avait pas une drôle de connotation, conviendrait. Il est un exemple, on a envie de le garder en vie encore longtemps parce que par sa présence, il rend son histoire encore plus édifiante :
    "Je suis heureux d'être ici maintenant. J'ai 91 ans… Ce sera ma dernière maison. J'ai appris qu'il y avait déjà neuf centenaires à Ciney, je voudrais être le dixième!" (intw 2015 pour infocatho.be)
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    • Livres 5.00/5
    Par aurelieencalade, le 27 juillet 2012

    aurelieencalade
    C'est un des films préférés de ma mère, dans mon métier on sait souvent que les lire sont meilleurs...
    J'ai décidé de tenter la lecture en convaincue presque puisque le film était devenu pour moi aussi une référence mais en me disant que souvent aussi les mots touchent plus et peuvent faire mal.
    Et j'en suis ressortie la larme à l'oeil, la boule au ventre et avec une rage, celle de Martin au ventre.
    Car il s'agit bien là d'une autobiographie. Martin Gray est né à Varsovie, au moment ou les nazis ont décidé que les juifs étaient des sous hommes. Il a fait partie des juifs qui se battent. Il a vu la construction du ghetto, à participer à beaucoup d'opérations pour faire rentrer de la nourriture quitte à risquer sa vie. Il a vu la mort, les exactions des allemands, ce qu'on infligeait aux juifs, les enfants qui meurent de faim, qui mendient. Il a protégé les siens, sa mère et ses frères parce que son père aussi se battait. A perdu sa fiancée tuée par les allemands suite à une rafle. Il s'est enfuit tellement de fois des prisons, des camions qui emmenaient les juifs à Treblinka. Il s'est fait battre, torturé, à dû s'allier avec des bandits mais il était en vie. Car son père lui a dit tu dois survivre, tu dois vivre.
    Et puis, malgré les caches secrètes. Les siens ont été pris alors il les a suivit à Tréblinka et vite il a compris qu'ils ne reviendraient pas. Il a connu le camp celui du bas ou on entasse les morts après leurs avoir arrachés leurs dents, celui du haut ou on plie les vêtements de ceux qui sont morts.
    Au fond de lui et au nom des siens il devait vivre alors il a trouvé une ruse et s'est enfuit du camps de la mort. Il a connu la vie dans les campagnes polonaises à travers les champs à commencer à raconter ce qu'il avait vu. Il s'est décidé à retourner à Varsovie, persuadé d'y retrouvé son père. Qu'il retrouve et qu'il perd, tuer par les nazis lors du soulèvement du ghetto de Varsovie. Il a réussit à entrer dans l'armée irrégulière pour pouvoir lutter contre les allemands. A fait partie de l'armée russe et une fois arrivé à Berlin il a comprit que sa vie était ailleurs. Il est partit rejoindre sa tante aux Etats Unis. Là bas, il a fait sa vie. Il est devenu riche en faisant un travail d'importation de porcelaine. Puis il a rencontré Dina qu'il épouse et qui lui donne 4 enfants. A ce moment ils ont trouvé leur maison à Cannes, en France mais un incendie lui reprend les siens. Sa femme et ses enfants. Et au lieu de mourir abattu par la vie, comme sa femme lui avait demandé il décide de raconter sa vie. Martin Gray a réussit encore à rebondir et à se remarier deux fois, il a eu cinq enfants. Il est un témoin de clé de l'Europe en guerre. Un récit bouleversant et un combat son combat pour survivre au nom de tous les siens.
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    • Livres 5.00/5
    Par akhesa, le 15 décembre 2013

    akhesa
    Un livre emouvant,poignant,boulversant.Les adjectifs ne sont pas suffisants pour decrire la vie de Martin Gray;dans ce livre,il nous raconte sa vie et les multiples drames qui l'ont jalonnee?Un recit courageux qui ne peut laisser indifferent,et tout au bout,il y a toujours la vie qui reprend ses droits,la vie plus forte que tout.Une tres belle lecon de courage.
    Dans ce parcours du combattant,rien ne nous est epargne,peur,desespoir et mort omnipresente.Il faut des livres comme celui-là pour se souvenir...
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    • Livres 5.00/5
    Par philo15, le 27 mars 2008

