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ISBN : 2290336777
Éditeur : Librio (2003)

Note moyenne : 3.63/5 (sur 442 notes)
Résumé :
Dans la lignée d'Une nuit de Cléopâtre, Théophile Gautier a composé Le Roman de la Momie comme une rêverie orientaliste, mais fondée sur une solide documentation. Il s'est en particulier beaucoup inspiré du savant ouvrage d'Ernest Feydeau, Histoire des usages funèbres et des sépultures des peuples anciens (1858).

Le Roman de la Momie parut d'abord en feuilleton dans le Moniteur universel, du 11 mars au 16 mai 1857, puis chez Hachette en 1858.
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Critiques, Analyses & Avis (43) Voir plus Ajouter une critique
Eric76
Eric7616 juillet 2016
  • Livres 4.00/5
Les caprices d'un lord anglais revenu de tout ont parfois du bon, surtout quand ils permettent d'exhumer du néant une histoire d'amour vieille de 3000 ans. Un amour impossible. Une histoire intemporelle. Un coeur brisé par l'indifférence ou l'incompréhension de l'être tant aimé. Un sentiment si fort, si exclusif qu'il fait prendre des risques inconsidérés. Et au bout du chemin, une tristesse insondable, la désillusion, l'amertume de l'échec et du rejet…
Cette histoire d'amour impossible se déroule au temps lointain de l'Egypte des pharaons. Elle est racontée sur un rouleau de papyrus jauni par le temps, coincée sous le bras d'une momie de femme. Une momie si admirablement conservée, si belle, si coquette que notre lord anglais n'eut aucune difficulté à l'imaginer vivante. Il tomba d'ailleurs éperdument amoureux de celle qui se nommait Tahoser.
Fille d'un grand prêtre d'Egypte, Tahoser est riche. Son extraordinaire beauté en fait l'objet de bien des convoitises, de bien des désirs. Tous les hommes sont à ses pieds, sauf le jeune Poëri, dont elle est précisément secrètement amoureuse. Mais Poëri est un hébreu. Outre cette croyance incongrue envers un Dieu unique, il a, comme tous les Hébreux vivant en terre d'Egypte, un statut de quasi-esclave. Et pour corser le tout, il est promis à une autre… Mais Tahoser au coeur ardent et au caractère entier ne s'arrête pas pour si peu, et commet mille folies pour attirer l'attention du jeune chanceux (qui manifestement n'en a pas du tout conscience) et se rapprocher de lui. Toute occupée à ses frivolités, elle ne voit pas que Pharaon vient de jeter son dévolu sur elle. Pharaon ! Dieu sur terre. Celui-là même qui fait courber l'échine à tous les vivants et à toutes les nations du monde connu. Quelqu'un à prendre très au sérieux, même pour la volcanique Tahoser qui peut difficilement lui dire d'aller se faire voir… Bref ! Elle se retrouve coincée entre le bellâtre insignifiant, la promise qui roucoule, et Pharaon au caractère chatouilleux. L'embrouille est totale. Alors quand Moshé (Moise) décide de mettre dans l'histoire déjà bien confuse son petit grain de sel !!!!
Laissez Théophile Gautier vous embarquer dans ce conte flamboyant des mille et une nuits… Entrez dans la cité de Thèbes la munificente, l'odorante, la colorée, la lumineuse. Laissez-le aussi vous guider vers ses zones d'ombre où vous trouverez bassesse, magie, aigreur, et ressentiment.
Je crois qu'on apprécie ce livre, et notamment ses longues descriptions d'un monde presque enchanté, si on prend tout son temps pour le lire. J'ai toujours eu le dico à portée de la main. D'abord parce qu'en matière de civilisation égyptienne, je n'y comprends goutte, ensuite parce que l'érudition de Théophile Gautier m'a rendu au fil des pages quelque peu modeste.
Challenge XIXème siècle

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soleil23
soleil2301 juin 2012
  • Livres 4.00/5
Je viens de lire une critique negative de ce livre sur un blog dedie a la lecture. La lectrice disait ne pas avoir aime les details trop longs et qui s'etalaient sur des pages et des pages. J'avoue que j'ai sursaute a cet avis trop injuste envers un roman magnifique. Comment trop ? Alors que, justement, ce sont les descriptions minutieuses qui font le charme de ce roman.
Et puis comment parler de l'Egypte ancienne, celle des pharaons au faste sans pareil, celle des palais joyaux de l'architecture, des pyramides, des chambres aux tresors infinis. Comment ecrire toute cette beaute sans passer par les descriptions.
Comment exciter l'imagination des lecteurs sans decrire les couleurs, les formes et les senteurs de la vie quotidienne en ce temps la.
En fait, les details dans ce genre de litterature deviennent plus qu'indispensables : vitales au recit.
Sinon a quoi ressemblerait Nefertiti sans le tableau de mots peint par les ecrivains decrivant son nez, sa bouche, ses yeux....
Et finalement, le detail est au reve ce que le printemps est a la nature, il l'a reveille, fait eclater ses couleurs et accentue la beaute des choses.
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Gwen21
Gwen2117 octobre 2012
  • Livres 4.00/5
Contrairement à ce que son titre pourrait légitimement laisser croire, le "Roman de la momie" n'est pas un roman. C'est un récit qu'il faut rapprocher du conte et plus particulièrement du conte oriental. Tout y est : le voyage dans un pays enchanté comme est l'Egypte Ancienne décrite ici avec brio par Théophile Gautier, les personnages au caractère entier et passionné, à la limite du manichéisme, la magie, la vieille servante qui s'apparente à une sorcière hideuse, le couple d'amants dont l'amour est voué au désespoir, une femme aimé de trop (oui, quand il y a deux femmes pour un même homme, il y en a toujours une de trop!), les serviteurs dévoués, les sortilèges et les dieux. Bref, Théophile Gautier propose à la curiosité d'un lecteur à l'imagination fertile un conte de mille et une nuits sous le ciel étoilé de l'ancienne Thèbes, à l'époque glorieuse des Pharaons qui dominaient le monde connu.
Alors oui, c'est vrai, je l'accorde à certains lecteurs qui se laissent facilement rebuter dès qu'une description dépasse la longueur d'une phrase, le récit est très descriptif mais j'ajoute que c'est ce perfectionnisme dans la narration qui permet de compenser une intrigue assez peu prégnante qui réserve assez peu de surprises ; c'est ce souci du détail qui permet de véritablement plonger le lecteur dans un dépaysement total, le transportant véritablement dans l'Egypte des anciens millénaires.
Je reviens à mon fil rouge : le conte. Comme dans un conte, le lecteur trouvera plusieurs incohérences qui lui feront lever le sourcil lorsqu'il s'avérera que les explorateurs anglais venus déterrer de la momie trouveront on-ne-peut-plus facilement une tombe inviolée à exhumer, lorsqu'une humble servante juive sale, vieille et réduite en esclavage se hissera auprès de Pharaon dans son char royal, lorsque Tahoser, notre héroïne, traversera nuitamment le Nil à la nage faisant fi des crocodiles et que les rues de Thèbes, la plus grande ville orientale de l'époque, resteront désespérément vides... de même le lecteur attentif pourra s'étonner qu'un rouleau de parchemin trouvé dans une sépulture puisse, retranscrit en latin, correspondre à ce récit dont la prose est clairement inspirée du style littéraire français du XIXème siècle.
Mais laissez là tous ces éléments sans importance, fermez juste les yeux (pas facile de lire les yeux fermés, je sais) et laissez-vous transporter dans un monde à la fois féerique et cruel où les princesses aiment avec tant de passion qu'elles abandonnent le luxe pour se faire servante, où les rois sont si épris que leur rage devient leur ruine et que l'histoire est si bien écrite que, vous, lecteur, succomberez à son sortilège envoûtant.