    philo15
    J'ai lu ce livre il y a quelques années maintenant. La vie de cette homme a été tragique. Toutes ces épreuves qu'il a traversé. L'antisémitisme hitlérien et la mort de sa famille sont parmi les pires. On se demande comment un être humain peut arriver à survivre à tout ça ? Comment Martin Gray a-til pu se forger une telle force, une telle résistance au malheur plutôt que de sombrer?
    Un récit bouleversant, à déconseiller aux âmes trop sensibles. Moi, il m'a mis le coeur au bord des lèvres à plusieurs reprises. J' ai parfois dû interrompre ma lecture tant l'horreur transpire de certaines pages. Cette histoire m'a laissé un goût amer de la cruauté et des hommes et du destin.
    Mais je ne regrette en aucun cas d'avoir été au bout car s'est écrit au fer rouge dans ma mémoire la vie très édifiante de cet homme : une vraie leçon de courage et d' espoir, un véritable hymne à la Vie.
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Citations et extraits

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  • Par TheBee, le 12 juin 2010

    C'est vrai, je suis devenu égoïste, c'est vrai je peux voir un mourant et passer près de lui sans m'arrêter. Parce que j'ai compris que pour le venger il me faut vivre, à tout prix. Et pour vivre, il faut que j'apprenne à ne pas m'arrêter, que je sache le regarder mourir.
    Mon égoïsme c'est ce qu'ils m'ont laissé comme arme, je m'en suis saisi, contre eux. Au nom de tous les miens.
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  • Par Joana, le 27 février 2011

    ‎Toute la journée, j’ai marché dans le ghetto. Des enfants fouillent dans les poubelles, une femme son bébé mort dans les bras mendie ; un couple élégant, l’homme superbe, bras croisés, la femme maquillée, chantent au milieu de la chaussée. Là on vend des livres par paniers entiers, ici un homme est allongé sans connaissance : sans doute le froid et la faim. Tout va mal : la mort est partout.
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  • Par Fanatik, le 28 février 2013

    Les soldats ont forcés les SS à entrer dans le bus [...]
    Ce n'étaient que des bêtes. Mais quand un soldat a versé de l'essence sur l'autobus, quand le feu bleu et jaune a jailli, que les hommes se sont mis à hurler poussant contre les tôles, que les soldats brusquement silencieux regardaient ces hommes mourir, j'ai bondi, je me suis mis à gesticuler, secouant les uns après les autres ces jeunes Russes fascinés, sentant qu'ils étaient en train d'être contaminés eux aussi par la guerre, qu'ils allaient devenir des bêtes aux visages d'homme comme ces SS.
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  • Par Malahide75, le 06 mai 2013

    Je tenais : merci me camarades pendus, merci Moishe et toi, inconnu qui poussait la manivelle du puits, merci Abramle pour ces pommes de terre chaudes qui aujourd'hui étaient la force de mes poignets et de mes doigts. Merci mon peuple. Merci, corps de la fosse, enfants étranglés par mes mains pour vous éviter de mourir étouffés sous les cadavres mouillés, merci de me donner cette confiance, ce camion qui roule, roule. Je tremble sous toi, machine, mais je m'accroche à toi et rien ne me fera lâcher. Va martin, va Miétek.
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  • Par PiertyM, le 12 octobre 2014

    C'est vrai, je suis devenu égoïste, c'est vrai je peux voir un mourant et passer près de lui sans m'arrêter. Parce que j'ai compris que pour le venger il me faut vivre, à tout prix. Et pour vivre, il faut que j'apprenne à ne pas m'arrêter, que je sache le regarder mourir.
    Mon égoïsme c'est ce qu'ils m'ont laissé comme arme, je m'en suis saisi, contre eux. Au nom de tous les miens.
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Martin Gray
Paul GIANNOLI a invité sur le plateau de "L'Homme en question" Martin GRAY auteur de "Au nom de tous les miens", livre autobiographique qui l'a rendu célèbre.Dans l'autoportrait filmé dans sa propriété de la Côte d'Azur, Martin GRAY, sa fille Barbara dans ses bras, évoque les épisodes clés de sa vie : le ghetto de Varsovie ; la déportation de sa famille ; la mort de 110 membres de sa...











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