Challenge ABC 2012 - 2013
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cmpf
cmpf17 avril 2015
  • Livres 5.00/5
Au 19ème un goût pour l'orient s'est emparé des arts. La peinture surtout a montré des odalisques et autre manifestation des fantasmes de l'occident. Beaucoup d'écrivains ont aussi fait le voyage d'orient et rapporté le récit de leurs pérégrinations. le Roman de la momie s'inscrit dans ce mouvement et a fait rêver les lecteurs contemporains de Théophile Gautier comme il nous fait encore rêver aujourd'hui. Mais il a aussi les défauts de cette époque, et si l'auteur manifeste une admiration certaine pour les Égyptiens, il relaie l'opinion de l'époque sur les africains subsahariens.
Ainsi peut-on lire : « Quelques rares esclaves de la race Nahasi, au teint noir, au masque simiesque, à l'allure bestiale, bravant seuls l'ardeur du jour, portaient chez leurs maîtres l'eau puisée au Nil dans des jarres suspendues à un bâton posé sur l'épaule » ou encore « Après la musique arrivaient les captifs barbares, à tournures étranges, à masque bestial, à peau noire, à chevelure crépue, ressemblant autant au singe qu'à l'homme, et vêtus du costume de leur pays : une jupe au-dessus des hanches et retenue par une bretelle unique, brodée d'ornements de couleurs diverses. »
Ceci dit, pour qui est sensible au style plus qu'à l'histoire c'est un pur bonheur. le vocabulaire est d'une grande richesse, outre les termes propres à l'Égypte tels calarisis qui désigne un vêtement, ou amschir, sorte d'encensoir, vous rencontrez des mots comme hiéracocéphale qui signifie à tête d'épervier. Même en dehors du contexte certains termes sont assez peu usités, j'ai appris pour ma part le sens de conculcateur ; pas sûr pour autant que je puisse le replacer dans une conversation. Les descriptions sont très nombreuses particulièrement dans le premier tiers et d'une grande précision, rejoignant l'art pictural.
Dans un prologue, l'auteur nous raconte la découverte par un Lord anglais accompagné d'un savant allemand et guidé par un « entrepreneur de fouille » grec d'une sépulture inviolée et qui contient contre toute attente, vu sa richesse, le corps d'une très jeune femme, admirablement conservée à tel point qu'on peut encore en admirer la beauté. Dans le sarcophage, un papyrus qui retrace l'histoire de cette jeune femme et la raison de sa présence dans cette vallée des rois. Il faut reconnaitre que ce texte sensé être écrit par un grammate trente-trois siècles auparavant sonne de façon étonnamment moderne. Peu importe. Ce n'est pas un roman historique mais plutôt un songe où tout est possible. Mais que d'amours contrariés dans ce récit, celui de Pharaon pour Tahoser, celui de Tahoser pour Poeri, celui d'Ahmosis pour Tahoser… et celui de Lord Evandale pour Tahoser.
Théophile Gautier a toujours été très attiré par l'Orient, il écrit à Gérard de Nerval : « On n'est pas toujours du pays qui vous a vu naître, et, alors, on cherche à travers tout sa vraie patrie […] moi, je suis Turc, non de Constantinople, mais d'Égypte. Il me semble que j'ai vécu en Orient. ». le roman est dédié à Ernest Feydeau, (père de Georges) dont L Histoire des usages funèbres et des sépultures des peuples anciens l'a beaucoup inspiré.
Lu dans le cadre du challenge XIXè siècle 2015
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aouatef79
aouatef7902 février 2016
  • Livres 5.00/5
Amoureux de l' Orient,Théophile Gautier a visité l' Egypte et
cette visite a coincidé avec l' inauguration du Canal de Suez.
" le roman de la momie n' est pas un livre historique mais
avant de l' écrire, l' auteur s' est bien documenté auprès de
son futur ami,Ernest Feydeau qui est à la fois écrivain et
archéologue. Ce dernier a écrit un ouvrage intitulé:"Une
histoire des usages funèbres et des sépultures chez les
peuples anciens, consacré à l' Egypte ancienne"
L' auteur a situé le déroulement de cette fiction à l' époque
où les Hébreux étaient persécutés et maltraités par les
Pharaons.
L' héroine du livre est Tahoser,fille d' un grand prêtre
d' Egypte. Cette jeune femme est très belle. Elle a été remar-
-qué par Pharaon et ce dernier a jeté son dévolu sur elle. IL
l' a fait recherché dans toute l' Egypte.
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Citations & extraits (65) Voir plus Ajouter une citation
Eric76Eric7612 juillet 2016
- Peut-être, répondit Lord Evandale tout pensif, notre civilisation, que nous croyons culminante, n'est-elle qu'une décadence profonde, n'ayant plus même le souvenir historique des gigantesques sociétés disparues. Nous sommes stupidement fiers de quelques ingénieux mécanismes récemment inventés, et nous ne pensons pas aux colossales splendeurs, aux énormités irréalisables pour tout autre peuple de l'antique terre des Pharaons. Nous avons la vapeur : mais la vapeur est moins forte que la pensée qui élevait les pyramides, creusait les hypogées, taillait les montagnes en sphinx, en obélisques, couvrait les salles d'un seul bloc que tous nos engins ne sauraient remuer, ciselait des chapelles monolithes et savait défendre contre le néant la fragile dépouille humaine, tant elle avait le sens de l'éternité !
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Eric76Eric7610 juillet 2016
De chaque côté s'élevaient en pentes escarpées des masses énormes de roches calcaires, rugueuses, lépreuses, effritées, fendillées, pulvérulentes, en pleine décomposition sous l'implacable soleil. Ces roches ressemblaient à des ossements de morts calcinés au bûcher, bâillaient l'ennui de l'éternité par leurs lézardes profondes, et imploraient par leurs mille gerçures la goutte d'eau qui ne tombe jamais. Leurs parois montaient presque verticalement à une grande hauteur et déchiraient leurs crêtes irrégulières d'un blanc grisâtre sur un fond de ciel indigo presque noir, comme les créneaux ébréchés d'une gigantesque forteresse en ruine.
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cmpfcmpf12 avril 2015
Je vous révélerai une tombe qui jusqu’ici a échappé aux investigations des chercheurs, et que nul ne connaît hors moi ; c’est un trésor que j’ai précieusement gardé pour quelqu’un qui en fût digne.
– Et à qui vous le ferez payer fort cher, dit le lord en souriant.
– Ma franchise m’empêche de contredire Votre Seigneurie : j’espère retirer un bon prix de ma découverte ; chacun vit, en ce monde, de sa petite industrie : je déterre des Pharaons, et je les vends aux étrangers. Le Pharaon se fait rare, au train dont on y va ; il n’y en a pas pour tout le monde. L’article est demandé, et l’on n’en fabrique plus depuis longtemps.
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Eric76Eric7614 juillet 2016
Cette vieille hideuse, s'accrochant de ses doigts osseux au rebord du char, à côté de ce Pharaon de stature colossale et semblable à un dieu, formait un étrange spectacle qui, heureusement, n'avait pour témoin que les étoiles scintillant dans le bleu noir du ciel ; placée ainsi, elle ressemblait à un de ces mauvais génies à configuration monstrueuse qui accompagnent les âmes coupables aux enfers. Les passions rapprochent ceux qui ne devraient jamais se rencontrer.
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PiertyMPiertyM31 mai 2016
Les sages ont, depuis longtemps, renoncé à expliquer le cœur des femmes, ils possèdent l'astronomie, l'astrologie, l'arithmétique...(...)...mais ils ignorent entièrement pourquoi une femme préfère un homme à un autre, un misérable Israélite à un Pharaon illustre.
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